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15/06/2017

Lancelot et le Siège Périlleux - Le Cycle Arthurien #3

13/06/2017

Autonomie et Tradition

par Johann Sparfell

Ex: http://www.in-limine.eu

« Il ne faut pas agir et parler comme nous l'avons appris par l'héritage de l'obéissance ». C'est ainsi qu'Héraclite introduisit sa pensée sur l'autonomie, sur l'art d'acquérir un esprit libre. Il est en effet possible et même indispensable de lier la notion d'autonomie de celle d'une éducation au travers de laquelle l'on devient soi-même, l'on s'élève. Il est bien entendu que par là nous pouvons ainsi faire référence à la nécessité d'une affirmation de l'être de l'homme et, comme d'une conséquence, de la propre personnalité de chacun en ce monde. Mais serait-ce pour autant une autorisation prêtée à l'individu d'accroître sans cesse, pense-t-il naïvement, ses prérogatives, dans une « limite » de la liberté d'autrui, afin de se soumettre toujours davantage à l'illusion de la jouissance ? Au nom d'un tel dévoiement de la notion d'autonomie, nous avons en fait appris à renier cela même qui en faisait l'élément primordial de l'existence des communautés et des hommes : la Tradition.

Mais enfin ! Qu'est-ce donc que cette « autonomie » de pacotille dont on nous serine dans nos oreilles les louanges afin de faire de nous des consommateurs « libres » de leurs choix et de leur « vie » ? Bien sûr une illusion, parce que, plutôt que d'être sans limite, elle en a au contraire beaucoup ! Ce n'est point en ce cas une affirmation de soi, mais une affirmation d'une chose extérieure à soi : d'une norme ! Oui, et c'est en cela qu'elle n'est que pure illusion ; il nous faudrait atteindre un certain état par lequel nous nous mettrions en état de suivre un mouvement que nous « participerions » à faire perdurer. « Participer » peut-être ! Mais certainement pas initier. Et encore moins innerver, c'est-à-dire en déterminer le cours, parce que ce mouvement, ce serait nous-mêmes en acte !

La liberté individualiste, que nous confondons aujourd'hui avec l'autonomie, se mêle inextricablement dans la soupe post-moderne avec l'adaptabilité, la flexibilité, la rentabilité, l'utilitarisme, l'esprit d'innovation techniciste et l'instinct de concurrence ; tout ce qui, en fait, permet au Capital, en tant que rapport social, de faire perdurer l'exploitation des ressorts humains au milieu de l'obsolescence de l'homme, et la domination de classe. Cette « liberté » est un statut, un état fixe et idéalisé, un ensemble de dispositions à atteindre au travers desquels les individus gagnent leur vie. La solvabilité en est par exemple un indice de relative réussite : elle ouvre la voie aux jouissances d'une consommation raréfiée. L' « autonomie » qui lui est liée est en ce cas un simulacre en ce sens qu'elle implique, une fois atteinte, de ne se battre que pour s'y maintenir, seul, et en regard des impératifs d'un procès que l'on ne maîtrise qu'à la mesure de nos renoncements.

Elles se situent bel et bien là les limites de ce simulacre d'autonomie : à l'horizon bouchée des impératifs d'un économisme totalisant au noms desquels nous nous transformons en entités mécaniques dont le seul but devient de ne point tomber dans le néant du déclassement sociale. Le modernisme a inventé, par l'absolutisme de l'économisme, une nouvelle forme d'hétéronomie qui a su, comme ses prédécesseurs, se voiler des apparats de l'accomplissement humain et d'une certaine forme de rédemption. Or, se « mouvoir », ou plutôt bouger, par l'incitation de cette forme d'hétéronomie ne se résume dans les faits qu'à faire du sur-place en tentant de maintenir les « misérables » acquis dus à notre soumission à l'ordre accumulatif. Lorsque nous y creusons un peu plus, nous y voyons les racines du ressentiment ; d'un ressentiment que l'on ne pourrait croire issu que de ce que l'autre a pu acquérir à notre place, mais en fait provoqué par l'horreur que nous inspire l'image de la futilité d'une quête qui n'est que course vers le néant : nihilisme ! Par lui, nous nous en voulons à nous-mêmes de ne point savoir exister, signe d'une faiblesse inexcusable et d'un manque de savoir-vivre !

Car l'autonomie, au contraire, est bien d'exister par soi-même : exister, sortir du néant, tout simplement, sans artifice, sans préjugés. L'autonomie n'est pas une fixation en un état supposé idéal malgré qu'elle implique de savoir se donner des limites, des lois, par soi-même. Elle est une dynamique, un processus jamais parfaitement accompli d'auto-détermination. Si l'hétéronomie économiste est un effort d'adaptation à un procès dans lequel il s'avère absolument nécessaire de s'intégrer pour « exister », tout en étant un rapport social de domination en sous-main, l'autonomie est une participation à un flux vital dont l'assomption invite l'être à se fonder en soi-même en tant qu'être libre de sa propre détermination : il s'agit en ce cas d'une intégration dans un tissus de relations communautaires par lesquelles l'on coopère à son propre destin et à celui de son environnement – tant humain que naturel ou artificiel.

L'hétéronomie économiste est une fixation. L'homme échappe ainsi à son devenir, sa responsabilité, en s'enfermant dans un éternel présent, qui s'avère en réalité être un piège vers une néantisation – l'éternel présent, ou le règne de l'immédiateté, est un univers carcéral où l'horizon se résume en une fuite perpétuelle vers un futur idéalisé qui n'est en réalité qu'adhésion, au sens premier du terme. Plus rien ne fait lien dans un monde où domine une dépendance totale à des impératifs quantitatifs, ni les hommes entre eux – car tous concurrents les uns des autres – ni le passé d'avec l'avenir – car l'un et l'autre sont devenus absolument contradictoires. Se donner ses propres règles, selon la définition de l'autonomie, ce n'est nullement se laisser enfermer selon une prescription commandée par une appartenance de classe ou autres dans une actualité sans fin. C'est fort au contraire dépasser l'actualité afin de donner corps à une connivence toujours possible, toujours souhaitable, entre le passé et l'avenir : participer par conséquent au recouvrement d'un lien intime entre les deux.

Plutôt que dans le temps, qui est une constante projection vers l'au-delà du réel, ce qui nous rend absolument dépendants du règne de la mesure temporelle, nous devrions nous inscrire dans la durée, qui est une possibilité perpétuellement donnée de pouvoir affirmer son être. Chaque être est en fait une durée singulière, un devenir qui s'étire de son origine à sa finalité, mais s'inscrivant toujours inévitablement dans une plus longue durée au sein de laquelle il devient un transmetteur, le dépositaire d'une traditio. La longue durée est une suite indéfinie d'événements, un processus global du devenir des civilisations, chacune d'elles imbriquée dans le devenir de l'humanité, et où demeurent les archaïsmes : « ce qui ne passe pas » et que l'on tient en réserve afin de dépasser sa propre condition initiale. Les durées singulières se lient les unes aux autres, transposent d'une génération à l'autre le socle sur lequel chacune participera à bâtir l'histoire à sa façon. Et pour ce faire, il est indispensable de pouvoir réellement exister ! Qu'est-ce à dire ? Que chaque homme, chaque communauté, doit pouvoir construire sur de bonnes bases ses propres règles, donc être autonome et ne plus dépendre de l'arbitraire des dogmes.

L'existence est une élévation, l'acte de se mettre debout et d'affirmer la singularité de son être au milieu de la pluralité contradictoire de ce, et de ceux qui nous entourent. Exister, réellement, a à voir avec l'autonomie ; c'est un acte de volition qui est la condition même de la réalisation de l'autonomie. Lorsque nous nous mettons à exister « pleinement », non de façon désobligée comme aujourd'hui – l'individualisme ne nous engage plus à rien -, nous nous en tenons à une affirmation qui repose en premier lieu et qui a toute chance de pouvoir prendre son essor à partir d'un socle commun. L'existence est un passage : celui du non-être à l'être au croisement du passé et de l'avenir, où règne l'infini et la négation, l'éternel présent – mais ne s'y attardent que les aventuriers de l'esprit, s'y perdent les autres... les insensés ! -, ce qui implique de devoir y adjoindre un sens. L'existence est une dynamique en quelque sorte, dont l'élément moteur est la Tradition : le « socle » commun. Un « élément » dont la primordialité n'a d'égale que le sens qu'Elle apporte aux hommes et à leurs œuvres, un sens partagé de génération en génération par lequel le monde se voit doté d'une signification sacrée en une « durée » où se déploie l'existence, l'indéfinité des existences influant les unes sur les autres en de multiples « écosystèmes ».

La durée dans laquelle nous nous inscrivons est une épaisseur qui est celle des interrelations par lesquelles il nous est donné de pouvoir construire nos autonomies, tant personnelles que communautaires ; en d'autres termes donc, exister, à chaque instant qu'il nous est donné de pouvoir vivre par soi-même ! A contrario du temps, linéarisé par les besoins d'une foi toute basée sur un type d'homme, que l'on peut s'imaginer telle une meurtrière à travers de laquelle l'on n'a la possibilité de n'apercevoir qu'une frange étroite de la réalité : celle d'objectif qui recule sempiternellement à chaque minute.

La quête de l'autonomie est en nous comme un besoin vital de réaliser notre vie, d'être pleinement nous-même en accord avec le monde. C'est une dynamique qui se prolonge durant « mille vies » et nous transpose à chaque point de cette durée du non-être à la grâce d'être – dynamique symbolisée par la Croix, l'un des plus vieux symbole en ce monde. Elle est le Mythe, le mythos primordial que ne vient pas de l'homme, mais qui néanmoins perdure en l'homme et le fait être tel lorsqu'il en ressent le devoir, c'est-à-dire tant qu'il a en lui ce désir de s'affirmer pour le bien commun de ceux par qui, et quoi, il existe. Elle est en fin de compte l'expression « vitale » de la Tradition Elle-même, son souffle sacré par lequel les mondes se constituent et se succèdent, prennent sens et épaisseur.

Mais qu'est-ce donc qu'être autonome sinon être soi-même, devenir soi-même, simplement, parmi les autres ? Être un esprit libre comme ont su le dire Héraclite, Montaigne ou Nietzsche, un « barbare » - un être « simple » - en chemin vers la maîtrise de son existence qui se réfère en toute humilité aux leçons et expériences accumulées par les générations qui l'ont précédées. C'est un accomplissement qui se réalise au nom d'une notion de Bien Commun, d'une notion secrètement portée par la Tradition et qui ne peut dépendre que d'un minimum de préjugés sur l'homme et la nature a contrario du respect de la parole donnée. Comme le disait S. Weill, la vérité est enfouie dans le silence des humbles ; la Tradition y a toujours trouvé son ultime refuge. La Tradition est un appel intemporel pour l'homme à s'extraire et s'élever par lui-même, de par ses propres forces, au-delà du magma informe de l' « indifférencié civilisateur » - j'entends par là la tendance historique à la standardisation massificatrice du processus civilisateur dont le marxisme orthodoxe et le néo-libéralisme, qui sont si proches l'un de l'autre dans les faits, en sont les portes-voix modernes -, donc des préjugés et des « héritages de l'obéissance ». Elle est une Connaissance qui engage à l'empathie, donc à l'autonomie.

Que pourrions-nous en conclure en somme ? Que la Tradition, loin d'être une sommation à l'inertie et l'impuissance, est fort au contraire une invitation au développement indéfini de nouvelles manière de « voir » le monde et de le faire nôtre, consciemment. Elle n'est pas une vérité imposée d'une « hauteur » inatteignable mais l'invitation à la recherche constante de la vérité. La Tradition est ce qui ne passe pas, telle une clef intemporelle qui est à même de nous élever à la com-préhension, à la lucidité « raisonnable », de ce qui agit dans le monde au travers de nos êtres et constitue celui-ci à chaque instant, à chaque époque singulière. Loin de pouvoir être interprétée Elle-même telle un carcan ou une « vérité » irréfutable sur l'homme, Elle constitue ce qui au contraire peut nous apporter en tout temps la conscience du devoir de construire nos autonomies, celle de la personne comme celle de ses communautés, afin de toujours pouvoir faire surgir, in limine, la nécessité de concevoir un sens commun au milieu de ce qui n'est, en vérité, que chaos, mais chaos riche d'une multitude de possibilités de créations, mais aussi de destructions. Elle est en somme, la richesse des possibles contenue dans l'existence et qu'il nous appartient de mettre à jour à chaque instant de l'histoire, en faisant l'histoire : en composant de nouvelles harmonies, en donnant du sens à nos vies. Elle est un socle bâti par la multitude d'expériences accumulées par l'homme sur lui-même et son devenir...

La Tradition accompagne donc la marche de l'histoire, en lui donnant l'ouverture indispensable vers l'ensemble des possibles et des révolutions ; Elle ne saurait par conséquent représenter pour l'humanité éveillée un système clos sur lui-même, une injonction théorique idéalisée dans un système religieux, « politique » ou philosophique : « La transformation de l'activité théorique en système théorique qui se veut fermé c'est le retour vers le sens le plus profond de la culture dominante. C'est l'aliénation à ce qui est déjà là, déjà créé ; c'est la négation du contenu le plus profond du projet révolutionnaire, l'élimination de l'activité réelle des hommes comme source dernière de toute signification, l'oubli de la révolution comme bouleversement radical, de l'autonomie comme principe suprême ; c'est la prétention du théoricien de prendre sur ses propres épaules la solution des problèmes de l'humanité. Une théorie achevé prétend apporter des réponses à ce qui ne peut être résolu, s'il peut l'être, que par la praxis historique. Elle ne peut donc fermer son système qu'en pré-asservissant les hommes à ses schémas, en les soumettant à ses catégories, en ignorant la création historique, lors même qu'elle la glorifie en paroles. Ce qui se passe dans l'histoire, elle ne peut l'accueillir que s'il se présente comme sa confirmation, autrement elle le combat – ce qui est la façon la plus claire d'exprimer l'intention d'arrêter l'histoire. »1

Yohann Sparfell

Note:

1Cornélius Castoriadis in L'institution imaginaire de la société, éd. Du Seuil, 1975, p. 101

http://euro-synergies.hautetfort.com/archive/2017/06/08/a...

Arthur Roi des Bretons - Le Cycle Arthurien #1

11/06/2017

Le pèlerinage de Chrétienté vu de drone

Michel Janva

http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/web.html

07:00 Écrit par pat dans actualité, religion, tradition | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | |

10/06/2017

Casapound. Carnet de voyage d’un catholique chez les fascistes romains

casa4-810x540.jpg

Un lecteur nous a adressé ce compte rendu de voyage que nous vous proposons ci-dessous. 
CE QUE J’AI VU 
Je reviens d’un séjour de cinq jours à la CasaPound, centre social et mouvement fasciste italien, occupant un immeuble depuis 2003 dans le centre de Rome, où sont accueillies des familles italiennes dans le besoin. En Italie, l’adjectif « fasciste » n’est pas infamant : c’est un courant d’opinion minoritaire mais les Italiens respectent leurs morts de la Seconde guerre mondiale et sont reconnaissants au Ventennio (la période fasciste de 1922 à la fn de la guerre) d’avoir instauré les premières lois sociales, restauré les infrastructures et les routes (comme la superbe Via dei fori imperiali, pleine de touristes, qui relie le Colisée au Capitole et au palais de Victor-Emmanuel II en longeant les forums antiques) et sauvé l’Italie des bandes communistes.
L’une des choses les plus surprenantes ici, c’est qu’il est plus facile de se dire « fasciste » que « lepéniste » en France. La plupart des figures de la droite viennent peu ou prou des milieux fascistes tant Mussolini a laissé son empreinte sur la société italienne. À mon arrivée, Sébastien (français, responsable de l’accueil des étrangers) nous accueille à la gare de Termini. Notre chauffeur est Massimo, un père de famille d’une cinquantaine d’années, expulsé de son domicile avec sa famille. On nous explique que de jeunes militants de CasaPound se sont battus pour que ce couple et leurs enfants soient relogés.
Certains jeunes, tout comme leurs chefs, ont même fait de la prison pour s’être opposés à cette expulsion. Il est presque minuit, nous débarquons au Carré Monti. Pour fêter notre arrivée, le barman, Pierre, un Français docteur en philosophie et ancien instituteur, nous prépare trois Spritz . Le spritz est un cocktail alcoolisé largement consommé en apéritif dans les grandes villes 1 de la Vénétie et du Frioul-Vénétie julienne, et également répandu dans toute l’Italie.
À la fermeture du Carré, Sebastien nous propose d’aller manger un morceau au Cutty Sark, le pub historique de CasaPound, là où tout a commencé. Derrière la porte du pub sur laquelle est peint un portait du personnage Albator, se tiennent une quinzaine de jeunes du Blocco Studentesco qui ont préparé un colloque européen rassemblant des Espagnols, des Français, des Allemands et des Grecs. Le décor est chaleureux et soigné.
Tout le monde s’empresse de nous saluer en nous demandant nos prénoms et en échangeant avec nous quelques mots de bienvenue, l’accueil est fraternel et les attitudes sont bienveillantes. Cette atmosphère contraste avec celle de nos parvis d’églises ou de certains événements politiques en France. Une charmante personne nous apporte nos plats. Vient s’attabler avec nous Alberto, qui nous explique dans un français impeccable les voyages humanitaires en Syrie et chez les Karens qu’il organise avec les jeunes de CasaPound. 
Ce soir, nous dormons à la « Casa », le dortoir dans lequel nous déposons nos sacs s’appelle l’Ornithorynque. Ici, pas d’eau chaude pour la douche du matin afin de nous rappeler que le militant doit mépriser la vie commode (disprezza la vita comoda). Vendredi matin, nous sommes invités à une visite de Rome organisée par l’association culturelle Fons Perennis, pour l’anniversaire de sa fondation par Romulus et Remus, les topos historiques sont d’une qualité universitaire et ont été préparés par des militants de différents âges.

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22:48 Écrit par pat dans entretiens, Europe, social, tradition | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | |

09/06/2017

Focus JT : EXCLU TV Libertés a passé son WE au pèlerinage de Chartres !

17:43 Écrit par pat dans actualité, religion, tradition | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | |

01/06/2017

Perle de Cultures n°124 : 10 000 pèlerins en marche vers Chartres

20:21 Écrit par pat dans religion, tradition | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | |

31/05/2017

Alain de Benoist : Identité et souveraineté - deux notions indissociables

Dans certains milieux, on a tendance à opposer entre elles deux notions dont tout le monde parle aujourd’hui : l’identité et la souveraineté. Au Front national, Marion Maréchal-Le Pen aurait représenté la première, par opposition à Florian Philippot, qui défend avant tout la seconde. Une telle opposition vous paraît-elle légitime ?

Interrogée il y a quelques mois dans le magazine Causeur, Marine Le Pen déclarait : « Mon projet est intrinsèquement patriote parce qu’il défend dans un même mouvement la souveraineté et l’identité de la France. Quand on oublie l’un des deux, on triche. » Alors, ne trichons pas. Pourquoi faudrait-il voir dans l’identité et la souveraineté des idées opposées, alors qu’elles sont complémentaires ? La souveraineté sans l’identité n’est qu’une coquille vide, l’identité sans souveraineté a toutes chances de se transformer en ectoplasme. Il ne faut donc pas les séparer. L’une et l’autre, au demeurant, sont transcendées dans la liberté. Être souverain, c’est être libre de déterminer par soi-même sa politique. Conserver son identité implique, pour un peuple, de pouvoir décider librement des conditions de sa reproduction sociale.

Alors que l’identité est un concept nécessairement flou, la souveraineté n’est-elle pas plus facile à définir ?

Moins qu’il n’y paraît. La souveraineté « une et indivisible » dont se réclame Jean Bodin dans Les Six Livres de la République (1576) n’a pas grand-chose à voir avec la souveraineté répartie, fondée sur la subsidiarité et le principe de compétence suffisante, dont parle Althusius en 1603 dans sa Politica methodice digesta. La démarche de Bodin est éminemment moderne. Elle implique l’État-nation et la disparition de la distinction que l’on faisait auparavant entre le pouvoir (potestas) et l’autorité ou la dignité du pouvoir (auctoritas).

La souveraineté bodinienne a ceci de dangereux qu’en faisant du souverain un être qui ne saurait dépendre d’un autre que de lui-même (principe individualiste), elle rend aveugle aux communautés naturelles et supprime toute limite au despotisme : tout ce qui fait entrave à la décision du prince est considéré comme une atteinte à son indépendance et à sa souveraineté absolue. On perd ainsi de vue la finalité du politique, qui est le bien commun.

La souveraineté populaire est, en outre, différente de la souveraineté nationale ou de la souveraineté étatique. La première fonde la légitimité du pouvoir politique, tandis que les secondes se rapportent au champ d’action et aux modalités d’action de ce pouvoir. Jacques Sapir, de son côté, distinguait récemment le souverainisme social, le souverainisme identitaire et le souverainisme de liberté, « qui voit dans la souveraineté de la nation la garantie de la liberté politique du peuple ». Le souverainisme identitaire, observait-il, n’est nullement incompatible avec l’ordre des choses néolibéral, alors que le souverainisme national et social en rejette tout naturellement la tutelle.

Il ne faut pas oublier, non plus, qu’il pourrait très bien exister une souveraineté européenne, même si celle-ci n’est aujourd’hui qu’un rêve. Le drame, de ce point de vue, n’est pas que les États-nations aient vu disparaître des pans entiers de leur souveraineté (politique, économique, budgétaire, financière et militaire), mais que celle-ci soit allée se perdre dans le trou noir des institutions bruxelloises sans avoir jamais été reportée à un niveau supérieur.

Que dire, alors, de l’identité, aujourd’hui devenue une revendication et un slogan, mais dont on peut donner les définitions les plus différentes ?

Qu’elle soit individuelle ou collective, l’identité n’est jamais unidimensionnelle. Lorsque nous nous définissons au moyen de l’une ou l’autre de ses facettes, nous disons seulement quelle est la dimension ou le trait distinctif de notre identité que nous estimons être le plus important pour exprimer ce que nous sommes. Une telle démarche contient toujours une part d’arbitraire, même quand elle s’appuie sur des données qui peuvent être empiriquement vérifiées.

Un individu doit-il attacher plus d’importance à son identité nationale, linguistique, culturelle, religieuse, sexuelle, professionnelle ? Il n’y a pas de réponse qui s’impose. Pour un peuple, l’identité est indissociable d’une histoire qui a façonné la sociabilité qui lui est propre. La revendication ou la protestation identitaire apparaît lorsque cette sociabilité semble menacée de dissolution ou de disparition. Il s’agit, alors, de lutter pour que se perpétuent des modes de vie et des valeurs partagés. Mais il ne faut pas se faire d’illusion : l’identité se prouve plus encore qu’elle ne s’éprouve, faute de quoi on risque de tomber dans le fétichisme ou la nécrose. Pour les individus comme pour les peuples, c’est la capacité de création qui exprime le mieux la perpétuation de la personnalité. Comme l’écrit Philippe Forget, « un peuple n’exprime pas son génie parce qu’il est doté d’une identité, mais il manifeste une identité parce que son génie l’active ».

Entretien réalisé par Nicolas Gauthier

Intellectuel, philosophe et politologue

Revue Eléments

http://www.bvoltaire.fr/identite-souverainete-deux-notion...

30/05/2017

Zoom - Pèlerinage de Chartres : une 35ème édition pour les catholiques de Tradition

09:42 Écrit par pat dans religion, tradition | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | |

29/05/2017

Meeting de Civitas à Saint-Martin d’Hères, choses vues et entendues

civitas2-300x225.jpgLe samedi 20 mai, Civitas organisait une conférence de presse suivie d’une réunion publique sous la présidence d’Alain Escada pour présenter ses candidats isérois aux élections législatives de juin.  Dans la 2e circonscription (Echirolles), détenue actuellement par le PS,  Alexandre Gabriac se présente avec comme suppléante Christiane Canestrari, conseillère municipale d’Echirolles et dans la 9ecirconscription (Saint-Marcellin), détenue actuellement par les Verts, le candidat est Thibault Barge et le suppléant François Sabatier.

La réunion avait lieu à l’espace Elsa Triolet dans la ville communiste de Saint-Martin d’Hères. Même si le gros des crasseux antifas était de sortie à Grenoble pour recevoir « le prince consort » (Louis Alliot), ils ont pris soin de dégrader les murs de la maison communale, illustrant les habituelles querelles de chapelles gauchistes, portant cette fois sur l’orthographe correcte du mot « fascisme ». Une pensée au personnel municipal chargé de nettoyer leurs « exploits », ce qui ne va pas contribuer à l’amélioration des relations entre stal’ et trotskos…

Alain Escada a rappelé lors de la conférence de presse, les points et enjeux essentiels de cette élection législative. Le cartel électoral regroupant Civitas, les Comités Jeanne, le Parti de la France et la Ligue du Sud, va présenter 200 candidats aux élections, 250 candidats en ajourant ceux du SIEL qui font parti du cartel technique, Civitas en présentant 24. Civitas va faire entendre une voix intégralement et authentiquement patriote et catholique, précisant que ne sommes pas républicains. Pour Alain Escada :

« Le programme que nous proposons sera salutaire aux Français. Macron n’est pas en rupture avec le système, il a organisé un lifting. Il n’y a pas de rupture antisystème au FN, tout s’est réajusté vers le centre. Nos thèses authentiquement en rupture contre le système : interdire la franc-maçonnerie (qui est le mal car elle lutte contre les racines chrétiennes, pour l’internationalisme, et l’entretien du secret),  supprimer les avantages fiscaux aux  partis politiques mais aussi à la presse et aux syndicats ».

civitas3-300x225.jpgSur le plan économique, Civitas propose de mettre fin au racket des banksters, de rétablir les corporations pour rompre avec la lutte des classes et d’abolir la loi Pompidou 1973. Sur le plan éducatif, Civitas propose de mettre fin au lobbying dans les écoles, qui constitue une forme de totalitarisme. L’instauration d’un chèque scolaire permettra une véritable liberté d’enseigner, notamment en favorisant les écoles hors-contrat. Sur le plan sociétal, comme tout parti catholique devrait faire, Civitas demande la suppression de l’avortement, celle du mariage inverti avec effet rétroactif, la dissolution du Syndicat de la magistrature et en politique étrangère, la fin de l’axe Washington-Tel Aviv-Qatar-Arabie Saoudite. Le FN est devenu un parti comme les autres. Supprimer la loi de 1905 ne signifie pas l’imposition du catholicisme, mais seulement que la vie de la France serait guidée par les valeurs morales et spirituelles. Si demain, la France redevenait catholique, on aurait le souci que chacune des lois serait éthique et respectueuse de morale et droit commun. Un non-catholique peut y souscrire. Quand Dieu n’est plus au centre d’une société, c’est Mammon, l’argent, qui le remplace.

Après cette conférence de presse, la réunion commença, bien protégée par une maréchaussée aussi vigilante que disponible. Devant une trentaine de personnes et le soutien de l’ancien conseiller régional de l’Ain maître Olivier Wyssa, Alexandre Gabriac et Thibault Barge rappelèrent que l’engagement, c’est le seul moyen de s’exprimer qui nous reste, notre seule possibilité d’exister. Pour le candidat de la 2e : « nous ne nous prostituons pas pour des votes ». Le  projet est de monter des sections dans chaque département de ce qui fut la région Rhône-Alpes. Concrètement, cela se caractérise par une campagne de terrain : restaurer les calvaires et les clochers de nos villages,  faire des actions sur les « communes d’Europe » mais aussi des opérations ponctuelles selon l’actualité (comme à Lyon contre le spectacle blasphématoire ou l’hommage à Jeanne d’Arc) et bien entendu l la participation aux manifestations traditionnelles de Civitas (Jeanne d’Arc et Fête du Pays réel, celle de mars 2017 ayant été un franc succès). La campagne sera principalement axée sur les colons (abusivement appelés « migrants »), avec le scandale de leur implantation dans des hôtels Formule 1 et sur le Campus de Grenoble.

Thibault Barge prit la parole ensuite pour se présenter. Charpentier, père de 7 enfants, il était jadis membre du FN, proche de l’universitaire Bruno Gollnisch. Expliquant à juste titre que la France n’était pas éloignée du point de non-retour, il définit le Président Macron comme l’exact contraire de nos principes, notamment par sa collaboration au « Grand remplacement » via son discours sur la « route de la liberté » de l’Afrique. Avant de conclure que « la vérité est notre drapeau »  et que « pour les catholiques l’engagement en politique était la première des charités ».

Alain Escada conclut la réunion en expliquant que « les élections sont une supercherie qui avantages les démagogues et les puissances d’argent, qui proposent du pain et des jeux. Nous voulons faire de la politique au sens noble du terme. Mammon remplace Dieu et si Dieu n’est plus au-dessus de la société, alors il n’y a plus de morale. Les Républicains, le PS éclatent, le FN y est presque. Le FN a totalement muté… » Pour Civitas, Macron, c’est plus d’immigration, plus de préférence étrangère, plus de lois liberticides et plus de concentration des médias alors que l’ONU estime que dans les 30 ans, grâce au grand remplacement, 75% de la population ne sera plus européenne.

Le combat, c’est celui de la vérité :

« il y a la place pour un discours de vérité, fusse-t-il inaudible ne change rien : la vérité doit être révélée, et celle-ci doit être révélée même si elle est inaudible. La franchise est le courage de la vérité, car seule la vérité rend libre. On laisse le reste aux autres qui veulent se servir et non servir. Il faut faire connaitre par tracts, réseaux sociaux, affriches et professions de foi. Si on dit la vérité, ce sera la première étape vers des lendemains porteurs d’espérances. ».

A la sortie de la salle, plusieurs personnes  s’étaient rassemblées, encadré par la police. Aucune insulte de leur part, ni geste hostile. Plutôt que des antifas, probablement des habitants du quartier se demandant qui étaient ces gens dont la présence nécessitait un tel déploiement… bleu marine.  Le 11 juin, votez pour le seul parti catholique français, votez CIVITAS.

Hristo XIEP

http://www.medias-presse.info/meeting-de-civitas-a-saint-...

27/05/2017

28 mai : journée nationale pour la vie

6a00d83451619c69e201bb099ea7dd970d-250wi.pngDepuis l’an 2000, la journée de la fête des mères est aussi devenue la Journée nationale pour la vie. Cette journée est le pendant de la Marche pour la vie, plus médiatique et destinée à remobiliser les forces vives. Patricia de Poncins est responsable de cette Journée nationale pour la vie pour l’association Choisir la Vie. Elle répond à Anne Isabeth dans Présent :

"Que se passe-t-il de particulier pour cette Journée nationale pour la vie ?

Des actions sont proposées par différentes paroisses, comme des veillées de prières. Des quêtes sont aussi organisées par les AFC pour aider les mères en difficulté. Nous proposons également sur notre site des affiches que l’on peut déposer chez les commerçants. La Journée pour la vie se veut plus grand public, dans le sens où elle est moins militante que la Marche pour la vie. Le but premier est de célébrer la beauté de la vie, et les affiches que l’on dépose chez les commerçants – et qui sont très bien acceptées – ont pour but de sensibiliser le grand public à cette beauté.

Depuis que la journée existe, avez-vous une évolution dans la mobilisation ?

Le sujet demeure tabou. Malgré tout, beaucoup de petites initiatives se mettent en place. Il serait bon, il est vrai, que nous soyons plus relayés. Nous avons cependant remarqué que la mobilisation est plus importante de la part de l’Eglise de France, et notamment de la part des évêques, qui étaient auparavant beaucoup plus silencieux à ce sujet. Avec les lois qui sont passées comme le délit d’entrave numérique, les attaques se font plus fortes. Cela oblige les personnes à se mobiliser davantage. [...]

Michel Janva

http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/web.html

26/05/2017

Les plus célèbres dissidents de l’Action française sont des hommes de plume

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Olivier Dard est professeur d’histoire contemporaine à l’université Paris-Sorbonne. Connu pour ses travaux consacrés à l’entre-deux-guerres et aux mouvements de droite, il a dernièrement préfacé la réédition chez Pierre-Guillaume de Roux du livre de Paul Sérant Les dissidents de l’Action française. Nous revenons avec lui sur l’histoire de ce mouvement et ses tumultes, ainsi que son rôle dans l’agitation intellectuelle des années 1930.

PHILITT : Vous constatez dans votre préface du livre de Paul Sérant, Les dissidents de l’Action française, que ceux-ci ont eu plus de succès et de notoriété que les « fidèles » du mouvement. Est-ce dû à la personnalité écrasante de Charles Maurras ?

Olivier Dard : Votre question me permet une mise au point. Les « dissidents » dont il est question dans le livre de Sérant, dissidents auxquels il faudrait rajouter Lucien Rebatet (dont il n’a pas voulu traiter du cas estimant l’avoir fait dans son essai intitulé Le romantisme fasciste), sont principalement des hommes de plume même s’ils ont, pour une bonne partie d’entre eux, milité et combattu dans les organisations de l’Action française, qu’il s’agisse de la ligue, des étudiants ou des Camelots du roi. N’oublions cependant pas qu’il a existé d’autres dissidents et d’autres dissidences, notamment collectives. On en compte deux dans l’entre-deux-guerres, celle de Georges Valois au milieu des années 1920 (il ne part pas seul pour fonder le Faisceau) ou encore « la grande dissidence » de 1930 qui affecte très gravement la Fédération de Paris.

Ces dissidents de 1930 (on compte parmi eux le célèbre docteur Henri Martin) sont moins connus et moins étudiés que les hommes du Faisceau ou les intellectuels de l’Action française mais leur cas est cependant intéressant. En effet, s’ils ont laissé beaucoup moins de traces écrites, en particulier de récits de souvenirs, leur expérience peut être rapprochée de celle de certains des dissidents étudiés par Paul Sérant. Les uns et les autres pointent en effet ce qu’ils considèrent comme un dysfonctionnement grave de l’Action française, à savoir l’accent mis sur la propagande par le journal quotidien au détriment d’un travail militant de terrain qui leur paraît beaucoup trop négligé. Pour le dire plus abruptement, ils posent la question de la relation à l’Action française, entre la virulence des ses discours et l’action. Louis Dimier s’en est expliqué dans Vingt ans d’Action française et on connaît la formule de Rebatet sur « l’inaction française ». Sur cette question, et pour ces dissidents, c’est bien la responsabilité de Maurras qui est engagée, même si après le 6 février 1934, des militants vont mettre aussi en cause les responsables de la ligue. Maurras n’en est pas moins, pour tous, le véritable chef du mouvement.

Là réside sans doute son problème majeur : si Maurras est un homme de plume réputé et redouté par ses contemporains, il n’a pas les qualités d’un dirigeant politique. Je me contenterai de citer la formule d’Albert Thibaudet décrivant l’Action française comme un « gros journal admirablement fait » mais dans l’incapacité de faire élire un conseiller général. Si on ajoute, que malgré qu’il a cosigné avant le premier conflit mondial un petit ouvrage Si le coup de force est possible, Maurras ne le prépare nullement, il est loisible d’imaginer les frustrations accumulées par des militants qui entendent en finir avec la « gueuse » autrement que par des mots. Le « maître » est donc logiquement mis en cause.

La pensée des dissidents et détracteurs de l’Action française semble toujours bâtie par rapport, sinon contre Maurras. Sa figure et son oeuvre concentrent-elles à elles seules la quintessence du mouvement ?

À l’origine, l’Action française n’a pas été créée par Maurras. Mais c’est bien lui qui en a fait ce qu’elle est devenue, à savoir une école de formation politique fondée sur la doctrine du « nationalisme intégral ». L’Action française n’est cependant pas seulement un foyer doctrinal. C’est au milieu des années 1900 un dispositif articulé autour de trois volets. En premier lieu, un Institut d’Action française aspirant à se poser en « contre-Sorbonne » où Maurras et les ténors d’alors du mouvement enseignent. Mais le « nationalisme intégral » est surtout relayé par deux autres entités : une ligue créée en 1905 et qui se développe au plan national avant le premier conflit mondial et un journal quotidien lancé en 1908 et qui a pris la suite de la « petite revue grise ». Ce journal couronne une ambition déjà ancienne de Maurras (dont la surdité interdit d’être un orateur) et qui entend par conséquent gagner des soutiens à sa cause par l’imprimé en profitant de la vogue remarquable que connaît alors la presse. Il en est une figure incontournable à la fois comme éditorialiste, polémiste ; sans oublier qu’il a introduit et développé un exercice aujourd’hui devenu classique, la « revue de la presse ».

Maurras est donc l’homme orchestre du dispositif, ce qui permet d’expliquer l’importance des termes maurrassisme et maurrassien pour désigner la doctrine et les militants qui la propagent. Maurras ne saurait donc être détaché de l’Action française qui est sa vie, dans tous les sens du terme puisqu’il passe ses soirées et ses nuits au journal. En même temps, si c’est bien vers Maurras que les militants se tournent et si ce dernier n’a jamais dû affronter la moindre remise en cause sérieuse de son hégémonie, le maurrassisme n’est pas uniquement l’affaire de Maurras soi-même. On notera par exemple, sur la question, fondamentale, de l’Allemagne, la contribution de Jacques Bainville ou, au plan économique et social, domaine où Maurras est nettement moins en pointe, la place de choix de Georges Valois durant ses vingt ans de présence à l’AF. Dans le regard que portent les étrangers maurrassiens sur l’AF, Maurras n’est pas seul à être considéré mais il arrive nettement en première position. Il n’en demeure pas moins, et c’est là sans doute l’essentiel, que le lien des figures les plus en vue de l’Action française n’a jamais été construit sur leur rapport à l’organisation mais d’abord fondé sur leur relation au « maître de Martigues » ce qui donne à l’histoire des « dissidents » une tonalité personnelle et passionnelle. C’est bien un lien d’homme à homme qui est en cause et il n’est qu’à lire ce que les uns et les autres ont écrit de leur rupture (de Valois à Rebatet en passant par Bernanos) pour le comprendre : chacun des récits s’accompagne d’un portait de Maurras.

Paul Sérant reconnaît qu’au sein de l’Action Française, si la doctrine politique était le monopole de Maurras, la littérature y était tout aussi importante. Les « dissidents » l’ont-ils été par un faible appétit politique ou par des ambitions littéraires et intellectuelles incompatibles avec le mouvement ?

La littérature joue un rôle essentiel à l’Action française, à commencer par Maurras lui-même qui a souligné dans Quand les Français ne s’aimaient pas qu’il avait été conduit à la politique par les lettres. Ajoutons que Maurras avait en tête un projet littéraire bien précis, celui de la création d’une « École romane » qu’il a tenue à bout de bras mais qui n’a pas donné les résultats attendus. On ajoutera enfin tout l’intérêt que Maurras porte au classicisme et son rejet du romantisme. Ce dernier est très partagé à l’Action française mais au sein de cette dernière les idées littéraires et plus largement esthétiques de Maurras ne sont pas exclusives d’autres sensibilités. Si la politique est à l’origine des dissidences, ce n’est pas le cas de la littérature. Pour illustrer cette cohabitation, curieuse j’en conviens mais indiscutable, deux exemples suffiront. Le premier est celui de Léon Daudet, fidèle parmi les fidèles au plan politique mais qui affiche des goûts littéraires bien éloignés de ceux de son compatriote provençal puisqu’il se fait le défenseur de Marcel Proust et de Louis-Ferdinand Céline, n’hésitant pas à rembarrer brutalement sur ces sujets Henri Massis, rédacteur en chef de La Revue universelle et beaucoup plus proche du classicisme du « Martégal ». Les chroniques littéraires de Brasillach sont également très éclairantes sur ce point, en particulier pour ce qui concerne le « théâtre littéraire » dont il se fait, en 1935, le défenseur dans La Revue universelle.

Dans votre ouvrage Le rendez-vous manqué des relèves des années 30, vous opposez la relève « réaliste » à celle plus spiritualiste des « non-conformistes ». Peut-on classer l’Action française d’alors dans l’une de ces catégories ?

L’Action française ne peut pas être rangée dans ces catégories pour la bonne et simple raison que ses origines sont bien antérieures : Maurras est né en 1868 et a donc 62 ans en 1930. Il n’est plus un homme de la relève même s’il suit ce processus avec attention. Il a toujours été intéressé par la jeunesse en qui il voit le vivier d’une future élite à même de refaire la France et son dernier livre s’intitule Pour un Jeune Français. Si l’Action française ès qualité ne compte pas parmi les relèves des années trente, nombreux sont les jeunes maurrassiens qui animent ce qu’il est convenu d’appeler la « Jeune Droite » et qui est un des piliers du pôle spiritualiste avec l’Ordre nouveau (Robert Aron, Arnaud Dandieu) ou Esprit (Emmanuel Mounier). Esprit, avec lequel la Jeune Droite ferraille.

Sans vouloir égrener une liste de noms, certains doivent être rappelés : Jean de Fabrègues (éphémère secrétaire de Maurras et dissident du tournant des années trente), les normaliens Robert Brasillach ou Thierry Maulnier, mais aussi la future relève des Hussards (Jacques Laurent) ou de La Nation française d’après guerre (l’historien Philippe Ariès). N’oublions pas non plus un homme qui n’a jamais été un maurrassien affiché mais qui a souligné l’empreinte qu’a eue Maurras sur toute cette mouvance, je veux parler de Jean-Pierre Maxence dont il faut relire l’Histoire de dix ans (1927-1937).

Les dissidents de l’Action française l’ont-ils desservie, notamment quant à la réalisation de ses objectifs politiques, ou bien plutôt confortée ?

Je ne pense pas que le problème se pose uniquement en ces termes. Desservie, sans doute, oui, sur le court terme puisque les dissidences collectives ont provoqué un départ de militants qu’il a fallu combler. Peut-on conjecturer que ceux qui sont restés en sont d’autant affermis. En réalité, les choses ne se posent pas ainsi. Le problème majeur de l’Action française n’a pas été forcément d’attirer des militants que de les garder, notamment à l’âge adulte. Maurras et l’Action française, de l’avant 1914 aux années trente ont largement attiré des jeunes gens, séduits par la rigueur de sa doctrine et sa radicalité affichée.

Le renouvellement existe mais les mêmes causes reproduisent les mêmes effets et on ignore ce qui se serait passé si la ligue n’avait pas été dissoute en 1936. Mais cette dissolution est instructive : les dirigeants, Maurras en tête, craignent d’abord pour l’avenir du journal. C’est leur principale préoccupation, beaucoup plus que l’organisation militante qui s’éteint alors. Une dernière remarque enfin. On constate, à observer l’histoire des dissidences dans la durée, que derrière les caractéristiques particulières liées aux individus elles présentent des similitudes. J’en retiendrai trois : départs conflictuels et polémiques (avec dans certains cas des procès judiciaires), mise en cause par les dissidents de la stratégie suivie et donc du « maître » ; mais aussi, et peut-être surtout, absence de remise en cause de la politique suivie par la direction. Des dissidences et de leur succession, aucune leçon n’est tirée, ce qui explique la récurrence des crises.

Le « rendez-vous manqué » que vous évoquez l’a-t-il été, aussi, à cause de l’importance de ce mouvement, ou à l’inverse à cause de ses nombreux et influents dissidents ?

Le rendez-vous manqué des relèves des années trente doit son titre à l’effort de pesée que j’ai entrepris entre le bouillonnement né à la fin des années 1920 et l’aptitude de ces relèves à transformer la société de leur temps. Je concluais ce livre en insistant sur le crépuscule des « non-conformistes » et « l’aurore des technocrates » qui ont été, et dans la durée, les relèves sans doute les plus efficaces pour faire valoir leur importance, leur nouveauté et leur légitimité et ce, de l’avant-guerre à l’Occupation et à la Libération-reconstruction. Les raisons de ce succès sont nombreuses et j’en citerai trois. Ces relèves technocratiques ont su rendre légitime un statut d’expert susceptible de remettre en cause certaines élites en place (les ingénieurs économistes d’X-Crise planistes contre les professeurs d’économie libéraux) pour faire face à la crise économique. Ces relèves se caractérisent aussi par une appétence pour l’exercice des responsabilités qui leur a permis de répondre positivement aux appels des responsables gouvernementaux, et ce nonobstant leur couleur politique. Enfin, si les relèves spiritualistes se sont d’abord construites sur des refus (à commencer par celui de la modernité technocratique émergente) les relèves technocratiques, marquées par « l’opérationnalisme », sont arrivées auprès des décideurs avec un projet dominé par le souci de rationalisation et de modernisation et un catalogue de mesures à mettre en œuvre.

Source

http://www.voxnr.com/9112/les-plus-celebres-dissidents-de...

Le Chant des alouettes : le grand poème identitaire européen

Chant-des-alouettes-Couv.jpgÀ l’occasion du colloque de l’Institut Iliade « Européens : transmettre ou disparaître », Thibaud Cassel a réuni une anthologie poétique, Le Chant des alouettes,publiée par les éditions Pierre-Guillaume de Roux. Un condensé de la civilisation européenne. Voici la recension qu’en a faite François Bousquet dans le n° 166 d’Eléments, daté de juin-juillet 2017.

Comment définir une civilisation d’un trait, et d’un trait qui n’ait ni l’approximation d’une formule alchimique ni l’aridité d’une équation mathématique ? Rien de tel que la poésie. Et quel continent a tout jeté dans ses vers, dans sa littérature – son âme, son élan vital, sa physionomie ? L’Europe. Depuis Homère. Les livres en sont le dépôt vivant.

Le grand John Cowper Powys disait d’eux qu’ils renferment « la parole de l’homme opposée au silence de la nature et au mutisme cosmique ; ils représentent la vie de l’homme face à la mort planétaire, la révélation faite à l’homme par le dieu qui l’habite, et la réponse de l’homme au dieu extérieur. Quiconque touche un livre, ne touche pas seulement “un homme”, mais touche l’Homme avec une majuscule. L’homme est l’animal qui pleure, qui rit, et qui écrit. Si le premier Prométhée a volé le feu du ciel dans une tige de fenouil, le dernier l’y rapportera dans un livre ». C’est plus vrai encore de l’homme européen. Thibaut Cassel s’en est souvenu. Il a enfermé l’Europe dans un écrin de papier : une anthologie poétique, une soixantaine de textes reliés les uns aux autres par un même patrimoine, historique ou génétique, qu’importe, pour l’essentiel français. Pari audacieux, pari tenu.

Ils tracent le limes culturel de l’Europe. Un « vaste poème identitaire », résume l’auteur dans une introduction limpide dont il faudrait tout citer :

« L’Europe, c’est l’expression de nos peuples à la clarté des astres parents et successifs de la Grèce, de Rome, de la chrétienté puis des nations. »

Elle doit ce qu’elle est au génie grec, à la romanitas et à la Respublica christiana qui, à travers les Universités médiévales, diffusa sur le continent une langue et une philosophie communes, le latin et l’aristotélisme. Les cités, l’empire, les nations, longue chaîne ininterrompue. […]

Le Chant des alouettes, par Thibaud Cassel, préface de Christopher Gérard, édition Institut Iliade/Pierre-Guillaume de Roux, 2017, 176 p.

25/05/2017

Défilé CIVITAS 2017 en hommage à Sainte Jeanne d’Arc.

La légende du Roi Arthur [2000 ans d'histoire]

24/05/2017

Selon que vous serez enseignante franc-maçonne ou enseignante catholique…

Le mercredi 31 mai, dans les locaux du Grand Orient de France rue Cadet, la franc-maçonnerie organise la 4ème journée de la jeunesse et de l’école sur le thème « Pour une culture humaniste, une école républicaine ». Sont notamment prévues des interventions de Florence SAUTEREAU, Professeure des écoles, École élémentaire, rue de Marseille, Paris 10e ; Sébastien CLERC, Professeur, Lycée professionnel Hélène Boucher Tremblay-en-France (93) ; Christiane FERRER, Principale, Collège Édouard Vaillant (REP) Gennevilliers (92) ; Sophie MAZET, Professeure au Lycée Auguste Blanqui Saint-Ouen (93), et Alain SEKSIG, Inspecteur de l’Éducation Nationale Académie de Paris.

Après cette brochette de l’éducation nationale, les conclusions seront prononcées par Philippe FOUSSIER, Grand Maître Adjoint du Grand Orient de France.

Que ces enseignants et cet inspecteur de l’éducation nationale interviennent au titre de leur activité professionnelle lors d’un colloque organisé par la secte maçonnique, voilà qui n’émeut aucun média du système.

Par contre, voilà déjà quinze jours que le canard boîteux Nord Littoral et l’extrême gauche locale se déchaînent quasi quotidiennement contre une enseignante nommée Marie-Jeanne VINCENT parce qu’elle est, à titre privé, candidate Civitas à Calais pour les élections législatives. Des ayatollahs de la laïcité ont même saisi – sans succès – le rectorat pour tenter de faire virer cette enseignante sous prétexte qu’elle serait candidate d’un parti « catho-intégriste ». Raté car elle est considérée comme une « enseignante exemplaire » s’abstenant de faire part de ses opinions politiques et religieuses devant ses élèves.

http://www.medias-presse.info/selon-que-vous-serez-enseig...

Quand les catholiques n'étaient pas libéraux...

Léo Imbert vient de publier une fresque monumentale sur le catholicisme social. Une occasion de nous souvenir que le catholicisme, profondément social, n'a jamais été libéral que sur ses marges...

Qu'est-ce qui vous a amené, si jeune, à entreprendre un travail qui s'étend sur quelque 700 pages, alors que votre sujet semble déserte par la critique ?

Le politique connaît de nos jours une période de trouble systémique, où l'ancienne dichotomie Gauche/Droite semble arrivée à ses derniers instants. Mais au XIXe siècle, l’affrontement politique ne se résumait nullement au choc binaire entre une gauche radicale et socialiste et une droite libérale et traditionaliste. La réalité était plus dialectique nous étions en présence de trois grandes entités politiques le libéralisme, le catholicisme et le socialisme, chacune garante d'une éthique propre. Aujourd'hui, à l'opposé de cette complexité, le spectre politique est entièrement entré dans le cadre normatif de la pensée libérale, cadre parfois teinté de catholicisme ou de socialisme par certains.

L'histoire de la défaite intellectuelle du socialisme face à la gauche libérale a déjà été écrite. J'ai tenté de faire de même pour le catholicisme social qui tenta d'opposer à l'individualisme libéral un rapport au monde authentiquement chrétien.

Vous montrez que la fracture de la société française, à laquelle le catholicisme social tente de remédier, est antérieure à la Révolution française...

Si la Révolution française de 1789 marque une rupture évidente - et spectaculaire - avec le monde qui prévalait jusqu'alors, elle est la conclusion logique d'un mouvement de fond qui a vraiment débuté sous le règne de Louis XV Au nom d'une "rationalisation" sociale, alors qu'autour de lui on invoque la lutte nécessaire contre l'obscurantisme, le roi abandonne son rôle social de protection du peuple. Signe de ce qu'il ne veut plus être en réalité le père du peuple, les législations protégeant l'alimentation de la population en pain sont abrogées, on démantèle les corporations. Même si ces mesures, aux conséquences désastreuses, seront rapidement abandonnées-, le mal est fait. Comme l'écrivait Charles Péguy, « quand un régime d'organique est devenu logique, et de vivant historique, c'est un régime qui est par terre ». De là date la mort de l'Ancien monde et de son économie morale. Par quoi sera remplacée cette économie morale, c'est toute la question que se posent les catholiques sociaux.

Dans cette fresque historique, vous évoquez des personnages contrastés, Chateaubriand par exemple...

Chateaubriand ne peut pas être classé stricto sensu au sein de l'école du catholicisme social, toutefois il prépare le terrain, réveille les consciences. À l'Église meurtrie par le sanglant épisode révolutionnaire, il rappelle son grand rôle dans le siècle dix-neuvième qui s'ouvre « le christianisme est la pensée de l’avenir et de la liberté humaine ».

Face au monde moderne issu de la Révolution qui a semblé un moment lui avoir dénié jusqu'au droit d'exister, le catholicisme devra défendre son ethos autrement. Pas question de se contenter d'être seulement « en réaction contre ». Si l'on peut a posteriori parler d'un catholicisme social, c'est parce qu'il constitue d'abord un mouvement positif et une force d'avenir, proclame l'écrivain breton. À travers cette vision de l'avenir du christianisme, Chateaubriand sera donc une source d'inspiration pour une part non négligeable des catholiques sociaux.

Puisque l’on en est aux grands écrivains, selon vous Victor Hugo lui-même joue un rôle dans l'expansion du catholicisme social ?

Hugo, aussi étonnant que cela puisse paraître, se trouve en effet à un carrefour crucial du mouvement, lors des débuts de la IIe République, il est député conservateur, avec une forte connotation sociale. Soutenant un projet de loi d'Armand de Melun, député qui est aussi l'un des grands catholiques sociaux du début du XIXe siècle, il est indigné par la réaction des conservateurs. Par peur du socialisme, ceux-ci souhaitaient vider la loi d'Armand de Melun de son contenu. C'est à ce moment que Victor Hugo quitte les bancs de la droite. Admirateur de Lamennais, il est le marqueur d'une tendance propre au catholicisme social, cette lutte contre la sujétion de l'Église aux partis de l'Ordre et du profit.

Que dites-vous aujourd'hui, alors que les polémiques se calment, du trio formé par Lamennais, Ozanam et Montalembert ? Sont-ils des catholiques sociaux ou des catholiques libéraux ?

Ces trois figures sont bien différentes. Lamennais, quoi qu'on en pense, ne peut être classé au sein de l'école catholique sociale, ne s'étant que peu intéressé à la question sociale. Ce qui le passionne, c'est la liberté de l'Église. Il finira d'ailleurs par camper à ce sujet sur des positions que l’on qualifiera pour le moins d'hétérodoxes.

Assez semblable finalement est le cas de Montalembert catholique sincère, grand défenseur de l'Église face à l'État, ce partisan de « l'Église libre dans l'État libre » s'est vraiment identifié à ce catholicisme libéral qui imprima si profondément sa marque sur le catholicisme européen. Il ne fait pas partie de ceux que l'on appelle les catholiques sociaux.

Ozanam, le bienheureux Ozanam, a, en revanche, pleinement sa place au sein du catholicisme social, si, a priori, il est proche de Lamennais et de Montalembert sur certaines questions, il sut concilier le monde de la tradition et le monde postrévolutionnaire, défendant déjà l'idée d'une démocratie chrétienne, qui soit compatible avec le dogme chrétien. Pour lui, si le pouvoir (potestas) s'obtient au sein d'une assemblée élue, l'autorité (auctoritas), elle, est proprement divine. En outre, répondant à l'égalité par la fraternité, il s'oppose à la lutte des classes pour promouvoir l'indispensable charité associée à une législation sociale. Le catholicisme social est bien présent chez Ozanam.

Pouvez-vous évoquer la belle figure de Mgr von Ketteler ?

Si nous devions retenir une seule personnalité de cette grande épopée du catholicisme social, peut-être évoquerions-nous de préférence la mémoire de Mgr von Ketteler. Alors qu'en France le mouvement social chrétien connaît une période de déclin durant le second Empire après le ralliement de l'Église à l'Ordre, incarné par Napoléon III, c'est en Allemagne que le catholicisme social va voir pour la première fois son plein développement doctrinal sous l'autorité de l'évêque de Mayence.

Favorable à la « réforme du cœur », il soutient en même temps que la charité, si nécessaire soit-elle, n'est pas suffisante. Pour lui, l'intervention de l'État en faveur des démunis doit être reconnue par les catholiques comme une obligation morale. Membre important du Zentrum, le Parti catholique allemand, il se fait connaître par des sermons teintés de théorisation économiques et sociologiques. On retrouvera ce mixte si moderne dans ses écrits, en particulier dans La question ouvrière et le christianisme, un texte qui sera largement lu et commenté. Défenseur du système corporatif, de la limitation du temps de travail, de la lutte contre le travail des enfants et du juste salaire, il réhabilite la philosophie de saint Thomas d'Aquin dans laquelle il voit un instrument de lutte tant contre le libéralisme que contre le socialisme.

Au final Ketteler irradia de son autorité l'ensemble de la tendance catholique sociale. C'est en particulier par son intermédiaire, on l'oublie trop souvent, qu'Albert de Mun et René de la Tour du Pin s'ouvrirent à la question sociale pour ensuite venir refonder le courant en France. Ce sera le début de la grande période du catholicisme social, s'étalant de 1871 à 1891. Avouons-le le catholicisme doit beaucoup à ce grand homme, pourtant bien oublié de nos jours.

Quelle est l'œuvre du pape Léon XIII ?

Comme souvent avec Léon XII la réponse est complexe, subtile, paradoxale jusqu'à paraître parfois contradictoire. Grand lecteur de Ketteler, ce pape va largement engager l'autorité de sa fonction auprès des catholiques sociaux, à travers entre autres, la bénédiction des oeuvres, la participation à des pèlerinages ouvriers mais aussi par l'impulsion qu'il a donnée à des recherches théoriques. En 1891 il va "couronner" le mouvement en publiant la grande encyclique Rerum novarum dans laquelle il donne la définition du Catholicisme social « Que les gouvernants utilisent l'autorité protectrice des lois et des institutions, que les riches et les patrons se rappellent leurs devoirs, que les ouvriers dont le sort est en jeu poursuivent leurs intérêts par des voies légitimes. Puisque la religion seule (...) est capable de détruire le mal dans sa racine, que tous se rappellent que la première condition à réaliser, c'est la restauration des mœurs chrétiennes. »

Si l'encyclique souligne l'apogée du mouvement, elle marque le début de son déclin. Jusqu'alors entraînée par une multitude d'initiatives dynamiques, le catholicisme social est désormais intégré au roc de la doctrine social de l'Église, dès lors il est directement impacté par les décisions pontificales ainsi, le Ralliement à la République (1892) demandé aux catholiques monarchistes français va être une première étape sur un chemin qui mène à l'oubli de la radicalité constituant la démarche originelle du catholicisme social. Se divisant, pour céder à des compromissions doctrinales, les catholiques sociaux français vont voir progressivement la contamination de leur logiciel intellectuel par le libéralisme, désormais triomphant.

Si le catholicisme social ne meurt pas à cet instant et connaît encore de grands moments - pensons ici par exemple à l'Action Libérale Populaire d'Albert de Mun, au pontificat de Saint Pie X, et plus tard à la J.O.C. - ce qui faisait son originalité pour formuler un non radical et motivé face à la modernité libérale semble s'évanouir. Le monde laïc catholique va à son tour s'autonomiser et proposer, non plus le projet d'une société authentiquement chrétienne, mais une adaptation de la modernité à certains principes catholiques, ou d'inspiration catholique. L'authenticité de l'élan est perdue.

Propos recueillis par l'abbé G. de Tanoüarn monde&vie  27 avril 2017

Léo Imbert, Le catholicisme social de la Restauration à la Première guerre mondiale, éd. Perspectives libres, 678 p., 28 €.

23/05/2017

La Manif pour Tous : la grande illusion ?

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Billet de Patrice de Plunkett sur son blog :

"Mme de La Rochère et les siens repartent en campagne à partir de cette semaine : Angers, Rennes, Tours, Toulouse, Montpellier, Bordeaux, Strasbourg, Lyon, Montélimar, Annecy... Cette série de réunions-débatsporte un titre amer : "Election, la grande illusion".  Diagnostic exact. Mais un peu tardif... Nous sommes quelques-uns à avoir tenté d'expliquer depuis deux ans : 1. que l'aventure de Sens Commun ne menait nulle part ; 2. qu'interpeller les candidats sur les questions "sociétales" - comme le firent Mme de La Rochère et ses amis avant la présidentielle - ne menait nulle part non plus. Cela pour deux raisons différentes, selon que l'on considère Sens Commun ou la MPT...

Les leaders de SC se sont enlisés dans le politicien, avec une candeur pieuse et militaire qui les empêchait de voir ce qu'était un parti. Le parti a contaminé SC, qui dérapa vite de la noble théorie à la manœuvre de couloirs ; manœuvre qui fit un frustré (M. Poisson) et un agacé (M. Fillon) ; lequel ne promit rien à SC, mais en obtint l'hommage-lige sans contrepartie. On hésite à qualifier cet élan des candides vers un politicien... Mais on sait comment l'affaire a tourné : plombé dans l'opinion par son programme libéral extrémiste, piégé par des ténors de la droite (c'est d'eux qu'est venue l'affaire des "emplois fictifs"), coincé par les juges, M. Fillon en désarroi dut oublier son agacement pour accueillir l'élan - redoublé - de SC, qui lui organisa le Trocadéro. Puis ce fut le crash. On dit que les leaders de SC n'ont toujours pas compris qu'ils avaient perdu leur temps ; j'hésite à croire à une telle persistance dans la cécité.

La MPT n'était pas dans le même cas. Son "illusion", si illusion il y eut, fut de croire qu'on pouvait interpeller les candidats à la présidentielle sur les questions anthropologiques, sociologiques et bioéthiques... On ne le pouvait pas : la règle du jeu l'interdisait ! Les principaux candidats n'avaient pas la tête à un tel excursus. L'idée ne leur serait pas venue de mettre en question le système économique qui s'est emparé de tout, y compris de l'intime des vies privées (voire des consciences), et qui produit des "avancées sociétales" allant toutes dans le même sens : la dissolution hyper-individualiste... L'extrême droite jugeait ces questions sans intérêt. L'extrême gauche ne voulait pas voir que les nouvelles mœurs sont un produit du néocapitalisme libéral. Et ce dernier allait s'annexer plus que jamais la classe politique dominante, centre-droit + centre-gauche...

Deux ans d'illusions, politiciennes ou périphériques, se sont donc achevés par l'avortement que l'on sait. Un avortement fruit de l'aveuglement... Chérir les causes et déplorer les effets est un vice "libéral-conservateur" ; comme, à l'inverse, chérir les effets et déplorer les causes est un vice de la gauche bobo. Tant que ces "résistants" n'auront pas cessé, soit d'adorer le libéralisme (cause de ce qu'ils déplorent), soit d'adorer les effets sociétaux causés par le libéralisme qu'ils abhorrent, leur "résistance" sera du verbiage. Rien n'avancera tant qu'ils ne comprendront pas pourquoi la classe politique  - recomposée ou non -  a cessé d'être "politique", c'est-à-dire capable de débattre des fondements non-économiques de la société.

► Les persévérants de la MPT devraient étudier la conférence d'ouverture du dernier colloque d'Ichtus (octobre 2016). Matthieu Detchessahar - professeur d'économie - y analyse le phénomène de "dissociété" qui corrode les fondamentaux de la condition humaine. Ce phénomène, souligne-t-il, est produit par "la société de marché, fausse conception récurrente depuis trois siècles et revenue au galop depuis une trentaine d'années"Le monde humain est dévoré par l'expansion illimitée du marché dans tous les domaines : d'où la destruction des liens et des biens sociaux. D'où aussi, dit par exemple Detchessahar, "la promotion de comportements jadis répréhensibles" : effet direct de la pression économiciste ! Cette pression "recompose en profondeur les clivages politiques", explique-t-il (sept mois avant le succès de l'OPA Macron) : "elle mélange droite et gauche, libéralisme philosophico-moral et libéralisme économique, en un seul modèle indissociablement" ; sa logique est de "fonder le lien social sur les seuls liens économiques, au détriment de la conscience collective de la société", ce qui amène à "croire résoudre les problèmes en les diluant dans l'économique".

Rompre tendanciellement avec la société de marché est un préalable à toute action collective digne de ce nom. La droite catholique en est loin. Il ne suffit pas de dénoncer en théorie la "marchandisation" avec les dernières MPT : encore faut-il ne pas se ruer ensuite - de façon schizoïde - chez M. Fillon, dont le programme ("le meilleur", disait oncle Charles-Henry) impliquait, précisément, la marchandisation de choses aussi fragiles et précieuses que la couverture santé ! (...)"

par Philippe Carhon

http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/2017/05/la-manif-...

Terres de Mission #33 : Notre Dame de Fatima, 100 ans

21/05/2017

Terres de Mission #33 : Notre Dame de Fatima, 100 ans

18/05/2017

L'Action Française : Repenser le Bien Commun

Compte-rendu Paris Vox

Week-end chargé pour le mouvement patriote et monarchiste Action Française qui, outre son traditionnel cortège d’hommage à Jeanne d’Arc, organisait hier, samedi 13 mai, un colloque sur le thème « Refonder le Bien Commun ». Paris Vox était présent.

1047676834.pngUne salle lumineuse et élégamment décorée accueille un public nombreux où se mêlent toutes les générations. La forte proportion de jeunes gens surprendra d’ailleurs même l’observateur pouvant avoir une image un peu « poussiéreuse » du plus vieux mouvement politique français.

L’assistance est en tout cas dense et attentive pour suivre les diverses interventions de très bon niveau. Au micro se succèdent des personnalités d’horizons divers, monarchistes ou non, mais tous précoccupés de l’avenir de la France et de la nécessaire reconstruction d’un « Bien Commun » tragiquement fragilisé aujourd’hui.

La hauteur de vue et de perspective de la plupart des interventions tranchent radicalement avec la médiocrité racoleuse de la campagne électorale qui a mené à l’élection d’Emmanuel Macron.

On s’interroge sur la définition du Ben commun, sur son évolution à travers le temps et les moyens de le refonder aujourd’hui.

Ainsi Guillaume Bernard, maître de conférences à l’ICES, rappelle que « ce qui fait la légitimité d’un pouvoir c’est sa finalité et non son mode de désignation  ». Pierre-Yves Rougeyron, président du Cercle Aristote, s’inquiète lui de « l’état du peuple  » et de la « constitution interne d’individus chancelants  » et conclut, avec Bernanos, que l’urgence consiste à « refaire des hommes libres » avant même de s’interroger sur la forme ou la nature de l’Etat.

C’est ensuite au tour de Gauthier Bes, co-fondateur des Veilleurs, de rappeler l’importance de la famille, de l’enracinement et du travail local, ainsi que le rôle crucial des « limites » et l’importance de l’écologie, la biosphère étant le « bien commun » par excellence.

Après un entretien très applaudi avec le Prince Jean d’Orléans, duc de Vendôme et prétendant au trône, la discussion se porte sur les « bien communs immédiats ». Charles de Meyer, président de SOS Chrétiens d’Orient, et Gabrielle Cluzel, écrivain et journaliste à Boulevard Voltaire, présentent alors leur engagement dans le cadre de l’urgence social que nous connaissons actuellement.

C’est enfin à Maître Trémolet de Villers de conclure la journée avant que la salle n’entonne « La Royale », hymne de mouvement monarchiste fondé par Charles Maurras. Une journée riche en enseignements et jalons intellectuels, et un indiscutable succès pour les organisateurs qu’une tentative d’agression par quelques dizaines « d’antifascistes » casqués et armés ne parviendra pas à troubler, ceux-ci se voyant rapidement dispersés et mis en fuite par les jeunes militants royalistes présents sur place.  

Paris Vox

http://lafautearousseau.hautetfort.com/index-1.html

Michel Deseille sur les mythes nordiques et l'hyperborée - Meta TV 3/3

Michel Deseille sur les mythes nordiques et l'hyperborée - Meta TV 2/3

Michel Deseille sur les mythes nordiques et l'hyperborée - Meta TV 1/3

Action Française - Refonder le Bien Commun

17/05/2017

Alors que, comme on pouvait s'y attendre, le Front national semble en discorde avec son allié DLF et qu'à l'intérieur les rencoeurs s'étalent au grand jour... La Droite nationale se rassemble pour les législatives

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Législatives : 150 à 200 candidats via une alliance J-M Le Pen, C. Lang, Civitas

Source Europe 1 cliquez ici

Tous ces candidats auront sur leur affiche de campagne le soutien explicite de Jean-Marie Le Pen, cofondateur du FN et toujours président d'honneur par décision de justice.

Jean-Marie Le Pen, Carl Lang et Alain Escada, présidents respectifs des Comités Jeanne, du Parti de la France (PdF) et de Civitas (extrême droite catholique), escomptent présenter ensemble 150 à 200 candidats pour les législatives, ont-ils annoncé mardi. L'alliance, qualifiée de "cartel", de "plateforme" ou de "partenariat", et qui sera concurrente du Front national, vise pour toutes ces petites formations de l'extrême droite à obtenir un financement public, possible dès que 50 candidats ont obtenu plus d'1% des suffrages exprimés au premier tour des législatives.

Le soutien de Jean-Marie Le Pen. Tous ces candidats auront sur leur affiche de campagne le soutien explicite de Jean-Marie Le Pen, cofondateur du FN et toujours président d'honneur par décision de justice, malgré son exclusion en août 2015. Ils se rattacheront administrativement à une structure appelée "Union des patriotes", tout comme le Siel, petit parti présidé par le conseiller régional Karim Ouchikh qui a rompu son alliance avec le Front national au sein du Rassemblement bleu marine, mais uniquement pour un "accord technique" et non politique dans ce dernier cas, d'après Karim Ouchikh.

Des candidats royalistes aussi ? Sur les 150 à 200 candidats, environ 60 viendront des "Comités Jeanne", 60 du Parti de la France et environ 25 de Civitas. Le Siel de son côté devrait en présenter 70 à 80. Des candidats royalistes pourraient s'ajouter à l'accord.

Une candidate face à Marine Le Pen. Une candidate PdF soutenue par Jean-Marie Le Pen devrait se présenter à Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), potentiellement face à Marine Le Pen si celle-ci confirme sa candidature. Le mot d'ordre des candidats Comités Jeanne sera "Immigration : assez!", "Pas d'islamisation chez nous! Défendons nos familles, nos traditions, nos libertés" pour les PdF, "Défendons nos familles, nos traditions, nos libertés" pour les Civitas et "La droite des valeurs et des convictions. La France agonise, patriotes, sauvons-la!" pour les Siel.

http://synthesenationale.hautetfort.com/

Jeanne d'Arc 2017 : les discours de dimanche après-midi Place des Pyramides

 

16/05/2017

Dimanche 21 mai : conférence à Strasbourg sur Dominique Venner organisée par le GUD

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14/05/2017

Sens Commun a-t-il nuit à la dynamique de la Manif pour tous ?

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Si la Manif pour tous fut un succès véritable au niveau du nombre de personnes mobilisées, si elle permis de faire descendre dans la rue la France bien élevée, il n’en reste pas moins qu’elle n’a pas obtenu gain de cause quant à son objectif premier : le retrait de la loi Taubira.

Elle reste et demeure cependant une force de dissuasion pour de nouvelles lois amorales.

Cependant, cette force a perdu en vigueur depuis les dernières élections, à cause du soutien qu’a donné Sens Commun, son émanation politique, à François Fillon et à cause des choix de ce candidat malheureux. Sens commun a donc soutenu un candidat qui a donné sa voix pour un candidat pro mariage homosexuel et a refusé à appeler à voter pour le FN qui proposait une alternative à cette loi.

Cette position n’a pas plu à Ludovine de La Rochère, présidente de La Manif pour tous, qui a, elle, appelé à voter Marine. De toute évidence la contradiction entre la Manif pour tous et Sens Commun a nui aux deux.

https://fr.novopress.info/

Syncope chez les laïcistes à la vue du programme de Civitas

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Forces Laïques, une obscure association d’ayatollahs de la laïcité, vient de publier un communiqué alarmiste. Quel est le sujet de l’émoi ? La découverte du programme de Civitas, « à faire frémir d’horreur » tout franc-maçon qui se respecte !

Et ce communiqué de noter :

  • Abrogation de la loi Taubira
  • Retrait de la loi Gayssot
  • Interdiction de l’avortement
  • Arrêt immédiat de l’immigration et « réémigration » des immigrés
  • Fin de la laïcité,…

Plus effroyable encore, le communiqué de Forces Laïques remarque que Civitas a pour but avoué de restaurer la France catholique

La rumeur prétend qu’à la lecture de ce communiqué en loges maçonniques, plusieurs frères trois-points ont fait une syncope.

http://www.medias-presse.info/syncope-chez-les-laicistes-...