
Par Gérard Leclerc
Le parcours d’Edgar Morin, parti en mai dernier, fut celui de nombreux intellectuels français : ils se sont fourvoyés dans le marxisme mais ont finalement su reconnaître leurs erreurs…
Le décès d’Edgar Morin, qui a marqué intellectuellement plusieurs générations, a ranimé la mémoire d’une œuvre foisonnante qui exigerait a posteriori tout un travail d’élucidation. Pour l’avoir un peu connu moi-même, j’ai pu apprécier son ouverture intellectuelle, qui l’avait entraîné dans la recherche de la complexité nécessaire à une pensée exigeante. Mais je ne puis oublier la forte impression que me fit ce que je considère toujours comme un grand livre, Autocritique, paru en 1959. Il s’agissait pour l’auteur de comprendre ce qui avait bien pu le conduire à adhérer de tout son être à « la grande religion terrestre du XXe siècle », c’est-à-dire le marxisme, ou encore le communisme stalinien.
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