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22/01/2017

Oxygène n°7 : Pesticides, du poison dans vos vies ?

21/01/2017

La reprise 2017 A qui le tour? - Meta TV 3/3

La reprise 2017 A qui le tour? - Meta TV 2/3

La reprise 2017 A qui le tour? - Meta TV 1/3

Philippe & Giovanni Castelluccio Dans les geôles de la République

Philippe et Giovanni Castelluccio sont deux frères jumeaux bien connus des militants d'AF. Le premier est en charge des relations du mouvement avec la province, tandis que le second est trésorier du CRAF. Rencontre avec deux camelots émérites..

À quand remonte votre engagement dans les rangs de l'Action française ?

o Philippe – Notre mère nous a entraînés très tôt dans les défilés de Jeanne d'Arc – à sept ou huit ans. Dans notre famille, nous incarnons la troisième génération d'AF. Notre grand-père, Gustave Rallon, décédé en 1989, avait commencé à militer dans les années vingt, dans le Berry.

o Giovanni – Ses quatre enfants ont tous été des vendeurs du journal. L'ainé a écrit dans l'organe des étudiants d'AF des années cinquante. Nous sommes tombés dans l'Action française comme Obélix dans la marmite ! Mais nous avons vraiment commencé à militer après le lycée, au sein d'un groupe très soudé. Notre première carte date de 1982.

Bleu de méthylène

o Comment cela vous a-t-il menés en prison ?

o Philippe – Nous avons été arrêtés plusieurs fois. Par exemple, après un parcours devant différents ministères, où nous dénoncions les scandales de l'époque. Nicolas Portier avait improvisé un cercle d'études dans notre cellule, où nous étions une quarantaine de militants !

En janvier 1989, au début des célébrations du bicentenaire de la Révolution française, des militants d'Action française ont chahuté une chanteuse, Hélène Delavault, un vendredi soir au théâtre des Bouffes du Nord. Ils sont montés sur la scène et lui ont mis du bleu de méthylène et du shampoing dans les cheveux. C'était une action à la façon des camelots du Roi d'avant-guerre...Cela s'est passé en présence de Pierre Joxe, alors ministre de l'intérieur, tandis que le bruit courait qu'elle en était la maitresse... Le soir même, celui-ci s'est exprimé à la télévision, scandalisé, clamant qu'il fallait tout faire pour trouver les coupables. Nous n'avions pas été invités à prendre part à cette action. J'étais alors responsable de la vente du journal à Saint-Lazare ; je m'en étais chargé et j'étais rentré chez moi, sans être au courant. Mais une ou deux semaines plus tard, un vendredi, à 6 heures du matin, coup de sonnette. Trois ou quatre policiers entrent chez nous pour une perquisition. Ils restent peut-être une demi-heure. Et nous embarquent menottes aux poings.

o Giovanni – Le mercredi avant l'arrestation, alors que je me trouvais au Petit Flore (un café proche de nos bureaux, NDLR), des personnes bizarres étaient attablées au bar. Un type m'interpelle et me dit : « Faites attention, vendredi, il y aura une descente de flics chez vous. » Je l'ai pris pour un ivrogne. Mais ce devait être un indic. Précisons toutefois que les policiers étaient venus pour n'arrêter qu'un seul de nous deux. Ils n'avaient qu'un seul nom !

Les RG largués

o Philippe – Le procureur leur avait demandé d'arrêter quelqu'un ; ils en ont pris deux à la place d'un seul... Une trentaine de personnes ont dû être arrêtées au même moment. Les Renseignements généraux avaient fourni une liste de militants qui n'était même pas à jour. J'ai vu des gens arrêtés qui avaient quitté l'AF depuis deux ou trois ans. Pierre Joxe avait la volonté de casser le début d'une certaine chouannerie anti-bicentenaire. Il était assez sectaire... Nous étions autorisés à appeler nos patrons respectifs pour leur annoncer qu'on rependrait le travail dès lundi... à condition qu'on avoue.

o Giovanni – Pendant les deux jours de garde à vue, régulièrement, un copain sortait, mais nous restions chacun dans notre cachot, car un témoin avait cru nous reconnaître. L'AF nous avait dispensé des conseils pour réagir face aux policiers. Mais de la théorie à la pratique... L'un de nous deux a commencé à "avouer", et l'autre s'est senti obligé de l'imiter. D'autant que, selon notre alibi, nous étions ensemble de toute façon. L'inspecteur menait son interrogatoire avec le plan des Bouffes du Nord – un lieu que je n'ai jamais visité ! Nos aveux se ressemblaient, mais sans concorder... Le juge d'instruction avait vraisemblablement reçu des consignes pour désigner un ou deux coupables. Un autre camarade était resté en garde à vue : lors de la perquisition, les policiers avaient trouvé chez lui du bleu de méthylène...

En route pour Fresnes...

o Philippe – Après la garde à vue, direction Fresnes. Nous étions détenus chacun dans l'une des trois divisions de la maison d'arrêt. La préventive est une épreuve difficile : on ignore quand on sort... Il y avait une radio dans ma cellule. J'ai pu écouter Radio courtoisie. Serge de Beketch et Alain Sanders nous exprimaient régulièrement leur soutien. Un soir, j'ai été particulièrement ému en entendant ma mère intervenir à l'antenne.

o Giovanni – À la télévision, Christophe Dechavanne avait invité Éric Letty et Guy Steinbach, alors secrétaire général du mouvement d'Action française. J'en tremblais dans ma cellule ! L'Événement du jeudi a publié un article sympathique à notre sujet. Présent nous a soutenus également. Aspects de la France avait lancé une souscription – le denier de Jeanne d'Arc – pour nous venir en aide. Jean-Marc Varaut et Georges-Paul Wagner nous défendaient.

La vie en prison

o Philippe – Des militants sont même venus chanter devant les murs de la prison ! Depuis ma cellule, j'avais toutefois du mal à les entendre. Quant à nos patrons, ils avaient compris que ce n'était pas une affaire très grave. Tous les jours, des dizaines de lettres nous parvenaient. Je partageais ma cellule avec un gitan qui n'en avait jamais reçu aucune...

o Giovanni – En prison, les détenus ne sont pas coupables, mais ils aiment bien vous dire pourquoi ils sont là. Il a fallu que je leur explique les raisons de ma présence. Ce n'était pas évident : la politique, en prison... Finalement, cela les a indifférés. Ils trouvaient ridicule qu'on soit là pour une connerie pareille ! À l'étage au-dessous, j'ai vu une cellule où trois membres du FLNC étaient rassemblés... Fresnes était une prison particulièrement délabrée. Nous étions trois ou quatre par cellule. Sans eau chaude, avec des toilettes à la turque à la vue de tout le monde... Mais on s'habitue à tout en prison.

o Philippe – Je n'aurais jamais pensé m'habituer à me déshabiller pour les fouilles au corps après chaque visite... Quant à la nourriture, c'était infect. Tout partait par la chasse. Tout arrivait froid à la troisième division quand le service commençait à la première. Nous avons perdu chacun dix kilos... que nous avons malheureusement vite repris !

o Giovanni – Deux demandes de libération nous ont été refusées. Soi-disant pour continuer l'enquête. Mais il n'y en avait plus depuis longtemps. Quant à notre séparation, elle était inutile, puisque nous recevions les mêmes visites dans la même journée.

o Philippe – Nous avons été libérés après la troisième demande – et cinquante-trois jours de prison. Nous sommes sortis ensemble, tous les trois, dans la nuit. Dehors, une vingtaine de militants nous attendaient. Ils nous ont accompagnés dans un restaurant pour manger un steak-frites.

o Giovanni – La télévision était présente au premier procès, qui a duré trois heures. Alors que nous avions passé deux mois derrière les barreaux, nous avons été condamnés tous les trois, comme par hasard, à un an de prison dont deux mois fermes.

À peine libérés, déjà en plein collage !

o Philippe – En appel, en revanche, nous avons été relaxés tous les deux, tandis que notre camarade n'était condamné qu'à du sursis. Nos avocats avaient réclamé que nous soient versés deux mois de salaire, ainsi qu'une indemnité morale. Nous n'avons obtenu que les deux mois de salaire, ce qui n'est pas si mal, car les condamnés relaxés en appel sont peu indemnisés.

o Ce séjour dans les geôles de la République a-t-il bouleversé votre existence ?

o Giovanni – Cela nous a fait comprendre la vie carcérale et les problèmes rencontrés en prison. J'y repense chaque fois que je vois un reportage sur le sujet. Mais voici une anecdote : j'avais un collègue de la cellule d'à-côté à qui je filais L'Équipe au moment des repas – le seul moment où les portes sont ouvertes. Je l'ai revu peut-être deux mois après ma libération... alors que collais à Asnières ! Ce séjour en prison ne nous a pas empêchés non plus de participer à la "Jeanne interdite" de 1991. La fête de Jeanne d'Arc est un symbole fort, associé à un grand moment de l'histoire de l'Action française... Nous nous sommes fait arrêter tous les deux le matin, alors que l'AF tentait de déployer une banderole place des Pyramides.

o Philippe – J'ai pris des coups de matraque. Mais la garde à vue, c'était sympa. Il faisait un temps splendide. On s'est retrouvés une cinquantaine détenus dans une cour, où j'ai pu caché une petite bombe lacrymogène – c'était d'ailleurs la première fois que j'en portais une sur moi !

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13/01/2017

Journal du vendredi 13 janvier 2017 - Société / La vignette Crit’air débarque

Poutine est il un dictateur? (Yvan Blot)

Ne pas confondre « Lanceurs d’alerte » et « cafards du fisc »

La chronique de Philippe Randa

Intéressant, le face à face organisé par BFMTV ce dimanche 8 janvier entre Arnaud Montebourg, candidat à la primaire du Parti socialiste et Me Éric Dupond-Moretti, avocat pénaliste… Le second reconnu d’emblée être assez « inspiré » par le premier, entre autre parce que celui-ci avait été avocat comme lui avant d’avoir crû bon de faire don de sa personne à la France.

Forcément, ils échangèrent sur la Justice.

Et incontestablement, dans le vide abyssal des débats habituels des primaires – de la droite comme de la gauche – ils ne manquèrent ni l’un ni l’autre d’arguments d’autant plus pertinents qu’ils reposaient pour la plupart sur des cas concrets auxquels ils avaient pû être confrontés.

Ils en arrivèrent toutefois à parler des « lanceurs d’alerte »… Le candidat à la primaire socialiste espère qu’il y en ait toujours plus pour davantage d’équité dans ce monde de brutes, tandis que l’avocat pénaliste, plus réservé, ne veut pas mettre sur le même piédestal celui qui sauve des vies humaines en dénonçant de potentiels terroristes et celui qui cafarde ses voisins pour fraude fiscale…

Il rappela ainsi que, depuis l’automne dernier, un amendement au projet de loi de finances permet à l’administration fiscale de payer en échange d’informations sur une fraude.

Reconnaissons volontiers avec lui que la plupart des « lanceurs d’alerte » ne réclament pas plus de compensation financière que de décoration à la boutonnière pour dénoncer des malversations d’importance nationale, sinon internationale… et ne méritent aucunement d’être rabaissés au niveau de méprisables cafards généralement motivés par la jalousie ou une simple âpreté au gain…

Source EuroLibertés cliquez ici

http://synthesenationale.hautetfort.com/

Journal de bord de Jean-Marie Le Pen n°457

12/01/2017

Zoom - Fabrice Madouas - Eric Branca : "Il y a une psychologie de droite..."

Entretien-éclair avec Robert Steuckers

Deux questions à la fin de la première décennie du XXIe siècle 

Question : Monsieur Steuckers, le site de “Synergies Européennes” publie énormément de textes sur la “Révolution conservatrice” allemande, en même temps qu’un grand nombre d’articles ou d’interventions sur l’actualité en politique internationale et en géopolitique : ne pensez-vous pas que la juxtaposition de ces 2 types de thématiques peut paraître bizarre pour le lecteur non averti ? Voire relever de l’anachronisme ?

RS : Deux remarques : d’abord le présent est toujours tributaire du passé. À la base, nos méthodes d’analyse sont inspirées de l’historiographie née au XIXe siècle, avec Dilthey et Nietzsche, et des travaux de Michel Foucault, développés depuis le début des années 60 : ces méthodes se veulent “généalogiques” ou “archéologiques”. Nous cherchons, dans nos groupes, qui fonctionnent, je le rappelle, de manière collégiale et pluridisciplinaire, à expliciter le présent par rapport aux faits antécédents, aux racines des événements. Pourquoi ? Parce que toute méthode qui n’est pas archéologique bascule immanquablement dans le schématique, plus exactement dans ces schématismes binaires qui font les fausses “vérités” de propagande. « La vérité, c’est l’erreur », disait la propagande de Big brotherdans le 1984 d’Orwell. Aujourd’hui, les “vérités” de propagande dominent les esprits, les oblitèrent et annulent toute pensée véritable, la tuent dans l’œuf.

En juxtaposant, comme vous dites, des textes issus de la Konservative Revolution et des textes sur les événements qui se déroulent actuellement dans les zones de turbulence géopolitique, nous entendons rappeler que, dans l’orbite de la Révolution conservatrice, des esprits innovateurs, des volontés révolutionnaires, ont voulu déjà briser les statu quo étouffants, ont œuvré sans discontinuité, not. dans les cercles étiquettés “nationaux-révolutionnaires”. Vers 1929/1930, divers colloques se sont déroulés à Cologne et à Bruxelles entre les lésés de Versailles et les représentants des forces montantes anti-impérialistes hors d’Europe. Aujourd’hui, une attitude similaire serait de mise : les Européens d’aujourd’hui sont les principales victimes de Téhéran, de Yalta et de Potsdam. La chute du Mur de Berlin et la disparition du Rideau de Fer n’a finalement pas changé grand chose à la donne : désormais les pays d’Europe centrale et orientale sont passés d’une hégémonie soviétique, qui n’était pas totalement étrangère à leur espace, à une hégémonie américaine qui, elle, y est totalement étrangère.

Plus la base territoriale de la puissance qui impose son joug est éloignée, non contigüe, plus le joug s’avère contre-nature et ne peut fonctionner que grâce à la complicité de pseudo-élites véreuses, corrompues, qui rompent délibérément avec le passé de leurs peuples. Qui rompt de la sorte avec le passé de son peuple introduit d’abord un ferment de dissolution politique (car toute politie [ou policie ; anc. fr. : organisation socio-politique] relève d’un héritage) et livre, par conséquent, la population de souche à l’arbitraire de l’hegemon étranger. Une population livrée de la sorte à l’arbitraire et aux intérêts d’une raumfremde Macht [puissance étrangère à un espace à vocation géopolitique] (selon la terminologie forgée par Carl Schmitt et Karl Haushofer) finit par basculer d’abord dans la misère spirituelle, dans la débilité intellectuelle, anti-chambre de la misère matérielle pure et simple. La perte d’indépendance politique conduit inexorablement à la perte d’indépendance alimentaire et énergétique, pour ne rien dire de l’indépendance financière, quand on sait que les réserves d’or des grands pays européens se trouvent aux États-Unis, justement pour leur imposer l’obéissance. L’État qui n’obtempère pas risque de voir ses réserves d’or confisquées. Tout simplement.

Du temps de la République de Weimar, les critiques allemands des plans financiers américains, les fameux plans Young et Dawes, se rendaient parfaitement compte de la spirale de dépendance dans laquelle ils jetaient l’Allemagne vaincue en 1918. Si, jadis, entre 1928 et 1932, la résistance venait d’Inde, avec Gandhi, de Chine, avec les régimes postérieurs à celui de Sun-Ya-Tsen, de l’Iran de Reza Shah Pahlevi et, dans une moindre mesure, de certains pays arabes, elle provient essentiellement, pour l’heure, du Groupe de Shanghaï et de l’indépendantisme continentaliste (bolivarien) d’Amérique ibérique. Les modèles à suivre pour les Européens, ahuris et décérébrés par les discours méditiques, énoncés par les “chiens de garde du système”, se trouvent donc aujourd’hui, en théorie comme en pratique, en Amérique latine.

• Q. : Vous ne placez plus d’espoir, comme jadis ou comme d’autres “nationaux-révolutionnaires”, dans le monde arabo-musulman ?

RS : Toutes les tentatives antérieures de créer un axe ou une concertation entre les dissidents constructifs de l’Europe asservie et les parties du monde arabe posées comme “États-voyous” se sont soldées par des échecs. Les colloques libyens de la “Troisième Théorie Universelle” ont cessé d’exister dès le rapprochement entre Khadaffi et les États-Unis et dès que le leader libyen a amorcé des politiques anti-européennes, not. en participant récemment au mobbing [mobilisation médiatique pour faire pression politique] contre la Suisse, un mobbing bien à l’œuvre depuis une bonne décennie et qui trouvera prétexte à se poursuivre après la fameuse votation sur les minarets.

Le leader nationaliste Nasser a disparu pour être remplacé par Sadat puis par Moubarak qui sont des alliés très précieux des États-Unis. La Syrie a participé à la curée contre l’Irak, dernière puissance nationale arabe, éliminée en 2003, en dépit de l’éphémère et fragile Axe Paris-Berlin-Moscou. Les crispations fondamentalistes déclarent la guerre à l’Occident sans faire la distinction entre l’Europe asservie et l’hegemon américain, avec son appendice israélien. Les fondamentalismes s’opposent à nos modes de vie traditionnels et cela est proprement inacceptable, comme sont inacceptables tous les prosélytismes de même genre : la notion de jahiliyah [idolâtrie à détruire] est pour tous dangereuse, subversive et inacceptable ; c’est elle que véhiculent ces fondamentalismes, d’abord en l’instrumentalisant contre les États nationaux arabes, contre les résidus de syncrétisme ottoman ou perse puis contre toutes les formes de polities non fondamentalistes, not. contre les institutions des États-hôtes et contre les mœurs traditionnelles des peuples-hôtes au sein des diasporas musulmanes d’Europe occidentale.

Une alliance avec ces fondamentalismes nous obligerait à nous renier nous-mêmes, exactement comme l’hegemon américain, à l’instar du Big Brother d’Oceana dans le roman 1984 de George Orwell, veut que nous rompions avec les ressorts intimes de notre histoire. Le Prix Nobel de littérature Naipaul a parfaitement décrit et dénoncé cette déviance dans son œuvre, en évoquant principalement les situations qui sévissent en Inde et en Indonésie. Dans cet archipel, l’exemple le plus patent, à ses yeux, est la volonté des intégristes de s’habiller selon la mode saoudienne et d’imiter des coutumes de la péninsule arabique, alors que ces effets vestimentaires et ces coutumes étaient diamétralement différentes de celles de l’archipel, où avaient longtemps régné une synthèse faite de religiosités autochtones et d’hindouisme, comme l’attestent, par ex., les danses de Bali.

L’idéologie de départ de l’hegemon américain est aussi un puritanisme iconoclaste qui rejette les synthèses et syncrétismes de la « Merry Old England » (1), de l’humanisme d’Érasme, de la Renaissance européenne et des polities traditionnelles d’Europe. En ce sens, il partage bon nombre de dénominateurs communs avec les fondamentalismes islamiques actuels. Les États-Unis, avec l’appui financier des wahabites saoudiens, ont d’ailleurs manipulé ces fondamentalismes contre Nasser en Égypte, contre le Shah d’Iran (coupable de vouloir développer l’énergie nucléaire), contre le pouvoir laïque en Afghanistan ou contre saddam Hussein, tout en ayant probablement tiré quelques ficelles lors de l’assassinat du roi Fayçal, coupable de vouloir augmenter le prix du pétrole et de s’être allié, dans cette optique, au Shah d’Iran, comme l’a brillamment démontré le géopolitologue suédois, William Engdahl, spécialiste de la géopolitique du pétrole.

Ajoutons au passage que l’actualité la plus récente confirme cette hypothèse : l’attentat contre la garde républicaine islamique iranienne, les troubles survenus dans les provinces iraniennes en vue de déstabiliser le pays, sont le fait d’intégrismes sunnites, manipulés par les États-Unis et l’Arabie saoudite contre l’Iran d’Ahmadinedjad, coupable de reprendre la politique nucléaire du Shah ! L’Iran a riposté en soutenant les rebelles zaïdites/chiites du Yémen, reprenant par là une vieille stratégie perse, antérieure à l’émergence de l’islam !

Les petits guignols qui se piquent d’être d’authentiques nationaux-révolutionnaires en France ou en Italie et qui se complaisent dans toutes sortes de simagrées pro-fondamentalistes sont en fait des bouffons alignés par Washington pour 2 motifs stratégiques évidents :

  • 1) créer la confusion au sein des mouvements européistes et les faire adhérer aux schémas binaires que répandent les grandes agences médiatiques américaines qui orchestrent partout dans le monde le formidable soft power (2) de Washington ;
  • 2) prouver urbi et orbi que l’alliance euro-islamique (euro-fondamentaliste) est l’option préconisée par de “dangereux marginaux”, par des “terroristes potentiels”, par les “ennemis de la liberté”, par des “populistes fascisants ou crypto-communistes”.

Dans ce contexte, nous avons aussi les réseaux soi-disant “anti-fascistes” s’agitant contre des phénomènes assimilés à tort ou à raison à une idéologie politique disparue corps et biens depuis 65 ans. Dans le théâtre médiatique, mis en place par le soft power de l’hegemon, nous avons, d’une part, les zozos nationaux-révolutionnaires ou néo-fascistes européens zombifiés, plus ou moins convertis à l’un ou l’autre resucé du wahabisme, et, d’autre part, les anti-fascistes caricaturaux, que l’on finance abondamment à fin de médiatiser les premiers, not. via un député britannique du Parlement européen. Tous y ont leur rôle à jouer : le metteur en scène est le même. Il anime le vaudeville de main de maître. Tout cela donne un spectacle déréalisant, relayé par la grande presse, tout aussi écervelée. Dommage qu’il n’y ait plus un Debord sur la place de Paris pour le dénoncer !

Pour échapper au piège mortel du “musulmanisme” pré-fabriqué, tout anti-impérialisme européiste conséquent a intérêt à se référer aux modèles ibéro-américains. In fine, il me paraît moins facile de démoniser le pouvoir argentin ou brésilien, et même Chavez ou Morales, comme on démonise avec tant d’aisance le fondamentalisme musulman et ses golems fabriqués, que sont Al-Qaeda ou Ben Laden.

Alexandre del Valle et Guillaume Faye, que ce musulmanisme insupportait à juste titre, not. celui du chaouch favori du lamentable polygraphe de Benoist (3), cet autre pitoyable graphomane inculte sans formation aucune : j’ai nommé Arnaud Guyot-Jeannin (4). Le site You Tube nous apprend, par le truchement d’un extrait vidéo, que ce dernier s’est récemment produit à une émission de la télévision iranienne, où il a débité un épouvantable laïus de collabo caricatural qui me faisait penser à l’épicier chafouin que menacent les soldats français déguisés en Allemands, pour obtenir du saucisson à l’ail, dans la célèbre comédie cinématographique La 7ème Compagnie… Il y a indubitablement un air de ressemblance…

Cependant, pour échapper à de tels clowns, Del Valle et Faye se sont plongés dans un discours para-sioniste peu convaincant. Faut-il troquer l’épicier de la 7ème Compagnie pour la tribu de Rabbi Jacob, la célèbre comédie de Louis de Funès ? En effet, force est de constater que le fondamentalisme judéo-sioniste est tout aussi néfaste à l’esprit et au politique que ses pendants islamistes ou américano-puritains. Tous, les uns comme les autres, sont éloingés de l’esprit antique et renaissanciste de l’Europe, d’Aristote, de Tite-Live, de Pic de la Mirandole, d’Érasme ou de Juste Lipse. Devant toutes ces dérives, nous affirmons, haut et clair, un « non possumus » ! Européens, nous le sommes et le resterons, sans nous déguiser en bédouins, en founding fathers ou en sectataires de Gouch Emounim.

On ne peut qualifier d’antisémite le rejet de ce pseudo-sionisme ultra-conservateur, qui récapitule de manière caricaturale ce que pensent des politiciens en apparence plus policés, qu’ils soient likoudistes ou travaillistes mais qui sont contraints de rejeter les judaïsmes plus féconds pour mieux tenir leur rôle dans le scénario proche- et moyen-oriental imaginé par l’hegemon. Le sionisme, idéologie au départ à facettes multiples, a déchu pour n’être plus que le discours de marionnettes aussi sinistres que les Wahabites. Tout véritable philosémitisme humaniste européen participe, au contraire, d’un plongeon dans des œuvres autrement plus fascinantes : celles de Raymond Aron, Henri Bergson, Ernst Kantorowicz, Hannah Arendt, Simone Weil, Walter Rathenau, pour ne citer qu’une toute petite poignée de penseurs et de philosophes féconds. Rejeter les schémas de dangereux simplificateurs n’est pas de l’antisémitisme, de l’anti-américanisme primaire ou de l’islamophobie. Qu’on le dise une fois pour toutes !

► Propos recueillis par Philippe Devos-Clairfontaine (Bruxelles, 7 déc. 2009).

◘ notes en sus :

1 : « Vieille Angleterre joyeuse » : idéal de concorde et de bon-vivre, né à la fin du Moyen-Âge et s'affirmant particulièrement au XVIIe s. après les affres des guerres civiles, basé  sur une réconciliation ville/campagne, barons/roi, art populaire/art savant.

2 : Hardpower / Softpower : Un État peut défendre sa souveraineté et ses intérêts nationaux de plusieurs façons. Soit par la projection de sa force militaire, comme dans le cas de l’intervention israélienne au Liban-Sud : on parle alors dehardpower ; soit par des processus d’influence économique ou culturelle, le cinéma peut ainsi étendre des “valeurs” ou diffuser des normes de comportements sans passer par la puissance militaire : on parle alors de softpower. La distinction a été proposée par Joseph Nye dans un ouvrage intitulé Bound to Lead : The changing nature of American power (Basic Books, 1990).

3 : Concernant ce que d'un point de vue externe on peut appeler la “querelle” entre SE & le GRECE, ce dernier étant considéré comme se refusant à toute alternative politique sérieuse par rabbatement sur le seul “culturel” selon la ligne imposée par sa figure principale, nous renvoyons au dossier complet paru dans la revue Vouloir n°146-148 (1999) qui revient sur les “pistes manquées”. L'aspect subjectif du propos est donc à contextualiser car inscrit dans un historique des rapports.

4 : Auteur dans la lignée de la droite contre-révolutionnaire, défendant une royauté sacrée par recours à la Tradition. L'absence de réalisme historique et par là politique est un des effets d'une posture littéraire “sanctuarisant” son domaine d'études et propice aux intrigues de salon. Ce dernier point explique qu'il soit vertement taxé ici de suivant docile.

http://www.archiveseroe.eu/recent/32

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