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16/10/2018

La paupérisation... par l'impôt

L’humoriste Alphonse Allais disait : « Il faut prendre l’argent là où il se trouve : chez les pauvres. D’accord, ils n’en ont pas beaucoup, mais ils sont si nombreux ! »

Cette maxime est aujourd'hui largement appliquée par les gouvernements successifs qui se sont juste permis d'y adjoindre la classe moyenne. Celle-ci ayant eu tendance à s'accroître et engraisser avec les Trente Glorieuses, elle est en effet devenue la cible privilégiée de la nouvelle fiscalité. D'où le phénomène actuel constaté d'une paupérisation par l'impôt de cette classe moyenne, fragilisée de s'être trop enrichie pour échapper à l'impôt mais pas suffisamment riche pour justement pouvoir y échapper par la niche fiscale ou l'expatriation. Rappelons que si seulement 43 % des 38 millions de foyers fiscaux paient l'impôt sur le revenu, c'est aussi parce que sur les 22 millions qui en sont exemptés, sans doute un tiers l'est grâce aux divers mécanismes d'optimisation fiscale dont beaucoup sont réservés aux revenus les plus importants. Tout le monde n'a pas les moyens de se créer du déficit...

Quoi qu'il en soit, cette spoliation fiscale de la classe moyenne prend sous Macron de nouvelles formes. D'abord, l'attaque contre l'immobilier. Ensuite, les efforts demandés aux retraités et futurs retraités. Enfin, le prélèvement à la source qui livre les petits contribuables pieds et poings liés à l'Etat.

Concernant l'immobilier, Emmanuel Macron affirme vouloir favoriser l'investissement et sanctionner fiscalement la rente, improductive selon lui. Il amalgame donc rente et immobilier, d'une part, investissement et capital financier, d'autre part. Autrement dit, la relance macronienne passe par un allégement de la fiscalité financière compensé par un alourdissement de la fiscalité immobilière. Or, l'immobilier constitue souvent l'essentiel du patrimoine des Français moyens alors que les capitaux restent entre les mains d'un petit groupe au caractère oligarchique et au profil plus international. D'où le matraquage fiscal de la classe moyenne auquel on assiste aujourd'hui, coincée en France avec son immobilier, pendant que l'élite financière est préservée, au motif qu'elle est censée investir et que, surtout, elle peut à tout moment s'exiler si la pression fiscale s'accentue.

La tranche la plus fragile de la classe moyenne-supérieure

Dans les faits, on voit donc la fiscalité des plus hauts revenus financiers descendre de 60 % à 30 % avec le prélèvement forfaitaire unique, pendant que la fiscalité immobilière augmente, notamment avec le passage des prélèvements sociaux de 15,5 à 17,2 % qui touche avant tout les ménages les plus modestes. Ainsi, un couple de retraités non imposable et qui arrondit ses fins de mois avec la location d'un petit studio loué 300 € voit son imposition passer de 46,5 € à 51,6 €, ce qui peut paraître faible mais représente plus de 10 % d'augmentation...

Avec l’IFI, Macron s'attaque cette fois-ci à ce que l'on peut appeler le ventre mou des patrimoines aisés ou, plus exactement, la tranche la plus fragile de la classe « moyenne-supérieure », celle dont le patrimoine repose avant tout sur un immobilier peu rentable et surtout peu mobile. Les hautes fortunes sont pour leur part ravies de ne plus acquitter d'ISF sur leurs biens financiers et peu leur chaut de payer encore un solde d’IFI sur leur résidence principale, secondaire, voire tertiaire qui, mises bout à bout représentent une part infime de leur patrimoine.

La classe « moyenne-supérieure » voit donc son patrimoine s'étioler sous les coups de boutoir de l'IFI et des taxes foncières et finira sans doute par vendre des immeubles parfois de famille qui partiront alors dans l'escarcelle d'on ne sait qui ou d'on ne sait quoi, situé on ne sait où.

Finies les remises gracieuses

Quant aux retraités, tous, dès environ 22 000 € de revenus annuels pour un couple, subissent depuis le 1er janvier la fameuse hausse de CSG de 6,6 à 8,3 %. Or, il est évident que cette augmentation est plus durement ressentie par les petits dont le superflu est faible.

Et si les petits salariés ont pu compenser la hausse de la CSG par une baisse des cotisations sociales, celle-ci est bien partie pour n'être que temporaire comme l'annonce l'augmentation des cotisations AGIRC-ARRCO au 1er janvier prochain, à l'occasion de la fusion des deux caisses. Les retraités de demain, à la différence des retraités actuels, continuent donc d'avoir des cotisations qui augmentent pour des prestations à venir qui ne cessent de baisser... Ce souci n'est pas celui des dirigeants qui bénéficient en général de retraites maison ou constituées lors de leur parcours à l'étranger et qui garantissent en principe le remplacement de tout ou partie de leur rémunération actuelle.

Enfin, le prélèvement à la source n'arrangera pas l'affaire de ces petits contribuables pour qui l'impôt représente la charge de trop. Car comment déposer une remise gracieuse lorsque l'impôt a déjà été prélevé ? Les 200 000 démarches initiées annuellement en matière d'impôt sur le revenu risquent de s'estomper dans les années à venir, au grand soulagement de Bercy.

Manuel Calambra monde&vie  27 septembre 2018

Retraites : 25 ans de vie active et 25 ans de réformes anxiogènes. Stop !

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Avec ma femme, nous sommes rentrés dans la vie active il y a vingt-cinq ans. Elle dans la fonction publique. Moi dans le privé. Elle est enseignante et elle comptait, comme ses parents, faire une carrière qui lui permettrait aussi d’avoir des enfants, de les élever et de pouvoir partir, grâce aux avantages familiaux et au dispositif de départ anticipé pour les mères d’au moins trois enfants, avant 60 ou 62 ans. Surtout en voyant ce que devient le métier d’enseignant.

Or, quand nous avons commencé, dès le premier jour de son accueil à l’IUFM (ancien nom des ESPE d’aujourd’hui), le 1er septembre 1994, à à peine 23 ans, la question de la retraite lui était d’emblée lancée à la figure, avant même d’avoir travaillé ! On lui conseillait de souscrire à une complémentaire retraite, le CREF. Jeune et inquiète, elle souscrivit. On arrêta les frais très vite : ce CREF, mal géré par des mutualistes socialistes véreux, étant un puits sans fond qui ne lui garantirait rien.

Quant à moi, j’étais concerné par la réforme Balladur qui me disait que ma retraite serait calculée, non plus sur les dix meilleures années de ma carrière mais les vingt-cinq. Le message était clair : retraite laminée. Puis les réformes AGIRC-ARRCO. Et toutes les autres.

Puis arriva la réforme Fillon de 2003. Au nom de l’égalité et de l’alignement avec le privé, tous les avantages familiaux sur lesquels ma femme pensait pouvoir compter ont été rognés, voire supprimés. Allongement de la durée de cotisation, décote, fiscalisation et puis suppression (par une extinction progressive) du dispositif de départ anticipé. Adieu l’espoir que notre effort démographique, nos quatre enfants élevés tout en travaillant tous les deux, apporte à ma femme quelque compensation méritée. François Fillon remit ça en 2010. En 2017, il voulut se faire passer pour le représentant de la droite familialiste. Dans son examen de conscience sur sa défaite de 2017, il y a un aspect qu’il n’a peut-être pas médité : la colère des femmes, et des mères fonctionnaires, dont il a considérablement dégradé les droits à pension. Alors, c’est certain, les avantages de Penelope, pour ces femmes-là, qui avaient de la mémoire, ça ne passait pas.

Les Français comme nous n’étaient pas opposés à toute réforme, par nature. Le problème, c’est que ceux de notre génération, depuis vingt-cinq ans, n’ont jamais eu aucune visibilité sur leur retraite et ont été sommés de subir les réformes les unes après les autres, sans savoir à quoi ressemblerait la misère qui les attendrait à 62 ans ou plus, une misère nommée retraite. Il est quand même inouï que, dans un pays si avancé que la France, qui ouvre très rapidement des droits nouveaux, précis, à des catégories de population minoritaires (mariage homosexuel et bientôt PMA), on soit incapable d’assurer pour la retraite un avenir lisible et décent à des parents qui travaillent depuis vingt-cinq ans tout en élevant leurs enfants. Cela est particulièrement anxiogène et incite à la révolte.

L’âge de la retraite a sans cesse été reculé, le montant de la pension toujours revu à la baisse, les quelques avantages familiaux supprimés ou réduits.

Et on nous demande, aujourd’hui, de croire et d’adhérer à la réforme Macron qui se veut, comme les autres depuis vingt-cinq ans, LA bonne et LA dernière ? Et on va encore demander de faire des efforts aux parents de familles nombreuses qui, eux, ont fait l’effort d’assurer le renouvellement des générations ? Et pour qui ? Pour accueillir davantage de migrants ? Pour que la Sécu puisse rembourser des PMA aux couples nouvelle formule qui veulent avoir des enfants sans père ? Il n’est, d’ailleurs, pas anodin que M. Macron ait confié à M. Delevoye le soin de fabriquer cette réforme : cet ex-ministre chiraquien de 71 ans n’aura cessé, pendant toute sa carrière, notamment au Conseil économique et social, d’accorder de nouveaux droits aux minorités. Aujourd’hui, il est chargé de finir le travail, et de réduire les nôtres.

Avec ce point, ce fameux point dont on ne sait pas ce qu’il vaudra, comme une action en Bourse, et qui pourra tendre vers pas grand-chose, l’anxiété ne va faire que grandir parmi les actifs qui cotisent depuis vingt-cinq ou trente ans et ont élevé leurs enfants. Aussi bien les hommes que les femmes, le public que le privé, les gens de gauche comme de droite.

Eh bien, pour moi aussi, ce coup-ci, la réforme des retraites, ce sera non.

Dominique Monthus

http://www.bvoltaire.fr/retraites-25-ans-de-vie-active-et...

15/10/2018

Merkel pédale dans la choucroute – Journal du lundi 15 octobre 2018

Union Européenne / Merkel pédale dans la choucroute
C’est un revers sans précédent pour les alliés de la chancelière allemande. En Bavière, la CSU a perdu plus de 12 points pour atteindre péniblement les 37 %… Le plus mauvais score depuis 1950. L’AfD, de son côté, fait son entrée au Parlement régional.

Union Européenne / Brexit au point mort

Société / Voiles islamiques : retour en force

Social / Force ouvrière : le syndicat big brother
Déjà dans le creux de la vague, c’est un nouveau coup dur pour le syndicalisme français. Les révélations de fichage des cadres de Force Ouvrière plongent le syndicat de Pascal Pavageau au fond du trou…

Serveur TVL

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https://www.tvlibertes.com/2018/10/15/26257/merkel-choucr...

12/10/2018

Macron : La fiscalité cosmopolite – Journal du vendredi 12 septembre 201

Fiscalité / Macron : La fiscalité cosmopolite 
La fiscalité Macron prend peu à peu forme… après plus d’un an passé au pouvoir, une tendance se dégage : le président alourdit les charges pesant sur les classes moyennes et les petits propriétaires et favorise les fortunes nomades et purement financières.

Politique / Taxe d’habitation : à qui la faute ? 
Alors que le gouvernement avait promis une baisse de la taxe d’habitation pour 80 % des ménages, le résultat n’est pas au rendez-vous pour tous. En cause : l’augmentation des taxes dans de nombreuses communes.

International / Trump : un président sous influence évangélique ?
Largement soutenu lors de l’élection présidentielle par les chrétiens évangélique, le président américain est lié à ce segment électoral. Spécialiste des questions nord-américaines, Evelyne Joslain nous éclaire sur cet aspect du mandat Trump !

Société / Pour vivre heureux, vivre rural

Serveur TVL

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https://www.tvlibertes.com/2018/10/12/26221/macron-fiscal...

Les manifs, le remaniement et le prétendu modèle

6a00d8341c715453ef022ad371ded0200c-320wi.jpgPlus les jours passent et plus il devient évident que le remaniement ministériel dépasse la seule question du remplacement de Gérard Collomb. Celui-ci, que Brigitte Macron appelle "Mon Gégé", semblant par essence inimitable, le gouvernement devrait lui trouver d'autant plus facilement un successeur. Pas un Collomb-bis, encore moins un Colombo de comédie, mais un vrai patron pour la Police française qui ne manque ni de fonctionnaires compétents ni, non plus, d'ambitieux.

En fait, précisément, aussi bien pour l'Intérieur, que pour les divers portefeuilles en recherche de titulaires, les courtisans ne se précipitent pas.

Ce 10 octobre on entendait parler de 5 refus d'entrée au gouvernement de personnalités pressenties. On démentait aussi, souvent un très mauvais signe, les rumeurs de brouille entre le chef de l'État et le chef du gouvernement. On annonçait enfin que le nouveau ministère serait connu le 12 au soir. Ou le 13. Ou plus tard.

Le même jour, on cherchait à calmer la déstabilisation de l'opinion. Delevoye s'y essaye. Il croit pouvoir rassurer tout le monde. Rien ne garantit qu'il y parviendra. Face au dossier des retraites, les Français sentent bien que, globalement, ils paieront plus pour toucher moins. On sait que cela se fera à partir des calculs des technocrates de Bercy, malgré, ou plutôt en se servant, du sentiment d'injustice de certaines professions. Les quelque 8 mois annoncés pour "négocier avec les partenaires sociaux" ne garantissent rien de bon.

Aujourd'hui, ce fond de mécontentement fait donc trembler non seulement l'actuelle majorité, mais aussi, de façon très générale, la classe politique. Il paraît largement attisé par le mécano incompréhensible des revenus prélevés d'un côté par l'État, redistribués de l'autre. Tout cela arbitrairement.

Il n'en paraît donc que plus surpenant de voir le petit nombre de manifestants de ce 9 octobre où CGT et FO, plus quelques organisations satellites, faisaient mine de sonner le tocsin pour sauver le prétendu modèle social[1].

Le 8 octobre, par la voix de son secrétaire général Philippe Martinez, le CGT annonçait son objectif de "fédérer les mécontentements". Et, comme bien souvent la manifestation du lendemain prenait prétexte de tout ce qui inquiète effectivement les Français… L'éditorial de Patrick Apel-Muller dans L'Huma se frottait même les mains, au matin du 10 octobre : "les métiers et les revendications convergent plus qu’ils ne voisinent"

Et ce fut un échec… en dépit d'un maillage du territoire supposé permettre une "journée d’action [où étaient organisés] 200 défilés et manifestations pour la conquête d’un autre avenir."

Nous savons désormais grâce à Philippe Martinez que "la mobilisation ne se mesure pas qu’au nombre de manifestants."[2] Un tel point de vue semble assez novateur pour un stalinien[3] ce qui permet de s'y rallier à l'équipe trotskiste contrôlant FO aux côtés du camrade Pavageau…

A Paris, tous rassemblés, les mécontents, lycéens compris, se comptaient autour de 21 500 piétons.

Ceci veut donc dire que l'opinion est mûre pour de nouvelles solutions en dehors des voies de l'étatisme faussement de droite du gouvernement, et de son frère aîné l'étatisme de gauche, autrement dit, en dehors des dogmes du prétendu modèle social.

JG Malliarakis  

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Apostilles

[1] Rappelons une fois de plus que ce prétendu modèle intangible hérité des lois fondatrices votées en 1946 sous l'influence du parti communiste. Celui-ci représentait alors 28,3 % des voix. Il n'en obtenait plus que 2,72 % en 2017. 
[2] cf. L'Huma du 10 octobre. 
[3] Staline considérait que "l'on juge l'influence d'un mouvement révolutionnaire aux manifestations de rue qu'il est en mesure d'organiser ou de contrôler".

http://www.insolent.fr/2018/10/les-manifs-le-remaniement-...

11/10/2018

Les solutions radicales s'imposeront tôt ou tard

6a00d8341c715453ef022ad371c7f5200c-320wi.jpgAuteur il y a plus de 30 ans d'un livre, qu'on ne trouve plus que d'occasion, intitulé "La fin des retraites", publié en 1985 dans l'excellente collection Pluriel, l'économiste André Babeau n'a guère inspiré nos politiciens. Très modéré dans ses positions, il ne plaidait pas à l'époque pour les solutions radicales qui s'imposent désormais. Mais il passait déjà pour le briseur d'un tabou. Le mythe aboutit à demander à la génération X de cotiser non pour elle-même, ni pour ses parents réels, mais pour assurer le train de vie de la génération X-2.

Le principe de la retraite par répartition est en effet qu'elle durera toujours et qu'il est interdit aux jeunes générations d'en contester l'efficacité et le bien-fondé.

André Babeau doit donc trouver chouette, après tant d'années, de voir les thèses prédictives qu'il a défendues vox clamans in deserto reprises très sérieusement. Même si c'est très tard, peut-être trop tard. Même si personne ne relève que vous les avez défendues. Même si cela vient des milieux qui ont toujours occulté votre travail.

Car voici qu'un expert de l'OCDE peut répondre aujourd'hui.

Hervé Boulhol est responsable retraites et vieillissement démographique à la direction de l’emploi et des affaires sociales de l’OCDE. Le 9 octobre, précisons : en 2018, soit 33 ans après la parution du livre de Babeau, il était interrogé par Mireille Weinberg journaliste de L'Opinion et il déclarait que "L’âge d’or des retraites touche à sa fin en France".

Précision : ce qu'il appelle "les" retraites ce sont les systèmes de répartition, dont le gouvernement imagine nous vendre une nouvelle version "à points" qui ne fera que repenser le mode de répartition. Précisons aussi que l'OCDE n'en est pas encore au stade de préconiser la liberté de l'épargne. On y viendra cependant : c'est la logique de la crise actuelle.

On trouvera en apostille à titre d'archive l'entretien que l'on peut trouver sur le site de L'Opinion, l'un des très rares journaux à peu près sérieux dans ce genre de questions.[1]

Les lecteurs de L'Insolent ne manqueront pas, après lecture, de comprendre que les solutions radicales s'imposeront tôt ou tard. Plus elles seront tardives et plus elles seront douloureuses. Ce qui nous conduit à dire à tous les experts, étatistes et autres technocrates : encore un effort pour rejoindre vraiment le camp de la Liberté.

JG Malliarakis  

Apostilles

[1] Archive : article publié ce 10 octobre sur le site de L'Opinion. Hervé Boulhol, responsable retraites et vieillissement démographique à la direction de l’emploi et des affaires sociales de l’OCDE : « La situation de la France va se normaliser, avec des retraités qui, en 2040, percevront des revenus à hauteur d’environ 90 % de ceux du reste de la population. »

Question de L'Opinion : "Les retraités français sont-ils favorisés ?" Réponse de Hervé Boulhol : "Je n’irai pas jusque-là, mais le système français leur offre aujourd’hui une excellente protection. En effet, la France est dans une situation assez exceptionnelle. Les Français quittent le marché du travail en moyenne à 60,2 ans, contre 64,3 ans dans l’ensemble de l’OCDE. Par ailleurs, le niveau de vie des retraités actuels est bien supérieur à celui des générations passées. De plus, la France est le seul pays avec le Luxembourg où le revenu moyen des plus de 65 ans est légèrement supérieur – de près de 3 % – à celui de l’ensemble de la population. En moyenne dans les pays de l’OCDE, les revenus des retraités sont en retrait de 12 % par rapport à l’ensemble de la population.

Question de L'Opinion : "Comment expliquer cette situation ?" Réponse de Hervé Boulhol : "Elle est née du décalage entre le constat économique et la réaction politique. Il y a eu un temps de latence d’au moins quinze ans. L’évolution démographique était connue depuis longtemps, mais il a fallu attendre les années 1990, pour qu’il y ait de vraies mesures de correction. La situation économique était compliquée en 1980 avec la montée du chômage. Mais en plus, des erreurs majeures ont été commises avec les préretraites à partir des années 1970 et la baisse de l’âge de la retraite de 65 ans à 60 ans au début des années 1980. D’autres pays européens l’ont fait, mais jamais dans de telles proportions. Les décideurs politiques retardent souvent la mise en place de mesures correctrices, en général très impopulaires, jusqu’à se retrouver parfois acculés. La génération des retraites dorées a profité de ce temps de réaction politique."

Question de L'Opinion : "Cet âge d’or va-t-il s’arrêter ?" Réponse de Hervé Boulhol : "Oui. La situation de la France va se normaliser, avec des retraités qui, en 2040, percevront des revenus à hauteur d’environ 90 % de ceux du reste de la population d’après les prévisions du Conseil d’orientation des retraites, revenant donc dans la moyenne actuelle des pays de l’OCDE."

Question de L'Opinion : "Quel facteur principal justifie cette normalisation ?" Réponse de Hervé Boulhol : "La démographie et le marché du travail. Actuellement, la France reste le pays de l’OCDE ayant l’espérance de vie à l’âge moyen de sortie du marché du travail la plus élevée, à plus de 25 ans, soit cinq ans de plus que la moyenne de l’OCDE, ce qui pèse financièrement sur les régimes de retraites. Il faut ajuster sans cesse leurs paramètres à ces changements démographiques."

Question de L'Opinion : "Les pensions vont donc baisser ?" Réponse de Hervé Boulhol : "Les vingt-cinq années de réformes de retraites en France ont corrigé les choses et ont amélioré la viabilité financière. Pour un même parcours professionnel donné, le niveau de la pension entre un retraité d’aujourd’hui et une personne qui prendra sa retraite dans 40 ans, va baisser d’environ 12 % par rapport au dernier salaire. Le taux de remplacement (part de la pension nette par rapport au dernier salaire net) futur ne sera plus que de 74 % de son dernier salaire d’après les estimations de l’OCDE."

Question de L'Opinion : "Vous dites que la situation du futur retraité français reste enviable ?" Réponse de Hervé Boulhol : "Oui. L’âge normal de départ à la retraite, même s’il va croître en France, devrait néanmoins rester inférieur de plus d’un an et demi à la moyenne de l’OCDE en 2060. Par ailleurs, le taux de remplacement net futur après une carrière complète au salaire moyen dans le secteur privé est supérieur à la moyenne des pays de l’Union européenne et de l’OCDE, à 74 %, contre respectivement 71 % et 63 %."

http://www.insolent.fr/2018/10/les-solutions-radicales-si...

09/10/2018

Montée des « populismes » : mythe ou réalité ? – Journal du mardi 9 octobre 2018

Politique / Montée des « populismes » : mythe ou réalité ?
Salvini, Le Pen, Bolsonaro, Bannon… Les journalistes voient des “populistes” partout… mais qu’en est-il réellement ? Peut-on comparer ces personnalités et leurs velléités ? Cercle vertueux ou spirale dangereuse ? Alain de Benoist, auteur du Moment populiste répondra à nos questions.

Social / Les syndicats se remettent en marche
Pour la 12e fois depuis l’élection d’Emmanuel Macron, les syndicats descendent dans la rue. Un nouveau rassemblement des mécontents qui, comme les précédents, ne semble pas en mesure de faire chavirer le pouvoir.

Société / Les eaux corses en péril

International / B. Kavanaugh : l’homme qui conforte Trump
A moins d’un mois des élections de mi-mandat aux Etats-Unis, la nomination à la Cour suprême du juge conservateur Breth Kavanaugh pourrait bien confirmer la position dominante de Donald Trump…

Serveur TVL

Lien dailymotion

Politique-Eco n°186 avec Valérie Bugault : Offensive contre la prédation sociale et politique

Pierre Bergerault reçoit Valérie Bugault pour la présentation de son ouvrage “La nouvelle entreprise”. Une théorie juridique pour rééquilibrer les forces au sein du monde du travail et permettre à l’Etat de redevenir le garant du bien commun.

Retraites : ne rien attendre de l'État

6a00d8341c715453ef022ad397899d200d-320wi.jpgLe 8 octobre, Mireille Weinberg consacrait une vidéo sur le site de L'Opinion[1] à la réforme des retraites. Elle constate que, promise pourtant de façon répétitive en haut lieu, celle-ci devrait, de façon presque inéluctable, être repoussée de quelques mois.

Elle devait, remarque la journaliste, "faire l’objet d’une loi, qui devait être votée au plus tard à l’été 2019. Pour y parvenir, le projet de loi aurait dû être déposé au parlement en mars 2019 ou dans le courant du printemps. Pile poil au moment de la campagne électorale pour les élections européennes…"

Cette objection, considérée comme majeure, préempte l'appréciation du dossier par l'opinion publique.

Or, on ne sous-estime pas l'importance de la question. Bien au contraire, dans l'éditorial du même journal, Nicolas Beytout y voit "un premier test majeur pour le prochain gouvernement."[2]

La nuance consiste en ce que la partie semble se présenter comme jouée d'avance.

Elle suppose une fois de plus que la majorité des Français ne voudrait pas, au fond, d'une telle réforme. Le mot d'ordre le plus significatif consistait pourtant jusqu'ici à aligner le calcul des pensions et l'âge de départ entre le secteur privé et le secteur public.

Or, l'emploi public, si lourdement représenté soit-il, ne compte que 5,4 à 5,8 millions d'agents très divers, sur une population active estimée à 28,6 millions, dont 25,8 millions occupent un emploi et 2,8 millions au chômage. Ceci pèse donc entre 20 et 21 % de la population active.

Il s'agit d'un pourcentage énorme. Il englobe des catégories que l'on additionne de façon quelque peu abusive, ne bénéficiant pas toutes des conditions particulières, considérées comme avantageuses, de la fonction publique d'État. Ainsi les personnels hospitaliers, mais aussi les innombrables précaires, contractuels, etc. auxquels il serait excessif de ne prétendre que reprocher des "privilèges". Ce mot totalement ambigu stigmatise les lois particulières, dans un pays qui se targue de les avoir abolis le 4 août 1789, mais qui en a institué de plus durables, de plus sournois et de plus mortifères, dommageables en particulier pour son économie.

Quoi qu’il en soit, ce poids considérable ne forme pas une majorité : en face des 21 % de statutaires variés, se trouvent 79 % de Français, légitimement inquiets de la dégradation des perspectives de l'assurance vieillesse monopoliste. Ils ne se verront accorder à la fois ni la liberté de s'y soustraire, ni même voix au chapitre, puisque les forces syndicales comme les instances gouvernementales restent dirigées par la partie la plus attachée au statu quo.

On peut donc, de façon tout à fait probable et parfois légitime, s'attendre à des réticences dans les trois branches du secteur public. Mais comme tout compris celui-ci ne couvre guère plus de 21 % de la population, cela veut dire que l'on prévoit, une fois de plus l'occultation du problème des retraites, tel qu'il se pose pour 79 % des Français…

À défaut de l'abolition du monopole de la retraite par répartition, son simple desserrement n'est jamais évoqué. Tabou. Si l'on s'en tient aux programmes gouvernementaux dominants, les vraies solutions ne seront pas examinées : l'épargne ne sera pas libérée, la propriété familiale sera de plus en plus ponctionnée, le patrimoine qu'on fait mine de sauvegarder, sera de plus en plus menacé, pillé, dégradé.

Les projets officiels ne résoudront rien, car ils consisteront à rogner sur les droits que les Français croient naïvement acquis pour toujours, puisque garantis par l'État. Les hauts fonctionnaires qui nous gouvernent répartiront la pénurie d'une manière plus restrictive : retraites plus tardives, pensions plus chiches, cotisations plus lourdes.

Au fond on pourrait presque déplorer que la CGT de Martinez et FO du nouveau venu Pavageau, qui lui fait désormais concurrence et qui lui aussi vaut le détour[3], soient dirigées par des crétins voués à l'échec. Car le plus lentement cette non-réforme s'instituera, plus elle piétinera, terrorisée devant les perspectives de protestation au sein des 21 %, et plus les 79 % pourront s'organiser pour faire l'emporter, dans l'intérêt général du pays, la cause de la Liberté.

JG Malliarakis  

Apostilles

[1] cf. "La réforme des retraites repoussée de quelques mois"
[2] cf. "Réforme des retraites: un premier test majeur pour le prochain gouvernement"
[3] "Un système de retraite par points, ce sera du travail sans fin" déclarait-il, agressif et arrogant le 8 octobre sur France Inter.

http://www.insolent.fr/

05/10/2018

Grand Remplacement : Quinze millions pour les migrants, par Francis Bergeron

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Muriel Pénicaud, ministre du travail, annonce un plan de quinze millions d’euros pour aider à l’insertion des immigrés, réfugiés et autres demandeurs d’asile, et d’abord pour les aider à trouver du travail. C’est donc bien qu’il est prévu qu’ils restent. Définitivement.

Détaillant ce plan, Madame le ministre a expliqué qu’il fallait assurer une formation professionnelle à cette masse de réfugiés, afin qu’ils puissent plus facilement trouver du travail en France. Tout ceci part d’une gentille intention. Mais révèle aussi que ce qui est en train de se dérouler sous nos yeux ne correspond absolument pas au discours qui nous a été tenu pendant des mois, à savoir que ces populations seraient confrontées à des situations mettant leur vie en danger, et qu’il fallait les accueillir jusqu’à ce qu’elles puissent rentrer chez elles.

Cette nécessité de leur assurer une formation professionnelle prouve d’abord que, contrairement à la légende, ces réfugiés n’ont pas de qualification.

Mais cette recherche d’emplois correspond à un second mensonge d’Etat et un second mensonge des grands (gros) médias : ils resteront. Il est prévu qu’ils restent. S’il s’agissait de vrais réfugiés politiques, comme on nous le soutient, ils resteraient dans le pays d’accueil jusqu’aux changements politiques attendus – des changements dont on peut imaginer qu’ils en seraient un peu les acteurs – avant de rentrer chez eux. Mais à partir du moment où ils sont formés à des métiers à exercer sur le territoire français, à partir du moment où le gouvernement finance des recherches d’emploi à leur profit, la théorie « scandaleuse », « mensongère » du « Grand Remplacement » ne paraît, hélas ! plus du tout une théorie, et certainement pas une théorie mensongère. Ces groupes d’étrangers dispersés dans des villes et villages, sur tout le territoire, nous allons donc leur payer, outre le gîte, le couvert, l’autocar et les cigarettes, des formations pour leur apprendre un métier, un métier qu’ils pourront exercer en France, et des coachs pour les former à la recherche d’emploi en France.

Six millions de demandeurs d’emploi ne suffisent donc pas. Il faut importer des réfugiés chômeurs, que l’on va essayer de recaser dans des emplois.

Un maître-mot qui leur ouvrira la porte des entreprises : « discrimination »

Mais la probabilité pour qu’ils trouvent du travail est faible, allez-vous penser, compte tenu de l’analphabétisme, du manque de bases techniques, de l’obstacle de la langue pour beaucoup d’entre eux.

Non, pas du tout ! Car il existe un maître mot qui devrait leur ouvrir toutes grandes les portes des entreprises, le mot « discrimination ».

Ne parlons même pas de préférence nationale, la loi l’interdit depuis longtemps. Mais si, à compétence égale ou supérieure, un autochtone est retenu pour un poste, contre la candidature d’un réfugié, gageons que les structures qui encadrent les réfugiés et qui les encadreront demain (sans doute les mêmes) crieront à la discrimination.

Mais, au fond, peut-être assistons-nous simplement à une expérience ? « Même si certains identitaires veulent ramener la France au vin, au saucisson ou je ne sais quoi, pour moi, la France, c’est avant tout une expérience », expliquait l’animateur d’une de ces associations.

Une expérience ? A quinze millions d’euros ? C’est alors une expérience à la docteur Folamour ! De celles qui se terminent souvent mal.

Francis Bergeron

Article repris du quotidien Présent

https://fr.novopress.info/

29/09/2018

Images de la mobilisation de soutien à Jeanine Michel, 83 ans, menacée d’expulsion par le maire d’Arles

Nous avions évoqué ici la scandaleuse tentative d’expulser Jeanine Michel, une veuve de 83 ans, de son Mas de Bourgogne, alors qu’en parallèle on offre des logements aux immigrés arrivés illégalement chez nous. L’affaire se passe à Arles et relève de pratiques mafieuses à relents maçonniques.

Le 15 septembre, une centaine de personnes est venue soutenir Jeanine. Dont Valérie Laupies, courageuse élue municipale de Tarascon.

Le reportage en images :

27/09/2018

Frédéric Rouvillois : « L’héritage n’est pas créateur d’inégalités, il est créateur de civilisation à travers la transmission »

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L’héritage de Johnny Hallyday

La semaine dernière, Christophe Castaner déclarait vouloir lancer une réflexion sur les droits de succession. Une prise de position qui ne surprend pas le juriste et essayiste Frédéric Rouvillois, auteur du Dictionnaire du conservatisme. Selon lui, le principe le transmission et d’héritage est remis en cause pour des raisons idéologiques (Boulevard Voltaire.22.09)

Christophe Castaner voudrait s’attaquer au principe d’héritier et aux lois de succession. On a l’impression que ce gouvernement n’aime pas beaucoup ce qui a trait aux héritiers. Selon eux, l’héritier serait synonyme d’inégalité.

Cette petite offensive ira peut-être loin, mais elle ne fait que s’amorcer, pour l’instant.

En réalité, elle s’inscrit dans une très ancienne tradition, qui remonte à la Révolution française, d’offensives contre le principe même de l’héritage et de la transmission. L’héritage serait, par définition, inégalitaire et créateur d’inégalité.

On ne veut pas voir qu’il est surtout créateur de civilisation à travers la transmission.

Cela remonte à la Révolution française. C’est à ce moment que l’on va supprimer la liberté de tester, autrement dit la liberté de décider à qui vont aller ses biens après sa mort. Cette liberté était essentielle jusqu’alors et, au fond, très importante. Jusqu’alors, les personnes avaient le droit de léguer leurs biens à qui bon leur semblait, à un de leurs enfants en particulier ou à tous de manière égalitaire ou à aucun d’entre eux si, éventuellement, les enfants n’avaient pas joué le jeu ou estimaient qu’ils ne le méritaient pas.

Cela reste peut-être le marqueur essentiel de la vraie gauche, du début du XXe siècle jusqu’à nos jours. De ce point de vue-là, l’école saint-simonienne constitue un courant de pensée extrêmement intéressant et important. Elle se développe dans les années 1820-1830. Elle aura une influence considérable sur la gauche et les élites, notamment financières, aux XIXe et XXe siècles, avec une approche à la fois socialiste, technocratique, ultra-individualiste, mais par ailleurs acceptant la propriété privée à condition que ce soit la propriété strictement individuelle. Ce qui caractérise fondamentalement l’école saint-simonienne, en tant que socialiste, ce n’est pas une remise en cause de la propriété ; au contraire, elle est tout à fait dans la perspective du fameux « Enrichissez-vous ! » de l’époque. Parmi les grands saint-simoniens, certains sont et seront parmi les gens les plus riches de leur époque. Michel Chevalier et Ferdinand de Lesseps sont de grands financiers immensément riches, mais qui, pour autant, sont totalement hostiles au principe de l’héritage. L’idée est que chaque individu a le droit de s’enrichir autant qu’il veut, le plus possible, mais une fois qu’il est mort, toute sa fortune revient dans le pot commun et l’État détermine la manière dont cette fortune va être utilisée.

Nous n’avons plus, comme dans la vision traditionnelle et organique, une continuité entre les personnes et les familles. On a des individus qui deviennent très riches ou qui restent très pauvres au cours de leur vie. Lorsqu’ils sont morts, l’État reprend la chose et redistribue selon ses souhaits. C’est un monde dans lequel il n’y a plus, en réalité ,que l’État et les individus. C’est une vraie caractéristique de la pensée de gauche. En revanche, les corps intermédiaires, les éléments, les familles, etc., qui supposent notamment la possibilité d’une transmission héréditaire disparaissent.

Macron a toutes les caractéristiques d’un saint-simonien. On retrouve, chez Macron, cette volonté de privilégier de manière systématique la fortune mobilière sur la fortune immobilière. L’important, c’est l’argent, car l’argent se compte et se dénombre d’une part. D’autre part, l’argent ne s’inscrit pas dans le temps long ni dans l’espace, autrement dit dans quelque chose qui suppose l’héritage et la transmission.

Quand vous avez une terre, des propriétés immobilières, une ferme et des forêts, vous ne pouvez pas concevoir tout cela en dehors de l’héritage et d’une perspective de transmission, notamment familiale. En revanche, lorsque vous avez juste un compte en banque dématérialisé, en parallèle, il y a toute cette réflexion qui se développe actuellement chez les économistes macroniens sur la disparition des billets de banque. Ce n’est pas un hasard. Autrement dit, un argent qui est totalement dématérialisé et qui est totalement sous le contrôle des pouvoirs publics, on peut très bien concevoir que cet argent-là ne soit pas susceptible de faire l’objet d’un héritage.

Aujourd’hui, en France, les droits de succession sont lourdement taxés par l’État. Est-ce juste de la taxe ou y a-t-il une volonté idéologique derrière ?

Bien sûr. C’est fondamentalement illogique et un des marqueurs de la pensée de gauche. Les saint-simoniens expliquent qu’il ne faut plus d’héritage au nom de l’égalité. C’est un mélange complexe. La pensée saint-simonienne et la pensée macronienne acceptent d’une part des inégalités immenses entre les fortunes et, en même temps, on plaide pour l’égalité, notamment cette fameuse égalité des chances. Cette suppression des inégalités de destins, l’inégalité de naissance dont nous a parlé Macron l’autre jour.

Ce qui les traumatise, ce n’est pas qu’il y ait des gens infiniment riches et d’autres qui crèvent la faim, mais c’est le fait que tout le monde ne parte pas sur la même ligne au départ. C’est aberrant. Pour que tout le monde parte sur la même ligne au départ, il faudrait que tout le monde ait le même potentiel, le même physique, le même cerveau, les mêmes neurones, etc. Le fait que, sur cette ligne de départ de la course de la vie, certains sont culs-de-jatte et débiles mentaux et d’autres géniaux et ultra-compétitifs, cela ne les gêne pas.

Le point de départ est cette obsession pseudo-morale de l’égalité, avec l’idée que l’héritage serait immoral car il donnerait beaucoup à certains et très peu à d’autres. Ce qui est vrai, d’ailleurs. Mais à cela, les penseurs de droite et les conservateurs répliquent depuis très longtemps que, derrière cette pseudo-injustice individuelle, il y a une véritable justice collective et politique. C’est grâce à cet héritage que la cité peut se développer, s’améliorer, se conserver et que la civilisation existe.

Dans la société ultralibérale et capitaliste, l’homme idéal du XXI siècle serait, au fond, un homme en marche, déraciné, qui n’a rien d’immobilier à transmettre.

Au-delà de l’immobilier, c’est un homme qui n’a rien à transmettre du tout. Ce n’est pas lui qui transmet, puisque la famille a disparu. L’image de Macron comme l’homme seul qui marche, mais qui n’a pas d’ombre, pas d’amis, pas de père et pas d’enfants, est très parlante pour la suite. C’est quelqu’un qui se dit qu’il n’a pas besoin d’héritage. Il avance seul et cela suffit. Si on conçoit les choses comme cela, la civilisation et la culture telles qu’elles existent depuis 3.000 ans s’effilochent et disparaissent en passant à autre chose.

C’est un homme qui marche seul, qui s’est construit seul et qui n’a rien à transmettre. C’est un peu l’idéal du start-upper.

C’est exactement cela. Le fait que l’offensive contre le principe même de l’héritage vienne, depuis quelques années, de la Silicon Valley et des hyper-milliardaires qui nous expliquent qu’ils se sont faits tout seuls dans leur garage en construisant des ordinateurs et qu’ils ne légueront rien à leurs enfants car leurs enfants n’ont qu’à faire pareil. C’est à la fois une espèce de manifestation d’égoïsme et d’autisme invraisemblable, mais aussi quelque chose qui nous dit quelque chose sur l’avenir de cette société moderne ou postmoderne que ces gens nous préparent.   

Frédéric Rouvillois 

Travailler ou prier, faut-il choisir ? – Journal du jeudi 27 septembre 2018

Société / Travailler ou prier, faut-il choisir ? 
Les entreprises se mettent au rythme des religions. Selon une étude menée par l’Observatoire des faits religieux en entreprise, les salariés n’hésitent plus à prendre des congés pour motif religieux. L’islam est en première ligne.

Politique / Macron pas à la fête chez les patrons
Emmanuel Macron voit sa cote de popularité chuter auprès du patronat… le vernis présidentiel de startupper s’effrite petit à petit et les différents acteurs économiques se rendent compte qu’ils ont affaire à un haut-fonctionnaire.

International / Guerre du Yémen : un conflit par correspondance ?
Le Yémen connait une guerre civile depuis maintenant plus de quatre ans… 10 000 morts après et alors que cinq millions d’enfants sont menacés par la famine, le conflit qui met aux l’Iran face à une coalition arabo-occidentale pourrait finalement se déplacer au Liban.

International / Hong Kong toujours plus chinois !

L’actualité en bref

Serveur TVL

Lien dailymotion
https://www.tvlibertes.com/2018/09/27/25970/travailler-pr...

Expatriés : pourquoi les Français quittent-ils la France ?

Une enquête d’Armel Joubert des Ouches
Depuis 2013, ils sont 800 000 à avoir quitté le territoire. 800 000 français. Parmi eux, les stars du petit écran, du sport ou du monde des affaires qui sont déjà partis ou envisagent de le faire : Gérard Depardieu, Richard Virenque, Alain Afflelou. Il y a les « vedettes » et il y a les autres, bien plus nombreux. Dans cette population d’exilés volontaires qui a choisi le Canada, les Etats Unis, l’Espagne, le Royaume Uni ou l’Australie, beaucoup de retraités mais pas seulement. Ils sont de plus en plus de travailleurs indépendants, d’anciens patrons de PME-PMI, il y aussi beaucoup de jeunes. Incités à partir à l’étranger à la faveur du programme Erasmus, des étudiants tentent l’aventure à l’extérieur. Carrières assurées, salaires très souvent supérieurs à ceux pratiqués en France, réductions significatives des contraintes administratives, la Maison des Français de l’Etranger – service du Ministère des Affaires étrangères – l’a constaté jusqu’à sa fermeture en 2014. Et le rythme s’accélère : plus de 40 % des 18-34 ans veulent désormais s’installer hors de France.

Expatriés : 2,5 millions l’ont déjà fait 
Parmi les jeunes à avoir tenté l’expérience, Joshua. Il a 22 ans. Ce Breton d’origine a quitté la France au début de l’année 2018 pour rejoindre Québec. Joshua a surtout souhaité partir en raison d’une sinistrose de plus en plus pesante : « Je trouve que les gens sont moroses et de plus en plus individualistes ». Quant à Maxime, après avoir passé deux ans et demi à Bristol au Royaume-Uni où il a travaillé dans la restauration, il s’apprête à rejoindre l’Australie. Les « petits » patrons ne sont pas en reste. Au début de cette année, Arnaud Potier a vendu l’entreprise qu’il avait créée de toutes pièces pour partir à l’étranger lui aussi. Ce quinquagénaire, autodidacte, se sentait de plus en plus « matraqué » par l’administration. « Pourquoi je pars ? C’est pas parce que je n’aime pas mon pays, explique-t-il, mais parce je n’ai pas le choix ! On fait tout, excusez-moi, pour nous emmerder ! ». Pour ce patron, installé il y a peu encore dans le département du Finistère en Bretagne sud, c’est surtout le matraquage fiscal qui a été la raison de sa décision.

Pourquoi les Français quittent-ils la France ?
Pour réaliser cette enquête, Armel Joubert des Ouches s’est rendu au nord de l’Espagne à la rencontre d’un quadragénaire, « Stéphane », qui, pour des raisons qui lui sont propres, a répondu à l’interview mais a préféré ne pas être filmé devant la caméra. Il explique qu’il est harcelé depuis plusieurs années par le RSI, le Régime Social des Indépendants. Si le nom de la caisse de cotisation des indépendants a récemment changé, le système n’en demeure pas moins présent et continue à faire … des victimes de l’impôt et de la taxation à outrance.

https://reinformation.tv/expatries-francais-quittent-fran...

26/09/2018

Expatriés : pourquoi les Français quittent-ils la France ?

Une enquête d’Armel Joubert des Ouches
Depuis 2013, ils sont 800 000 à avoir quitté le territoire. 800 000 français. Parmi eux, les stars du petit écran, du sport ou du monde des affaires qui sont déjà partis ou envisagent de le faire : Gérard Depardieu, Richard Virenque, Alain Afflelou. Il y a les « vedettes » et il y a les autres, bien plus nombreux. Dans cette population d’exilés volontaires qui a choisi le Canada, les Etats Unis, l’Espagne, le Royaume Uni ou l’Australie, beaucoup de retraités mais pas seulement. Ils sont de plus en plus de travailleurs indépendants, d’anciens patrons de PME-PMI, il y aussi beaucoup de jeunes. Incités à partir à l’étranger à la faveur du programme Erasmus, des étudiants tentent l’aventure à l’extérieur. Carrières assurées, salaires très souvent supérieurs à ceux pratiqués en France, réductions significatives des contraintes administratives, la Maison des Français de l’Etranger – service du Ministère des Affaires étrangères – l’a constaté jusqu’à sa fermeture en 2014. Et le rythme s’accélère : plus de 40 % des 18-34 ans veulent désormais s’installer hors de France.

Expatriés : 2,5 millions l’ont déjà fait
Parmi les jeunes à avoir tenté l’expérience, Joshua. Il a 22 ans. Ce Breton d’origine a quitté la France au début de l’année 2018 pour rejoindre Québec. Joshua a surtout souhaité partir en raison d’une sinistrose de plus en plus pesante : « Je trouve que les gens sont moroses et de plus en plus individualistes ». Quant à Maxime, après avoir passé deux ans et demi à Bristol au Royaume-Uni où il a travaillé dans la restauration, il s’apprête à rejoindre l’Australie. Les « petits » patrons ne sont pas en reste. Au début de cette année, Arnaud Potier a vendu l’entreprise qu’il avait créée de toutes pièces pour partir à l’étranger lui aussi. Ce quinquagénaire, autodidacte, se sentait de plus en plus « matraqué » par l’administration. « Pourquoi je pars ? C’est pas parce que je n’aime pas mon pays, explique-t-il, mais parce je n’ai pas le choix ! On fait tout, excusez-moi, pour nous emmerder ! ». Pour ce patron, installé il y a peu encore dans le département du Finistère en Bretagne sud, c’est surtout le matraquage fiscal qui a été la raison de sa décision.

Pourquoi les Français quittent-ils la France ?
Pour réaliser cette enquête, Armel Joubert des Ouches s’est rendu au nord de l’Espagne à la rencontre d’un quadragénaire, « Stéphane », qui, pour des raisons qui lui sont propres, a répondu à l’interview mais a préféré ne pas être filmé devant la caméra. Il explique qu’il est harcelé depuis plusieurs années par le RSI, le Régime Social des Indépendants. Si le nom de la caisse de cotisation des indépendants a récemment changé, le système n’en demeure pas moins présent et continue à faire … des victimes de l’impôt et de la taxation à outrance.

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25/09/2018

La France, 6e plus gros fardeau fiscal du monde

L’index 2018 sur la liberté économique publiée par Héritage n’est toujours pas flatteur pour la France. Avec un taux de fardeau fiscal (tax burden en VO) de 47.3, la France est uniquement dépassée par le Tchad, la Belgique, la Suède, le Danemark et bien sûr hors-concours, la Corée du Nord avec un indice 0. A l’autre extrémité, plusieurs pays dépassent les 99 en indice : Bahreïn (99.9), l’Arabie Saoudite (99.7) et le Qatar (99.6), les Emirats Arabes Unis étant à 90.4, la Russie à 85.8, le Nigeria à 84.4, l’Indonésie à 83.7, l’Inde à 79.4, le Canada à 76.7, le Mexique à 75.7, la Turquie à 74.7, le Brésil à 70.6, la Chine à 70.4, le Japon à 67.4, le Royaume-Uni à 65.2, les Etats-Unis à 65.1, l’Australie à 63, l’Allemagne à 61.3 et l’Italie à 55.2.

Sur le plan de la liberté économique, la France est 71e mondial, pays considéré comme « modérément libre ». 6 pays sont considérés comme « libres » (indice total supérieur à 80) : Hong-Kong, Singapour, Nouvelle-Zélande, Suisse, Australie, Irlande.

En « pratiquement libres » (supérieur à 70), 28 pays : Estonie, Royaume-Uni, Canada, Emirats Arabes Unis, Islande, Danemark, Taïwan, Luxembourg, Suède, Géorgie, Pays-Bas, Etats-Unis, Lituanie, Chili, Ile Maurice, Malaisie, Norvège, Tchéquie, Allemagne, Finlande, Corée du Sud, Lettonie, Qatar, Japon, Israël, Autriche, Macédoine, Macao.

En « modérément libres » (supérieur à 60), 58 pays : Botswana, Vanuatu, Roumanie, Uruguay, Rwanda, Jamaïque, Kazakhstan, Colombie, Pérou, Arménie, Pologne, Malte, Bulgarie, Chypre, Saint-Vincent-et-Grenadines, Bahreïn, Sainte-Lucie, Belgique, Thaïlande, Panama, Hongrie, Kosovo,  Costa Rica Turquie, Slovaquie, Espagne, Philippines, Jordanie, Mexique, Slovénie, Albanie, Dominique, Azerbaïdjan, Monténégro, Indonésie, Brunei, France, Portugal, Guatemala, Bahamas, Salvador, Tonga, Afrique du Sud, Kirghizistan, Italie, Serbie, Koweït, Paraguay, Ouganda, Fidji, Côte d’Ivoire, Maroc, Bhoutan, Seychelles, République Dominicaine, Samoa, Bosnie-Herzégovine, Croatie, Oman, Honduras, Burkina Faso, Cap Vert.

En « pratiquement non libre » (supérieur à 50), 63 pays : Tanzanie, Arabie Saoudite, Tunisie, Nicaragua, Cambodge, Guyana, Namibie, Nigeria, Moldavie ; Tadjikistan, Russie, Belarus, Gabon, Chine, Sri Lanka, Trinité & Tobago, Mali, Iles Salomon, Grèce, Bélize, Barbade, Guinée-Bissau, Madagascar, Bénin, Comores, Ghana, Swaziland, Haïti, Mongolie, Sénégal, Papouasie-Nouvelle-Guinée, Bangladesh, Kenya, Inde, Pakistan, Zambie, Népal, Mauritanie, Myanmar, Lesotho, Sao-Tomé et Principe, Laos, Egypte, Liban, Vietnam, Ethiopie, Micronésie, Argentine, Gambie, Guinée, République Démocratique du Congo, Malawi, Cameroun, Ukraine, Sierra Leone, Ouzbékistan, Brésil, Afghanistan, Maldives, Iran, Burundi, Libéria, Kiribati.

En « répressif » (inférieur à 50), 31 pays : Niger, Soudan, Tchad, Centrafrique, Angola, Equateur, Surinam, Timor oriental, Togo, Turkménistan, Mozambique, Djibouti, Algérie, Bolivie, Zimbabwe, guinée Equatoriale, Erythrée, Congo, Cuba, Venezuela, Corée du Nord (notons que cette dernière a un indice de … 5,8 ! )

Non classés : Iraq, Libye, Liechtenstein, Somalie, Syrie, Yémen.

Les atouts de la France sont le respect des droits de propriétés, la liberté des affaires, la liberté monétaire et celle du commerce. Ses points faibles : le fardeau fiscal, les dépenses gouvernementales, et la liberté du travail.

Hriso XIEP

http://www.medias-presse.info/la-france-6e-plus-gros-fard...

24/09/2018

Économie : ambiance Désert des Tartares et drôle de guerre avant l’explosion totale du Système

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Marc Rousset Boulevard Voltaire cliquez ici

L’offensive allemande a bien eu lieu en mai 1940 et l’ennemi a bien fini par apparaître dans le Désert des Tartares, mais les milliers de milliards de dollars émis par les banques centrales ainsi que l’augmentation continue de la dette mondiale publique et privée font merveille pour repousser l’échéance du krach à venir qui conduira à l’effondrement de la monnaie, émise alors en quantité illimitée, et à l’hyperinflation.

Nous vivons tout simplement la sombre prédiction du grand économiste autrichien Ludwig von Mises :

« Il n’y a aucun moyen d’éviter l’effondrement final d’un boom économique dû à l’expansion du crédit. La seule alternative consiste à faire en sorte que la crise arrive plus vite, suite à un abandon volontaire de l’expansion de crédit, ou plus tard, impliquant ainsi une destruction finale et totale du système monétaire en question. »

Selon l’ancien Premier ministre britannique Gordon Brown, « nous courons le risque de nous diriger tel un somnambule vers une nouvelle crise » car les gouvernements ne se sont pas attaqués aux causes de la crise de 2008. De plus, la collaboration entre les banques centrales et les gouvernements ne serait pas possible dans une crise post-2018 et « on assisterait plus à la recherche d’un bouc émissaire que d’une solution ». Ces propos sont confirmés par l’économiste Sony Kapoor, ancien conseiller de l’Union européenne en 2008, pour qui « la coopération internationale qui existait entre 2008 et 2009 n’existe plus avec Trump et le Brexit. Notre situation est donc plus fragile. Cette fois, ça pourrait être pire. »

Le malade turc continue d’inquiéter l’Europe : inflation de 17 %, fuite massive des capitaux avec un effondrement de la livre de 40 %, chute de la Bourse de 20 %, relèvement des taux d’intérêt à 24 % et besoins de refinancement non couverts à l’horizon d’un an pour 230 milliards de dollar,s dont 110 milliards pour les banques et 65 milliards pour les entreprises. Au Venezuela, l’inflation a atteint le taux grotesque de 1.000.000 % par an, tandis qu’en Argentine, le peso continue de s’affaiblir avec une dette libellée à 80 % en dollars et un taux directeur élevé de 60 % de la banque centrale.

En matière économique, le jeune prince héritier Mohammed ben Salmane d’Arabie saoudite va droit dans le mur. Après l’échec de l’introduction en bourse d’Aramco, le PIF (Fonds public d’investissement saoudien) se lance dans des transactions tape-à-l’œil qui ne font pas baisser le chômage du pays et ne diversifient pas son économie : investissements dans le tourisme spatial Virgin Galactic, Uber, projet d’une mégapole de 500 milliards de dollars sur la mer Rouge.

La dette publique et privée de la Chine est passée de 1.700 milliards de dollars, en 2001, à 25.500 milliards de dollars, en 2016, tandis que 200 milliards de produits chinois viennent d’être taxés, en plus, à 10 % et 25 % (1er janvier 2019) par Trump, avec une menace sur 267 milliards de dollars d’importations chinoises supplémentaires. La Bourse de Shanghai vient de perdre 20 %. Quant aux États-Unis, ils investissent peu dans les projets civils d’infrastructures, mais trop dans leurs dépenses militaires de 600 milliards de dollars par an (Russie 69 milliards de dollars, Chine 216 milliards de dollars). Trump rêve de dévaluer le dollar dans sa guerre commerciale avec la Chine, raison supplémentaire pour laquelle les Russes et les Chinois jouent la carte de l’or comme actif ultime dans leurs banques centrales.

La Deutsche Bank, qualifiée en 2016 de « source majeure de risque » par le FMI, ne représente plus que 21 milliards d’euros en Bourse et a dû se séparer de 7.000 personnes, avec une chute du titre de 34 % depuis le 1er janvier, tandis que la Commerzbank ne vaut plus que 10 milliards d’euros. L’indice sectoriel « Euro Stoxx Banks » est en chute de 14 % depuis le début de l’année (BNP perd 12,4 % et Société générale 12,08 %). Les taux bas qui pénalisent la rentabilité, la dette italienne et les craintes de krach expliquent la méfiance des investisseurs pour le secteur bancaire.

JP Morgan, qui ferait mieux de se taire, prétend que la prochaine crise devrait être moins aiguë que la précédente. Steve Bannon, lui, a confirmé, le samedi 22 septembre, lors d’une intervention publique en Italie, une nouvelle crise financière, assurant : 

« Elle fera paraître celle de 2008 comme un pique-nique dominical. Ce sera une crise de la dette, une crise monétaire. »

La crise prendra-t-elle sa source en Chine, au Japon, à Wall Street, en Italie, en Espagne, en Grèce ? Personne ne peut répondre à la question, tandis que persiste dans l’économie mondiale l’ambiance drôle de guerre et Désert des Tartares.

http://synthesenationale.hautetfort.com/

« Plan Pauvreté » : les contre-propositions de la Dissidence Française

Communiqué de la Dissidence Française

Emmanuel Macron a présenté aujourd’hui son plan destiné à « prévenir et lutter contre la pauvreté ». Énième projet de lutte contre la pauvreté – notre pays compte aujourd’hui près de 9 millions de pauvres, preuve de l’échec des plans antérieurs – ce plan se contente de répéter les mêmes erreurs qui depuis 40 ans aggravent le problème de la pauvreté au lieu de le résorber.

Ainsi, en créant un « Revenu Universel d’Activité » par la fusion de minimas sociaux déjà existants et en se contentant des quelques ajustements habituels de politique sociale (contrats aidés, insertion etc), le gouvernement passe à côté du problème, et prétend traiter les conséquences en négligeant les causes. Pire : en réservant certaines mesures (ouvertures de crèches, cantine à 1 euro) aux « quartiers prioritaires » – c’est-à-dire aux banlieues qui bénéficient déjà des largesses de la politique de la ville – le gouvernement va accentuer la préférence étrangère et la fracture territoriale au détriment de la majorité des Français.

À rebours de ces mesures surannées, la Dissidence Française porte des propositions de justice sociale et de solidarité nationale pour véritablement endiguer la pauvreté :

  • instauration de la préférence nationale, en réservant en priorité aux Français les offres d’emplois, de logements, de formations et d’hébergement d’urgence ;
  • relance de l’économie et augmentation du pouvoir d’achat par une refonte de la fiscalité et l’instauration d’une taxe unique sur les transactions électroniques et financières, en remplacement des impôts, taxes et charges sociales existantes ;
  • lancement d’un plan d’urgence pour l’hébergement et le logement, impliquant la réquisition de logements vides détenus à des fins spéculatives et l’interdiction de la spéculation immobilière ;
  • mise en place d’un statut particulier pour les mères de famille, qui pourront bénéficier d’un revenu minimum garanti lorsqu’elles font le choix de consacrer à leurs enfants et à leur foyer.
  • Retrouvez toutes nos propositions dans le programme de la Dissidence Française.

Pour la France et les Français d’abord !

La sécu désavouée par Jupiter ? fausse bonne nouvelle

6a00d8341c715453ef022ad3b29d15200b-320wi.jpgL'annonce par le président de la République, qui une fois encore empiète sur le rôle du gouvernement, des quelques dispositions concrètes supposées constituer un plan dit pauvreté, provoque quelques vaguelettes. Le discours d'Emmanuel Macron, le 13 septembre au Musée de l'homme, en effet a pu être perçu comme une nouvelle dérive par rapport aux principes sur lesquels on nous serine que fut construite en 1945 notre magnifique protection sociale.

Dans un article publié le 16 septembre sur le site du Figaro[1]Cécile Crouzel semble s'en inquiéter. Pourtant elle concède que "le virage [aurait été] amorcé dès les années 1970 et accentué par la majorité précédente". Cette imprécision ne doit pas être tenue pour accidentelle. Elle reflète le halo d'incertitude dans lequel on noie ordinairement l'histoire effective de ce système[2] pensé par des gens en décalage total avec l'opinion majoritaire des Français, déjà en 1946.

À quelle réforme "dans les années 1970", par exemple, la rédactrice pense-t-elle ? La grande réforme, pas si brillante que cela, fut opérée par Jean-Marcel Jeanneney, Ministre des Affaires sociales de janvier 1966 à mai 1968, flanqué de son sous-ministre Chirac, en 1967, donc sous la présidence De Gaulle. Elle institutionnalisait et tendait à séparer les trois branches, si différentes mais amalgamées par le système français, de la Famille, de l'Assurance Maladie et de la Retraite. Rappelons que le virage social avait été annoncé en 1966 par le fondateur de la Cinquième république, lequel avait été ulcéré par sa mise en ballottage de décembre 1965 et avait déclaré "j'irai plus loin que leur front populaire".

Dans les "années 1970" [toujours le goût des datations par décennies] on assista plutôt, sous les présidences Pompidou et Giscard, à l'extension, en pagaille, du système monopoliste à l'ensemble des branches et catégories professionnelles. Certaines y échappaient jusque-là, ou même s'y étaient radicalement opposées. Ainsi les Cadres qui avaient bloqué par une grève, en juillet 1946, l'application de la loi Croizat, avaient obtenu la création de l'Agirc en mars 1947, mais la spécificité de leur régime n'a cessé de décliner depuis. Les catégories indépendantes furent à leur tour absorbées dans les régimes dits "alignés" domestiqués par le ministre Barrot dans le gouvernement Barre.

Il est vrai qu'à partir du gouvernement Juppé une nouvelle idée apparut. On imagina de restreindre puis de supprimer définitivement les allocations versées aux ménages les plus aisés en les plaçant sous condition de ressources. Un front commun englobant la droite catholique et la CGT entrava, mais pour un temps seulement, cette volonté d'apparence démagogique mais d'inspiration budgétaire.

Le seul mérite, si l'on ose dire, disons plutôt : la seule novation en la matière, de la nouvelle combinaison gouvernementale et du discours présidentiel, consiste à liquider toute référence assurantielle. L'étatisation jupitérienne ne laisse aucune place ni au libre choix, ni au vote des assurés sociaux. Les syndicats, les caisses, les individus ne sauraient donner même un avis consultatif. Encore moins les cotisants en tant que tels. On redistribue arbitrairement. On ne s'embarrasse plus de démocratie sociale.

Faut-il, dès lors, savamment suivre Mme Crouzel et se demander avec elle si on se situe encore dans une doctrine [attribuée à Bismarck] ou si l'on s'oriente vers un modèle "anglo-saxon", et d'ailleurs lequel ? celui de Beveridge ? celui du NHS anglais ? celui du plan Obama ?

À la vérité, dès le plan Juppé de 1995-1997, la conception initiale, celle d'un monopole géré démocratiquement, avait disparu à 99 %. Restait un dernier petit détail à régler, pour que chacun sache que ce système est géré entre le palais de l'Élysée et les bureaux de Bercy. Tel est le sens de la montée en puissance de la CSG, et de son accouplement futur avec un impôt sur le revenu prélevé à la source. Personne ne s'y trompera plus.

JG Malliarakis  

Apostilles

[1] Cet article est intitulé "Sans le dire, Macron s'éloigne du modèle de protection sociale hérité de 1945". Il figure dans l'édition papier datée, comme il se doit, du lendemain 17 septembre.

[2] On ne peut donc que recommander l'ouvrage de Georges Lane "La Sécurité sociale et comment s'en sortir".

http://www.insolent.fr/

21/09/2018

Société / PMA : Macron et le retour du sociétal – Journal du vendredi 21 septembre 2018

1) Société  / PMA : Macron et le retour du sociétal

C ‘était au programme d Emmanuel Macron, la Procréation Médicalement Assisté  est de retour dans le débat parlementaire…  une manière de satisfaire l’aile gauche du président ! L’opposition, elle, tente de s organiser.

2) International : Trump face au défi des  élections de mi-mandat

Deux ans après son  élection à la tête des Etats-Unis, Donald Trump doit faire face aux  élections de mi-mandat. Un test grandeur nature et une  échéance capitale lors de laquelle les démocrates entendent bien rebattre les cartes de la politique américaine.

3) Economie / Les papy-poor : les anciens, nouvelles victimes de la précarité ! Une  étude du ministère de la Santé  nous apprend qu un senior sur dix vit en dessous du seuil de pauvreté  de quoi faire baisser la côte de popularité  du président auprès d’un segment de la population qui lui est jusqu’à présent acquis.

4) Media / Le football sport populaire et luxe t l vis

Serveur TVL

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20/09/2018

Sommet de Salzbourg : l’impasse bruxelloise – Journal du 20 septembre 2018

UE / Sommet de Salzbourg : l’impasse bruxelloise
Une Union Européenne en panne ! Après avoir mis au banc des accusés la Hongrie et la Pologne, Bruxelles tente de rejouer le coup de l’unité et montre ses propres limites. Une défaite de la technocratie qui est aussi celle d’Emmanuel Macron.

Société / Emploi : la France championne des faux CV !
Plus de la moitié des CV des français sont bidonnés ! Une étude fait état des chiffres alarmant entourant la triche dans la recherche d’emploi… mais la généralisation des nouvelles technologie et l’avènement de l’économie numérique pourrait bien changer la donne.

Politique / Anne Hidalgo isolée
Le maire de Paris plus seule que jamais ! Avec le départ de son adjoint Bruno Julliard, les ralliements à la majorité présidentielle et les difficultés électorales de la gauche, Anne Hidalgo devrait avoir toutes les peines du monde à garder sa place à l’Hôtel de ville !

International / Orthodoxie : Vers un Schisme entre Moscou et Constantinople ?

Serveur TVL

Lien dailymotion
https://www.tvlibertes.com/2018/09/20/25853/sommet-de-sal...

Salle de shoot : les dealers s’enrichissent et les commerçants ferment

Salle de shoot : les dealers s’enrichissent et les commerçants ferment

Deux ans après l’ouverture de la salle de shoot, dans le 10ème arrondissement de Paris, les commerçants du quartier dénoncent «un préjudice économique». À cause de l’insécurité, certains ont mis la clé sous la porte tandis que d’autres songent à partir. Trafics de drogue, bagarres, toxicomanes qui se droguent en pleine rue, vols ou encore menaces font partie de leur quotidien.

Dans une lettre envoyée fin mai au ministère de la Santé et restée sans réponse, une trentaine de commerçants du quartier dénonçaient des «nuisances quotidiennes» et «un préjudice économique et commercial».

«On nous a mis cette salle de shoot sans concertation et on se retrouve avec des toxicomanes ingérables. C’est de pire en pire».

Passionné par la gastronomie, Pierre a investi toutes ses économies dans son restaurant. Et son affaire marchait bien jusqu’à l’ouverture de la salle de shoot.

«Entre 2011 et 2016, mon chiffre d’affaires a augmenté de 300%. Entre 2016 et 2018, il a diminué de 40%». «Nous étions cinq employés et nous ne sommes plus que trois. Je ne me verse plus de salaire depuis deux ans».

«Beaucoup de clients nous disent qu’ils ne reviendront plus dans notre restaurant à cause de l’insécurité». «Des mecs défoncés entrent parfois dans le restaurant pour demander des clopes». «On ne peut plus travailler le soir, c’est impossible de mettre des gens en terrasse».

Son restaurant est aujourd’hui au bord de la faillite.

Anne Hidalgo n’habiterait pas dans ce coin de Paris…

https://www.lesalonbeige.fr/salle-de-shoot-les-dealers-se...

Retraites ...

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Les leçons de la réforme des retraites par Macron 

Édouard Philippe a annoncé le gel de la revalorisation des pensions de retraite en 2019. Celles-ci ne seront plus indexées sur l’inflation ; les retraités verront leur pension augmenter de 0,3% seulement, alors que la hausse des prix atteint déjà 2,3%. Leur revenu, déjà rogné par la hausse de la CSG, va donc encore diminuer. Or, on sait que, dans l’immense majorité des cas, il frôle la pauvreté, quand il n’est pas carrément dedans.

Une réforme des retraites entreprise au détriment des retraités

Par ailleurs, la réforme des retraites va être mise en chantier. Elle va constituer en l’institution d’une retraite par points de type unique, qui se substituera à tous les systèmes existants et qui fera que chaque euro cotisé « donnera droit » à un point de retraite. Fini, donc le calcul de la retraite sur les six derniers mois de carrière (pour les fonctionnaires) ou les vingt-cinq meilleures années de travail (pour les salariés du privé). Résultat prévisible, selon de nombreux économistes : 90% des salariés atteindront l’âge de la retraite sans pouvoir prétendre à un niveau décent de pension. Un recul social sans précédent. On estime qu’un retraité touchant une pension de 1300 euros va perdre 578 euros annuels, du fait de l’augmentation de la CSG (qui est certainement appelée à se poursuivre) et de la non-indexation des pensions sur la hausse des prix. A cela, il convient d’ajouter les amputations découlant de la suppression de l’abattement fiscal de 10% sur le calcul des revenus imposables, et la suppression de l’avantage accordé à ceux qui ont élevé trois enfants ou plus. Enfin, les pensions complémentaires de retraite risquent bien de diminuer, elles aussi, puisque le système fusionné AGIRC-ARRCO aura la faculté de moduler le niveau des pensions en fonction de la conjoncture.

Décidément, les retraités ne vont pas connaître des lendemains qui chantent.

Le choix des forts contre les faibles

Mais Macron et Philippe assument résolument leur choix, celui – à les en croire – des actifs contre les inactifs (même si les retraités ont travaillé dur pendant plus de quarante ans), du travail productif, de l’investissement « créateur de richesses ». Philippe a déclaré au JDD :

« Nous assumons une politique de transformation et de maîtrise des dépenses qui privilégie, je le redis, la rémunération de l’activité et qui rompt avec l’augmentation indifférenciée des allocations. C’est par le retour à l’activité et une meilleure rémunération du travail que notre pays sera plus prospère». Donc, tout pour le business, dans le respect de l’orthodoxie budgétaire de Bruxelles. Encourageons les forts et les nantis, pour aller de l’avant, et laissons tomber les passifs, les poussifs, ceux qui se contentent de faire honnêtement leur travail, ceux qui ont le malheur de le perdre (chômeurs) et ceux qui ne peuvent plus travailler (retraités). Vive les winners, à bas les loosers ! »

Macron est le président des forts, des malins, des délurés, des débrouillards, des futés, des combinards et des bobos, et l’ennemi des inhabiles, des faibles, des fragiles, des distraits, des rêveurs, de ceux qui n’ont pas d’autre ambition que de mener une vie honnête de travail régulier, qui n’ont pas un tempérament d’entrepreneur, qui ne savent pas nager dans le marigot social, qui ne savent pas « s’y prendre », ni « y faire », et qui ont donc besoin d’un filet de sécurité pour ne pas se perdre et connaître la déchéance.

L’aboutissement social logique d’un monde déshumanisé et individualiste

Voilà où mène un monde individualiste, déchristianisé, déshumanisé, sans charité, où chacun est seul face aux autres, dans une société qui n’est plus unecommunauté, mais une jungle, dont la seule valeur est l’argent et dont les bourses et les banques sont les temples. Voilà l’aboutissement du grand vent libérateur des sixties et de ce mai 1968, dont Macron s’est fait le laudateur. Il est d’ailleurs révélateur que Daniel Cohn-Bendit, le vieux leader de mai 1968 se sente comme un poisson dans l’eau dans le monde néolibéral d’aujourd’hui, et soit un partisan convaincu de Macron.

Bientôt, les retraités devront chercher un emploi pour compléter leur maigre pension. Puis, on expliquera qu’il appartient à tout un chacun de se créer lui-même sa propre protection sociale.

Il y a peu, Macron exprimait son dédain à l’égard d’ « un modèle social qui ne sale plus… et où le summum de la lutte des classes était l’obtention d’une somme modique d’APL ». Son modèle social, à lui, se résume de la façon suivante. On dit aux chômeurs : « créez votre start up ». Vous n’avez pas d’argent : persuadez un banquier de vous accorder un prêt. Vous n’avez pas la fibre d’un chef d’entreprise, ou votre conseiller financier vous refuse un prêt ? Tant pis pour vous. Votre pension de retraite est insuffisante ? Remettez-vous au travail. Laissons tomber ceux qui, n’ayant pas une mentalité d’entrepreneur, se contentent de vouloir un travail et une situation sociale stable. Et préférons les actifs et les « créateurs de richesses » aux retraités.

L’erreur révolutionnaire et jacobine

Certes, il convient, ici, d’incriminer le néolibéralisme mondialiste actuel, ce que nous faisons présentement, mais également notre modèle républicain.

Sous l’Ancien Régime, des corps intermédiaires politiques (municipalités), judiciaires (parlements) et professionnels (corporations) donnaient consistance, souplesse et capacité d’adaptation aux communautés naturelles du royaume, créaient une symbiose entre le pouvoir et la société, et permettait à l’État de remplir ses fonctions régaliennes sans se charger de la responsabilité écrasante de toutes les composantes de la nation. Garant du droit, l’État faisait respecter (définissait, au besoin) les règles de la vie économique et sociale sans se substituer aux agents de celle-ci dans la conduite de leurs affaires. Il existait ainsi un espace social autonome régi par un droit plus coutumier que positif.

Or, cet espace disparut sous la Révolution. L’application dogmatique des principes de la souveraineté nationale et de l’égalité de tous devant la loi conduisit à la suppression de ces corps, et institua un face-à-face de l’individu et de l’État. La loi Le Chapelier (14-17 juin 1791) prohiba toutes les formes d’associations que les travailleurs et les employeurs eussent pu créer en vue de défendre « leurs prétendus intérêts communs ». D’une manière générale, la loi ne reconnut que des individus égaux contractant en toute indépendance et seuls responsables de leurs intérêts propres. A ses yeux, les intérêts économiques et professionnels ne pouvaient être que des intérêts individuels. Le champ social se dissolvait dans les deux pôles de l’individu et de l’État. Certes, la situation a bien évolué depuis ce temps. Mais il en est resté quelque chose, une tradition rédhibitoire qui accorde à l’État un rôle essentiel dans le règlement des rapports entre employeurs et salariés, et qui légitime à l’avance son intervention constante et les sollicitations innombrables qui lui sont adressées. Dans son Rapport fait au nom de la commission chargée d’examiner le projet de loi relatif aux coalitions (1864)Emile Ollivier déclare, à propos de la conception que Le Chapelier fit prévaloir 73 ans plus tôt « Nous saisissons à son origine, dans cette théorie exposée par Le Chapelier, l’erreur fondamentale de la Révolution française. De là sont sortis tous les excès de la centralisation, l’extension démesurée des droits sociaux, les exagérations des réformateurs socialistes ; de là procèdent Babeuf, la conception de l’État-providence, le despotisme révolutionnaire sous toutes ses formes ».

En vain, certains républicains, tels Ferry, puis Gambetta, préconisèrent le règlement ponctuel et pragmatique des problèmes professionnels et sociaux par la libre activité associative et syndicale plutôt que par l’intervention systématique de l’État. Leur conception ne prévalut pas. Les radicaux (Clemenceau) firent ressortir au domaine de compétence des pouvoirs publics le règlement des problèmes sociaux. Grâce à l’adoption, par voie parlementaire, de réformes faisant l’objet d’un programme soumis aux électeurs, les hommes politiques devaient élever la condition matérielle et morale du peuple et engendrer une société égalitaire tenant les promesses de l’idéal de la Révolution. Il est à noter que, dans le camp socialiste, Jaurès fit prévaloir des vues analogues à partir de 1906. Et ce sont elles qui finirent par prévaloir à gauche et chez une majorité de Français.

Ainsi naquit ce terrible mal français qu’est l’idéologisation et la politisation des questions sociales, et, par voie de conséquence, l’institution d’un pseudo État-providence jacobin, aujourd’hui incapable de remplir sa mission. Et, du coup, toute réforme de notre législation sociale se présente comme un démantèlement de ce dernier et une entreprise de destruction de toute protection des travailleurs, en l’absence de l’existence d’une longue habitude de la pratique de la négociation sociale entre organisations syndicales et patronales dans un esprit dénué d’idées de lutte de classes ou de revanche sociale, et permettant à chacun des partenaires de faire des concessions à l’autre en un souci de défense de l’intérêt commun (celui de l’entreprise et celui de la nation). C’est pourquoi la France échoue, en la matière, là où réussissent (certes difficilement et imparfaitement) des pays où un tel esprit existe, comme les pays scandinaves ou l’Allemagne. Elle échoue parce qu’enFrance, la société, c’est l’État, et l’État, c’est la République jacobine avec sa vieille promesse révolutionnaire d’égalité sociale. Cette conception maléfique de l’ordre politique et de la société et de la fusion de l’un et de l’autre a pour conséquence que l’État républicain doit continuer à gérer un système de protection social qui n’en peut plus, qu’il ne peut le réformer qu’en le mutilant ou en le détruisant, et que s’il le fait, il devient, par là même, un pouvoir instaurant délibérément une société inégalitaire, et privilégiant les uns au détriment des autres. Il ne peut se réformer qu’en se niant, en faisant seppuku.

Voilà à quelle impasse politique et éthique nous a amené notre République, étayée sur le souvenir et les principes de notre grande Révolution, dont nous nous montrons si fiers encore.

La nécessité de renouer avec l’humain

La réalisation de la justice sociale dans un esprit communautaire et fraternel compatible avec l’intérêt national ne résidait ni dans un Etat providence jacobin appelé à être condamné par l’ouverture des frontières et la crise économique, ni dans les prétendus effets bénéfiques à long terme d’une politique néolibérale et mondialiste qui favorise les forts et écrase tous les autres (dans le soi-disant intérêt des générations futures, censées tirer parti de ce sacrifice). Elle siégeait dans les corps de métier, les corporations, les associations d’aide et d’entraide, et la pratique d’une négociation inspirée par la solidarité nationale et chrétienne. Cela, nous l’avions sous l’Ancien Régime, et nous l’avons bêtement détruit en 1791. Si nous avions l’intelligence de le retrouver, nous pourrions édifier enfin une politique sociale juste et humaine.  

Docteur ès-lettres, écrivain, spécialiste de l'histoire de l'enseignement en France, collaborateur de la Nouvelle Revue universelle 

17/09/2018

Le plan de lutte contre la pauvreté est un leurre

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Malgré l’amélioration des conditions économiques mondiales des derniers mois, notre pays stagne et ne parvient pas à recoller aux « premiers de cordée » que sont les pays du nord de l’Europe, et notamment l’Allemagne. La dégradation qui se dessine au niveau planétaire, avec les tensions géopolitiques, ne sera pas de nature à inverser cet immobilisme.

Pourtant, avec l’arrivée aux commandes d’un jeune et fringant Président, au printemps 2017, on nous annonçait avec enthousiasme l’avènement d’une nouvelle façon de faire de la politique, plus entreprenante, plus ouverte sur les technologie de l’avenir et, donc, plus performante. Or, il semblerait, finalement, que rien n’y fasse et notre stagnation s’apparente, dans ce contexte, à un affligeant recul. Le tissu industriel continue à se dégrader, l’inflation renaît, le taux de chômage ne se réduit pas de façon durable et significative et la dette recommence à croître.

Aussi n’est-il pas illégitime de s’intéresser aux causes de ce qui ressemble à une cruelle désillusion, sinon à un condamnable échec.

Jadis, nous avions une gauche et une droite qui, au fil du temps, avaient fini par se ressembler, au point que rien ne les distinguait en dehors des serments électoraux, tout étant défini au niveau de l’Union européenne et rien au niveau national – ou si peu. Or, comme chacun le sait, les promesses n’engageant que ceux qui y croient, rien ne changeait jamais globalement, le tout glissant lentement mais sûrement vers un ultralibéralisme tournant le dos au système que notre pays avait mis des lustres à établir, misant sur la solidarité et une certaine idée de l’équité en matière de répartitions des richesses.

En réalité, la seule chose qui, aujourd’hui, ait véritablement changé est qu’à l’inverse d’hier, le pouvoir agit ouvertement et sans le moindre scrupule en allant au bout d’une politique qui ressemble étrangement à celle d’avant. Il a dit ce qu’il allait faire et il fait ce qu’il a dit. Il a annoncé qu’il casserait le système de protection sociale (ce qui n’avait jamais été osé jusque-là) et il le fait (ce qui avait été discrètement envisagé mais entamé sans publicité). Son action a été menée avec une violence jamais égalée qui s’est faite en s’affranchissant des règles démocratiques les plus élémentaires sur des sujets aussi fondamentaux.

Il a emprunté le chemin de l’ultralibéralisme à pas redoublés, sans se soucier des conséquences à court terme pour les moins nantis, favorisant toujours les plus riches au prétexte qu’ils seraient créateurs de richesses et écartant l’idée qu’ils ne puissent avoir que le souci égoïste de leur enrichissement. L’effet de ruissellement ne restera probablement qu’une vue de l’esprit, à moins qu’il n’ait été qu’un engagement aux intentions mensongères.

Les mêmes causes produisant toujours les mêmes effets, aujourd’hui comme hier, la « fracture sociale » se creuse. Alors, déterminé mais pas aveugle, et surtout pas en manque de ressources illusoires, le pouvoir sent bien qu’il faut calmer les esprits et il propose un plan de lutte contre la pauvreté.

Mesure phare du dispositif : favoriser le retour à l’emploi. Excellente idée ! Sauf que ce retour dépend de deux facteurs que le gouvernement ne maîtrise pas, ou mal : la croissance, l’inadaptation des besoins du marché de l’emploi avec le niveau et la nature des qualifications des demandeurs. Dès lors, toute modulation du barème des aides sociales liées au travail, ou plutôt à son absence, revient à priver les ayants droit de ressources vitales, à accroître le niveau de la pauvreté et à creuser les écarts. Ce chemin conduit exactement à l’opposé de l’endroit où l’on prétend nous mener.

Accessoirement, promettre la création de plus de places dans les crèches est aussi une belle idée, sauf que tous les gouvernements l’ont eue sans qu’elle se concrétise réellement sur le terrain.

Bref ! Si l’on ajoute à ce constat de carence le volume des « affaires », force est de constater que le nouveau monde ne diffère de l’ancien que par la forme de son discours.

Jean-Jacques Fifre

http://www.bvoltaire.fr/le-plan-de-lutte-contre-la-pauvre...

16/09/2018

Le plan pauvreté d’Emmanuel Macron s’adresse d’abord aux « quartiers prioritaires »

Le plan pauvreté d’Emmanuel Macron s’adresse d’abord aux « quartiers prioritaires »

De Caroline Parmentier dans Présent :

Le « bonus territoire » comme son nom ne l’indique pas, n’est pas réservé aux Français. Il est réservé aux « territoires ». C’est-à-dire aux « quartiers prioritaires » dans lesquels certaines catégories de population sont fortement représentées : hommes ou femmes ayant deux parents immigrés, descendants d’immigrés d’Afrique, etc.

Le plan pauvreté de Macron sera doté de « huit milliards d’euros, répartis sur quatre ans » avec un système de financement « bonus » : un « bonus territoire » de 1 000 euros par place et par an pour les nouvelles places en crèche créées dans les quartiers prioritaires, un « bonus mixité » allant jusqu’à 2 100 euros par an pour les structures qui font davantage de place à la mixité sociale, et un « bonus handicap » de 1 300 euros pour l’accueil des enfants en situation de handicap. « Aujourd’hui seuls 5 % des enfants de quartiers défavorisés sont accueillis en crèche, contre 20 % ailleurs », souligne le président.

Et vous, aurez-vous votre cadeau Bonus ?

Le plan veut également mettre en place un meilleur accès à la cantine « en développant les repas à un euro » ainsi que la distribution de petits déjeuners aux élèves d’écoles maternelles et primaires situées en zone prioritaire, comme le préconisait un rapport de la Délégation à la prévention et à la lutte contre la pauvreté des enfants et des jeunes remis en mars. Lesquels petits déjeuners avaient été supprimés de toutes les maternelles de France dans les années 2005 parce qu’ils favorisaient prétendument l’obésité. Autre mesure phare : la mise en place d’une formation continue à destination des 600 000 professionnels de la petite enfance pour qu’ils puissent « favoriser l’apprentissage du langage avant l’entrée à l’école maternelle » et ainsi « réduire les inégalités liées à l’origine sociale ».

« Dommage de ne cibler que les écoles d’éducation prioritaire, alors qu’il y a des situations de grande pauvreté partout », pointe Marie-Aleth Grard, d’ATD Quart Monde. […]

https://www.lesalonbeige.fr/le-plan-pauvrete-demmanuel-ma...

13/09/2018

Loi Alimentation et Agriculture : les paysans français bientôt condamnés à la ruine ?

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De manière frappante et mieux qu’un long discours, certains événements ont le mérite d’éclairer ce qu’est devenue la société. Cette loi, par exemple, intitulée Alimentation et Agriculture, relative aux rapports entre paysans et grande distribution, dont l’Assemblée nationale débat ce mercredi 12 septembre. But de la manœuvre : rééquilibrer la balance en faveur d’un monde agricole écrasé par une concurrence de plus en plus sauvage.

Comme il se doit, Le Figaro nous prévient : « Ce système d’élaboration des indicateurs de prix se révèle complexe pour certaines filières agricoles de par leurs performances économiques inégales entre différentes exploitations agricoles ainsi que des estimations techniques inconciliables entre producteurs et distributeurs. » Bref, on sait déjà, au-delà du verbiage de circonstance, que ce n’est pas gagné d’avance.

Pis, en admettant que ce texte voie le jour – ce qui est loin d’être sûr –, les mesures « seront dans un premier temps mises en place sur une période d’essai de deux ans ». C’est-à-dire qu’un Parlement au pouvoir, réduit à sa plus simple expression, met en scène sa propre démission. Nos députés peuvent, d’ailleurs, bien voter ce qu’ils veulent, le droit européen primera toujours sur le droit français.

Cité par le magazine Process alimentaire, l’avocat Nicolas Gransard, spécialiste du droit de la concurrence, prévient ainsi : « En l’état, il est très difficile de privilégier une production nationale, malgré des caractéristiques positives » par rapport à d’autres produits européens. Toute mesure privilégiant des produits nationaux se heurtera aux lois européennes de libre-échange des marchandises. » Voilà, au moins, qui est clair : l’État français a constitutionnellement organisé son impuissance.

D’autres maux actuels sont encore ce lobbying forcené de multinationales – grande distribution et chimie – dont il n’est pas besoin d’être grand clerc pour voir ici la marque. Même les journalistes de RTL en convenaient ce matin, c’est dire. Traditionnellement, le pouvoir économique était jadis subordonné au pouvoir politique. C’est désormais l’inverse, en Europe comme aux États-Unis. Elle est bien lointaine, l’époque où la Maison-Blanche avait encore les moyens d’un loi antitrust suivie d’effets tangibles, toute aussi lointaine que celle où le général de Gaulle pouvait affirmer, sans provoquer l’hilarité générale que, « la politique de la France ne saurait se faire à la corbeille ».

L’infernal binôme plus haut évoqué a donc toute latitude d’empoisonner les sols et les estomacs tout en poussant ce qui demeure de paysannerie à la ruine, quand ce n’est tout bonnement pas au suicide.

Pourquoi les médias n’alertent-ils pas plus l’opinion publique, objectera-t-on ? Mais parce qu’il s’agit, avec l’industrie du luxe, des plus gros annonceurs, pardi ! Quel patron de presse prendrait le risque de se voir refuser cette manne publicitaire maintenant radios, journaux et télévisions sous perfusion ? Bien sûr, seul un État fort serait à même de faire contrepoids. Mais qui veut encore d’un État fort dans ces élites qui font l’opinion ?

Les libéraux, qu’ils penchent à droite ou à gauche, estiment que ledit État fait partie du vieux monde et qu’un légitime contrôle des prix nous ramènerait au bolchevisme mitterrandien du 10 mai 1981, tandis que nos écologistes en peau de lapin, sclérosés par leur gauchisme infantile, affirment qu’un tel État serait « fasciste » par nature. Les uns s’en remettent à la sainte concurrence, les autres au « basisme autogéré », telles qu’en ont témoigné leurs nuits de parlote debout. De ces deux engeances, laquelle est la plus nuisible ? On ne sait que choisir…

Alors, oui, cette triste affaire à l’issue malheureuse quasi annoncée – que cette loi passe ou non, elle aura été préalablement rendue inapplicable dans les faits – est tristement révélatrice de la période. En attendant les grandes jacqueries populistes annoncées ?

http://www.bvoltaire.fr/loi-alimentation-et-agriculture-l...

Et si on donnait d’abord à manger aux Français qui ont faim ?, par Caroline Parmentier

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En France en 2018, sous le couple Macron qui se plaît à dire qu’il « mange le plus léger possible », soit « dix fruits et légumes par jour et beaucoup de fruits de mer », un Français sur cinq a des difficultés à se procurer de la nourriture pour assurer trois repas par jour.

Ce sont des témoignages qui serrent le cœur : « Je travaille et je gagne 1 300 euros par mois », témoigne une mère seule. « J’ai 600 euros de loyer et 400 euros de charges incompressibles. Il me reste 10 euros par jour pour m’habiller et me nourrir avec mes deux enfants. Je ne fais moi-même qu’un repas par jour à deux euros. Jamais de viande ni de poisson. C’est vite vu, c’est en général du pain, avec ce que je peux mettre dessus. »

« L’alimentation est souvent la variable d’ajustement face à des dépenses contraintes comme le loyer ou l’énergie », observe Amandine Lama d’Ipsos. On a généralement renoncé entre temps aux vacances, aux loisirs et aux soins médicaux. Quand l’AME (aide médicale aux étrangers en situation irrégulière) continue de nous coûter plus d’un milliard par an…

Qu’ils mangent de la brioche du Lidl !

A deux jours de la présentation du plan-pauvreté en 13 mesures de Macron, 27% des Français répondent à Brigitte qu’ils n’ont pas les moyens financiers de s’acheter quotidiennement des fruits et légumes. Ils n’ont qu’à manger de la brioche du Lidl, pensera-t-elle peut-être, car après tout contrairement à elle, ce n’est pas grave que les pauvres soient gros. C’est en effet l’un des paradoxes bien connu de la précarité : les régions où les Français sont les plus pauvres sont aussi celles où l’on trouve le plus de cas d’obésité. La faute notamment à la mauvaise bouffe, aux sodas à 0,99 euros et aux graisses saturées.

Le Secours populaire français relève mardi dans un baromètre annuel IPSOS que 39 % de la population a été confrontée à des « privations multiples » en 2018. Un chiffre en hausse. Derrière ce chiffre il y a des familles, des enfants. « L’intensification de la pauvreté en France poursuit une tendance inquiétante. » Près d’un Français sur trois reconnaît avoir du mal à payer des actes médicaux mal remboursés (56% pour les foyers les plus modestes).

Autre chiffre qui devrait interpeller le « président des riches » qui rêve de plein emploi et de lendemains qui chantent, tout en continuant d’accueillir massivement une immigration ruineuse et illégale : la majorité des personnes interrogées (81%) sont convaincues que leurs enfants seront plus vulnérables face à la pauvreté que leur génération. Sentiment éminemment anxiogène pour des parents. Ce n’était pas le cas il y a seulement dix ans, où les Français étaient persuadés que leurs enfants vivraient mieux qu’eux.

Caroline Parmentier

Article paru dans Présent daté du 12 septembre 2018

Nouvelles étatisations sur ordonnance

6a00d8341c715453ef022ad36a62e7200c-320wi.jpgParmi les images les plus belles et les plus suggestives de la Bible, l'une reste le plus souvent mystérieuse aux yeux des incroyants, quand elle ne suscite pas leur ironie : il s'agit de la diminution, de génération en génération, de la longévité, elle-même évidemment mythique, des patriarches. L'explication tient dans ce message, réaliste quoique macabre, de la progression du péché dans un monde coupé de la lumière divine.

On pourrait en notre temps, déceler d'autres signes, bien différents sans doute, tels que l'effrayante prolifération des actes criminels monstrueux, impunis et sanglants, à l'encontre d'enfants ou de personnes sans défense.

Mais le règne du mensonge paraît plus annonciateur encore des malheurs futurs, quand rien ne vient les corriger.

À plusieurs reprises, depuis la loi sécurité sociale de Simone Veil en 1993, et notamment Chiraquo regnante en 2004, il avait été affirmé, comme un principe intangible, on a même parlé de règle d'or, que la séparation comptable de la protection sociale et du budget de l'État demeurerait définitivement étanche. C'est même en application de cette affirmation que fut institué le principe d'un rapport annuel de la Cour des comptes remis au parlement à la veille des débats budgétaires. Le premier en date fut diffusé en septembre 1995 et il se révélait tellement désastreux que l'on crut alors possible une réforme d'ensemble de ce système que le monde nous envie mais ne copie guère.

En fait de réforme il fallut alors se contenter de son exact contraire, sous le nom de plan Juppé.

Annoncé en novembre 1995, ficelé grâce à une nième réforme de la constitution votée en février 1996, les décrets se prolongeant jusqu'en 1997, ce désastreux programme multiplia les nuisances technocratiques. Il institua notamment une médecine sans médecins, grâce au numerus clausus.

Et il mit en route une étatisation rampante de tous les protagonistes du système, désormais fonctionnarisés.

Certes, il existe encore des îlots remarquables de compétences, de dévouements, de véritables vocations, des jeunes appelés par un feu sacré, que l’on trie trop souvent, hélas, en première année sur la base de leurs capacités en mathématiques. La dégradation continue de progresser dans les couloirs de nos antichambres de la mort. L'image biblique ne se dément pas.

Or, une nouvelle réforme, présentée une fois de plus comme purement comptable, va mettre une fois de plus les organismes de prévoyance sociale sous la coupe de l'État. Celui-ci leur imposera de nouvelles exonérations mais il n'en assumera pas les coûts. Le même tour de passe passe a été ainsi imposé aux collectivités locales sans que personne n'y ait pris garde au départ.

Nos ministres intègres, Agnès Buzyn et Gérald Darmanin, pour justifier la nouvelle mesure, s'appuient sur un rapport technocratique. Le document a été rédigé, à la demande du gouvernement, par Christian Charpy et Julien Dubertret, deux hauts fonctionnaires aux carrières bien représentatives. Ces deux personnages parlent à cet égard de nouvelles solidarités : puisque l'assurance maladie, à force de déremboursements, est parvenue à se rapprocher de l'équilibre comptable, elle doit voler au secours de cet État, toujours impécunieux, mais toujours généreux avec l'argent des autres.

JG Malliarakis

http://www.insolent.fr/2018/09/nouvelles-etatisations-sur...

12/09/2018

Les vices pseudo réformateurs du néo bonapartisme

6a00d8341c715453ef022ad3682a4c200c-320wi.jpgL'État semble en passe de renoncer à deux projets, présentés juste-là comme acquis et sans doute indispensables. Il s'agit, d'une part, de la nième révision de la constitution de 1958, totalement inutile en fait, et surtout, d'autre part, du prélèvement à la source de l'impôt sur le revenu. Le vrai mobile de ce dernier projet, qui tend à préparer la fusion de la CSG et de l'IR, en fait une idée de gauche. Cet aspect lui-même rend le renoncement plus condamnable encore au yeux des technocrates : on va donc entendre les bons esprits, y compris au sein de l'opposition, reprendre à leur compte l'antienne esquissée à Copenhague par le chef de l'État. Tout ça, nous diront-ils, c'est la faute aux stupides Gaulois.

Toujours agaçante, et souvent très injuste, la critique systématique des Gaulois devient plus insupportable encore quand elle émane de ceux qui vivent des contributions des compatriotes de Vercingétorix. Dire, par exemple qu'ils se refusent aux réformes, biaise singulièrement la réalité : non les cochons de payants ne s'opposent pas aux changements. Parfois même on pourrait leur reprocher, en deux siècles, de les avoir trop naïvement désirées, au gré des révolutions, des épurations, des crises gouvernementales ou des poussées électorales de gauche.

Cet automne par exemple va se reposer la question du statut de la SNCF. Elle a été à peine effleurée par la réforme ferroviaire adoptée ce printemps par l'Assemblée nationale. Cette nouvelle loi ferroviaire a suscité une mobilisation interminable de tous les syndicats jusqu'au 28 juin. Puis en juillet une tentative de prolongation de la CGT appuyée par Sud Rail échoua. Pourtant, ce texte ne change pas grand-chose et il ouvre plus qu'il ne clôt les vrais débats relatifs à l'établissement public le plus coûteux de notre économie étatique. C'est en effet autour de la négociation sur la future convention collective que se situeront les choix décisifs engageant à nouveau l'avenir.

Il faut bien dire à nouveau, parce que deux grandes lois supposées réformatrices ont été votées en vingt ans. La première, incomplète et hypocrite avait été adoptée en 1997, sous l'impulsion du gouvernement Juppé. Celui-ci entendait simplement soustraire le déficit ferroviaire de l'agrégat retenu dans le cadre de l'union monétaire décidée à Maastricht. Puis, en 2014, un nouveau texte fut alors adopté, sous l'égide du ministre Cuvillier. Ce personnage déjà oublié parvint, sous le règne pourtant bien mou du lamentable Hollande, à restaurer de fait la confusion entre la gestion de l'infrastructure et celle du transport des voyageurs, théoriquement encore séparées, mais pratiquement rétablies. On y ajouta même un établissement dit de tête qui ne sert absolument à rien sinon à camoufler le retour au statut antérieur.

Deux réformes pour un résultat négatif, voilà qui devrait plutôt inciter à féliciter les Gaulois de leurs réticences.

Mais nos gouvernants, eux, ne l'entendent pas ainsi. Ils se voient tous dans le costume du premier consul de 1799, fils naturel de la révolution française et dont la glorieuse dictature[1], qu'ils admirent tant, ne s'acheva qu'à Waterloo. Il leur faut toujours ajouter des lois nouvelles aux décrets anciens, des réglementations aux codes, inventant des rédactions soigneusement illisibles, faisant référence sans les reprendre à des articles antérieurs. Faire et défaire c'est toujours travailler, surtout dès lors qu'on ne produit rien. On comprend que la concurrence bruxelloise les irrite fort.

S'opposer à leurs inutiles interventions témoignerait donc, à les entendre, d'un fâcheux esprit routinier. Jules César des temps modernes, Jupiter maître des horloges, ils se rient des petits Astérix se prenant pour Vercingétorix, vouésà de récurrentes Alésia et qui ne connaîtront de consolation dans aucune Gergovie.

La grande réforme, attendue depuis Renan, celle qui mettrait fin à l'étatisme, au centralisme, au jacobinisme, au laïcisme persécuteur du christianisme, au parisianisme, aux privilèges de grandes écoles financées par ceux qui n'y accèdent pas, au nombrilisme hexagonal, aux vices pseudo réformateurs du bonapartisme, on ne saurait l'attendre des maîtres actuels du pouvoir et de l'opinion.

JG Malliarakis 

Apostilles

[1] La logique dictatoriale de cet aboutissement des dix années de sang, de désordres et de destruction (1789-1799) était prévue dès 1793 par Jacques Mallet du Pan dans ses Considérations sur la révolution française qui inspirèrent Joseph de Maistre.

http://www.insolent.fr/page/2/

11/09/2018

Viktor Orban face au Parlement Européen – Journal du mardi 11 septembre 2018

Union Européenne / Viktor Orban face au Parlement Européen
Alors qu’une dynamique anti-immigration est en marche au sein de l’Union Européenne, les prétendus progressistes tentent le tout pour le tout. Un vote est organisé vendredi pour déterminer si la Hongrie de Viktor Orban représente un risque de violations graves des valeurs européennes… Un vote sans précédent !

Sécurité / Les policiers municipaux bientôt armés ? 
L’armement obligatoire pour tous les policiers municipaux. C’est ce que préconise un rapport parlementaire remis ce mardi au premier ministre, Edouard Philippe. Un renversement de la règle mais loin d’être une révolution.

Société / Trop pauvres pour manger frais ? 
Sois pauvre et mange mal ! Une étude Ipsos Secours Populaire paraît deux jours avant l’annonce du plan pauvreté du gouvernement, une étude qui met en lien pauvreté et mauvaise alimentation mais qui néglige l’aspect culturel de la question.

Société / Absentéisme record pour les travailleurs français

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