
par Adègne Nova
Vous avez dit tolérance ? Liberté d’expression ?… ne les cherchez pas à gauche ! Malgré le laïus novlanguien déversé incessamment par ses représentants ou ses électeurs, la gauche n’est capable d’aucune ouverture d’esprit à l’égard des idées des autres – déjà dans ses rangs d’ailleurs, l’indulgence est rare, surtout en cette période cruciale de prochain passage dans l’isoloir. C’est simple : il faut dire comme elle ou se taire !
Au cœur des remparts d’Avignon, depuis 1982, une livrée cardinalice – ayant appartenu un temps au cardinal Annibal de Ceccano – est occupée par l’une des bibliothèques de la ville. Rappelons au passage, juste comme ça, pour montrer la courtoisie des hommes de la Révolution, que les premiers documents qu’elle a conservés sont issus de saisies révolutionnaires datant de 1792, notamment de maintes confiscations réalisées dans les bâtiments religieux de la cité qui fut papale… Bref, si j’évoque la bibliothèque Ceccano c’est que demain à 14h, dans le cadre de la semaine provençale, elle organise un événement intitulé « Admire ton patrimoine » – faute d’admirer la poésie et la syntaxe de la chose –, sous-titré « Ils ont aussi écrit en provençal : le saviez-vous ? Lectures bilingues d’ouvrages patrimoniaux ».
Bien sûr, vous voyez où je veux en venir, parmi ces auteurs : Charles Maurras. Et là, aïe, les bien-pensants s’insurgent, vade retro satanas.
Dans La Provence du 21 septembre dernier, le journaliste L.P. (simplement des initiales qui déversent leur venin, sans le courage de signer réellement…) écrit : « Polémique autour de Charles Maurras, écrivain d’extrême-droite, à la bibliothèque Ceccano d’Avignon. L’auteur d’extrême-droite est consigné dans une liste d’écrivains qui, le 2 octobre, feront l’objet d’une conférence… ». Eh oui, Charles Maurras a beaucoup écrit en provençal (notamment dans l’Armana), ce qui est tout à fait logique, normal et bienvenu pour l’un des plus célèbres félibres ! L.P. continue son article en précisant que ce choix de Maurras « n’est pas passé inaperçu. Notamment du côté de l’équipe du café-librairie avignonnais Youpi ! [dont les membres ont fait savoir au directeur d’Avignon bibliothèques, qu’il serait] opportun, en [leur] qualité de libraires, de rappeler [qui est Maurras] », à savoir un homme qui n’a pas leurs idées politiques. Ils concluent leur demande par : « En espérant que tout cela relève d’une simple maladresse qui sera rapidement rectifiée ».
Maladresse ? En est-ce une s’agissant de leur propre invité pour ce même 2 octobre : « Lancement du livre antifasciste », dont le descriptif sur leur site est le suivant : « Rencontre avec le militant antifasciste et député Raphaël Arnault, pour le lancement de son livre dans lequel il revient sur son parcours. De la rue à l’Assemblée nationale, une décennie de luttes antifascistes pour esquisser des pistes stratégiques afin de combattre le fascisme ». Pourquoi est-ce que je ne trouve pas d’article dans les médias qui s’indigne de l’intervention dans un lieu public d’un auteur, puisque c’est en cette qualité – encore que, est-ce vraiment lui qui a écrit ? – qu’il intervient, d’extrême-gauche ?
C’est quand même incroyable que la gauche se permette sans cesse de faire des leçons de morale, de dire ce qu’il faut penser, ce qu’il faut aimer, ceux qu’il faut aimer… alors même que son idéologie est mortifère pour notre société et que les médias de tout poil la suivent les yeux fermés, juste parce que, comme c’est la gauche, c’est bien. Ah si seulement un procès du communisme avait eu lieu à l’instar de celui de Nuremberg, notre monde serait différent et de liberté d’expression nous pourrions parler concrètement !