Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

22/01/2017

De quoi la « Décadence » d’Onfray est-elle le nom?

Comme Hegel avant lui , « Nous autres civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles » affirmait Paul Claudel, au lendemain de l’atroce guerre civile européenne, de l’épouvantable boucherie de 14-18 dont nous ne nous sommes jamais vraiment remis. Cette idée de la disparition programmée de la civilisation européenne, et plus largement « occidentale », est au cœur du nouveau livre de Michel Onfray, Décadence – de Jésus au 11-Septembre, vie et mort de l’Occident. Nous ne l’avons pas lu  mais  les médias et son auteur l’ont largement commenté et dévoilé au fil des articles et des entretiens qui y ont été consacrés. M. Onfray s’y livre (comme souvent)  à des attaques,  peu nuancées et caricaturales,  contre un catholicisme qui  visiblement l’obsède  et se serait imposé avant  tout par la violence,  les persécutions  et  dans  le sang et « (« deux mille ans d’antisémitisme chrétien, et son terrible couronnement par la Shoah »). Il  avance que  «La civilisation judéo-chrétienne européenne se trouve en phase terminale» , constat qu’il veut clinique, « comme un médecin le ferait d’une desquamation ou d’une fracture, d’un infarctus ou d’un cancer»

Une analyse dont le caractère factuel est parfois difficilement contestable, peut être  recevable ou à tout le moins  légitimement argumentée comme lorsqu’il note que « l ‘effondrement du judéo-christianisme en Europe, la baisse du taux de fécondité de sa population couplée à la Résurgence de l’Islam et à l’augmentation de son taux de fécondité, témoigne en faveur de l’islam» ( « nous avons le passé pour nous, ils ont l’avenir pour eux» prophétise-t-il),  «porteur d’une nouvelle spiritualité européenne capable de disposer de la puissance avec laquelle se constituent les civilisations nouvelles ». Michel Onfray fustige aussi  Vatican II qui « a fait de Dieu un copain à tutoyer » et souligne  aussi que  « les législations postchrétiennes qui libèrent la sexualité et la découplent de la procréation, de l’amour et de la famille contribuent à l’effondrement démographique ». 

« Le judéo-christianisme a régné pendant presque deux millénaires. Une durée honorable pour une civilisation. La civilisation qui la remplacera sera elle aussi remplacée. Question de temps. Le bateau coule: il nous reste à sombrer avec élégance.». A cette civilisation islamique prédit-il encore  succédera  le grand tout, le magma mondialiste « une civilisation planétaire,  en réseau (…)  car les nations ont disparu, les territoires  ont disparu (?),  on  est dans le temps réel de l’appel téléphonique, de l’écran vidéo ( ?)». Pour autant, il  prend bien soin de dire « (qu’il n’est)  pas de ceux qui dirait:  attention  il faudra  bien voter la fois  prochaine fois sinon on aura l’islam au pouvoir».    

L’immigration non européenne est appréhendée par Onfray comme inéluctable, fatalisme duphilosophe nietzschéen bien étranger, soit dit en passant, au génie et au caractère de notre civilisation.  « Le blanc», dit-il,  «va être une vieille chose dépassée et il y  aura  métissage et disparition et je ne suis pas de ceux qui disent oh la la  le grand remplacement, catastrophe, oh la la , le métissage  nos étions  une  race supérieure et il y a des  races inférieures qui sont en train de nous dominer, de nous posséder etc.  Je  dis juste  est-ce qu’on peut,  à la Spinoza , un ni rire ni  pleurer , mais comprendre…». Peut-être peut-on rappeler à M. Onfray que la volonté de défendre son identité qu’elle soit physique, culturelle ou spirituelle n’implique aucun racisme. Et certainement pas la dévalorisation, le mépris, la haine de l’autre mais,  le plus souvent au contraire,  une saine estime de soi, la pleine perception que la beauté de notre monde réside dans sa diversité, sa pluralité, ses différences.  Dévalorisation, mépris et haine qui s’exercent a contrario exclusivement chez les grands prêtres de l’idéologie dominante dans les médias,  contre les Européens qui veulent rester eux mêmes, mais jamais vis-à-vis des autres  peuples,  communautés  ou  ethnies qui à travers le monde manifestent le même souci respectable. 

De la question  identitaire aux préoccupations souverainistes,  M.  Onfray, toujours sur Europe 1 , énonçait sur le même mode le caractère irréversible  de la  dépossession de la maîtrise de notre destin:  «le prochain président de la République va défendre l’Euro, l’Europe, le marché, le libéralisme. Nous allons continuer dans le même sens. Si ce n’était pas le cas, et que par exemple Marine Le Pen était élue»,  «ce serait le bazar dans la rue», « on aurait le syndrome de Tsipras (le Premier ministre grec eurosceptique d’extrême gauche qui s’est finalement couché devant Bruxelles, NDLR). C’est-à-dire que l’Europe ferait son travail. L’Europe libérale n’est pas méchante, mais elle obéit à une forme de fatalité. C’est comme ça que ça se passe, et ça contribue à une dilution des souverainetés, des souverainismes et des frontières. Ce n’est ni bien ni mal, c’est ainsi »… Ni bien ni mal? Une Europe écrit-il pourtant,  dominée par un   libéralisme qui, selon lui, est  « un facteur d’enrichissement des riches et, la plupart du temps, d’appauvrissement des pauvres ». «L’Europe est à prendre, sinon à vendre».

Comme Eric Zemmour notamment, Michel Onfray réitère dans son dernier  livre  « son admiration pour le travail de Samuel Huntington et son Choc des civilisations (1996), un livre, écrit Onfray, validé par le réel bien qu’il fut déconsidéré lors de sa parution en France par l’intelligentsia parisienne ». Cet avis,  comme plus largement ses considérations sur notre civilisation et l’assomption de l’islam,  avaient  déjà été  tenus par le philosophe-essayiste lors d’une conférence en août 2013: « Prétendre qu’il n’y a pas un choc des civilisations entre l’occident localisé et moribond et l’Islam déterritorialisé en pleine santé est une sottise qui empêche de penser ce qui est advenu, ce qui est, et ce qui va advenir».  Bruno Gollnisch notait pour sa part,  dans un entretien accordé au magazine  Zur  Zeit en 2015 , que si certaines analyses historiques, objectives  de M. Huntington  peuvent être validées, il  restait  très « circonspect »  sur cette théorie du « choc des civilisations brandi par les neocons ».   « Elle  a contribué à la justification de la catastrophique guerre contre l’Irak de 2003, nous en voyons les effets désastreux aujourd’hui, et à une volonté plus générale de remodelage  du Proche-Orient, toute aussi chaotique dans ses effets ».

Reste que l’athée Onfray décrit parfaitement la déshérence spirituelle d’un « Occident (qui) ne vit désormais que dans le consumérisme.» Or,« On ne donne pas sa vie pour un iPhone. L’islam est fort, lui, d’une armée planétaire faite d’innombrables croyants prêts à mourir pour leur religion, pour Dieu et son Prophète. Nous avons le nihilisme, ils ont la ferveur ; nous sommes épuisés, ils expérimentent la grande santé,  nous vivons englués dans l’instant pur  ils tutoient l’éternité. ».

Cette réflexion d’Onfray ne nous est pas bien sûr  pas totalement étrangère. Nous l’avons écrit  sur ce blogue ces dernières années, c’est par la réaffirmation des valeurs qui ont fait la force, le génie, et la grandeur de notre civilisation helléno-chrétienne,  que nous gagnerons le respect  des populations immigrées ; valeurs qui si elles étaient portées fièrement,  seraient   même  un facteur d’assimilation. Mais valeurs  piétinées allègrement le plus souvent par les autoproclamés défenseurs cosmopolites de  la laïcité,  d’une république bien peu romaine, mais  progressiste,  décadente,  affaissée, sans âme…

Bruno Gollnisch relevait que « la nature a horreur du vide ». « Nos églises se vident, les mosquées sont pleines. C’est aussi sur le vide spirituel de l’occident, de nos nations dites avancées, mais surtout désenchantées, que prospère l’islamisme. Quelles valeurs autres que matérialistes, hédonistes, marchandes, relativistes avons-nous à opposer à l’islam conquérant ? La quête du Beau, du Bien, du Vrai qui, dés la Grèce antique, a façonné l’esprit, le génie de notre civilisation, est battue en brèche, moquée, vilipendée. En refusant de reconnaître les racines chrétiennes de l’Europe, les instances Bruxelloises ont fait aussi, à leur niveau, le jeu de l’islam radical. En désarmant les âmes, on affaiblit aussi les cœurs et les esprits ».  L’Islam -dans sa composante fondamentaliste mais pas que–  prospère  en réponse au matérialisme et à ce vide spirituel occidental qui ne peut être comblé uniquement  à l’évidence par la déclaration des droits de l’homme,  les centres commerciaux et le mariage pour tous.

Enfin, et nous le rappelions  pareillement, cette immigration massive  qui découle aussi de l’explosion démographique des pays du sud, « n’est pas l’œuvre d’un complot fomenté par les mollahs, les docteurs de la foi de l’université al azhar du Caire ou le Grand Mufti de Jérusalem. Elle est plus simplement de la responsabilité directe des politiques criminelles menées par la gauche et la droite depuis quarante ans, par soumission au grand capital apatride, lâcheté, aveuglement, bêtise ou cosmopolitisme. Il ne faut pas l’oublier.»

https://gollnisch.com/2017/01/20/de-quoi-decadence-donfra...

L’ASSASSINAT DE JULES CÉSAR (44 AV. J.- C.) | AU CŒUR DE L’HISTOIRE | EUROPE 1

08:19 Écrit par pat dans culture et histoire | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | |

21/01/2017

LE CARDINAL DE RICHELIEU (1585-1642) | AU CŒUR DE L’HISTOIRE | EUROPE 1

06:51 Écrit par pat dans culture et histoire | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | |

20/01/2017

La Petite Histoire n°39 : la campagne d'Italie de Bonaparte

21:15 Écrit par pat dans culture et histoire | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | |

Zoom : Grandeur et servitude, le nouvel album du groupe rock FTP

Parcours militant - Mai 68 à rebours

Il y a soixante-dix ans, le 16 janvier 1947....

...Entrait en vigueur le premier plan quinquennal français

  Contrairement à une idée très répandue, la planification française ne remonte pas au lendemain de la Libération mais quatre ans plus tôt, lorsque le gouvernement du maréchal Pétain promulgua les lois du 23 février 1941, instituant une Délégation Générale à l’Équipement National (DGEN) et du 6 avril suivant, arrêtant le principe d’un plan décennal, qui fut définitivement établi en mai 1942. Celui-ci, bien que fort détaillé, s’inspirait d’une conception du rôle de l’État comme stimulateur, orienteur et régulateur des activités privées. Il ne prévoyait aucune appropriation collective des moyens de production. En revanche, l’État interviendrait pour accorder des subventions ou des prêts bonifiés. L’objectif portait naturellement sur l’effort de reconstruction nationale et de rattrapage des retards que la France avait accumulés,  principalement dans les domaines de la production industrielle et des équipements dits structurants, depuis, au moins, l’époque du front populaire.

    Devant s’étaler jusqu’en 1952 et ayant commencé à s’appliquer dès la fin de 1942, le plan «  de Vichy » - ce que l’on ignore généralement – ne fut pas vraiment remis en cause à la Libération. Comme d’ailleurs de nombreuses autres lois intervenues dans d’autres matières, en dépit de l’annulation altière par le général De Gaulle de tous les actes juridiques postérieurs au 10 juillet 1940. Et, lorsque ce dernier décida de la création d’un Commissariat Général au Plan, le nouvel organisme chaussa tout simplement, le 3 janvier 1946, les bottes de l’ancienne Délégation, reprenant l’essentiel de ses principes – une planification indicative et incitative, nullement autoritaire –, son mode d’organisation, son fonctionnement, ses personnels, hormis la fonction de direction générale, confiée à Jean Monnet.

   Autodidacte et homme de réseaux, regardant le monde entier comme un ensemble d’entreprises dans lesquelles il postule à des emplois de cadres supérieurs puis dirigeants, il est incontestablement un visionnaire et un stratège de la coopération internationale sous toutes ses formes. Agent, plus ou moins secret, des États-Unis à partir de 1942, leur conseillant de se méfier de De Gaulle et cependant chargé par lui d’importantes responsabilités au plus haut sommet de l’État …

   C’est donc sous sa direction que fut élaboré, entre janvier et septembre  1946, le premier plan quinquennal français, approuvé par l’Assemblée nationale en octobre, pour une entrée en vigueur le 16 janvier 1947. Pour Monnet et son équipe, la France avait désormais le choix entre «  la modernisation ou la décadence. » Il était facile de faire valoir que sans la Révolution et surtout Napoléon, sans les guerres de 1870, de 1914 et de 1939 (deux lourdes défaites et une victoire en trompe l’œil), la France aurait été, au milieu du XXe siècle, une grande nation prospère que n’auraient ponctionné ni la charge faramineuse des opérations militaires, ni les indemnités versées aux vainqueurs,  ni le coût de la reconstruction des régions dévastées.

   «  Reconstruction » restait bien le maître mot mais à la condition de ne pas restaurer une société et une économie vieillies qui avaient pris un retard considérable par rapport à des pays, certes eux aussi embarqués dans des conflits, mais moins systématiques et de façon moins ruineuse.

   Le plan fait partie des instruments stratégiques propres à réaliser cet objectif général. Mais, s’il s’inspire directement de ce que fit Vichy, l’idéologie dominante interdit de le déclarer et on préfère se référer au pays alors à la mode, l’Union soviétique et son Gosplan. Mais, malgré le poids politique du parti communiste (premier parti de France aux élections du 21 octobre 1945 avec plus de 26 % des voix), sans tomber dans l’ornière du totalitarisme économique : il ne faut pas fâcher les américains si l’on veut bénéficier de leur aide. Les plans sont à la mode et aucun pays n’y échappe pour orienter sa politique : ainsi les officines de Washington sont-elles en train de concocter un programme de soutien au rétablissement européen qui évite de faire payer les réparations par l’Allemagne en raison des mauvais souvenirs laissés par la politique menée après la première guerre mondiale. Pour bénéficier de ce qui sera le plan Marshall, signé à Paris le 20 septembre 1947, il faut demeurer dans le cadre d’une économie de marché.

   Le plan français, intitulé « plan de modernisation et d’équipement » vise donc à faire redémarrer l’outil de production – « produire » est le deuxième maître mot de l’époque –, à satisfaire les besoins essentiels de la population encore confrontée à la pénurie (les tickets de rationnement ne disparaîtront que le 1er décembre 1949), à « élever le niveau de vie et améliorer les conditions de l’habitat et de la vie collective. »  Pour ce faire, le plan privilégie six secteurs dits « de base » : le charbon, l’électricité, l’acier, le ciment, les machines agricoles et les transports. Contrôle des prix et nationalisations accompagnent le processus.

   Le bilan que l’on peut dresser du premier plan, parvenu à son échéance de 1952, est incontestablement positif : non seulement, le produit intérieur brut a retrouvé dès 1949 son niveau de 1938 mais la production industrielle dépasse de 12 % son niveau record de 1929. En d’autres termes, la Grande-Dépression est effacée, même s’il aura fallu attendre vingt-trois ans pour cela. Deux points faibles cependant : l’inflation n’est pas jugulée (elle atteint encore 12 % en 1952) faute d’une politique monétaire rigoureuse, et la consommation des ménages a été sacrifiée aux équipements collectifs : on ne pouvait pas tout faire.

   La poursuite de la planification est certes décidée mais, du fait du désordre politique de la IVerépublique, le deuxième plan quinquennal est adopté avec deux ans de retard, couvrant la période 1954-1959. Entre-temps, Jean Monnet, devenu président de la Haute-Autorité de la Communauté européenne du charbon et de l’acier (une autre de ses idées) a été remplacé par son plus proche collaborateur, Étienne Hirsch. L’exercice bénéficie d’une amélioration méthodologique, par une meilleure articulation avec le budget annuel de l’État, mais pâtit sur le fond d’une application considérablement perturbée par la guerre d’Algérie.

   Revenu au pouvoir en 1958, le général De Gaulle croit toujours à la planification et entend lui donner un deuxième souffle. C’est l’époque des grandes ambitions, qui commencent par le choix de formules destinées à faire date : « le plan, ardente obligation », selon de Gaulle, « le plan, anti-hasard, réducteur d’incertitudes » selon son nouveau commissaire général, Pierre Massé. Aux côtés du Commissariat Général au Plan, est créée en 1963 la Délégation à l’Aménagement du Territoire et à l’Action Régionale (DATAR).

    Huit plans se succéderont ainsi jusqu’en 1992, enrichis à partir de 1969 par la politique contractuelle, entre État et régions, État et entreprises nationales, mise en place par le gouvernement Chaban-Delmas. Avec des incidences peu à peu déclinantes. En 1993, un gouvernement totalement asservi à l’idéologie libérale, et fondamentalement insignifiant, renoncera à l’exercice. Pour découvrir, non sans naïveté, avec la crise boursière de 1994, que les lois du marché ne règlent pas tout par enchantement : quelle surprise ! La même que celle de Marie-Antoinette découvrant la misère du peuple…

 Daniel de Montplaisir

http://www.vexilla-galliae.fr/civilisation/histoire/2322-...

11:36 Écrit par pat dans culture et histoire | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | |

LOUIS XI (1423-1483) #2 | AU CŒUR DE L’HISTOIRE | EUROPE 1

06:45 Écrit par pat dans culture et histoire | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | |

19/01/2017

GRANDE JOURNÉE D’HOMMAGE AU ROI LOUIS XVI

Comité Louis XVI

comitelouisxvi@gmail.fr

Dijon

Chère Madame, Cher Monsieur,

Le comité Louis XVI a le plaisir de vous convier, le 21 janvier 2017 à Dijon, à une journée entièrement dédiée à la figure humaine et politique de Louis XVI.

Cette journée, organisée sous la présidence du prince Alexandre de Kisselev, sera un moment de rencontre entre amis de la cause royale, de nos traditions et de la résistance face au déclin spirituel et politique de notre pays. Cette rencontre autour de la figure du souverain martyr nous permettra d’accomplir l’union de la prière, du souvenir historique et du message d’espoir.

Nous sommes sûrs que les liens d’amitié et de respect inhérents à nos perspectives communes permettront, le temps de cette journée, de nous rappeler la signification profonde du sacrifice de la famille royale et du prix que le France ne cesse de payer.

Si le 21 janvier 1793 fut le péché originel de la République, nous ne doutons pas que le 21 janvier 2017 sera pour nous l’occasion de ranimer la concorde d’une France, qui malgré le sang versé, continue à vivifier nos cœurs.

Le comité Louis XVI aura le plaisir de compter sur la présence du Cercle Bossuet de Dijon, de la Fédération Royaliste de Bourgogne ainsi que de l’association Terre et Famille. Mais c’est avant tout votre soutien et votre présence qui feront de cette journée un moment fort de recueillement autour des valeurs de la France qui sont, ô combien, supérieures à celles de la république.

Pour que l’espoir demeure et que notre succès soit sans appel, n’hésitez pas à vous joindre à nous tout au long de cette journée qui commencera par un service de Requiem en rite extraordinaire avec chœur et catafalque suivi par un déjeuner (sur réservation). Enfin, le prince Alexandre de Kisselev nous entretiendra de la personnalité et de l’actualité de Louis XVI lors d’une conférence que nous terminerons par un apéritif convivial.

Vous trouverez, ci-joint, le programme complet de cette journée ainsi que les contacts du comité Louis XVI. Nous espérons vous compter parmi nous. Seule votre présence et celle de vos amis contribuera au succès de cette journée.

Enfin, nous vous adressons, chère Madame, cher Monsieur, nos meilleurs vœux pour l’année 2017.

Royales amitiés,

Le Comité Louis XVI

GRANDE JOURNÉE D’HOMMAGE AU ROI LOUIS XVI

21 JANVIER 2017

PROGRAMME :

11 H 00 : Service de Requiem au rite extraordinaire avec chœur et catafalque ; lecture du testament de Louis XVI par le Prof. Jean Foyard, président de la Fédération Royaliste de Bourgogne.

Lieu : Basilique Saint-Bernard

24 rue Saint-Bernard

21121 Fontaine-Lès-Dijon

Accès : covoiturage ou bus Divia n° B13 arrêt Mare Fontaine (départ square Darcy, 10H20)

13 H 00 : Déjeuner à l’hôtel Kyriad Gare, sur réservation.

Menu :

Feuilleté de pétoncles à l’effilochée de poireaux, crème safranée

Pavé de bœuf sauce forestière, fagots de haricots verts et tomates cerises poilées

Galette des Rois

Eau minérale plate et gazeuse, vin et café inclus

Tarif : 32 € pour les plus de 25 ans, 25 € pour les moins de 25 ans

Lieu : Hôtel Kyriad Gare

7-9 rue Docteur Albert Remy

21000 Dijon

17 H 00 : Conférence, à l’hôtel Kyriad Gare, par le prince Alexandre de Kisselev sur «  la personnalité et la modernité de Louis XVI », suivie d’un vin d’honneur.

Prix de l’entrée : participation libre

INFORMATIONS :

Nous vous prions d’annoncer le nombre de convives au déjeuner avant le 15 janvier 2017 ; toute rétractation après cette date entraînera le paiement du déjeuner.

Nous vous invitons chaleureusement à nous signaler par avance votre présence au cours de cette journée afin d’en faciliter l’organisation.

Pour toutes informations complémentaires, pour profiter du covoiturage depuis le centre-ville ou la gare, ou pour vous annoncer au déjeuner vous pouvez nous joindre :

Par courriel : comitelouisxvi@gmail.com

http://terre-et-famille.fr/grande-journee-dhommage-au-roi...

18:11 Écrit par pat dans culture et histoire | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | |

GUD Lyon - Officiel

1.jpg

L’année de tous les dangers

1715160180.jpgPascal Gauchon Directeur de Conflits

États-Unis et Royaume-Uni font penser à ces jumeaux qui, séparés à la naissance, vivent des existences différentes et pourtant parallèles, connaissant aux mêmes âges les mêmes bonheurs et les mêmes coups du sort comme s’ils restaient connectés par un lien invisible. États-Unis et Royaume-Uni se sont séparés il y a plus de 200 ans. Pourtant ils suivent des cycles identiques.

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, les idées et les partis progressistes dominent des deux côtés de l’Atlantique. L’américain Truman continue le New Deal mis en place par Roosevelt dans les années 1930, le britannique Attlee instaure le Welfare State. Face à eux, conservateurs et républicains restent passifs, comme à l’époque où Roosevelt appelait son concurrent Dewey le candidat me too – moi aussi – car il ne pouvait avancer la moindre idée originale. Quand ils reviennent au pouvoir dans les années 1950, Eisenhower à Washington et Mac Millan à Londres, ils se contentent d’agir en honnêtes gestionnaires du système inventé par leurs adversaires. Ils assistent impuissants à son approfondissement au milieu des années 1960 avec le président Johnson et le Premier ministre Wilson. Nixon et Heath tentent de réagir, mais échouent tous deux au début des années 1970.

Dès lors la droite – appelons-la ainsi – se radicalise et adopte un programme libéral en opposition totale avec les idées progressistes. Elle accède au pouvoir en 1979-1980 : Thatcher et Reagan se réclament d’une idéologie de rupture et jettent les fondements d’un autre modèle à base de libéralisation et de mondialisation. Dorénavant ce sont les hommes de gauche qui deviennent les candidats me too et qui se contentent du rôle d’honnêtes gestionnaires du capitalisme libéral, Bill Clinton et Barack Obama comme Tony Blair.

Le synchronisme est presque parfait. On peut l’expliquer par l’imprégnation d’une même philosophie politique qui doit plus à Locke qu’à Rousseau ; comme des jumeaux, les pays anglo-saxons ont la même hérédité. Ils partagent aussi la même addiction à la finance et au commerce qui les prédispose à suivre des politiques comparables.

Il existe un cycle politique anglo-saxon. Sous l’influence de son voisin du Sud, le Canada en ressent les effets, parfois avec un certain retard : Stephan Harper, un clone de George W. Bush, devient Premier ministre en 2006 et Justin Trudeau, qui imite Obama, arrive au pouvoir en 2015. Plus éloignées, l’Australie et la Nouvelle-Zélande sont elles aussi affectées.

Héritier de l’Angleterre impériale, le monde anglo-saxon forme un bloc que la géopolitique étudie peu. Le Brexit en juin et l’élection de Donald Trump en novembre le confirment. La plupart des experts se sont montrés incapables de prédire et même de pressentir les deux événements. Ils s’interrogent aujourd’hui sur leur signification – la révolte du peuple d’en bas, le rejet de l’establishment, le refus de la mondialisation, la réaffirmation des identités nationales. Un nouveau paradigme émergerait et l’onde de choc pourrait submerger l’ensemble des pays occidentaux – beaucoup s’en inquiètent. Comme après 1945, comme après 1980, les modèles venus du monde anglo-saxon ne sont-ils pas destinés à être copiés ailleurs ?

Il est trop tôt pour trancher. Le Brexit n’est pas encore acté et ses adversaires cherchent à le vider de sa substance. On ne sait pas grand-chose des intentions de Donald Trump et rien ne dit que l’establishment républicain ne parviendra pas à le récupérer. Les votes de 2016 sont-ils un baroud d’honneur, dans ce cas la mondialisation, la banalisation des nations et la sécession de l’élite mondialisée reprendront leur cours ? Ou bien le monde prendra-t-il un cours opposé ?

Beaucoup dépendra sans doute de la détermination de Théresa May et de Donald Trump. Qu’ils mollissent et leur électorat, une nouvelle fois déçu, retournera à l’abstention. Il est pourtant une vertu que l’on doit reconnaître aux peuples anglo-saxons et qu’ils ont démontrée au long de leur histoire : la ténacité. Les États-Unis de Trump et le Royaume-Uni de May en feront-ils preuve ?

Conflits n°12, en vente en kiosques.

Site de Conflits cliquez ici

http://synthesenationale.hautetfort.com/

Perles de Culture n°105

Passé Présent n°135 - Gutenberg révolutionne l'imprimerie

07:55 Écrit par pat dans culture et histoire | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | |

18/01/2017

Les Réprouvés d’Ernst Von Salomon : Grandeurs et limites de l’activisme

Bréviaire de plusieurs générations d’aventuriers et de militants (de « gauche » comme de « droite »), « Les Réprouvés » est l’analyse la plus fine des grandeurs et des limites de l’activisme. A travers le récit d’Ernst Von Salomon, on découvre une époque troublée où les explosifs les plus violents étaient les esprits embrasés et où les hommes pouvaient encore jouer à avoir un destin. « Nous croyons aux instants où toute une vie se trouve ramassée, nous croyons au bonheur d’une prompte décision ».

« Peu importe ce qu’on pense. Ce qui compte c’est la manière de le penser »

L’épopée romantique, ne doit pas faire oublier que ce récit est surtout un témoignage sur une expérience personnelle à laquelle l’Histoire a donné une dimension tragique. Von Salomon se garde de tomber dans le manichéisme, sachant par expérience que les idéologies ne sont que des masques pudiques pour les passions humaines. Reconnaissant la valeur de l’adversaire, que ce soit les insurgés communistes poursuivant sous d’autres drapeaux un combat comparable au sien ou bien Walter Rathenau, à qui il rend un hommage riche d’enseignement, il tire de son époque une morale de l’action qui transcende les clivages : « Agir, agir n’importe comment, tête baissée, se révolter par principe, tendre ses énergies par tous les moyens, avec toutes les audaces, le sang ne coule jamais en vain ! ». Les seuls être qui ne trouvent nulle grâce à ses yeux sont les bourgeois, leur lâcheté les lui rend à jamais méprisables.

Malheureusement cet élan vital ne suffira pas pour faire triompher les valeurs portées par les « réprouvés ». Car le manque d’expérience politique et l’ignorance des forces en jeu amènera les soldats perdus à servir les intérêts de cette classe bourgeoise tant haïe. Qui ne s’enracine pas dans le peuple, se laisse emporter par le vent de l’Histoire. C’est toute l’ambiguïté d’une partie de cette génération de combattants qui s’était sacrifiée pour sa Nation. En réalité, celle-ci les avait cyniquement instrumentalisés alors qu’ils pensaient lutter pour des valeurs héritées, dignes d’êtres défendues. Néanmoins, ils s’étaient plutôt construit une Nation idéale mais, d’une certaine façon, concrètement vécue sur la ligne du front, au coeur de la guerre. Toutefois, que pouvait-elle valoir, lorsque que ces hommes revinrent à la vie civile? Condamner la médiocrité de la vie bourgeoise prosaïque témoigne bien d’une certaine conscience de l’aliénation vécue quotidiennement mais ne suffit pas, pour remettre clairement en question, les fondements du système ayant conduit à la boucherie de la guerre impérialiste.

« La guerre est finie : les guerriers marchent toujours »

Elevé pour servir un ordre qui s’écroule avec l’armistice de Novembre 1918, Von Salomon se retrouve orphelin d’un Empire idéalisé. Il va rejoindre les colonnes revenant du front et, qui comme lui se sentent perdues dans cette Allemagne au bord du chaos.

Seules subsistent encore les valeurs guerrières forgées par les années de tranchées, la communauté fraternelle des camarades servant de refuge face aux bouleversement de leur époque. « La Patrie était en eux, et en eux était la Nation » écrit Von Salomon qui comprit que lorsque la majorité décide de capituler, il ne reste aux hommes libres qu’à rester fidèles à eux-mêmes.

Ces troupes seront mises à contribution par la République de Weimar afin de liquider la révolution spartakiste dans un Berlin surréaliste, où la luxure des cabarets côtoie les derniers combats de rue. Sale besogne qui entachera les drapeaux des corps-francs. Les guerriers vont comprendre trop tard qu’ils ont sauvé leur pire ennemi, la bourgeoisie, et se condamner. C’est alors que vers l’Est de nouveaux combats éclatèrent. La nouvelle époque, celle du Baltikum, permit d’oublier l’amère « victoire » de Berlin. Voulant garantir les frontières de l’Allemagne à l’Est, ils furent utilisés par le système pour faire barrage à l’avancée communiste de la jeune Union Soviétique.

Les « desperados de la Nation » traînèrent leurs guêtres de la Lettonie à la Silésie, combattant sans cesse pour finir une nouvelle fois poignardés dans le dos par le régime de Weimar. « Nous avons tendu la victoire comme une coupe précieuse sur nos mains prêtes au sacrifice. Mais ils l’ont laissé tomber par terre, et elle s’est brisée sur leurs pieds ». La marche vers l’Est avait été un moyen de fuir les bassesses de la démocratie, qui finirent pourtant par les rattraper. Leur retour à la vie civile les laissèrent sans repère : « A l’époque, l’Allemagne était pour lui un pays de soixante millions d’hommes qui avaient le sentiment de ne pas être à leur place et de quelques autres qui n’étaient pas du tout à leur vraie place ».

La Nation Impossible

Condamnés à revenir vers ce monde qu’ils fuyaient, soldats sans armée, il ne leur restait qu’à devenir des terroristes. Ce plongeon dans la clandestinité donne à l’aventure un tournant individualiste qui fait de Von Salomon plus un aventurier qu’un militant. D’abord, dans la Ruhr occupée par les alliés, puis en menant un activisme débridé contre l’Etat. La violence que ces soldats perdus exerceront contre leur propre gouvernement ne pouvait être comprise par les masses.

Le choix d’assassiner Walter Rathenau s’éclaire au soleil noir d’un nihilisme refusant totalement une société négatrice de leurs valeurs (dont le ministre social-démocrate était l’incarnation intolérable). Il fut donc leur victime expiatrice, non du fait qu’il était le responsable de l’armistice ou parce qu’il était d’origine israélite, mais parce qu’il incarnait, par sa valeur, l’avenir du système…

Fournissant la voiture qui servit aux lieutenant de vaisseaux Kerm et Fischer pour abattre leur victime, Von Salomon sera traqué dans sa tentative de retrouver ses camarades encerclés. Ils se suicideront pour éviter la capture, ce destin ne sera pas offert à l’auteur. Arrêté, il passera plusieurs années en prison. Au bout de trois années d’isolement, on l’autorisera à recevoir un livre, Le Rouge et le Noir de Stendhal et à en écrire un, Les Réprouvés. Dès sa publication, il exercera une fascination qui est loin d’être éteinte.

Von Salomon à sa sortie de prison devra assurer sa survie par de multiple petits boulots, avant de trouver sa voie comme scénariste pour les studios de cinéma. Amoureux de la France, il s’installe un temps au Pays Basque. Toujours en contact avec la mouvance national-révolutionnaire, il observe la montée du nazisme. Après la prise de pouvoir par Hitler, il refuse les honneurs que lui offre le régime et s’enferme dans un «exil intérieur» comparable à celui d’Ernst Jünger. A la fin de la Seconde Guerre Mondiale, il sera inquiété par les Américains . Ceux-ci n’ayant rien à lui reprocher au final, il sera libéré après plusieurs mois d’internement et reprendra son activité cinématographique,avant de mourir en 1972.

Source

http://www.voxnr.com/7466/les-reprouves-dernst-von-salomo...

Samedi dernier : c'était la journée de la fierté parisienne et la marche en honneur à Sainte Geneviève

Samedi 14 janvier, l’association Paris Fierté invitait une nouvelle fois les Parisiens à venir célébrer la culture et l’histoire de leur ville.

A 15 h, le public était accueilli sur une péniche pour se retrouver dans un bistrot guinguette à la parisienne. La péniche a vite été pleine à craqué, et la bonne humeur était de rigueur !

fiertc3a9-parisienne-2017-7.jpg

A l’issue de la journée, mille Parisiens se sont rendus aux flambeaux en l’honneur de Sainte-Geneviève. Les musiques populaires ont succédé aux slogans à la gloire de Paris, dans un spectacle son et lumière qui a ravi les passants.

Le formidable succès de cette journée prouve, une fois de plus, que les parisiens ne sont pas prêts d’abandonner leur ville : demain comme aujourd’hui, ils défendront Paris !

http://synthesenationale.hautetfort.com/

LOUIS XI (1423-1483) #1 | AU CŒUR DE L’HISTOIRE | EUROPE 1

06:57 Écrit par pat dans culture et histoire | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | |

17/01/2017

RFR - Jeanne d'Arc par elle même

Réflexions sur le terrorisme, face hideuse de la mondialisation

Partons de l'idée qu'un chahid, un fou nihiliste, un illuminé ou un zélote abruptement radicalisé, appelez-le comme vous voudrez, « aime plus la mort que nous autres n'aimons ta vie » ! Parce que combattre le terrorisme c'est d'abord comprendre le phénomène sous tous ses aspects. Dire qui est qui et qui tire les ficelles, grosses, visibles ou invisibles. Lutter contre le mal c'est commencer par savoir le nommer. En désigner et en décrire les rouages et les organes, en identifier les tenants et les aboutissants. L'affaire est complexe et nous en sommes, avec nos faibles forces, réduits à tracer au sein de jungles inextricables, quelques sentes d'abatis, des layons, qui nous permettront peut-être de faire pénétrer un peu de clarté sous la voûte obscure de la selve.

En vérité - parce que la vérité objective existe, ce que nient les nouveaux épistémologues, ceux qui prétendent que la réalité n'est que le regard, subjectif par définition, que nous portons sur les choses, une manière comme une autre d'abolir le mensonge d'ériger les falsifications médiatiques en science de l’information - les choses ne sont pas si complexes, surtout pour ceux qui, hasard ou curiosité exploratoire, ont ouvert le grand livre de l'Histoire. Livre où s'inscrivent en toutes lettres, narrées au passé, nos épreuves présentes. Tout y est dit, a été dit ou presque. L'homme certes évolue, mais lentement, à nous de repérer les constantes qui délimitent notre champ d'enquête. Ajoutons que sous la surface des mœurs modernes gisent encore tous les archaïsmes des temps anciens. Distinguons les formes actuelles, contingentes, des invariants qui nous habitent et nous charpentent. Il ne s'agit sans doute pas à proprement parler d'instincts, plutôt de superstructures comportementales qui ressurgissent selon les circonstances, situation. Ces résurgences qui nous surprennent le plus souvent ne sont pas en fait aussi inattendues ni profondément enfouies que l'on aurait tort de le croire.

La destruction pour seul horizon

Les familles des sacrifiés, ces fous de Dieu, se montrent volontiers, devant les micros et les caméras, incrédules ne voulant pas croire que leur fils, frère ou cousin puisse être le tueur froid qui vient de commettre un carnage... dans le théâtre du Bataclan, sur la Promenade des Anglais à Nice, ou à Berlin au pied de l'église du Souvenir ou plus loin à Orlando le 12 juin 2016, avec ses 49 morts dans un club gay, répétition du dernier carnage en date à Istamboul et ses 39 victimes de la Saint-Sylvestre. Des jeunes gens qui hier avaient pour la plupart épousé les vices de la société consumériste - drogue, alcool, vagabondage sexuel, délits en tous genres, parfois indicateurs des services de police tel Merah - se transforment du jour au lendemain en martyrs d'une croisade à rebours contre l'Occident mécréant. Y a-t-il ici contradiction ? Non, pas vraiment. Pas plus qu'il n'y en avait chez les terroristes de la Narodnaïa Volia - la Volonté du peuple de jeunes bourgeois acoquinés à d'authentiques apaches, qui, pour embrasser la cause des déshérités jetaient des bombes meurtrières sur les fonctionnaires de l'autocratie tsariste.. et s'enorgueillirent en 1881 de l'assassinat d'Alexandre II, le 13 mars du calendrier julien.

Lequel empereur venait tout juste, par un oukase du 19 février, d'abolir le servage en octroyant aux paysans et à leur communes - mir - la moitié des terres possédés jusque-là par les hobereaux et autres barines. Observons en passant que l'histoire nous apprend que les tyrans que l'on abat au nom de la Liberté ne sont jamais aussi cruels que ceux qui leur succèdent. Les Narodniki s'inspiraient dans leurs actions, et avant Lénine, du Catéchisme révolutionnaire de Serge Netchaïev que Dostoïevski fit passer à la postérité par le biais de son roman Les démons.. Catéchisme dans lequel on peut lire qu'un enragé ne prônant que le terrorisme « ne connaît qu'une science, celle de la destruction »(1). Remplacez science par loi chariatique dévoyée à la mode wahhabite et vous aurez une copié/collé de l'une des idées motrices de nos modernes djihadistes.

Nous ne reviendrons pas sur l'idée que la prédication surnuméraire d'Abdelwahhab (1703/1792) - parce qu'elle se surajoute aux quatre grandes Écoles jurisprudentielles de l'Islam postérieurement auxquelles fut close au XIe siècle l'exégèse coranique, l'ijtihad - s'est exorbitée de la foi pour n'être plus qu'une idéologie mortifère(2) Que cette idéologie et la rage normalisatrice et destructrice qui l'accompagne, sont sur le fond l'exact équivalent de cet autre messianisme armé - en principe athée - que fut le bolchévisme. L'islamisme radical est un lit de Procuste tout aussi meurtrier que l'est toujours - au moins potentiellement - la vulgate marxiste lénino-trotskiste et avant elle, les Grands égalisateurs devant l'Éternel que furent les Conventionnels et les Thermidoriens. Que si donc une comparaison s'impose, ne serait-ce qu'au regard de leur prosélytisme révolutionnaire et de leur esprit de conquête à échelle planétaire, ce sera du côté des Jacobins et des Communistes qui se, firent de féroces épurateurs en 1944, qu'il faudra rechercher le code-source, l'archétype du terrorisme moderne. À savoir la volonté de rédimer l'homme, avec pour corollaire une soif illimitée de destruction de tout, humains et monuments, ce qui pourraient porter la trace d'un état antérieur devant être aboli sans retour et de vive force. En Russie, à partir de 1918 et durant la Terreur rouge et comme à Phnom Penh en 1975, la callosité des mains sauvait ou signait l'arrêt de mort. Quant à l'arasement du passé, la cabale lourianique [Issac Louria 1534/1572] ne dit pas autre chose qui prêche la destruction des kellipot, ces urnes maudites enfermant la lumière divine qu'il convient de libérer après les avoir brisées. Or les kellipot ne sont rien d'autre que la gangue de l'histoire et les hommes qui la composent. Soit tout ceux qui interdisent, qui bloquent - tant qu'ils n'ont pas été anéantis ou recadrés - la grande restauration, tikkoun... Cela suppose donc la rédemption des nations par le fer, le feu, la disparition de la propriété privée, la collectivisation des terres, ou plus progressivement, de manière moins douloureuse mais tout autant efficace, la reconfiguration progressiste de nos société par le fisc, l'effacement des frontières, l'accueil volontariste de migrants invasifs, par la négation de la relation de cause à effet, par la théorie du genre... qui, elle non plus, n'existe pas ! Au-delà, par la diffusion à coup de pétrodollars d'une prédication molochienne salafo-wahhabite prônant l'extermination des apostats à commencer par les musulmans non fanatiques - et la conversion (ou la mort) des mécréants par la Terreur. Or quel que soit le loup, les brebis seront bien gardées et se serreront sous la houlette des bons pasteurs qui les conduisent aux abattoirs.

Fanatisme et déséquilibre mental du métis culturel

Chacun sait que l'entrée dans la vie s'accompagne d'une ivresse qui, sous sa forme la plus bénigne, se nomme romantisme. Les jeunes gens normaux ont soif d'aventures; d'épouser un idéal qui les grandisse. La rébellion contre les malfaçons du monde peut en être une et pour qui s'est fourvoyé un instant sur les sites de l'islam radical, nous savons combien les appels à la guerre sainte peuvent s'avérer envoûtants, en un mot : convaincants. Il y a une indéniable magie dans ces appels du large, dans ces psalmodies qui font, n'en doutons pas, vibrer certaines cordes ataviques enfouies dans les tréfonds de nos déracinés purs produits de la société ouverte, plurielle, métisse à l'identité incertaine et au déséquilibre prononcé… ersatz de musulmans mais le plus souvent vraies cailleras. Nous ne parlerons pas ici de leurs chefs dont la formation intellectuelle est parfois supérieure comme le montre le récent exemple de ce médecin radicalisé, interne à l'hôpital de la Timone à Marseille. Croyons cependant aux gènes dominants, à la mémoire des corps chargés des empreintes laissées par les aïeux. Gustave Le Bon, ce grand penseur aujourd'hui méconnu, se montrait convaincu que nos ancêtres pesaient plus lourd dans nos vies que tous les vivants réunis. Cela sous l'influence de ces « caractères invariables, legs des ancêtres, constituant l'âme collective d'un peuple ». Autant dire que chacun, d'Orient ou d'Occident, porte en lui, plus ou moins aigu, plus ou moins sauvage suivant son bagage héréditaire, le goût de la violence ou la propension à l'exaltation ou à la faim du sacrifice au service d'une cause transcendante. Appétence différente de l'un à l'autre et plus ou moins marquée selon les moments de sa vie. Qu'elle soit as justice sociale - en tout état de cause ce qui prétend l'incarner - ou de soumission à la loi divine telle que présentée par la dogmatique nihiliste du wahhabisme. En ce domaine peu importe le contenu, seule compte la mystique qui en forme la substance. Le résultat est là, non exhaustif mais terrible en soi... Prenons le cas de la Tunisie vivier et pépinière de djihadistes sur les six dizaines de milliers de combattants étrangers venus en Syrie affronter l'hydre de la mécréance, l'on n'en compte pas moins de cinq mille (sur onze millions de Tunisiens) auxquels l'on doit en 2015 quelques sinistres faits d'armes ! Musée du Bardo (18 mars, 22 morts), Sousse (26 juin, 39 morts), Tunis (24 novembre, 13 morts), en 2016 Ben Gerdane (7 mars, 49 morts) de Nice (14 juillet, 86 morts) et de Berlin (19 décembre, 13 morts). Des Égarés qui somme toute ne sont pas différents, sauf dans la perception qu'en ont les adeptes d'une lecture mythifiée de l'histoire, des 35 000 volontaires des Brigades internationales qui, entre 1936 et 1938, ont durant la guerre civile espagnol, participé à la lutte centre le fascisme. Le Bien centre le Mal et ceci en fonction du camp où l'on se trouve puisque désormais les guerres sont essentiellement idéologiques et même eschatologiques... et non plus directement d'intérêts matériels, dynastiques, territoriaux, commerciaux !

Leçons d’histoire : balayer devant sa porte

Des tueurs rouges, baptisés Républicains, dont les méthodes ne seraient certainement pas désavouées pas nos takfiristes contemporains. Car mis à part les islamistes les plus durs (ceux de l'ÉI que nul n'encense ouvertement), les démocraties occidentales considèrent que les terroristes modérés, en guerre contre le régime laïc de Damas - autrement appelés "rebelles" parce que le mots de résistants n'est hélas pas ici utilisable - sont tout aussi admirables et fréquentables que les marxistes révolutionnaires qui n'eurent de cesse de massacrer en Espagne le clergé catholique... À l'instar en Syrie de nos brigadistes sunnites radicaux avec les minorités hétérodoxes, alaouite, chrétiennes, yézidie, druze, Ismaélienne, et caetera. Ce parallèle - qui pourtant s'impose fera hurler les bien-pensants voulant ignorer que la barbarie s'invite dès que la morale naturelle ainsi que les lois et coutumes de guerre sont mises de côté. Ce que fit Washington lorsqu'il refusa à l'automne 2001 le statut de prisonniers de guerre aux Talibans vaincus déclarés prisonniers du champ de bataille... Comme Eisenhower l'avait déjà fait en 1945 pour les prisonniers allemands(3) Si le terrorisme vient aujourd'hui frapper à nos portes, admettons qu'en la matière nous nous sommes montrés d'excellents professeurs. S'il est coutumier que l'élève dépasse le maître, il serait cependant bon que la dive démocratie balayât un peu devant sa porte.

Bref, que les takifiristes nihilistes et suicidaires soient la plupart du temps de la graine de mauvais garçons, rien n'est plus sûr. Nous assistons avec une naïve stupeur à la conversion mystique d'une violence sui generis, laquelle se coule dans la matrice théologique que leur imposent les oulémas wahhabites et leurs épigones des Frères musulmans. Les terroristes du social-démocrate Lénine, avant 1917, furent bien entendu et avant tout des scellerais pensons à la fascination morbide des progressistes pour le crime et les criminels - qui saisirent la formidable occasion d'exercer leur férocité, de donner libre cours à leur haine de la société et des hommes, cela sous couvert un idéal d'apparence grandiose. Oui nous sommes en guerre et cette guerre aujourd'hui larvée ne pourra que se développer, insidieusement, prenant des formes inédites et sournoises telles ses attaques de passants frappés au hasard dans la rue « pour le fun ». Une mode arrivée d'Amérique - mais dont l'un des précurseurs fut le pédomane philomarxiste André Gide, théoricien de l'acte gratuit et du meurtre par désœuvrement dans son roman fameux Les Caves du Vatican. Cela pour dire que la guerre qui nous est et qui nous sera livrée, nous en avons déjà exploré et décrit toutes les tribulations. Hélas, nous sommes appelés à payer maintenant le prix de nos inconséquences, de notre permissivité et de notre déshérence spirituelle. Et parce que haine et destruction sont contagieuses, nul ne sait où s'arrêtera l'incendie. Maintenant, afin de ne pas prolonger indûment ce soliloque, il serait urgent de savoir qui instrumente réellement ces fiancés de la mort ? Qui sème la dévastation au nom d'une quête de salut poursuivie à rebours ? En croyant suivre la Voie droite la Charia - loi divine, mais en se fourvoyant sans le comprendre sur les sombres et tortueux chemins de la Rédemption par le péché négatrice de la Loi... Sont-ce uniquement les djihadistes adossés à nos modernistes et prébendiers sociaux-libéraux ? Tous les naïfs et madrés qui escomptent qu'après le chaos ils verront l'aurore d'un nouvel Eden(4) ?

Théorie du complot et théologie de la conscience

Pour aller au cœur de cible posons tout de suite avec le Corriere délla Sera une seconde question qui éclaire la première. lors du « massacre de Berlin, pourquoi le terroriste a-t-il laissé ses papiers ? ». La police et les services antiterroristes en fouillant le camion ne découvrent pas immédiatement sous le siège du chauffeur la demande d'asile rejetée en juin 2016 que le Tunisien Anis Arnri a oubliée. Raison pour laquelle un Pakistanais de 23 ans est appréhendé puis relâché avec de plates excuses. Entre-temps, presque par hasard, un enquêteur découvre les papiers du terroriste dont on connaît le parcours européen exemplaire depuis son entrée par l'île de Lampedusa, son incarcération pendant quatre ans en Italie pour un incendie criminel et ses vagabondages couverts par l'immunité de l'hyper laxisme bruxellois. Il est intercepté fortuitement à Milan, en pleine nuit, et abattu par une patrouille dans le voisinage de la gare de Sesto San Giovanni à quelques encablures de l'endroit d'où était parti le camion polonais utilisé pour le massacre [ilmanifesto.info27déc16]. Or ça, si vous n'êtes pas tenant de la théorie du complot, vous devez l'être assurément devenu de la théorie de la coïncidence.

Rappelons que les documents miraculeux deviennent sur les scènes de crime une sorte de routine : le passeport volage de Satam Al-Suqami qui, dans l'effondrement à la vitesse de la chute libre des Tours jumelles, réchappe aux poutrelles d'acier en fusion, pour venir se déposer sagement au pied d'un passant (celui d'Aziz Al-Omari - autre membre du commando pirate de New York - sera retrouvé dans un bagage ayant manqué la correspondance pour le vol détourné). Ou encore la carte d'identité de l'un des frères Kouachi, Saïd, retrouvée dans la voiture volée et abandonnée Porte de la Chapelle après le crime de la rue Nicolas Appert. Idem, à nouveau en France, après l'attentat du 14 juillet à Nice, un permis de séjour au nom du Tunisien Lahouaiej Bouhlel, connu des services de police pour des faits de violence et d'usage d'armes, est retrouvé dans le camion ayant servi au carnage de la Promenade des Anglais. Aucun de ces terroristes ne parlera ni ne passera en jugement, tous seront très vite liquidés.

Alors qui se cache derrière les terroristes ? En première ligne des individus qui, comme le patron de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, nous assènent que « nos valeurs, notre façon de vivre ensemble en liberté et notre ouverture sont nos meilleurs moyens de lutter contre le terrorisme ». Un homme qui préconise mezzo voce d'ouvrir en grand les frontières de l'Union afin que cesse le terrorisme islamiste. Ce pourquoi M. Junker, en lutte contre la « rhétorique de l'exclusion », prône de barrer la route aux dangereux populismes… parce qu'il est vital que « l'Europe continue à offrir un abri aux personnes fuyant les zones de guerre ». La Tunisie n'est pas une zone de guerre et pourtant…

Le terrorisme, face hideuse de la mondialisation

En mai 2014, Mehdi Nemmouche, binational franco-algérien, après avoir combattu une année en Syrie dans les rangs de l'État islamique, ouvrait le feu sur le Musée juif de Bruxelles. Le 13 novembre 2015, le Bataclan et le Stade de France étaient attaqués par dix islamistes dont sept revenaient de Syrie, deux autres d'Irak. À Bruxelles, en mars 2016, cinq djihadistes "européens" attaquent l'aéroport de la capitale de l'Union européenne. Tous avaient fait leurs classes en Syrie. Tous en effet fuyaient une zone de guerre... mais pour mieux allumer l'incendie en Europe. Les trois derniers attentats en Allemagne ont également été perpétrés par des escrocs à la demande d'accueil. À Wurtz-bourg, l'assaillant du train était un faux réfugié afghan de 17 ans. Pareil à Ansbach où un Syrien fait sauter sa ceinture d'explosifs dans un festival de musique après avoir demandé l'asile en Bulgarie, en Autriche et en Allemagne...

Stupidité et/ou complicité de la part des dirigeants européens ? Une stratégie de contrôle des populations autochtones par la peur et le dévoiement de l'attention publique ? Au demeurant les véritables marionnettistes ne sont-ils pas ceux qui ont entrepris de redessiner la carte du Proche-Orient, quel qu'en soit le prix ? Ceux qui se sont engagés dans la voie d'une politique volontariste, à marche forcée, en faveur du brassage et du métissage des populations européennes dans le but de détruire à jamais le spectre d'identités nationales fondées sur une homogénéité ethnique, confessionnelle et historique ?

Ceux-là sont les vrais donneurs d'ordre et pas seulement ceux qui payent, qui financent les voyages périlleux et les passeurs des faux réfugiés et vrais migrants à hauteur de dix mille euros par tête de pipe. Un nom vient immédiatement à l'esprit George Soros et ses richissimes Fondations. Mais ce serait oublier qu'il n'est que le prête-nom d'intérêts autrement plus puissants. Ceux de groupes qui se font les promoteurs d'idéologies véhiculant un messianisme révolutionnaire et dont les centres sont à Riyad pour le wahhabisme (lequel se diffuse grâce à un océan de pétrodollars et tend à s'imposer comme la nouvelle orthodoxie de l'islam), Londres et New York, Zurich et Francfort pour le mondialisme transgenre prêchant l'hédonisme consumériste hors-sol dans la fusion des races, des sexes, des cultures et l'amnésie générale. Un monde sans histoire, sans passé et sans avenir autre que celui de la termitière à échelle planétaire.

La guerre sempiternelle

Finalement que penser a posteriori de nos brillants causeurs qui, voici vingt ans, annonçaient l'échec de l'islam politique et la marginalisation du terrorisme condamné à devenir un épiphénomène ? Surtout sachant que le mal ne sera pas éradiqué par la reconquête des bastions de l'ÉI au Levant même si les rebellions armées déposent les armes et concluent un armistice durable avec l'État syrien ! L'idéologie virale wahhabite à n'en pas douter perdurera au Sahel, dans la Corne de l'Afrique, dans le Golfe de Guinée ou dans les grands réservoirs islamistes d'Asie. La signature le 29 décembre d'un accord de cessez-le-feu en Syrie sous le parrainage de la Russie et de la Turquie et validé par le Conseil de Sécurité unanime, ne règle rien sur le fond. Cela parce qu'il s'agit plus largement d'une guerre véritablement eschatologique du Bien contre le Mal faisant écho à la Guerre sans limites que l'Amérique lançait en défi aux Nations au lendemain du 11 Septembre. Autrement dit, la Croisade (le mot fut vite abandonné) que GW Bush annonçait le 16 septembre 2001(5).

En retour les sites de Daech incitent et avec une éloquence certaine à la migration vers une Union européenne pour s'y livrer au djihad contre les "Croisés ». L'Europe, cet espace géographique sans visage qui fait tomber ses frontières pour mieux inviter sur son sol toute la misère du monde et l'écume corrosive du sous-développement, au prétexte d'accueillir les réfugiés des guerres qu'elle a elle-même allumées au service de l'Otan. Ce que confirmait encore, une fois de plus il y a quelques jours, ce 27 décembre à Ankara, l'ex-grand ami de Washington, le président Erdogan en déclarant « Ils [les États-Unis] apportent leur soutien aux groupes terroristes, y compris l'EI… Nous avons des preuves confirmées, avec des photos, des photos et des vidéos ». Inutile d'épiloguer.
Or si Daech, scission/émanation d'Al-Qaïda, se mêle à la masse des migrants, c'est avec l'idée bien arrêtée de faire de l'Europe démographiquement agonisante, la Maison de la guerre, le Dar alharb. Il va de soi, qu'en accord avec le précepte maoïste, les égorgeurs se meuvent comme des poissons dans l'eau au sein des foules affluant vers un sous-continent atteint de sida mental, c'est-à-dire dont les défenses immunitaires, spirituelles et intellectuelles, se sont effondrées. L'Union n'étant qu'un conglomérat de peuples perclus de mauvaises bonnes intentions, de culpabilité pour tous les crimes réels ou imaginaires qu'ils auraient commis dans un proche ou lointain passé... croisades, traite négrière, colonisation, décolonisation et tutti quanti ! Autant dire que la guerre civile larvée en Europe est appelée à durer si une paix syrienne ne parvient pas à éteindre durablement l'incendie, le Qatar comme la Turquie s'étant ralliés à Moscou devraient cesser de l'alimenter. Reste toutefois l'Arabie et d'autres États voyous, du Golfe entre autres, mais pas seulement, pour armer les armées djihadistes avec des matériels achetés aux grands marchands d'armes, étatiques ou non. Une guerre intestine plus ou moins larvée, épisodique, mais inéluctablement destinée à s'étendre pour déboucher peut-être - à moyenne échéance, sur une guerre civile européenne ouverte. L'hypothèse, aussi désagréable soit-elle, ne peut cependant pas être totalement exclue…

Le cancer terroriste

Retenons de ce qui précède que le cancer chirurgicalement excisé a déjà métastasé au sein du milliard et demi d'hommes qui composent l’Oumma islamique, la « Communauté des croyants ». L'incendie n'est par conséquent pas près de s'éteindre puisque ceux qui prétendent l'éteindre sont également ceux qui l'ont allumé... Al Qaïda, la Base, officiellement fondée en 1987, est née en réalité au Pakistan à l'initiative de la CIA dès 1977, soit deux ans avant l'entrée des troupes soviétiques sur le sol afghan. Elle servira dé prétexte et de repoussoir sur plusieurs fronts de guerre. Ainsi en Bosnie, en avril 1992, puis en Yougoslavie en 1999 dans la guerre du Kossovo. En mars 2011, l'Otan ouvre les hostilités en Libye par le truchement de chefs d'Al-Qaïda tel Abdel-hakim Belhadj qui, après la chute de la Jamahiriya, ira porter la dévastation et la mort en Syrie(6).

Des faits accablants pour les Euratlantistes, mais bien connus dé tous les observateurs avertis, et que viennent, une fois de plus, faire ressortir l'affaire des courriels de Madame Clinton divulgués par Wikileaks... des révélations si gênantes que la Maison-Blanche a tenté d'en minimiser l'impact en accusant les Services de guerre électronique russes d'en avoir été les initiateurs. Cela dans le but de peser dans la balance des élections présidentielles américaines au détriment du camp Démocrate. Une façon peu élégante de chercher à délégitimer (ou de jeter une ombre de suspicion), le nouveau président trois semaines avant sa prestation de serment, le 20 janvier 2017. Ajoutons que les signes négatifs se multiplient quant à un regain de tension Est/ Ouest, à commencer par l'expulsion des Etats-Unis de trente-cinq membres du personnel diplomatique russe. Mesure vexatoire à laquelle le Kremlin beau joueur ne répondra pas. Ayons en mémoire que le prix Nobel de la paix fut attribué en 2009 au président Obama « pour ses efforts extraordinaires en faveur du renforcement de la diplomatie et de la coopération internationales entre les peuples ». In fine, avec l'affaire Wikileaks, nous avons là une fort intéressante illustration de ces « efforts extraordinaires en faveur de la diplomatie et de la coopération » !

Pour ceux qui n'auraient pas tout à fait saisi, l'Administration américaine n'aura jamais cessé ces trois dernières décennies de financer, d'organiser, de superviser et d'armer des groupes islamistes pour déstabiliser et détruire les Etats nations qui ne s'alignaient pas. Cette politique du « régime change » a montré ses limites. Les échecs se succèdent et finissent par se ressembler. Même l'État hébreu qui eût dû bénéficier de l'effondrement ou de l'affaiblissement des ses voisins, se révèle aujourd'hui, à la fin du mandat présidentiel de l'Américain Obama, particulièrement affaibli nonobstant les chasseurs-bombardiers de dernière génération F35 que les États-Unis lui livrent actuellement. Guérillas islamistes au sein desquelles se formeront et se recruteront les noyaux durs de l'ÉI et de ses succursales au Maghreb islamique, dans la Péninsule arabique, la Corne de l'Afrique, au Nigeria, en Asie. En mars 2013, le New York Times évoquera à plusieurs reprises le transfert au printemps 2011 d'éléments combattants, notamment en Syrie pour y renverser le régime baasiste de Bachar el-Assad. Un rapport du Pentagone du 12 août 2012 (déclassifié le 18 mai 2015), précisera que « les pays occidentaux, les États du Golfe et la Turquie soutiennent en Syrie les forces qui tentent de contrôler les zones orientales », cela devant permettre « la possibilité d'établir un émirat salafiste en Syrie orientale » [cf ilmanifesto27déc16]. La messe est dite, Manhattan et Riyad, deux idéologies différentes, apparemment en guerre mais en apparence seulement, au final, un unique catéchisme subversif, un seul et même combat.

Léon Camus Rivarol du 5 janvier 2017

1) Le Catéchisme révolutionnaire dispose que le militant « au fond de lui-même, non seulement en paroles mais en pratique, a rompu tout lien avec l'ordre public et avec le monde civilisé, avec toute loi, toute convention et condition acceptée, ainsi qu'avec toute moralité. En ce qui concerne ce monde civilisé, il en est un ennemi implacable, et s'il continue à y vivre, ce n'est qu’afin de le détruire plus complètement » Règle n°2. Il « ne connaît qu'une science - celle de la destruction... » Règle n°3. « Il méprise l'opinion publique. Il méprise et hait dans tous ses motifs et toutes ses manifestations la moralité sociale actuelle. À ses yeux il n'y a de moral que ce qui contribue au triomphe de la Révolution ; tout ce qui l'empêche est immoral » Règle n° 4. « Jour et nuit, il ne doit avoir qu 'une pensée, qu'un but - la destruction la plus implacable. Travaillant froidement et sans répit à ce but, il doit être prêt à périr lui-même, et à faire périr de sa main tout ce qui empêche cet accomplissement ». Règle n°6.

2) Voir Jean-Michel. Vernochet, Les Égarés - Le wahhabisme est-il un contre-islam ? Sigest 2013. Notons qu'en Tunisie dont il est beaucoup question ces temps-ci - dans les années quatre-vingts, la diffusion de l'islamisme radical s'est faite par le haut, dans les Universités, avec la conversion des militants trotskistes. Lesquels sont passés sans difficulté d'un messianisme révolutionnaire à un autre mieux adapté à leur culture et tout aussi porteur d'apocalypse. Un phénomène passé inaperçu de nos soi-disant islamologues parisianistes. Le djihadisme combat au premier chef ce qu'il considère comme l'apostasie, puis en second l'idolâtrie identifiée avec l'Europe croisée, mais en réalité postchrétienne. Nous sommes ainsi meurtris « non pas pour ce que nous sommes, mais pour ce que nous ne sommes plus, des chrétiens ». Peu après le 13 novembre 2015, l'ÉI s'était félicité d'avoir frappé Paris, cette capitale « qui porte la bannière de la croix en Europe ». Erreur d'appréciation, c'est un vieillard hors d'âge qui est égorgé dans l'église de Saint-Etienne-du-Rouvray à la fin de la synaxe de Paul VI et les marché de Noël n'ont plus de Noël que le nom. « Il s’agit avant tout d'un marché dans une civilisation du Marché planétaire ». De fait les takfiristes ne s'attaquent pas à des symboles chrétiens mais à ceux de la société mercantile, ceux dévoués au culte de Mammon qui fait marchandise et commerce du reliquat de nos fêtes et traditions religieuses.

3) Le 4 mai 1945 le commandant en chef des forces américaines en Europe, le Général Eisenhower, donnait l'ordre de traiter tous les vaincus de guerre allemands comme des « Disarmed Enemy Forces » (DEF), ce qui exonérait les vainqueurs de l'obligation d'appliquer les Conventions de Genève et conduisit l'hiver suivant à une politique délibérée d'extermination par « la faim et le froid » de plusieurs centaines de milliers de soldats, cela avec l'aval des plus hautes autorités des États-Unis. Par un même tour de passe-passe du Secrétaire à la Défense, les vaincus d'Afghanistan furent étiquetés « prisonniers du champ de bataille », soit en « illégal enemies combatant », ce qui permit notamment de recourir à un usage extensif de la toiture et autres traitements dégradants. De la base de Bagram à la prison d'Abou Graïb en Irak, l'Amérique démocratique a su administrer à l'humanité ébahie d'admirables leçons de civilisation.

4) Suivant Sabbataï Tsevi (1626/1676), la Loi est la conséquence du péché originel. La rédemption, le retour à l'Eden primordial, la rend donc inutile et vide de sens. La faute, une fois rachetée, les actes au paravant interdits ou offensants deviennent de facto normaux. Plus avant, pour son disciple Nathan de Gaza, la loi est ce par quoi le péché se maintient en ce monde, puisqu'elle repose sur la connaissance du bien et du mal, fruit défendu goûté par Eve, source du mal. Chaque fois que nous observons la loi, que nous distinguons le bien du mal, nous répétons le geste du péché originel. Que faire ? Au paradis se dresse un aube arbre, l'arbre de Vie qui ignare les distinctions, les limitations, qui ignore la loi et sa contemplation marque l'achèvement de la rédemption, par-delà le bien et le mal. Il s'agit donc de détruire la loi. Aux yeux de Nathan, la Torah édifie un mur entre Dieu et l'humanité rachetée... « l'accomplissement de la Torah sera par conséquent sa transgression ».

Pour retrouver la présence divine en sa plénitude, il sera nécessaire de s'aventurer là où la Torah perçue comme la Loi ultime nous interdit d'aller. Il est dès lors question de transgression et de descente dans les profondeurs de l'abîme afin d'y recueillir les étincelles de lumière divine qui s'y trouvent dispersées. Pour s'élever, nous devons donc ignorer et subvertir la loi afin de ne plus entendre dans la parole divine la menace sourde du jugement, mais la promesse d'un monde de félicité à venir [cf.lundimatin#27-13sep15]. Qui ne saurait voir dans cette vision eschatologique le fil rouge courant à travers les doctrines messianistes de libération de l'homme et de dépénalisation tous azimuts ? Un monde où celui qui dénonce le mal est coupable et celui qui commet le crime est une victime.

5) « Le temps est maintenant venu de gagner de manière décisive la première guerre du XXI siècle. Cette croisade, cette guerre contre le terrorisme demandera du temps ». Conférence de presse du 16 septembre 2001.

6) Ce qu'en dit le très désinformatif Wïkipédia. Belhadj a guerroyé en Afghanistan dans les années 1980. Il deviendra plus tard par la suite l'émir du Groupe islamique combattant en Libye. On le retrouvera successivement au Pakistan, en Turquie et au Soudan. En Irak, il combat aux côtés d'Abou Moussab Al-Zarqaoui, chef d'Al-Qaïda mort en juin 2006. Arrêté en Malaisie par la CIA en 2003, interrogé à Bangkok, il est livré aux moukhabarats (SR) libyens en 2004. Il restera emprisonné jusqu'en 2009 jusqu'à ce qu'il soit gracié par Saïf ai-Islam Kadhafi qui a renégocié une trêve avec le Groupe islamique combattant. Aux dires de l'ancien Premier ministre espagnol, José Maria Aznar, Belhadj aurait été impliqué dans les attentats du 11 mars 2004 à Madrid. En mai 2011, il est au premier rang de l'insurrection contre Mouammar Kadhafi. Il se rend au Qatar et prend le commandement de la Brigade du 17 février, formée et armée par la France et les Émirats arabes unis. De retour en Tripolitaine, il participe à l'Opération française Sirène de l'aube, s'empare d'importantes réserves d'armes. Le 22 août 2011 il se proclame commandant militaire de Tripoli. L'Encyclopédie en ligne se garde bien d'évoquer le moins du monde le rôle joué ensuite par Belhadj en Syrie. Cf. Jean-Michel Vemochet, Retour de flamme - Les banlieues de Damas matrice du terrorisme, Sigest 2016.

Les liaisons dangereuses entre libéralisme et conservatisme

51x9qlfyzdl_sx315_bo1204203200_.jpgConservateurs et libéraux ont souvent fait route ensemble, au risque de brouiller les frontières entre eux, alors que les différences sont de taille. Le conservatisme reconnaît ainsi l'existence d'un bien commun et promeut les communautés et les corps intermédiaires pour le réaliser, accorde une plus grande place à l'autorité charnelle et incarnée, aux hiérarchies ; il est sensible aux excès du projet politique moderne qui est au fond le projet libéral, articulé autour du rationalisme, de l'individualisme égalitaire et de l'utilitarisme. Il fait l'éloge du particularisme, croit à l'existence des peuples et à l'utilité des frontières, rappelle avec Disraeli que "les nations ont un caractère propre aussi bien que les individus", alors que l'anthropologie libérale conduit à al vision d'un individu planétaire unique appelé, à la fin de l'histoire, à être régi par un droit et un marché universels.
"Roger Scruton, de l'urgence d'être conservateur", par Thomas Hennetier, Eléments, n°163

Terres de Mission n°15

Saint Louis (Louis IX) | Au cœur de l’histoire | Europe 1

06:58 Écrit par pat dans culture et histoire | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | |

16/01/2017

Succès de la journée de la fierté parisienne

(NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie)
Succès de la journée de la fierté parisienne samedi après midi.

C’est devenu une tradition pour les amoureux de la capitale. Tous les ans, au cours du mois de janvier, l’association Paris Fierté organise la journée de la fierté parisienne.

La journée a commencé samedi sur une péniche à proximité du pont des Arts. De 15 h à 18 h, tous les Parisiens pouvaient venir profiter d’un bistrot de type guinguette, installé et animé pour l’occasion. L’ensemble des produits vendus étaient d’origine parisienne ou francilienne. Une ambiance joviale et sympathique, dans un cadre typiquement parisien.

A partir de 18 h, les participants se sont dirigés vers le pont de la Tournelle pour la traditionnelle marche Sainte Geneviève

Selon les organisateurs, c’est un petit millier de personnes qui s’est retrouvé au pied de la statue de la sainte patronne de Paris. Le cortège s’est ensuite dirigé, sans incident jusqu’en haut de la colline du Panthéon. La ferveur était de mise, malgré le froid et le temps plus que maussade sur Paris samedi après midi. Cette année, la marche avait pour leitmotiv : Défendons Paris. Une manière de marquer une résistance vis à vis des attaques islamistes qu’a connu la ville de Paris depuis quelques temps.

Avec plus d’un millier de participants, la journée de la Fierté Parisienne fut une véritable réussite. Les organisateurs ont déjà annoncé que la journée aura de nouveau lieu l’année prochain !

http://fr.novopress.info/202789/succes-de-la-journee-de-l...

Voir les photo

Une promenade en Provence avec Pagnol - Orages d'acier - 15/01/2017

C’est ainsi que naît l’esprit fasciste

notre-avant-guerre.jpg?w=300&h=424« On n’a pas coutume d’écrire ses Mémoires à trente ans ». Robert Brasillach semble s’excuser de rassembler ses souvenirs dans Notre avant-guerre, qu’il publie chez Plon en 1941, et il ajoute : « je voudrais qu’on pût lire ce livre comme un roman, comme une suite d’éducations sentimentales et intellectuelles ; je voudrais qu’on pût le lire comme une histoire plus vaste que la mienne, encore que je désire m’en tenir à ce que j’ai vu ». Il nous raconte donc sa jeunesse durant l’entre-deux-guerres, de l’École normale supérieure à la ligne Maginot, et nous découvrons un petit groupe d’amis, qui se connurent à l’école, travaillèrent pour les mêmes revues et voyagèrent ensemble, dans l’Italie mussolinienne ou encore l’Espagne de l’après guerre civile: leur histoire est bien sûr une célébration de l’amitié mais elle est surtout indissociable de la grande histoire. Car Robert Brasillach est un témoin attentif de son époque. Dans le cinquième chapitre, qu’il intitule « J’avais des camarades », il décrit le Front populaire comme une épisode odieux et grotesque qui saisira « plus tard les historiens de stupéfaction, de rigolade et de honte »:

Des grèves partout. Dans le Vaugirard que nous habitions encore, nous nous heurtions aux quêteurs, aux quêteuses. Les fenêtres étaient décorées avec des drapeaux rouges, ornés de faucilles et de marteaux, ou d’étoiles, ou même, par condescendance, d’un écusson tricolore. Par réaction, le 14-Juillet, les Patriotes pavoisèrent aux trois couleurs dans toute la France, sur l’instigation du colonel de La Rocque. Les usines, périodiquement, étaient occupées. On enfermait le directeur, les ingénieurs, et les ouvriers ne quittaient pas les lieux: cela se nommait « la grève sur le tas ». À la porte, un tableau noir où l’on inscrivait les jours de grève. À l’intérieur, des groupes très photogéniques avec des joueurs d’accordéon à la manière des films russes. Premier ministre depuis juin, M. Blum se lamentait, pleurait deux fois par mois à la radio, d’une voix languissante, promettait l’apaisement, des satisfactions à tous. On publiait, on republiait ses fausses prophéties, ses erreurs innombrables, on rappelait ses livres de jeunesse, son esthétisme obscène et fatigué. En même temps, le 18 juillet, dans l’Espagne affaiblie par un Front populaire plus nocif, éclatait une insurrection de généraux qui devait devenir aussitôt à la fois une guerre civile et une révolution nationaliste. Les communistes manifestaient pour l’envoi à Madrid de canons et d’avions, afin d’écraser le « fascisme », organisaient le trafic d’armes et d’hommes, criaient « Blum à l’action! » et conjuguaient ainsi leur désir de guerre à l’extérieur et d’affaiblissement à l’intérieur.

L’Association des Écrivains et Artistes Révolutionnaires (A.E.A.R.) avait eu de beaux jours. Couverts d’honneurs, ses membres se promenaient volontiers avec la rosette de la Légion d’honneur sous le revers du veston: ainsi prouvaient-ils leur indépendance vis-à-vis du régime. Le mois de mai 1936 libéra ces consciences scrupuleuses, et les promotions, par une grâce divine, commencèrent en même temps de pleuvoir. La Maison de la Culture était née. C’était une vraie maison d’ailleurs, sise rue de Navarin, avec patente et pignon sur rue. Devant « le péril réactionnaire » elle s’appuyait sur un funambulesque Comité de Vigilance antifasciste où brillaient les professeurs Langevin, Perrin, Joliot-Curie. On vit s’y précipiter toute la littérature du temps, ou peu s’en faut. En même temps, avec l’argent des marquises rouges, se fondait un étonnant journal, Vendredi. […] Le journal était fort ennuyeux, et d’un accent de pion tout à fait caractéristique de ces belles années.

Car la fausse révolution de 1936 fut bien une révolution d’intellectuels. Précipités sur les prébendes, ils n’en tirèrent rien que des rapports et des thèses. Les humoristes eux-mêmes perdaient tout sens du comique. Le vieux journal anarchiste que nous avions lu, le Canard enchaîné, expulsait la plupart de ses collaborateurs coupables d’esprit frondeur, devenait strictement « Front populaire », et flirtait ouvertement avec les staliniens. On paya des sommes folles, à l’Exposition de 1937, pour montrer des spectacles collectifs absolument inouïs: la Naissance d’une cité, de J.-R. Bloch, où il y avait plus d’acteurs que de spectateurs, Liberté, composé en collaboration par douze écrivains, qui avaient chacun traité à leur façon un épisode de l’histoire de France: après une Jeanne d’Arc burlesque, un entretien scolaire entre Pascal et Descartes sur le coeur et la raison, tout s’achevait sur l’apothéose du serment du 14 juillet 1935 pour « défendre les libertés démocratiques ». Car tel était le sens de l’histoire.

Des écrivains de talent se mêlaient parfois à ces jeux. Le plus en vue était André Malraux, dont nous avions lu les sombres, brumeux et durs romans, apologies de la souffrance et du sadisme intellectuel, remplis de tortures chinoises et du crépitement des mitrailleuses, les Conquérants, la Condition humaine: il faisait du recrutement officiel pour l’Espagne rouge, et il fut même lieutenant-colonel commandant l’escadrille España. Devant sa gloire, les autres boute-feux au coin du feu pâlissaient. Mais ils se faisaient une raison en croyant atteindre à l’action, en croyant aller au peuple ils levaient le poing dans des meetings, et Jean Guehenno, un peu plus tard, devait écrire là-dessus quelques pages de cornichon sincère, et quasi-repentant. C’était le temps où dans une réunion sur l’art, si un « peintre du dimanche » déclarait qu’il était communiste, qu’il faisait la grève quand il le fallait, mais que lorsqu’il peignait, il aimait à peindre sa femme ou sa fille plutôt que d’exalter la conscience de classe, il se faisait huer. C’était le temps où Aragon et Jean Cassou déploraient qu’on ne pût dire si une toile avait été peinte avant ou après le 6 février (ces phrases extraordinaires ont été réellement dites, et pensées) et expliquaient la décadence de l’art par les sales gueules des « deux cents familles ».

Car la France était gouvernée par une oligarchie de « deux cents familles ». Aux entrées de métro, les vendeurs criaient: –Demandez la liste officielle et complète des deux cents familles. Nul ne s’étonnait de cette annonce énorme et bouffonne. Les bourgeois blêmissaient, pensaient qu’ils seraient sauvés tantôt par le P.S.F. et tantôt par les radicaux, donnaient aux quêteurs rouges, se laissaient arrêter sur les routes, et avaient une belle frousse. Rares étaient ceux qui faisaient le coup de poing avec les grévistes: il y en avait pourtant, et à qui personne n’osait toucher. D’autres étaient plus mûrs pour les révolutions qui, il faut bien le dire, ne sont pas imméritées pour tout le monde. Dans une entreprise que je connais, on reçut avis que les Rouges viendraient « attaquer » un samedi après-midi. C’était l’été, le patron était sur son yacht. Il téléphona qu’il accourait, et que quelques employés fussent prêts à défendre le capitalisme. Des camarades vinrent donc, avec un petit arsenal, tout l’après-midi. Point d’assaillants. Point de patron non plus. Le lundi suivant, il apparut pourtant, et, doucement railleur, il déclara: -Alors, vous avez été en état d’alerte pieuse, samedi?

On ne s’étonnera pas si, pris entre le conservatisme social et la racaille marxiste, une bonne part de la jeunesse hésitait. Les triomphes de 1936 révélaient des justices abominables, aidaient à comprendre certaines situations, faisaient espérer des réformes nécessaires et justes. Toutes les grèves, surtout celles du début, où il y eut parfois une joie, une liberté, une tension charmantes vers la délivrance, vers l’espoir, n’étaient pas injustifiées. Nous savions bien qu’aucune conquête ouvrière n’a jamais été obtenue de bon gré, que les patrons ont gémi qu’ils allaient à la ruine lorsqu’on établit sous Louis-Philippe la journée de onze heures et l’interdiction pour les enfants de moins de douze ans de travailler la nuit. Nous savions bien que rien n’a été fait sans la lutte, sans le sacrifice, sans le sang. Nous n’avons pas d’intérêt dans l’univers capitaliste. Le fameux « souffle de mai 1936 », nous ne l’avons pas toujours senti passer avec hostilité dans une atmosphère de gabegie, d’excès, de démagogie et de bassesse, inimaginable. C’est ainsi que naît l’esprit fasciste.

On le vit naître. Nous l’avons vu naître. Parfois, nous assistions à ces incroyables défilés de 1936, ces vastes piétinements de foules énormes, entre la place de la République et la place de la Nation. De l’enthousiasme? Je n’en suis pas sûr. Mais une extraordinaire docilité: c’est vers un but rouge et mystérieux qu’allait le destin français, et les passants levaient le poing, et ils se rassemblaient derrière les bigophonistes libres penseurs, les pêcheurs à la ligne antifascistes, et ils marchaient vers les colonnes de la place du Trône décorés de gigantesques drapeaux. On vendait de petits pantins: le colonel de La Rocque. On promenait, à la mode russe, des images géantes: les libérateurs de la pensée, Descartes, Voltaire, Karl Marx, Henri Barbusse. C’était bouffon et poussiéreux, l’esprit primaire devenu maître de tout. Et pourtant, si, aux quêteurs de juillet 36, on répondait: « Non, camarade, je suis fasciste », nul n’insistait. La mode du salut à la romaine faillit même devenir courante, non par goût, mais par riposte, quand les communistes défilaient le poing tendu vers l’Arc de Triomphe. On leva le bras, on chanta la Marseillaise. L’esprit nationaliste réclamait ses rites, et les moscoutaires essayaient de les lui chiper, en chantant, eux aussi, la Marseillaise et en se parant de tricolore, et en déclarant lutter contre le fascisme menaçant, pour les libertés françaises. Ainsi parlait Maurice Thorez, député communiste, depuis déserteur. Drôle d’époque.

Dans un monde parallèle, Notre avant-guerre serait considéré comme un classique du vingtième siècle. Mais voilà: il a été écrit par Robert Brasillach. Notre avant-guerre est donc un livre maudit, qu’on ne trouvera jamais par hasard dans une bibliothèque ou dans une librairie. Il ne sera jamais étudié en classe de français, ni même en histoire. Les pontes de l’Éducation nationale ne pourraient permettre, en effet, que ce livre magnifique tombât entre des mains innocentes: il fait trop joliment l’éloge de l’esprit fasciste, présenté comme « l’esprit même de l’amitié, dont nous aurions voulu qu’il s’élevât jusqu’à l’amitié nationale ». L’écriture est trop belle, l’anticonformisme de l’auteur est trop dangereux.

https://noixvomique.wordpress.com/

15:46 Écrit par pat dans culture et histoire | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | |

Alexandre Devecchio : « La génération catho et réac est le miroir inversé de la gauche culturelle de mai 68 » partie 1

Revue des Deux Mondes – Génération Dieudonné, identitaires ou réacs : ces trois nouvelles familles recomposent d’après vous la jeunesse française. N’est-ce pas plutôt ses extrêmes ?

Alexandre Devecchio – La « bulle médiatico-politique » s’intéresse principalement à ce qu’on pourrait appeler la génération Erasmus ou la génération Macron : une jeunesse mondialisée et connectée qui incarne à ses yeux l’« ouverture » et « le progrès ». Mais cette jeunesse privilégiée est aujourd’hui largement minoritaire et absolument pas représentative. Les autres jeunesses, sur lesquelles j’ai enquêté, ne se reconnaissent plus dans notre meilleur des mondes globalisés. Pour autant, il serait trop simpliste de les rejeter unanimement dans le camp des extrêmes. Si j’ai sous-titré mon livre, « enquête sur une génération FRACTURÉE », c’est bien pour souligner les différences qui divisent et opposent ces jeunesses. Les nouveaux enfants du siècle se partagent en trois groupes dont les visions du monde sont parfois antagoniques.

1) La « génération Dieudonné », pour commencer. Elle est le produit de l’échec de l’antiracisme des années 1980 dont l’humoriste a longtemps été l’un des promoteurs avant d’en devenir la créature de Frankenstein. Ghettoïsés, frustrés de ne pas avoir accès à la société de consommation, nourris de ressentiment victimaire, les jeunes de banlieue n’ont pas su trouver leur place dans le roman national. Déracinés, déboussolés, désintégrés, ils ont fait sécession et se cherchent une identité de substitution dans l’islam radical. Pour une partie d’entre eux, Mohammed Merah, Mehdi Nemmouche ou Amedy Coulibaly ne sont pas des terroristes ou des assassins, mais des combattants, voire des héros. Certains se contentent de brandir #JesuisKouachi comme un étendard, mais les plus fanatiques partent grossir les rangs de Daech.

2) La « génération Zemmour », ensuite, née du sentiment de l’urgence à préserver l’identité nationale face au rouleau compresseur de l’Europe, du marché et de la mondialisation. Elle est composée majoritairement de « petits Blancs » de la France périphérique. En première ligne de l’insécurité physique, économique et culturelle, ces derniers se sont construits en réaction à la montée du communautarisme et de l’islamisme. Ils quittent les métropoles pour des raisons économiques, mais fuient également de plus en plus la proche banlieue où ils se font traiter de « sales Français » et se sentent en exil dans leur propre pays.

3) La « génération Michéa », enfin, qui a éclos avec La Manif pour tous. Comme l’auteur de l’Impasse Adam Smith, ces jeunes, souvent catholiques, fustigent à la fois les dérives sociétales de la gauche libertaire et la soumission au marché de la droite libérale. Par-delà la question du mariage gay, ils veulent imposer une révolution culturelle qui, alliant la doctrine sociale de l’Église à la théorie politique conservatrice, serait à même de renverser l’idéologie dominante conçue comme une entreprise de déshumanisation. Traditionnistes sur le plan des valeurs, ils dressent une critique sans concession de la globalisation économique dont l’écologie intégrale est la pierre angulaire.

Quand les catholiques charismatiques lisent dans l’Évangile qu’il faut tendre l’autre joue, les musulmans fondamentalistes retiennent du Coran les versets qui justifient le recours au cimeterre. Quand les Veilleurs manifestent silencieusement devant l’Assemblée nationale pour défendre la vie, les Takfiristes s’abîment dans la pulsion de mort et se livrent au carnage des terrasses. Aucun signe d’égalité n’est de mise ici, n’en déplaise aux classes dirigeantes qui en avancent volontiers l’hypothèse pour mieux se maintenir au pouvoir.

Il est bien commode pour ces dernières de réduire ces trois jeunesses au retour de la « bête immonde » désormais tricéphale et de supposer un front commun des nouvelles radicalités afin de mieux en appeler à la formation d’un néo-front antifasciste. Mais nous ne sommes pas dans les années 30 et la réalité du monde contemporain est inédite. On ne peut pas mettre sur le même plan le « petit Blanc » qui glisse un bulletin lepéniste dans l’urne, la jeune normalienne qui lit Bernanos à haute voix sur une place publique et le djihadiste encore mineur qui coupe des têtes. Seuls les jeunes islamisés des banlieues peuvent être classés dans la catégorie des extrêmes. Les autres jeunesses sont non-violentes. Les enfants du siècle, pour la plupart, n’aspirent pas à détruire notre société, mais au contraire à la refonder, où plus modestement à conserver un héritage social et culturel auquel ils sont attachés.

Revue des Deux Mondes – Malgré leurs différences, qu’est-ce qui rapproche ces enfants du siècle ? La religion ?

Alexandre Devecchio – Tous ont en commun d’avoir une vingtaine d’années et d’être nés à la fin du XXe siècle. Le mur de Berlin venait de chuter, les totalitarismes promettaient d’être cantonnés au devoir de mémoire et le traité de Maastricht allait être signé. Francis Fukuyama pronostiquait la fin de l’histoire et la mondialisation heureuse devait inaugurer une ère infinie de paix et de prospérité. La nouvelle génération était appelée à se constituer en avant-garde d’une humanité à jamais plurielle, métissée et festive, en pionnière du culte planétaire du vivre-ensemble, de la consommation et des technologies de masse.

Mais le scénario ne s’est pas déroulé comme prévu : le progrès social a cédé la place à la crise économique ; la promesse multiculturaliste a débouché sur le choc des civilisations ; l’Europe des normes et du marché a creusé le vide laissé par l’effacement des nations et des idéologies. À l’empire du bien a succédé l’empire du rien. C’est ce désert politique et spirituel qui rapproche les nouveaux enfants du siècle. L’ouverture des supermarchés le dimanche et la distribution de smartphones à bas prix ne suffisent pas à remplir les âmes. La jeunesse d’aujourd’hui, comme la jeunesse d’hier, telle que dépeinte par Alfred de Musset, souffre d’une forme de mal de siècle. Elle est liée par une même quête d’identité, non pas seulement ethnique ou communautaire, mais aussi métaphysique et existentielle. Cette génération fracturée est unie par un même besoin d’appartenance qui dénote un même souci de sens. Djihadistes, identitaires ou réacs, musulmans, agnostiques ou catholiques, illettrés ou éduqués, mal ou bien lotis matériellement, tous ces enfants du siècle sont hantés par une même question : « Qui sommes-nous ? »

Revue des Deux Mondes – Ces trois familles ont toutes un ennemi commun : le bobo. Pourquoi tant de haine ?

Alexandre Devecchio – Je vous renvoie à un débat intitulé « petits Blancs contre bobos, la nouvelle lutte des classes ? », publié dans FigaroVox en 2014. Nous avions confronté la vision de Thomas Legrand, qui venait de publier La République bobo (Stock) à celle d’Aymeric Patricot, auteur de Les petit Blancs, un voyage dans la France d’en bas (Plein Jour). Ce dernier expliquait avec justesse les causes du ressentiment des classes populaires envers les bobos. « Les petits Blancs expriment parfois de la rancœur à l’égard des minorités ethniques, par lesquelles ils se sentent menacés. Cependant, leur principale source de ressentiment reste dirigée contre les bobos qu’ils accusent d’exprimer du mépris de classe à leur égard. À tort ou à raison, les petits Blancs ont le sentiment qu’ils sont regardés comme des « beaufs » par les bobos, décryptait l’essayiste qui a nourri son œuvre de son expérience de professeur en banlieue. Il y a aussi une fracture d’ordre raciale : le petit Blanc est celui qui n’a pas les moyens de quitter les quartiers très métissés et qui souffre du métissage alors que le bobo peut vivre dans des quartiers populaires, mais a des stratégies d’évitement face aux situations les plus critiques. » Et Aymeric Patricot de préciser, « Les bobos aiment la diversité sans reconnaître que celle-ci pose parfois problème ! Les petits Blancs reprochent aux bobos de leur faire la morale et de ne pas s’appliquer les principes qu’ils prônent. ».

Les minorités ethniques ou religieuses, elles-mêmes, se détournent aujourd’hui des bobos. Cela s’est traduit notamment par l’effondrement du PS dans les banlieues. Comme on a pu le voir après le débat autour du mariage homosexuel, l’électorat de banlieue est majoritairement conservateur et ne partage absolument par les valeurs des classes urbaines des grandes métropoles favorables aux réformes sociétales. Au-delà de la question du mariage gay, il y a aussi une lassitude des jeunes de banlieues à l’égard du discours des bobos perçu comme paternaliste et condescendant à leur égard. Beaucoup d’entre eux se sentent humiliés par ce discours et veulent s’affranchir de leur statut d’éternelle victime. Leur quête de fierté et de dignité passe hélas souvent par un enfermement dans une identité fantasmée. L’islam radical leur offre à la fois un moyen d’exister et de se venger.

Revue des Deux Mondes – « Baby-losers » contre « papy-boomers ». Ce désenchantement et parfois ressentiment de la jeunesse est-il d’abord la résultante de la crise économique et de l’exclusion des jeunes du marché du travail ?

Alexandre Devecchio – Je ne nie pas l’impact de la crise sur la jeunesse. Cependant les causes de la révolte sont multiples et mêlées. La « fracture sociale », théorisée par Marcel Gauchet dès 1985 et thème principal de la campagne victorieuse de Jacques Chirac en 1995, a continué de se creuser. Elle s’est surtout complexifiée. Le traditionnel affrontement entre capitalisme et prolétariat ou entre élite et plèbe a laissé place au conflit inédit entre les « planétaires et sédentaires » ou les « monades et manants ». Il n’y a plus un peuple, mais des peuples. Aux enjeux sociaux se mêlent désormais des enjeux culturels et cultuels. Les jeunes, plus encore que le reste de la population, sont marqués par ces nouvelles fêlures et brisures.

La première fracture, la plus spécifique à la jeunesse, est la fracture générationnelle. Comme le révèle l’enquête « Génération quoi ? » sur les 18-34 ans publiée par Le Monde en 2014, les jeunes ont le sentiment d’appartenir à une génération « perdue », « sacrifiée » ou encore « désabusée ». Avec 24% de chômeurs, des difficultés à se loger, et des années à piétiner au seuil du marché du travail en multipliant stages et CDD, la jeunesse constitue un nouveau prolétariat. Un prolétariat de surcroît condamné à rembourser ad vitam æternam la dette accumulée par une génération 68 qui aura « joui sans entrave » à crédit sur les générations futures. La lutte des âges conduit à une lutte de pouvoir entre les papy-winners et les baby-losers. Les premiers ne veulent pas céder la place tandis que les seconds tentent de briser le plafond de verre. Le risque est que les papy-winners gèrent le pays en fonction de leurs seuls intérêts, ceux de retraités, aux dépens des actifs et des plus jeunes. Une classe d’âge entière pourrait être ainsi dépossédée de son destin. Ce serait un suicide pour la France qui tirerait un trait sur son avenir pour devenir un pays de rentiers.

À cette lutte des âges s’ajoute une nouvelle lutte des classes qui divise les jeunes entre eux. D’un côté une jeunesse dorée qui, selon le politologue Vincent Tournier, « a accès à toutes les promesses de la modernité, qui baigne dans un univers cosmopolite et intellectualisé, où la culture se vit au quotidien, qui a le monde pour horizon »… De l’autre, des bataillons de jeunes invisibles souvent relégués dans les territoires ruraux et périurbains ou encore dans des quartiers ghettos où les immigrés sont concentrés. Les tensions ethniques et religieuses viennent alors encore creuser les lignes de fractures entre « petits Blancs » et « jeunes musulmans ».

Revue des Deux Mondes – Pourquoi avoir choisi le philosophe Michéa comme chef de file de la génération identitaire ?

Alexandre Devecchio – La jeunesse que je nomme « génération Michéa » regroupe les jeunes catholiques conservateurs de la Manif pour tous les plus investis dans le combat culturel. J’évoque notamment les Veilleurs, qui méditent sur les places à la tombée du jour, les jeunes intellectuels de la revue Limite ou le philosophe François-Xavier Bellamy. Je ne suis pas sûr qu’on puisse les classer dans la catégorie des identitaires. Ils ne s’y reconnaîtraient pas à juste titre. Il y a une part de provocation dans le choix de Jean-Claude Michéa, philosophe inclassable qui puise une partie de son inspiration chez George Orwell, pour les représenter. Je voulais souligner par ce choix leur originalité, leur capacité à brouiller les pistes idéologiques ainsi que leur côté « anarcho-conservateurs ».

À suivre

Une manifestation identitaire à Paris - 2

Philippe Auguste, La bataille de Bouvines (1214) | Au cœur de l’histoire | Europe 1

06:50 Écrit par pat dans culture et histoire | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | |

15/01/2017

Une manifestation identitaire à Paris - 1

Nous sommes les héritiers des Francs car cela fait des millénaires que nous sommes là !

Hugues Capet et les premiers Capétiens (987 – 1152) | Au cœur de l’histoire | Europe 1

07:16 Écrit par pat dans culture et histoire | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | |