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27/03/2017

Marine Le Pen, François Fillon et la « clause Molière »

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A la une du quotidien l’Opinion de ce matin, ce dessin de Kak, sur Marine Le Pen et François Fillon conversant de la « clause Molière ». Le journal publie une étude de l’Ifop pour la Fondation Jean-Jaurès indiquant que 43 % des ouvriers voteraient pour Marine Le Pen au premier tour de la présidentielle !

« La gauche, écrit Béatrice Houchard, qui atteignait 66 % des suffrages en 1981 lors de l’élection de François Mitterrand, a bel et bien perdu les ouvriers au profit du Front national : en 2017, près d’un ouvrier sur deux (43 %, selon les études de l’Ifop) est tenté par un vote en faveur de Marine Le Pen. Environ 17 % se tourneraient vers Emmanuel Macron, 15,5 % vers Jean-Luc Mélenchon, 12 % vers Benoît Hamon et seulement 8 % vers François Fillon. En 2012, l’année de sa défaite, Nicolas Sarkozy avait tout de même atteint 14 % au sein de cet électorat. »

http://fr.novopress.info/

23/03/2017

Passé Présent n°144 - La crise de 1929

22/03/2017

Marine Le Pen vous répond ! #04 | « Sur les bas salaires » | Marine 2017

19/03/2017

Vers la fin d’un libéralisme débridé ?

Maxime Durupt, juriste, auditeur à l’Institut de Formation Politique, responsable développement du Cercle Droit & Liberté ainsi que Directeur général de Persica Consulting & Trade Paris – Téhéran.

Pourquoi les premières mesures économiques de Trump vont dans le bon sens et comment peuvent-elles nous inspirer ?

La fin du dogme libre-échangiste

Aussi invraisemblable que cela puisse paraître, il semblerait que le président fraîchement entré en fonction ait bien décidé de mettre en place le programme économique pour lequel il a été élu, soit l’« America First ! ». Appliqué à l’économie, ce slogan signifierait la limitation du libre-échangisme, qui détruit la richesse nationale pour la recréer à l’étranger, et la relocalisation d’une partie de la production aux Etats-Unis.

Souhaitant enterrer les traités de libre-échange, Donald Trump a pris dès la première semaine de sa présidence un décret faisant sortir les Etats-Unis du Traité Transpacifique (TPP). Il a également fait part de sa volonté que son pays se retire des négociations sur le Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement (TAFTA ou TTIP) et de renégocier l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA). « Nous allons arrêter les traités commerciaux ridicules qui ont poussé tout le monde hors de notre pays et pris nos entreprises ; cela va être inversé », a-t-il déclaré lors de son premier jour de travail à la Maison-Blanche (*). Si ces projets aboutissaient, ils institueraient les zones de libre-échange les plus importantes de l’Histoire (respectivement 40% et 45% du PIB mondial pour les traités Transpacifique et Transatlantique). Ces traités conduiraient à supprimer toute souveraineté économique au profit des multinationales.

Le volontarisme du président américain a convaincu Ford de relocaliser une partie de sa production automobile dans le Michigan. Pour les fabricants automobiles récalcitrants, le président élu avait prévenu par un tweet du 3 janvier 2017 qu’ils devraient construire aux Etats-Unis ou payer des « droits de douane importants » (**). Les représentants des trois grands constructeurs automobiles américains ont dû montrer patte blanche après avoir été convoqués par le milliardaire pour une réunion de travail le 24 janvier dernier.

Bien avant l’élection présidentielle, le plus proche conseiller du président défendait déjà l’idée d’un patriotisme économique. En effet, si Stephen Bannon reconnaît comprendre le libéralisme, il défend la mise en place de mesures protectionnistes et keynésianistes. « Je suis celui qui pousse un plan de grands travaux de milliers de milliards de dollars. Avec des taux d’intérêt négatifs dans le monde, c’est la meilleure occasion de tout reconstruire », « les mondialistes ont détruit la classe ouvrière américaine et ont créé une classe moyenne en Asie », déclarait-il au Hollywood reporter le 18 novembre 2016. Cette politique quasi rooseveltienne permettrait de rebâtir un pays dont les infrastructures sont démembrées et certains territoires sinistrés.

Trump partage cette vision tant protectionniste aux frontières de son pays que libérale sur le plan interne. Cela se traduit notamment par la baisse, qu’il avait annoncée, de l’impôt sur les sociétés de 35 à 15%. Mesure couplée à une augmentation des droits de douane (pouvant aller jusqu’à 35%) qui, selon lui, favoriseraient l’emploi. Cette dichotomie vertueuse pourrait inspirer les futurs gouvernants français : elle représente sans doute la nouvelle doctrine économique du XXIe siècle, pragmatique et hors idéologies libérale ou socialiste. Face à la conjoncture économique et géopolitique actuelle, la théorie des avantages comparatifs de Ricardo apparaît désormais bien datée en ce qu’elle ne prend en compte ni le coût du chômage, ni la perte d’autonomie d’un pays s’abandonnant complètement à l’étranger, ce qui peut se révéler risqué en cas de durcissement des relations économiques internationales.

Le grand retour des droits de douane

Le retour des droits de douane est au cœur du dispositif trumpien et ce à contre-courant de l’idéologie du libre-échangisme qui a dominé les dernières décennies. Alors que ce mécanisme est réputé détruire la richesse, l’on peut pourtant tout à fait réconcilier les avantages comparatifs et le protectionnisme. Jean-Claude Martinez, professeur à l’Université Panthéon-Assas, propose d’instaurer des droits de douane déductibles.

Ce mécanisme ingénieux peut s’expliquer ainsi : des pantalons fabriqués en Chine à très bas coût dans des conditions d’esclavage moderne arrivent au Havre à un prix défiant toute concurrence ; l’Etat impose alors un droit de douane (une taxe) qui fait monter le prix des textiles importés au niveau du prix d’un textile français fabriqué par des salariés locaux dans des conditions décentes. Jusqu’ici rien de nouveau sous le soleil. C’est ensuite que la nouveauté intervient : ces droits de douane seront alors remboursables à l’exportateur chinois sous forme d’un crédit douanier égal au montant de la taxe sur tout achat effectué en France incitant dès lors l’exportateur asiatique à importer des produits français ou à céder ce crédit douanier sur les marchés, ce qui in fine reviendrait au même.

Le consommateur français pourra continuer d’acheter son pantalon chinois et en échange le consommateur chinois aura l’occasion de goûter – par exemple – à nos produits agricoles, ce qui enrichirait notre économie.

Un protectionnisme respectueux des libertés économiques

L’on peut tout à fait défendre une plus grande liberté contractuelle dans les relations de travail et prôner une baisse de l’impôt sur les sociétés (ce qui s’apparenterait à ce qui est communément appelé du « libéralisme »), tout en acceptant l’idée d’un Etat stratège, au moins pour les secteurs primaire et secondaire (agriculture et industrie).

En effet, l’idée d’Etat stratège n’est pas synonyme de sur-réglementation dans les relations de travail. Beaucoup de ceux qui se réclament du libéralisme ont parfois tendance à amalgamer le droit social français (relations individuelles et collectives de travail) et la macroéconomie. Or, on peut parfaitement faire primer la liberté contractuelle sur le Code du travail tout en défendant des mesures protectionnistes.

Singapour est très souvent cité comme exemple de libéralisme ayant réussi ; on oublie pourtant de préciser que dans ce modèle singapourien l’Etat détient une participation majoritaire dans les sociétés phares de chaque domaine stratégique (par exemple : PSA International, qui est le second opérateur portuaire mondial, ou encore Singtel et Singapore Airlines), ce qui n’empêche pas – bien au contraire – d’induire dans leur sillon une myriade de compagnies purement privées.

Au lieu de regarder l’économie d’un pays d’un seul tenant, pourquoi ne pas la décomposer et lui appliquer un modèle économique qui s’adapterait à chaque secteur et à chaque territoire : libéralisme dans les relations de travail concernant le secteur tertiaire (dans les villes), planisme, protectionnisme et préférence nationale pour doper les secteurs secondaire et primaire (industries et agriculture périurbaines) ? Cette décomposition induirait l’excellence de nos services tout en armant suffisamment la France périphérique, grande oubliée de la mondialisation.

Que les services soient ultra-concurrentiels entre Paris, Londres et New York est acceptable voire nécessaire, mais l’industrie a besoin, dans une certaine mesure et pour des raisons stratégiques, de l’Etat. Si l’on poussait la logique ricardienne jusqu’au bout, il faudrait alors sous-traiter son industrie nucléaire à la Corée du Nord puisque cela réduirait les coûts…

S’agissant du primaire, jamais l’empire Romain n’aurait raisonné comme Ricardo en ergotant sur le coût du blé quand il domina le Nil au nom de son indépendance céréalière.

Cosmopolites contre enracinés, une nouvelle lutte des classes ?

Si nous ne devons pas laisser le champ libre aux droit-de-l’hommistes sur le terrain juridique, nous ne devons pas laisser le champ libre aux libéraux dogmatiques sur le terrain économique car ceux-là servent une même idéologie cosmopolite favorisant, au détriment des peuples, les intérêts d’une oligarchie mondialisée.

Les oligarques et leurs dominions (journalistes, politiciens) profitent d’une concurrence mondiale qui leur offre aussi bien des ouvriers indiens à bas coût que des berlines détaxées et des livreurs de sushis africains corvéables à merci. Ce sont les grands heureux de la mondialisation et ils partagent une même idéologie cosmopolite de dilution des nations et de fongibilité des êtres.

Le génie de l’oligarchie aura d’ailleurs été de transformer la lutte des classes en lutte des valeurs : ce n’est plus un combat entre bourgeois et travailleurs mais entre gentils citoyens du monde et méchants fascistes enracinés. En clair, la charge morale a été renversée au profit des puissants et au détriment de la classe moyenne.

Ne nous y trompons pas : le crime n’est pas seulement économique, il est identitaire car il a pour effet de priver les peuples de leurs racines artisanales, industrielles et gastronomiques. Le jour où la France serait privée de Neufchatel – pour des motifs comptables – au profit du Babybel made in Babel, alors la France ne serait plus la France et les cosmopolites auraient définitivement gagné.

Les dogmatismes économiques (libéralisme, socialisme) sont des religions qui, trop longtemps, ont enfermé les gouvernants dans des paradigmes inopérants. Ce qu’il faut c’est être libéral en interne et protectionniste en externe. A l’image d’un Lee Kuan Yew, père fondateur de Singapour, il faut être pragmatique. Le seul dénominateur commun partagé par les diverses mesures économiques doit être l’intérêt de la nation. C’est ce qu’annonce la politique de l’America First de Trump qui sera celle du nationalisme économique.

Maxime Durupt 7/03/2017

Notes :

(*)    http://www.liberation.fr/planete/2017/01/25/retrait-du-traite-transpacifique-trump-fait-il-un-cadeau-a-la-chine_1543763
(**)  http://www.reuters.com/article/us-usa-trump-gm-idUSKBN14N...

https://www.polemia.com/vers-la-fin-dun-liberalisme-debri...

17/03/2017

Cette retraite à 67 ans que veulent nous imposer Berlin et Bruxelles...

Lorsque les historiens écriront sur notre époque et sur son histoire sociale, peut-être remarqueront-ils que la première manifestation sur la voie publique contre l'élévation de l'âge légal de la retraite à 67 ans, en France, a été le fait de quelques monarchistes sociaux, non loin de l'église Saint-Germain-des-Près, au milieu de l'hiver 2011 : je faisais partie de ces quelques uns, distribuant les tracts du Groupe d'Action Royaliste, et interpellant les passants, malheureusement dans une certaine indifférence... Sans doute n'est-il jamais bon d'avoir raison trop tôt et de jouer les Cassandre, peu populaires car trop souvent vus comme des oiseaux de malheur alors qu'il s'agit, justement, de l'annoncer pour mieux l'éviter. Mais nous lisions la presse économique et nous savions écouter les radios, et celles-ci nous expliquaient, en janvier 2011, que l'Allemagne souhaitait imposer, avec le concours de la Commission européenne, ce plancher de 67 ans. C'est aussi ce que confirmera l'année suivante le ministre allemand des Finances, M. Wolfgang Schäuble, après l'élection de M. François Hollande, quand il expliquera, avec sa rudesse habituelle, que la décision du nouveau président de revenir à la retraite à 60 ans (ce qui ne fut que partiellement fait, d'ailleurs) n'était « pas conforme aux choix européens »...

Cette mesure de la retraite à 67 ans s'imposa ainsi en 2012 en Pologne : c'est le premier ministre d'alors, M. Donald Tusk, européiste convaincu et aujourd'hui reconduit comme président du Conseil européen, qui se chargea de la faire adopter par les parlementaires polonais. La même mesure s'appliqua aussi, l'année suivante, aux Pays-Bas, mais aussi, même si la date de son application complète est plus tardive, en Espagne et, bien sûr, en Allemagne, même si une retraite anticipée est possible dès 63 ans (mais avec décote de 7%), et en Grèce où elle sera totalement effective dès 2022...

Ainsi, ce qui semblait improbable et qui, lorsque nous l'évoquions dans les rues de Paris en 2011, nous valait des haussements d'épaules et des moqueries, s'est répandu comme une traînée de poudre libérale et européiste... En France même, c'est bien l'âge de 67 ans qui, pour ma génération et celles qui suivent, est celui de la « pleine retraite » : or, dans un pays où les études sont souvent longues, il n'est pas facile d'obtenir le nombre de trimestres requis pour avoir tous ses droits à la retraite pleine et entière avant 65 ans, voire beaucoup plus...

Mais, à l'automne dernier, le nouveau gouvernement conservateur de Pologne, souvent taxé d'europhobe, a tenu sa promesse de détricoter la loi présentée par M. Tusk quelques années auparavant, et a ramené l'âge légal de la retraite à 65 ans pour les hommes et à 60 ans pour les femmes, au grand dam de la Commission européenne qui y a vu, à travers quelques uns de ses membres, une « remise en cause des engagements européens de la Pologne » dans le contrôle des déficits. Mais la même baisse de l'âge légal de départ à la retraite pourrait bientôt intervenir aux Pays-Bas malgré les mises en garde des experts libéraux qui y voient une mesure « irréaliste » et « beaucoup trop coûteuse », comme cette spécialiste interrogée dans les colonnes du Figaro économie ce samedi 11 mars 2017. Ce sont les populistes, les socialistes et le mouvement des retraités « 50Plus » qui proposent cet aménagement plus favorable aux salariés, à rebours du gouvernement sortant formé de libéraux et de travaillistes, « fidèle » à la philosophie actuelle de l'Union européenne.

Et la France, là-dedans ? M. Fillon était, semble-t-il, favorable quand il était premier ministre de M. Sarkozy à un alignement des pays de l'UE sur les souhaits de l'Allemagne, même si, aujourd'hui, il parle de 65 plutôt que de 67 ans comme âge légal de départ à la retraite. Mais, si les candidats restent aujourd'hui plutôt discrets sur cette épineuse question des retraites, l'Union européenne, par la voix de la Commission européenne, l'est beaucoup moins : l'appel aux réformes « urgentes », toujours au nom du respect des déficits publics et de l'intégration à la mondialisation, inclut cette élévation de l'âge légal de la retraite : après les élections présidentielle et législatives, M. Moscovici se chargera de le rappeler aux heureux élus, sans, évidemment, tenir compte des populations directement concernées, comme on l'a vu et le voit toujours dans le cas de la Grèce et des Grecs. On pourrait paraphraser Lénine, dont M. Moscovici fut, en d'autres temps, le chantre, pour signifier cette attitude des Européens de Bruxelles : « le peuple, pourquoi faire ? »...

Il est bien possible, et fort probable, qu'une nouvelle réforme des retraites soit présentée dans la foulée des élections, quoique l'on en dise aujourd'hui dans certains états-majors politiques : si M. Fillon ne cache pas, lui, ses ambitions en ce domaine, M. Macron est moins disert, mais sa volonté de « coller » à l'Europe de Bruxelles pourrait rapidement mener à une nouvelle tentative d'élever l'âge légal, même s'il propose aussi des alternatives ou des formes adoucies à cette réforme voulue par la Commission...

Les affiches royalistes de 2011 contre la retraite à 67 ans n'ont jamais cessé d'être d'actualité : Cassandre ne se décourage pas !

Post-scriptum : une précision s'impose, pour éviter tout malentendu : il ne s'agit pas d'imposer à tous ceux qui veulent travailler au-delà de la soixantaine de s’arrêter d'exercer leur profession, mais de défendre l'idée que l'âge légal de départ à la retraite doit être raisonnable pour permettre à tous de profiter d'une vie agréable au-delà même de la vie professionnelle, si tel est le souhait exprimé des personnes concernées, tout simplement !

http://www.nouvelle-chouannerie.com/index.php?option=com_...

15/03/2017

Clause Molière: C’est pas français que tu me causes, c’est de la peine

La clause Molière,  ce« stratagème inventé par un élu d’Angoulême (Vincent You), pour contourner la directive Bolkestein » sur les travailleurs détachés fait débat au sein de la classe politique et à l’intérieur même des partis constate Eugénie Bastié dans Le Figaro. « Il s’agit d’un ajout dans les contrats de chantiers publics stipulant que les travailleurs doivent maîtriser le français, pour des raisons de sécurité, à moins de payer un interprète. Cela permet d’éviter le recours aux travailleurs détachés, sans subir l’accusation de discrimination ». « Elle est soutenue désormais par cinq régions de droite ( Pays de la Loire, Hauts-de-France, Normandie, Auvergne-Rhône-Alpes et Ile-de-France), une région de gauche (Centre Val-de-Loire), cinq départements et de nombreuses villes. (…) François Fillon va devoir faire un choix : Valérie Pécresse, Bruno Retailleau, Hervé Morin, Laurent Wauquiez et Xavier Bertrand  l’ont appliqué au niveau local. » Mais le député européen « Elisabeth Morin-Chartier somme François Fillon de ne pas l’intégrer dans son programme (…), elle lui demande de ne pas tomber dans le piège du repli nationaliste dans lequel le Front National veut enferrer notre pays. La France doit continuer à rayonner par son ouverture (sic), affirme cette proche de Raffarin.»

Dans Les Echos, le très européiste éditorialiste Jean-Françis Pécresse s’inquiète lui aussi de cette exigence linguistique. Il est vrai que celui-ci expliquait très sérieusement dans un précédent éditorial malignement  titré (« Quand Le Pen ment à la terre », kolossale finesse…)  que les agriculteurs paupérisés, martyrisés, ruinés par nos gouvernements soumis à la politique bruxelloise seraient des abrutis finis de «suivre les prescriptions nationalistes de Marine Le Pen, laquelle a franchi une étape, hier, dans l’europhobie en promettant de  franciser  les aides versées dans le cadre de la politique agricole commune (PAC) ». M. Pécresse ferait bien de quitter son bureau, de franchir le périphérique et d’aller parler avec nos paysans, agriculteurs, éleveurs qui crèvent du fait de la politique antinationale menée par ses amis idéologiques plutôt  que de relayer poussivement  une vieille propagande déconnectée de la réalité.

Pareillement, Jean-Françis Pécresse est vent debout contre la clause Molière qu’il baptise « clause Tartuffe » en ce qu’elle serait, horresco referens, « l’avatar d’un protectionnisme honteux qui gagne la droite aujourd’hui, comme hier la gauche de gouvernement, l’une et l’autre paraissant ainsi céder à ce populisme antieuropéen sur lequel prospère, pour sa part sans aucun complexe, l’extrême droite (…). Car ce qui se joue dans cette préférence nationale déguisée, que ne renierait pas Donald Trump, c’est bien le sort des libertés fondamentales sur lesquelles l’Europe s’est construite (sic), la liberté de circuler et de travailler dans cet espace commun que l’on appelle l’Union européenne (…). » Et l’éditorialiste d'évoquer de vieilles lunes : « plutôt que de participer au jeu de massacre européen, nos dirigeants politiques feraient mieux de prôner une solution européenne aux excès du travail détaché : c’est le but de la révision de la directive que de bannir (sic) le dumping social en égalisant les rémunérations, primes comprises. Améliorer l’Europe plutôt que de la rejeter, c’est ce qui doit toujours séparer la droite de l’extrême droite.»

Bruno Gollnisch le notait il y a déjà plusieurs années, « après la concurrence avec le reste du monde, la concurrence entre entreprises, l’Europe consacre maintenant la concurrence entre travailleurs européens, indépendants ou salariés, et donc la concurrence entre systèmes sociaux. Elle va dans le mur. La véritable révolution consisterait, entre autres, à affirmer explicitement la primauté de l’application sur le territoire d’un État membre de son droit national, notamment de son droit du travail national, de ses droits social, pénal, fiscal nationaux. C’est-à-dire le principe du pays de destination, par opposition au principe du pays d’origine.. La révolution consisterait également à accepter que les États puissent poser des conditions à l’accès à certaines activités, comme la situation du marché de l’emploi ou des raisons d’aménagement du territoire. Ils n’ont pas cette possibilité. »

Enfin, n'en déplaise au syndicat de faillite qui berce nos compatriotes avec sa longue plainte sur l’effacement inéluctable de la France dans le magma eurofédéraste, nous souhaitons nous aussi améliorer  l’Europe. Ce qui passe par la remise à plat de l’aberrante usine à gaz bruxelloise, une prison des peuples qui a mise à mal notre prospérité, notre sécurité, notre identité, notre souveraineté. Une Europe bruxelloise foncièrement, essentiellement antieuropéenne, étrangère à son génie. Alors oui, nous entendons refonder une Europe des patries, de la libre coopération, c’est en effet cela qui nous sépare d’un personnel politicien pusillanime, frileux, soumis, par renoncement ou consentement, aux oukases euromondialistes.

Invité hier après-midi sur France Inter de l’émission des bobos occupant cette tranche horaire, Charline Vanhoenacker et Alex Vizorek, Bernard Pivot a accepté de bonne grâce de fustiger lui aussi, par grégarisme (?), cette clause Molière  dont la langue est aussi celle de  275 millions de francophones de par  le monde. L’ancien animateur d’Apostrophes  n’a pas eu d’autre choix que de dénoncer cette odieux cache-sexe de la « préférence nationale », rebaptisé « clause Pétain » par M. Vizorek, « clause Louis-Ferdinand Céline » par Mme Vanhoenacker. Tant de conformisme idiot, de bêtise crasse laisse sans voix. Deux journalistes certes assez caricaturaux de ce « goût du faux, du bidon, de la farcie connerie » que Céline dénonçait chez ses contemporains,  dans les foules modernes, mais qui est répandue, ô combien,  chez les prescripteurs d’opinions souvent assez incultes,  qui ingurgitent  la doxa officielle pour mieux la recracher; « ce sont les surfaces les plus lisses qui prennent le mieux la peinture » notait aussi l’écrivain-docteur Destouches…

https://gollnisch.com/2017/03/15/clause-moliere-cest-fran...

Les syndicats et les grands patrons d’accord pour s’opposer à la protection du travail des Français

Les frères ennemis main dans la main pour refuser vigoureusement de protéger le travail des Français sur les chantiers. Alors que les dirigeants des multinationales n’ont jamais caché vouloir réduire les coûts et prioriser l’embauche étrangère, les syndicats font mine de vouloir protéger les travailleurs face à l’avidité des grands groupes. Mais lorsqu’une mesure de bon sens s’impose, les ennemis d’un jour se réunissent pour lutter ensemble contre le patriotisme économique.

Paris – Le débat sur la « clause Molière », qui vise à imposer le français sur les chantiers dans certaines régions, a pris de l’ampleur mardi à quelques semaines de la présidentielle avec la prise de position du Medef et de plusieurs syndicats qui dénoncent une mesure « nationaliste ».

Plusieurs régions principalement de droite (Ile-de-France, Hauts-de-France, Normandie, Auvergne-Rhône-Alpes…), mais aussi des villes ou départements (Haut-Rhin), ont imposé l’usage de la langue de Molière sur les chantiers dont ils sont maîtres d’oeuvre.

L’obligation pour les ouvriers de parler français, ou pour les entreprises d’employer un traducteur, est présentée comme un moyen de réduire la distorsion de concurrence entre les entreprises nationales et étrangères, rendue possible par le travail détaché.  

Dans le BTP, « une entreprise gagne un marché en faisant des prix anormalement bas puis fait appel à des sous-traitants étrangers pour pouvoir s’en sortir » , s’est ainsi justifié Hervé Morin, président UDI de la Normandie. Si la mesure est saluée par la Capeb (artisans du bâtiment), au nom de la lutte contre le « dumping social » , elle est en revanche contestée par le Medef.

« Vous commencez comme ça, et puis après vous commencez à faire du favoritisme, et puis ensuite vous fermez les frontières françaises, et puis vous finissez par sortir de l’euro », a averti mardi Pierre Gattaz, conspuant les dérives « communautaire ou nationaliste».

« La santé et la sécurité des salariés sont instrumentalisées » par les collectivités territoriales, avec une mesure qui « ne règle en rien la question du travail illégal » , a appuyé la CFDT. La CGT a dénoncé une intention « purement électoraliste » visant à marcher sur « les traces du Front national » , partisan de la préférence nationale.

Il est « dommageable et même périlleux que ceux qui se prétendent de la droite républicaine suivent ces traces-là », a insisté mardi le numéro un de la CGT, Philippe Martinez.

Source
http://www.contre-info.com/les-syndicats-et-les-grands-pa... |

Je ne veux pas de vos 500 euros, Monsieur Macron, par Thibault Damilly

Ce soir, j’ai trouvé un tract « Emmanuel Macron, le candidat du travail » dans ma boîte aux lettres. J’ai résisté au réflexe de le jeter immédiatement au feu et je l’ai ouvert. Pour Monsieur Macron, les Français (en a-t-il déjà vu ?) semblent n’avoir pas d’autre horizon que celui de l’argent gagné et aussitôt dépensé : ce tract ne parle que d’économie.En voici la première proposition :

« Je supprimerai des cotisations payées par les salariés. Tous les travailleurs verront leurs revenus et leur pouvoir d’achat augmenter. Résultat : 250 € par an de gain de pouvoir d’achat pour un salarié au SMIC. Près de 500 € par an pour un salarié à 2000 € par mois. »

J’ai bien lu ? Il me promet 500 € par an ? Lui qui déclare par ailleurs que l’immigration est une chance ?

500€ par an ? Mais qu’est-ce que c’est à côté de ce que me coûte l’école privée de ma fille pour lui éviter de connaître trop tôt les joies du vivre-ensemble ?

500€ par an ? Mais qu’est-ce que c’est à côté de ce que je paie pour une alarme avec intervention destinée à protéger ma maison des cambriolages qui touchent tout mon village ?

500€ par an ? Mais qu’est-ce que c’est à côté de la voiture que ma femme a dû acheter pour aller au travail depuis qu’elle ne veut plus prendre les transports en commun suite à une agression ?

500 € par an ? Mais qu’est-ce que c’est à côté de ce que je dois payer pour la moindre visite médicale dans une clinique qui ne ressemble pas à un hôpital du tiers-monde ?

500 € par an ? Mais qu’est-ce que c’est à côté de la semaine de vacances hors de prix que je paie à ma famille parce que la station balnéaire populaire de mon enfance est devenue aussi invivable que Trappes ?

500€ par an enfin ? Mais qu’est-ce que c’est à côté de l’emprunt sur 25 ans que j’ai dû contracter pour pouvoir vivre dans un coin où je ne me sente pas étranger dans mon propre pays ? Coin qui ne s’avère pas si tranquille puisque visiblement, on ne peut plus être tranquille nulle part en France !

Tout Français a l’intuition que le coût global de l’immigration est exorbitant mais aucune des études sur le sujet ne s’accordent puisque toutes sont militantes, que ce soit pro ou anti-immigration. Mais une chose est sûre, chacun est capable de faire le bilan de ce que lui coûte cette stratégie permanente de l’évitement. Logement, école privée, assurances, alarme, porte blindée, santé, transports : ce coût est écrasant et une grande partie des Français ne peut tout simplement pas se le permettre.

Monsieur Macron, je ne suis pas un mendiant qui vote pour un candidat qui lui promet quelques centaines d’euros à la fin de l’année. Non. Ce que j’attends de la personne qui va diriger la France est beaucoup plus simple et doit vous paraître fou, inouï, révolutionnaire : je veux vivre honnêtement de mon travail, paisiblement avec ma famille et dans un pays qui reste le mien.

Thibault Damilly

Texte publié par Les Identitaires

http://fr.novopress.info/204239/je-ne-veux-pas-de-vos-500...

11/03/2017

La duperie du revenu universel

Benoît Hamon propose dans son programme un revenu universel défendu aussi bien par les tenants de la gauche radicale que par ceux de l’ultralibéralisme.

Les adversaires de Benoît Hamon, qui réintroduit l’idée du revenu universel dans le débat politique, le taxent d’irréalisme. Peut-être à tort. Après tout, ce revenu a été institué dans des pays aussi différents que l’Iran, le Koweït, la Namibie, Singapour et l’Alaska et, à titre expérimental, au Royaume-Uni, en Finlande, au Canada, cependant qu’il donne lieu à de sérieuses discussions en Suisse, en Catalogne et au Brésil. Et il compte pas mal de partisans.

Maints hommes politiques et économistes y voient la solution au problème insoluble du chômage. Et, bien entendu, beaucoup attendent de lui le renforcement de la solidarité et l’éradication de la misère. Ce « revenu d’existence », dit aussi « revenu de base », serait versé à tout être humain vivant sur le territoire national, de la naissance à la mort, et son montant serait plus élevé pour les adultes que pour les mineurs.

Hamon, pour sa part, préconise de commencer par porter le RSA – versé aux seules personnes sans ressources – à 600 euros par mois, pour finir par instaurer un revenu mensuel d’existence – attribué à tout individu sans conditions de ressources – d’un montant de 750 euros. La Fondation Jean-Jaurès, proche du PS suggère, quant à elle, de commencer à 60 euros pour tout mineur, 120 pour tout adulte, et d’arriver très progressivement à 500 euros par personne.

D’autres, par réalisme, souhaitent limiter l’attribution de ce revenu aux seuls chômeurs et personnes sans ressources, pour commencer, et de moduler le montant du versement suivant les ressources, en ce qui concerne les actifs.

En principe, ce revenu devrait s’ajouter aux autres aides sociales : minima sociaux, aides au logement, allocations familiales, indemnisations de chômage. Mais M. Hamon lui-même n’exclut pas qu’à terme ces aides puissent lui être intégrées. Et, dans ce cas, il serait étonnant que les « bénéficiaires » n’y perdent pas ; le revenu universel jouerait alors comme un rabot sur ces prestations. Et beaucoup de partisans du revenu universel pensent qu’il n’est financièrement supportable par l’État qu’à cette condition.

Autrement dit, ce revenu risque bien de se révéler la pire des illusions, et la pire désillusion. Mais il présente un autre inconvénient, au moins aussi sérieux : celui de reléguer dans un ghetto tous ceux qui se trouvent dans l’impossibilité de trouver ou de retrouver un emploi, et de renforcer la flexibilité de l’emploi, des conditions de travail et des salaires, inévitablement tirés à la baisse.

Oncle Benoît y a-t-il pensé ? Mais il est vrai que depuis plus de trois décennies, les dirigeants socialistes, résignés ou franchement convertis (suivant les cas) au néolibéralisme mondial et sans frein, considèrent le chômage et la précarité comme inhérents au système, et ne voient de solutions que dans l’assistanat généralisé et autres palliatifs.

Emmanuel Macron disait récemment, à l’encontre de M. Hamon : « Le revenu universel existe déjà, il s’appelle le RSA ». Nous nous contenterons d’ajouter ici que, dans la Rome impériale, il prenait la forme de l’annone, versée gratuitement à une plèbe pauvre et oisive, ainsi sauvée in extremis de la misère (et retenue au bord de la révolte) et qui se divertissait à la taverne et aux spectacles du cirque.

Politique magazine mars 2017 -  Consulter ... S'abonner ...

http://lafautearousseau.hautetfort.com/

09/03/2017

A l'origine des allocations familiales

Jean-Marc Proust rappelle qu'avant le monopole de la sécurité sociale, il y a eu des chrétiens qui ont oeuvré pour une politique familiale :

"Dans la mémoire collective, notre histoire sociale se résume à quelques symboles: les congés payés en 1936, la sécurité sociale en 1945. C’est négliger ce qui les précède comme si la loi se faisait en un jour. L’histoire a retenu la généralisation, ignorant la genèse. De même que nombre d’ouvriers bénéficiaient de congés payés avant 1936, les assurances sociales n’ont pas été inventées en 1945, lorsqu’elles ont devenues universelles et obligatoires. Il faut remonter une trentaine d’années plus tôt pour qu’Émile Romanet «invente» les allocations familiales. [...] Fervent catholique, il s’intéresse de près au sort des ouvriers. L’aide sociale est alors erratique et tient souvent davantage de la charité que des droits. Les syndicats se focalisent sur les salaires et la famille est plus une menace qu’un enjeu. Aussi, est-ce à la fois par le secteur public (ainsi du supplément journalier de 5 centimes par enfants accordé aux salariés du ministère de la Marine en 1860) et par le courant chrétien-social que surgit un «mouvement d’aide à la famille.»

Car, tout au long du XIXe siècle, le courant chrétien-social porte des idées novatrices: ainsi de Charles de Montalembert, qui demande l’interdiction du travail des enfants, de Frédéric Ozanam ou d’Armand de Melun, révoltés par l’étendue de la misère ouvrière, ou encore d’Albert de Mun, qui fonde des cercles ouvriers, sans oublier Frédéric Le Play qui publie La réforme sociale en France en 1864. Avec l’encyclique Rerum novarum  (1891) qui pose la question de la justice dans le salaire, plusieurs industriels vont mettre ces idées en application.

Peu après, Léon Harmel, industriel champenois, entend créer une «usine chrétienne», où les ouvriers gèrent des caisses de secours ou de crédit, des cercles d’études ou des associations religieuses… Il crée un «supplément familial au salaire».

« Cette institution, bien qu’entièrement alimentée par la caisse patronale, est gérée complètement par une commission ouvrière, qui se réunit chaque semaine, prend connaissance des salaires insuffisants et les complète en nature, au gré des familles. »

Dans le département de l’Isère, où travaille Romanet, les premiers réseaux de protection sociale se sont constitués au XIXe siècle: on y trouve plusieurs sociétés de charité, bienfaisance ou de prévoyance, des caisses de retraites des ouvriers… Entre logement et famille, chez les patrons chrétiens, la fibre sociale est intimement liée à la foi. Ils n’hésitent pas à assumer ce qui nous apparaît aujourd’hui comme du paternalisme. [...]

Avec la confiance de Joya père, puis fils, Émile Romanet s’emploie régulièrement à améliorer le sort des ouvriers, faisant grincer quelques dents dans le patronat… En 1906, il crée un conseil d’usine, préfiguration des comités d’entreprise, et met en œuvres diverses mesures: retraite supplémentaire, salle de lecture, jardins ouvriers, bureau de placement… Pour qu’il devienne le «père» des allocations familiales, il faut juste un déclic. Qui survient le 6 octobre 1916, en pleine bataille de Verdun, lorsque le gouvernement invite les Français à souscrire un emprunt de guerre. Romanet relaie l'information auprès des ouvriers. Ceux-ci lui disent qu’ils n’ont pas les moyens d’y participer, «avec leurs charges de famille.» Et l’invitent à faire une «petite enquête» pour voir «ce qui se passe dans les familles ouvrières». [...]

Peu après, Romanet convainc le Syndicat patronal. En novembre les «bonifications familiales» sont généralisées dans l’Isère, en Savoie et Haute-Savoie –avec quelques mesquineries ici ou là. [...]

Au même moment, et sans se connaître, Émile Romanet et Émile Marcesche ont alors l’intuition des caisses de compensation, alimentées par des cotisations des employeurs en proportion des heures travaillées et des salaires versés. Cette mutualisation des charges donne l’élan nécessaire à la généralisation des allocations familiales. En avril 1918, le Syndicat patronal des constructeurs mécaniciens et fondeurs de l’Isère, Savoie et Haute-Savoie donne l’exemple. Après-guerre, plusieurs branches industrielles s’en emparent: Syndicat national des constructeurs mécaniciens et fondeurs, Union des industries métallurgiques et minières, Bâtiments et travaux publics… En parallèle, sous «l’influence des cercles catholiques et des syndicalistes chrétiens (la CTFC)», les caisses de compensation interprofessionnelles se développent: 81 en 1922 , 160 en 1925, 230 en 1930, pour 1,8 millions de salariés bénéficiaires. Seul le petit commerce y reste hostile.

La suite est plus connue. En 1928 et 1930, sous Poincaré, la loi sur les assurances socialescouvre la maladie, la vieillesse et l'invalidité, puis, en 1932, le dispositif des allocations familiales est généralisé par la loi Landry. Toutes ces mesures seront unifiées en octobre 1945 dans le cadre global et obligatoire de la Sécurité sociale. L'État a pris le relais des initiatives patronales."

L'Etat a surtout confisqué les caisses d'allocations familiales et monopolisé ce système qu'il contrôle désormais et qu'il peut mettre... sous condition de ressource.

Michel Janva

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07/03/2017

Intervention de Marine Le Pen à la Confédération des PME (CPME) | Marine 2017

05/03/2017

Quand le darwinisme agroalimentaire fait le malheur des agriculteurs.

Le Salon de l'agriculture vient d'ouvrir ces portes samedi dans un climat morose pour les campagnes françaises et ceux qui en travaillent la terre : 2016 a été une « année noire pour la « ferme France » », comme le titre La Croix dans son édition dominicale. Ce que l'on peut illustrer, par exemple, par le fait inquiétant que « le nombre de défaillances dans le secteur du lait n'a cessé d'augmenter l'an dernier. (…) Elles ont fait un bond de 30 %, la Bretagne étant même en première ligne avec 100 entreprises d'élevage en redressement ou liquidation, deux fois plus qu'en 2015 » (Le Figaro, samedi 25-dimanche 26 février 2017). « Nombre d'agriculteurs travaillent à perte », est-il écrit dans ce même article... Et La Croix de renchérir en soulignant que « près de 132.000 (exploitants agricoles) – soit le tiers de l'effectif global - auraient touché, cette année-là (2015), un salaire inférieur à 354 euros mensuels, soit moins que le Revenu de solidarité active (RSA) ». Oui, vous avez bien lu : moins de 354 euros mensuels pour des personnes qui travaillent souvent plus de 50 heures par semaine ! Un véritable scandale qui ne s'est pas démenti en 2016, bien évidemment... C'est une situation économique et sociale difficilement tenable, mais qui, malgré tous les plans et toutes les promesses gouvernementales, est devenue structurelle, comme si la République avait, là aussi, baissé les bras et cédé devant des pressions et des habitudes économiques liées à la mondialisation et au capitalisme dominant et « néo-féodal » (le sens du service en moins).

Car il faut bien désigner ce qui a rendu possible cette situation épouvantable pour les hommes et femmes des champs et des étables : un capitalisme débridé qui ne compte qu'en termes comptables et de profits démesurés, aux dépens du travail et des travailleurs, mais aussi des animaux, des végétaux et des espaces rapportés à leurs potentialités productives, sans regard ni pour l'environnement ni pour la biodiversité locale, pourtant souvent adaptée, sur le plan agricole, à son milieu d'origine et d'exploitation parfois multiséculaire. Ce capitalisme prend les formes du productivisme et d'une sorte de « darwinisme agroalimentaire » qui réduit à quelques espèces seulement le catalogue des plantes et des bêtes agricoles : sait-on que, chaque année, plusieurs dizaines de milliers d'espèces végétales et animales disparaissent de par le monde et que, pour la plupart, ce sont des espèces agricoles ? En France même, si l'on s'intéresse au bétail, il sera facile de constater les ravages de cette sélection qui n'a rien de naturelle... D'ailleurs, la vache Bretonne Pie-noire, dont Fine, la tête d'affiche du Salon de l'agriculture 2017, est issue, a bien failli disparaître il y a quelques années alors que l'on en comptait environ 1,4 millions de spécimens en 1850 et seulement 2.500 en 2010. D'autres, comme la Brayonne, la Cotentine ou la Bretonne Pie-rouge, n'existent plus du tout, et seules quelques photos de foires et marchés anciens attestent de leur existence passée...

agriculture-assassinee-3eme-edition.net.jpgDans son livre « L'agriculture assassinée » publié dans les années 1980, le journaliste agricole royaliste Jean-Clair Davesnes, connu aussi sous le nom de Paul Serry dans les colonnes d'Aspects de la France (l'ancien titre de l'Action française), dénonçait avec une virulence particulière le processus des années 1950-1970 qui avait mené l'agriculture française à la dépendance aux marchés mondiaux et à l'endettement qui en avait, par le même mouvement, résulté, mais aussi fustigeait  l'imposition d'un modèle d'agriculture de moins en moins paysanne et de plus en plus « rentable » (surtout pour les grands groupes agroalimentaires) à défaut d'être de qualité : « En une génération, des dizaines de races bovines ont été anéanties ou réduites à quelques unités de musée, des éleveurs indépendants et responsables sont devenus des agents d'exécution appuyant sur un bouton pour distribuer de la nourriture en granulés ou mettre en marche un tapis roulant évacuant le fumier.

« Pour en arriver là, il a fallu mettre en œuvre une politique violente de contrainte et de destruction dont les trois éléments furent la Loi de l'élevage de 1966 (1) – qui a fait proliférer une bureaucratie inutile, sclérosante et parfois stupide -, la dictature de l'insémination artificielle – qui a anéanti l'indépendance des éleveurs en leur enlevant le moyen même de cette indépendance c'est-à-dire la sélection de leur cheptel et le choix des géniteurs -, enfin l'utilisation généralisée de la Frisonne-Holstein – qui a transformé la vache laitière en usine à lait, « robotisé » le travail de l'éleveur et appauvri de façon dramatique tout le potentiel génétique du cheptel bovin français. (…)

« La réduction des races dans les différentes espèces animales domestiques a toujours été l'objectif de certains esprits simplificateurs voulant appliquer à l'agriculture et à l'élevage les méthodes de production employées dans l'industrie. (…)

« Dans l'espèce bovine, c'est l'insémination artificielle qui a été le vecteur de l'élimination des races. (…) Un autre facteur d'élimination des races bovines fut le développement de la production laitière, la constitution d'énormes complexes industriels laitiers, privés ou coopératifs, ou les deux à la fois, où s'enchevêtrent de multiples intérêts n'ayant rien à voir avec ceux des producteurs de lait mais pour lesquels une seule chose compte : la production de masse. »

Ce darwinisme agroalimentaire, qui semble mineur à première vue, est l'une des causes de la crise actuelle des éleveurs français (mais elle n'est évidemment pas la seule !), et il s'inscrit dans une logique qui est celle de la massification et de la Grande distribution : celle-ci prend les traits, en France, des élevages suréquipés en informatique (2), mais aussi de ces hangars qui enferment des dizaines de milliers de poulets ou de cette « ferme des mille vaches », ferme concentrationnaire de bovins, que dénonce régulièrement Alain Finkielkraut et les syndicalistes de la Confédération Paysanne, malheureusement en vain...

Si l'on veut sauver les agriculteurs français, il faudra bien un jour penser un autre modèle que celui qui orchestre depuis trop longtemps le malheur des campagnes... L'agriculture biologique et locale, encore faible en poids économique et social, peut participer de ce nouveau modèle souhaitable et nécessaire d'une agriculture paysanne qu'il s'agit de promouvoir et d'étendre, au bénéfice des femmes et des hommes qui veulent vivre de leur travail, à la terre comme à l'étable, mais aussi des consommateurs.

Notes : (1) : La Loi sur l'élevage du 28 décembre 1966, signée par Edgar Faure mais préparée sous son prédécesseur Edgard Pisani par Jacques Poly, un généticien, compte 18 articles qui organisent la sélection et l'insémination des bovins, ovins, caprins et porcins selon des critères appréciés, en définitive, par les généticiens et le Ministère de l'agriculture, et les rendent obligatoires, sous peine d'amendes : c'est la mise sous tutelle de la reproduction animale agricole pour les espèces sus-citées, au nom de « l'amélioration génétique du cheptel »... A relire les articles de cette loi, j'avoue un certain malaise et une certaine inquiétude : c'est une loi qui peut rappeler bien des souvenirs à ceux qui ont lu les textes d'anticipation d'Orwell et d'Huxley...

(2) : un équipement informatique et de robots, désormais très « tendance », mais rarement rentabilisé : « c'est encore une source importante et supplémentaire d'endettement », me disait un agriculteur de la vieille école il y a quelques années, en signalant aussi que « la mise aux normes, principalement européennes » grevait aussi lourdement le budget des éleveurs.

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04/03/2017

La critique de la société de consommation par les royalistes en 1968.

En préparant un sujet d'oral pour des élèves de classe préparatoire sur « les Trente Glorieuses » et en travaillant, presque dans le même temps, sur les royalistes dans les années 1968-1971, je suis retombé sur quelques textes de Pierre Debray, ce maurrassien atypique qui a eu le mérite d'ouvrir quelques pistes de réflexion nouvelles depuis les années 1950 jusqu'à la décennie 1980, pistes parfois plus ou moins heureuses mais toujours intellectuellement stimulantes. J'ai, en particulier, été très marqué par son idée que Ford avait été, en définitive, plus novateur et révolutionnaire que Marx et Lénine réunis, ce que Debray explique dans cet article publié par Aspects de la France (le titre de l'hebdomadaire de l'Action Française de 1947 à 1992) en 1968, quelques mois après les fameux événements de Mai, et dont il ne me semble pas inutile de reproduire ici quelques extraits :

« On oublie trop que les Américains ont réussi une révolution moins spectaculaire mais plus efficace que l'Octobre rouge des bolcheviques. Son Lénine fut un constructeur d'automobiles de Detroit, Ford, qui découvrit que les patrons commettaient une faute de calcul en n'accordant qu'à contre-cœur, sous la pression de la grève, des augmentations de salaires aux ouvriers. Si ceux-ci gagnaient assez d'argent, ils achèteraient des autos. Les marges bénéficiaires baisseraient mais les ventes augmenteraient, d'autant qu'en produisant davantage on réduirait les prix de revient. M. Ford voyait dans cette opération un avantage supplémentaire : les petites entreprises qui ne pourraient supporter l'élévation des charges salariales seraient obligées de fermer leurs portes ou de fusionner avec les firmes les plus puissantes. Ce qui advint. L'industrie de l'automobile se concentra, au bénéfice de deux ou trois compagnies, dont Ford.

« Ainsi fut développée cette fameuse société de consommation que nos « enragés » (1) vilipendent sans bien savoir de quoi ils parlent. »

Cette analyse était d'autant plus intéressante qu'elle rejoignait la double préoccupation des traditionalistes qui s'inquiétaient à la fois d'un mode de société détruisant les formes anciennes et souvent rassurantes de l'Ordre « éternel » et de la civilisation de l'être (inquiétude qu'avaient mis en mots, sous des formes différentes, Bernanos et, de l'autre côté de la Manche, Tolkien) et d'une révolte qui se voulait révolutionnaire et tout aussi destructrice des bases de la société « de toujours »... Debray considérait, à la suite de son maître Maurras, que la tradition, qui se devait d'être critique pour être complète et efficace, était la condition même de la pérennité de toute société, de son être profond, de son âme. (2)

« Quand l'école d'Action française condamne la société de consommation, elle sait parfaitement ce que cela veut dire. Il s'agit de la révolution copernicienne opérée par Ford le jour où il a compris que désormais il ne fallait plus produire pour consommer mais consommer pour produire. C'est que le grand problème n'est plus de fabriquer mais de vendre. (…) Comment écouler les milliards d'objets qui sortent chaque jour des usines sinon par l'organisation scientifique du gaspillage ? Nous entrons dans l'ère du gadget, ce qui ne sert à rien, (…) le produit idéal, puisqu'il n'est pas nécessaire de l'utiliser pour avoir besoin de le remplacer. Chacun peut acheter autant de gadgets qu'il en a envie. Le seul problème est précisément de lui en donner l'envie. La publicité s'en charge. »

Cette société de consommation s'appuie sur ce que Konrad Lorenz appelait la « néophilie », cet amour de la nouveauté permanente et qui permet, justement, d'écouler nombre de produits que la mode présente comme « nécessaires » quand, pourtant, ils ne sont, la plupart du temps, que superflus. Elle est aussi la mise en valeur de la tentation, soutenue par le crédit à la consommation qui n'est rien d'autre que l'endettement des consommateurs : en somme, l'aliénation à la marchandise et l'enchaînement par la dette...

Ainsi, la révolution Ford désarme-t-elle, effectivement, toute révolution politique qui voudrait remettre en cause l'ordre établi par (et pour) le capitalisme. D'ailleurs, Henri Mendras, dans son livre « La Seconde Révolution française, 1965-1984 », confirmera la fin des espérances politiques  et la « désacralisation des grandes institutions », dont le Parti Communiste et les syndicats ouvriers, entre autres.

La critique royaliste de la société de consommation n'a pas, après Mai 68, rencontré le succès qu'elle méritait mais, aujourd'hui, les héritiers de l'Action française, y compris post-maurrassiens ou fort critiques à l'égard de Maurras, peuvent constater qu'elle a infusé dans le monde des idées et des revues, et que « l'écologie intégrale », prônée par le pape François, rejoint quelques unes des intuitions et préoccupations monarchistes évoquées par Pierre Debray au cœur même des « Trente Glorieuses »...

Notes : (1) : Il s'agit des gauchistes et anarchistes de Mai 68 qui, à l'époque, connaissaient un certain succès et apparaissaient comme la forme la plus virulente de la contestation du « système » que symbolisaient à la fois le général de Gaulle (pourtant fort « traditionnel ») et la société de consommation de ce que Fourastié n'avait pas encore appelé « les Trente Glorieuses »...

(2) : Est-ce suffisant pour qu'une société vive et s'inscrive dans le temps long et de plus en plus mouvant de notre contemporanéité ? La tentation, à laquelle n'ont pas échappé nombre de « conservateurs », a été de croire en un temps « invariable » et de vouloir figer les rapports sociaux, au risque d'étouffer eux-mêmes toutes les possibilités d'une « tradition vivante » et, d'une certaine manière, empirique. Au lieu d'enraciner, ils ont plutôt desséché les traditions qu'ils prétendaient servir ou sauvegarder : or, une tradition sèche est condamnée à n'être plus, me semble-t-il, qu'une nostalgie stérile...

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03/03/2017

La nécessité de désétatiser demeurera

Jour après jour la campagne présidentielle française s'embourbe dans un caniveau d'affaires plus ou moins manipulées et dans un écheveau de manœuvres obliques. Sans même parler en lui-même du feuilleton géré pendant un mois par le parquet national financier et la magistrature syndiquée, cette évolution a pollué tout débat de fond sur les besoins du pays. Et, en haut lieu, on a indiscutablement décidé de faire ainsi détourner l'attention et à éviter les vraies questions.

Les provocations et digressions se sont ainsi accumulées. Plus on examine, par exemple, les réactions aux propos algériens de M. Macaron, plus on constate l'afflux de commentaires convergents de Français outragés. Une couche y a été rajoutée quand il a repris la fameuse phrase de Charles De Gaulle au forum d'Alger dont visiblement il ne connaît pas le contexte. Même ma propre réaction m'incite, non pas à me retirer de cette polémique mais à me contenter d'entendre plus encore que d'approuver ceux qui s'indignent de la faute, autant morale que politique d'un candidat qui devrait nous sembler désormais ridicule. Il nous aime, dit-il, passionnément. À la folie. Pas du tout.

Au moment où nous écrivons, et où ce candidat lui-même prétend révéler son mystérieux programme tissu de contradictions, nous savons très bien que nous ne nous apprêtons à élire ni un "sauveur", ni un directeur de l'assurance maladie.

Il apparaîtra en effet de plus en plus clairement, après un demi-siècle de quasi-confirmation plébiscitaire de la suprématie présidentielle, que les assemblées vont jouer, désormais, un rôle beaucoup plus important dans nos institutions. À cet égard quand on entend dire qu'il faut ou que l'on se propose d'instaurer une sixième république, slogan supposé chic et audacieux, on doit évidemment hausser les épaules. Pour ronflante, l'expression se révèle vide de sens. En 1958, Charles De Gaulle avait prononcé, symboliquement place de la République, un discours fondateur. Il mettait les choses au point : "de cette république, on dit qu'elle est la cinquième, en réalité c'est toujours la même."

Dans la constitution actuelle, de nombreuses révisions sont intervenues, certaines de détail, d'autres beaucoup plus cruciales. Citons : l'élection du chef de l'État au suffrage universel direct instituée en 1962, et l'invention de la loi de financement de la sécurité sociale devenue en 1996 le premier budget du pays, ont largement transformé le régime. D'autres tournants y ont contribué y compris les jurisprudences du conseil constitutionnel.

Notons à cet égard que, si certaines dispositions peuvent paraître de peu d'importance, d'autres équilibres résultent de lois que l'on n'a pas incorporées à la constitution : ainsi la loi de séparation de l'Église et de l'État de 1905, si souvent considérée comme essentielle pour l'idée républicaine elle-même, pourrait être abrogée d'un trait de plume. En 2012, pour se prémunir d'un tel danger le grand orient avait fait promettre au candidat Hollande son incorporation à la loi fondamentale. Promesse non tenue, peut-être par pure négligence, plus probablement pour satisfaire une tactique électorale communautariste.

Au moins aussi importante, l'affirmation de Chirac en date du 4 octobre 1995 faisant de la sécurité sociale une sorte de pilier fondateur de l'identité française, n'a cessé depuis plus de 20 ans de produire ses méfaits, dont le premier fut consacré par la réforme constitutionnelle de 1996 étatisant le dispositif. Rappelons que ce plan Juppé porte entre autres la responsabilité du désert médical grandissant dans notre pays, et d'autres conséquences structurelles catastrophiques dans le secteur de la santé, mais aussi la déconstruction de ce qui se voulait depuis la seconde guerre mondiale un soutien de la famille et de la natalité françaises en France, etc.

Un candidat avait-il, dans un discours prononcé le 18 novembre 2016 au palais des congrès, osé critiquer ce prétendu modèle français et affirmé la nécessité de désétatiser ? Comme dans la chanson "il a dit la vérité, il doit être exécuté".

Cependant on doit le dire très fermement. Le programme plébiscité par des millions d'électeurs de droite les 20 et 27 novembre, restera nécessaire, quel que soit le résultat du scrutin présidentiel, au redressement de la France et les manœuvres élyséennes de ces dernière semaines, devront être déjouées. La nécessité de désétatiser la protection sociale demeurera.

Quand les mythes l'emportent sur les faits, il faut lutter pour la vérité.

JG Malliarakis

http://www.insolent.fr/2017/03/la-n%C3%A9cessit%C3%A9-de-...

02/03/2017

Marine Le Pen aux agriculteurs : « Tenez bon ! »

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8811-20170302.jpgLorsqu’elle va à la rencontre de la France qui se lève tôt, il se passe quelque chose. Mais cette fois, il y a indéniablement un truc en plus. Dans l’air et sur les visages, il flotte un parfum de « Serait-ce possible alors ? »

« Je suis venue dire aux agriculteurs français de tenir bon, ils doivent pouvoir vivre décemment de leur travail. Dans cinq ans, si ça continue comme ça, honnêtement je ne sais pas ce qu’il restera. » Le contraste a de quoi frapper : après les huées, les sifflets et les injures sous lesquels François Hollande et Stéphane Le Foll ont parcouru le Salon de l’Agriculture, Marine Le Pen, visiblement heureuse de se trouver là, est ovationnée. Elle va y rester dix heures et demie, record à battre (pas par Fillon qui mercredi matin a annulé sa visite à la dernière minute). « Vas-y Marine, on y croit ! », « Marine présidente ! », « Marine sors-nous de l’Europe ! », « Marine il n’y a que toi ! ».

« A ce point-là, je n’avais jamais vu », nous confirme Philippe Loiseau agriculteur et député européen. « Année présidentielle oblige, mais c’est un indice significatif ». Alors qu’elle est entourée d’un mur vivant et quasi-impénétrable de micros et de caméras, les exposants, agriculteurs et visiteurs écrasés par la cohue, tentent de se frayer un passage pour l’apercevoir, la saluer, l’encourager, grimpant sur des bottes de pailles ou sur les épaules d’un plus costaud qu’eux. Un journaliste qui bouscule une impressionnante charolaise et piétine sa stalle pour obtenir un cliché, se fait « recadrer sévère » par un éleveur : « Oh, ça va pas non ? Racaille, va ! Pour ce que tu vas en faire de tes images, dégage ! ». Ce matin on est loin de la bobosphère et ça fait du bien.

« On est en train de crever »

« Hollande, quand il passe là, il est caché et personne ne peut l’aborder. Il ne discute pas avec nous », confie un agriculteur au micro de RTL. « On veut du changement. On est en train de crever. Et elle nous écoute et nous comprend », renchérit un éleveur. Un visiteur qui du coup ne regarde plus le moindre animal, court vers le cortège, ravi : « Je ne savais pas qu’elle serait là aujourd’hui et ma femme qui l’adore ! ». Le Point se lamente : « Les agriculteurs avouent de plus en plus facilement leur préférence (…) Le programme de Marine Le Pen est celui qui fait la part la plus belle à l’agriculture. » Ceci explique peut-être cela ?

Pas très loin de là, Xavier Bertrand connaît un grand moment de solitude, entouré de Gérald Darmanin (qui aurait dû être porte-parole de campagne de Sarko et qui se recycle péniblement), de cinq malheureux journalistes (je les ai comptés) et d’une passante énervée qui lui criera : « Casse-toi le plan B ! » en le huant copieusement.

Le patriotisme agricole

Après s’être entretenue avec les professionnels de la filière laitière, le CNIEL et la FNPL, Marine Le Pen s’attarde près de Fine, la vache bretonne du Pays de Redon, vedette de ce 54e Salon de l’Agriculture et s’adresse aux éleveurs :

« Il faut franciser les aides versées aux agriculteurs, faire du patriotisme économique et en finir avec la PAC. Il faut arrêter de sous-traiter à l’Union européenne l’avenir de notre agriculture. Il faut sortir d’un cadre qui a abouti à la ruine de l’agriculture, et attribuer directement les aides aux agriculteurs. »

Marine Le Pen veut nationaliser la distribution des aides et organiser cette distribution sur des critères plus justes, réguler les négociations entre grande distribution et agriculteurs et mettre un terme aux traités de libre-échange, CETA et TAFTA. Alors qu’un tiers des agriculteurs vit avec moins de 354 euros par mois, elle appelle au « patriotisme agricole ». Elle préconise que « l’argent des Français serve à acheter des produits agricoles français », que les collectivités locales puissent se fournir auprès des producteurs français et que l’on donne l’avantage aux produits français dans la commande publique et notamment dans le marché des cantines. « Ce qui est interdit par l’Europe aujourd’hui ».

« Tous les autres votent FN »

Arrivée vers 8 h 30 au Salon, Marine Le Pen a déjeuné au stand des DOM-TOM où elle a reçu un accueil de rock star, rencontré la filière porcine, les jeunes agriculteurs qu’elle propose d’aider à s’installer par des mesures de défiscalisation et les vignerons indépendants : « Les vignerons indépendants participent de la grande réputation de nos vins. Il faut les aider à transmettre leurs exploitations. » La candidate a poursuivi sa visite jusqu’à la fermeture, bien après que les poules soient couchées.

Selon la dernière enquête du Cevipof pour Le Monde, Marine Le Pen est créditée de 35 % des intentions de vote chez les agriculteurs. Pour la première fois, le Front national devance Les Républicains anciennement UMP, dans le monde agricole. Agriculteur en Moselle et maire de Sainte-Barbe, Christian Perrin s’en ouvre aux journalistes : « Marine Le Pen a un discours qui est entendu par les agriculteurs, car elle promet de les sortir de la misère. » Si lui-même vote Fillon, il constate qu’ils ne sont plus que « deux-trois éleveurs » à faire comme lui dans sa commune. « Tous les autres votent FN ». Comme chez Villiers en somme…

Caroline Parmentier

Article paru dans Présent daté du 2 mars 2017

http://fr.novopress.info/

01/03/2017

En finir avec l’agriculture industrielle, une impérieuse nécessité

Depuis des millénaires, c’est elle qui nous nourrit. Elle a même longtemps rythmé les vies d’une grande partie de nos aïeux. Et voilà que depuis une soixantaine d’années, l’agriculture prend un nouveau visage : celui d’une machine industrielle de toujours plus tournée vers l’efficacité immédiate, la production de masse et les rendements sur le court terme.

Au passage, elle s’est délestée d’une partie pourtant essentielle de son activité : la préservation de la terre. Saurons-nous réinventer une agriculture pour les siècles à venir ?

Une vidéo proposée par Data Gueule.

21/02/2017

L'idéologie antiraciste mène à une politique de discrimination ethnique en faveur de l'immigré

A l'occasion de la sortie d'Une France soumise : les voix du refus, Caroline Valentin a accordé un entretien fleuve au sociologue Mathieu Bock-Côté, que le FigaroVox publie. Extraits :

6a00d83451619c69e201bb097af8d1970d-200wi.jpg"[...] Toujours est-il que la gauche a, au fil des années, remplacé la figure tutélaire de l'ouvrier par celle de l'immigré, intronisé nouveau damné de la terre, au prix d'une interprétation dévoyée de l'idéologie antiraciste qui s'est installée en Occident au cours du deuxième tiers du XXème siècle. L'antiracisme remplaça la lutte des classes, l'exaltation des différences culturelles introduisant une nouvelle summa divisio de la société permettant de recueillir les votes d'individus que l'on a incités à s'identifier non plus sous l'angle de leurs intérêts de classe, mais de leur appartenance à une minorité ethnique, pour glaner des avantages catégoriels définis spécifiquement pour eux. Et quand la droite accéda à nouveau au pouvoir, elle ne modifia en rien cet état de fait, acquise qu'elle est, elle aussi, au multiculturalisme quoique pour d'autres raisons à rechercher peut-être dans l'adhésion à l'idée de mondialisation heureuse. C'est à cette aune que l'on comprend mieux d'où vient l'inaction de l'État, car si soumission il y a, elle est d'abord idéologique. [...]

En pratique, cette idéologie a conduit nos responsables politiques à adopter - parfois en catimini - une politique multiculturaliste. Le critère de l'ethnie remplace celui de classe sociale. Cette politique à laquelle nos élites se sont converties est en réalité une politique de discrimination ethnique, système dans lequel le modèle républicain n'a plus sa place. Les compromissions, le fait de ne pas appliquer à certaines populations les règles qui sont appliquées aux autres, en sont une illustration. Mais la France va plus loin en adoptant de véritables lois d'exception, dont l'un des volets les plus choquants et les plus délétères est sans doute la «politique de la ville : le regroupement ethnique des immigrés et des Français issus de l'immigration dans certaines villes et quartiers est à la source de la communautarisation d'où part la sécession culturelle violente que nous décrivons. Or ce regroupement ethnique n'est ni le résultat d'une politique d'éloignement ou de ghettoïsation imposée aux intéressés par l'État, ni le fruit du hasard. Il résulte, en partie, d'une volonté commune des populations concernées de vivre près de leurs pairs (même s'ils prétendent le contraire) ; il résulte aussi de l'action de l'État, qui affecte, au bénéficie de ces quartiers et donc de facto de ces seules populations, la très abondante manne de subventions constitutive de la politique de la ville ; et en choisissant d'affecter cette manne sur un critère géographique, l'État agit au détriment des millions d'autres Français pauvres qui ne résident pas dans ces territoires. Il s'agit donc là non pas d'un texte juste qui ne reçoit pas application mais d'un texte injuste qui reçoit application. La captation de ces financements par les populations de ces quartiers, au détriment des autres composantes nécessiteuses de la collectivité nationale dans son ensemble, est aggravée par un autre phénomène qui, là encore, est au préjudice des autres Français pauvres: le très faible turnover dans les logements sociaux de ces quartiers. Comme l'explique le maire d'une commune des Yvelines qui témoigne dans notre livre, l'immigration maghrébine et plus généralement africaine (contrairement à l'immigration italienne, espagnole, vietnamienne ou portugaise) a tendance à garder et transmettre «héréditairement» ces logements sociaux, à en solliciter à côté d'eux pour leurs enfants, et préfère utiliser l'argent qu'ils gagnent ici pour l'envoyer à leurs proches restés au pays ou pour s'y faire construire une maison. Et tout cela, avec la bénédiction de l'État central (via la préfecture) et Action logement (le 1% patronal), malgré la pénurie de logements sociaux qui devraient être alloués sur la base d'un seul critère, savoir, à ceux qui en ont réellement le plus besoin.

Et le constat ne s'arrête pas là : la France s'occupe avec une générosité qui n'a pas son pareil en Europe des étrangers présents sur son sol et leur alloue des aides et des subventions, leur donne un accès à la gratuité des soins qui n'est pas seulement équivalent à celui dont bénéficie les Français qui cotisent à notre système social, mais qui est parfois encore plus généreux (la CMU par exemple, qui permet l'accès à l'assurance maladie aux Français et étrangers non couverts par un système de sécurité sociale, a un volet mutuelle qui rembourse les frais dentaires et optiques non pris en charge par la sécurité sociale, frais que beaucoup de Français des classes populaires ont énormément de mal à financer). Ce que l'on sait moins, c'est le manque atterrant de rigueur dans l'attribution et le contrôle de ces aides, c'est le fait que ce manque de rigueur est parfois même délibéré et que les contrôles qui existent sont parfois plus souples concernant les populations issues de l'immigration. Certains de nos contributeurs témoignent ainsi, scandalisés, de ce que les étrangers en situation irrégulière sont en définitive mieux traités que des Français actifs qui, eux, contribuent financièrement, à titre d'ailleurs obligatoire et souvent à hauteur d'une partie significative de leurs revenus, pour maintenir tant bien que mal ce système à flot. Injustice violente que cette violation d'égalité flagrante, d'autant plus choquante qu'elle est imputable à un renoncement de l'administration dans un pays où pourtant celle-ci est nombreuse et vécue comme très coûteuse précisément par la partie de la population qui la finance et qui finance le système social. Dans ce contexte, où est l'égalité devant les charges publiques? [...]"

par Michel Janva

http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/2017/02/lid%C3%A9...

20/02/2017

Le suicide des agriculteurs est un avertissement

En février dernier, un rapport de l’«Obser­va­toire du suicide» nous apprenait qu’en France, c’est chez les agriculteurs que le taux de suicide est le plus élevé.

Ces derniers mois, deux cas ont touché le Canton. La presse en a beaucoup parlé, évoquant notamment le poids écrasant de la gestion d’un domaine, la modestie des revenus, les investissements considérables que demande la moindre modernisation, les chicanes et paperasseries administratives quotidiennes, l’indifférence des politiciens de droite et de gauche, la difficulté, enfin, de trouver une femme qui accepte de partager ces charges. Ajoutons encore ce fait que le paysan n’est plus reconnu dans sa vocation première, qui est de nourrir la population. On comprend que cela engendre chez certains le sentiment de ne pas avoir leur place dans la société moderne. Les plus chargés ou les plus fragiles en tirent une conclusion désespérée.

Aux yeux d’un financier néo-libéral, la production agricole suisse est un non-sens. Les domaines sont trop petits pour être rentables et – si l’on examine la situation tout aussi précaire des paysans français ou américains – le resteraient même fusionnés par trois ou quatre. La géographie suisse est accidentée voire escarpée. La météo est incertaine. Malgré des revenus agricoles minimaux, les prix sont prohibitifs en comparaison de ceux du tiers-monde. Du pur point de vue du marché, l’agriculture suisse comme source d’approvisionnement alimentaire principale n’a pas d’avenir. Elle ne devrait même pas avoir de passé.

Le marché agricole international est le plus faussé qui soit. D’un côté, le gouvernement, tenu par ses engagements internationaux, prive ses paysans de la protection des frontières au nom du marché libre. Mais en même temps, un reste d’instinct de conservation lui rappelle qu’une défense nationale n’a pas de sens sans autonomie alimentaire. Dès lors, et contrairement aux lois les plus élémentaires du marché, notre gouvernement, comme tous les gouvernements du monde, soutient artificiellement son agriculture par des paiements directs.

Cette pratique schizophrénique se fait largement sur le dos de la paysannerie, que l’on condamne à une agonie interminable, prolongée par des soutiens humiliants, qui ne seraient pas nécessaires si les Suisses payaient leurs aliments à un juste prix.

En ce qui concerne l’internationalisation des échanges, les socialistes sont au fond d’accord avec les néo-libéraux, même si leurs motifs sont moraux plutôt qu’économiques: il faut s’ouvrir, être solidaire, ne pas se replier sur soi-même. La seule prétention à l’autonomie alimentaire, qui se réfère implicitement à une guerre future, révèle un égoïsme et un pessimisme inconciliables avec les idéaux de la gauche.

Il y a aussi comme une incompatibilité fondamentale entre la gauche, toutes tendances confondues, et la paysannerie. Le paysan est un propriétaire et un patron. Il est dynastique, s’inscrivant dans la continuité d’une lignée. Il «gouverne» son domaine. En un mot, il est, fondamentalement, conservateur. Même son ouverture aux nouveautés techniques n’a d’autre but que de pérenniser son exploitation.

Chacun de ces motifs suffit à le rendre suspect aux yeux de la gauche, qui étend et détaille continuellement les lois sur l’aménagement du territoire et la protection de la nature, entre mille autres. Cela touche beaucoup de monde, certes, mais tout particulièrement le paysan.

Philosophiquement, le paysan a le grand tort d’incarner quotidiennement la soumission de l’homme aux volontés du ciel et de la terre, malgré la mécanique, la chimie, la biologie, les organismes génétiquement modifiés et l’informatique. Il a l’audace de rappeler les limites de la volonté humaine à une société qui, de la droite à la gauche, vit dans l’obsession de la maîtrise totale. Et cette évidence-là, on ne l’accepte plus.

La tendance étatiste s’est encore décuplée sous la pression des écologistes. Ceux-ci s’inquiètent pour l’avenir de la planète, alarmés par le réchauffement des mers et les dérèglements climatiques, l’explosion démographique, les risques du nucléaire militaire et civil, la disparition continue de toutes sortes d’espèces animales. Ils veulent à tout prix bloquer l’évolution technicienne du monde et s’arc-boutent sur les freins. Sur le plan politique, la contrainte des lois leur semble seule à même de répondre à l’ampleur des problèmes et à l’urgence dramatique de la situation. Aussi ne se soucient-ils guère des dommages collatéraux causés à la liberté individuelle et à la propriété, fût-elle familiale et non spéculative.

Ils rejoignent les socialistes dans la confiance aveugle que ceux-ci vouent aux lois et à l’administration. Ils refusent de voir que l’idée la plus excellente – sans parler des mauvaises – change complètement de nature quand on la transforme en articles constitutionnels, lois, ordonnances et règlements d’application. L’idée vivante se dégrade en une procédure morte qui se décompose dans les canaux de la bureaucratie, détachée de sa finalité, fonctionnant pour elle-même, échappant au contrôle des politiques, incapable de se réformer jamais.
L’idée, sans doute jamais formulée, mais sous-jacente à cette évolution, est que le paysan doit cesser de vouloir nous nourrir, puisqu’on trouvera toujours de la nourriture moins chère ailleurs dans le monde! Qu’il se contente d’entretenir le paysage! Un statut analogue à celui d’employé des parcs et jardins lui conviendrait très bien.

Le suicide des agriculteurs est un avertissement. Il préfigure celui d’une modernité qui vit et croît dans un monde hors-sol et rejette ceux qui ne veulent pas l’y rejoindre.

Source

http://www.voxnr.com/8159/le-suicide-des-agriculteurs-est...

19/02/2017

Un nouveau cauchemar fiscal de la gauche : l’impôt conjugal

Avec la réforme, chacun sera imposé sur ce qu’il gagne en propre, ce qui fera augmenter mécaniquement le montant des impôts pour 80 % des couples.

Le revenu universel de M. Hamon (750 € par mois pour chaque Français) coûterait 400 milliards (plus que le budget actuel !). Le prétendant socialiste, après avoir fait rêver ses supporters et s’apercevant, sans doute, que sa proposition est utopique, ne promet pour le prochain quinquennat que d’augmenter le RSA à 750 € par allocataire et de le rendre automatique. Cependant, il faudra trouver 50 milliards de plus alors que le déficit budgétaire actuel (monstrueux !) est de 70 milliards et que l’impôt sur le revenu n’en rapporte que 55 ! Pour rassembler des fonds, M. Hamon propose de lutter contre la fraude. Selon lui, l’évasion fiscale coûterait 80 milliards, chiffre sans doute juste, mais sans aucun intérêt puisque personne, même les plus radicaux, ne sait comment taxer efficacement les multinationales.

Mais M. Hamon a surtout en tête une prétendue fraude facile à terrasser : l’impôt conjugal qui induit, selon lui, 22 milliards de pertes. Eurêka ! son programme est financé ! Mais les conséquences de cette révolution fiscale seront épouvantables.

Actuellement, un couple déclare en commun ses revenus. Avec la réforme, chacun sera imposé sur ce qu’il gagne en propre, ce qui fera augmenter mécaniquement le montant des impôts pour 80 % des couples.

En 2016, si M. X gagne 5.600 € par mois et que Mme X reste à la maison pour élever leurs deux enfants, le couple paie 6.200 € d’impôt sur le revenu. Avec la réforme de M. Hamon, il en paiera 12.000 ! Peut-être, alors, Mme X aura-t-elle droit au RSA. J’en doute, car le coût de ce dispositif deviendrait ingérable ! Mais M. et Mme X sont sans doute, aux yeux de M. Hamon, des salauds de riches… Les couples de cadres moyens seront, eux aussi, rackettés. Si l’épouse gagne 2.000 € par mois et le mari 4.000 €, ils paieront 1.500 € de plus s’ils ont deux enfants ! Toujours avec deux enfants, si le mari est seul à travailler pour 2.500 € mensuels, le couple paiera 630 € de plus !
Le Trésor, qui a déjà étudié un tel projet, est moins optimiste que M. Hamon et pense ne récupérer que 5 milliards. L’individualisation de l’impôt est une conséquence logique de la retenue à la source, avec son corollaire : la diminution de la CSG pour les revenus les plus modestes, compensée par une augmentation équivalente de l’imposition des classes moyennes (à partir de 3.000 euros par mois). Les cadres supérieurs ont été laminés par la baisse du quotient familial et des allocations familiales. À 6.000 € mensuels, ils ont perdu 2.000 € par an et par enfant ! M. Hamon les dépouillerait de 10.000 à 15.000 € de plus ! Pourquoi continueront-ils à travailler ? Supprimer l’impôt conjugal est une vieille revendication des féministes (pour contrer ces machos qui empêchent leurs épouses de travailler, puisque tout revenu supplémentaire est mangé par l’impôt).

M. Macron, toujours à la recherche d’idées qui semblent modernes, a pour sa part promis de laisser le choix au couple (20 % ont intérêt à taxer séparément leur salaire). Mais le Trésor a refusé, en 2015, d’adopter une telle mesure car la perte n’avait pas été encore évaluée.

Les candidats de gauche n’ont-ils donc rien d’autre à proposer pour réformer la fiscalité que des projets auxquels François Hollande a déjà dû renoncer ?

http://www.bvoltaire.fr/christiandemoliner/nouveau-cauche...

CETA : une catastrophe annoncée

Le CETA est « l’accord économique et commercial global » (AECG) conclu entre l’UE et le Canada approuvé aujourd’hui par les députés européens. C’est 1 600 pages de règles, qui prévoient entre autre de supprimer 99% des droits de douane et de mettre en place un tribunal arbitral « indépendant » pour régler les litiges commerciaux.

Un rapport rendu public le 18 janvier dernier (disponible ici), qui émane de députés membres de la commission des affaires européennes de l’Assemblée nationale, se penche sur la dangerosité des effets du Ceta. Il met en lumière les risques concernant la souveraineté, l’agriculture, les destructions d’emplois et un passage est consacré à la production agricole.

Concernant l’élevage français

Les filières bovines et porcines françaises vont prendre de plein fouet cette nouvelle concurrence étrangère, sans aucun moyen d’y faire face. « L’AECG représente une menace majeure pour l’élevage en France L’AECG vise avant tout à réduire, voire supprimer les barrières douanières qui, actuellement, protègent certains secteurs économiques européens (et canadiens), au premier rang desquels l’agriculture. Toutefois, parce que les produits agricoles sont particulièrement sensibles, ce démantèlement s’est accompagné, pour nombre d’entre eux, de l’application de quotas. C’est ainsi que le Canada ne pourra exporter, libres de droits, que 50 000 tonnes de viande bovine et 75 000 tonnes de viande porcine par an.

Or, il est évident que ces quotas d’importation – qui ne prennent d’ailleurs pas en compte la sortie prévue du Royaume-Uni de l’Union européenne – risquent de déstabiliser des filières d’élevage qui sont particulièrement fragiles dans notre pays. Nous avons tous en mémoire les récentes manifestations des éleveurs de porc contre la chute des cours. De même la filière bovine française représente une activité importante dans les zones de montagne qui, confrontée à cette nouvelle concurrence, risque fort de mourir. »

Concernant le tribunal arbitral international

Les multinationales canadiennes ont désormais la possibilité de passer outre les législations nationales et européennes pour imposer de nouvelles réglementations. Une vraie catastrophe pour notre souveraineté ! La France ne sera plus en mesure de protéger ses intérêts économiques et commerciaux par sa législation ! N’importe quelle entreprise pourra remettre en question les règlementations.

« L’un des principaux risques identifiés de l’AECG, qui a fait l’objet de très nombreux débats et analyses depuis deux ans, est le mécanisme de règlement des différends entre les États et les investisseurs (RDIE) qu’il contient. En effet, l’AECG créera des droits aux investisseurs que ceux-ci seront susceptibles d’invoquer s’ils les estiment lésés par une décision législative ou règlementaire d’un Etat-membres. Toutefois, l’originalité de l’AECG est de permettre auxdits investisseurs de porter leur différend non pas devant les juridictions nationales de l’État concerné mais devant une juridiction internationale ad hoc. C’est ainsi que l’interdiction d’un OGM ou la décision d’abandonner l’énergie nucléaire serait réglée, au choix de l’entreprise, soit par les juridictions européennes (ou, le cas échéant, celles de l’État-membre concerné) ou canadiennes, soit une Cour internationale d’investissement. »

Concernant les destructions d’emplois

« Si la Commission européenne est optimiste quant aux effets économiques de l’AECG, dont elle espère un surcroît d’activité économique et donc d’emplois, d’autres analyses se sont révélées au contraire très pessimistes. C’est ainsi qu’une étude publiée par l’Université américaine de Tufts 5, s’appuyant sur le modèle des politiques mondiales des Nations-Unies, conclut à :

– la disparition de près de 230 000 emplois cumulés au Canada et dans l’UE, dont un peu plus de 200 000 dans l’Union seule, d’ici à 2023 ;

 la disparition de près de 45 000 emplois en France par rapport au scénario « sans AECG » d’ici 2023. »
http://www.contre-info.com/ceta-une-catastrophe-annoncee#... |

14/02/2017

Proudhon vu par les royalistes (partie 2) : différences et points d'accord.

Je poursuis ici ma réponse sur P.-J. Proudhon et sur ce qui peut intéresser les royalistes dans sa pensée. Rappelons qu’il ne s’agit évidemment pas d’annexer Proudhon ou d’en faire un royaliste qu’il n’a jamais été : ce qui n’empêche pas d’en parler avec toute la liberté possible et sans préjugé. Certains voudraient que les frontières politiques soient infranchissables et prônent, d’une manière certaine, une forme de repli sur les positions déjà établies : le royalisme contemporain tel que je l’envisage ne doit pas avoir de telles attitudes de fermeture intolérante et, en définitive contreproductives. Pour autant, il n’est pas question non plus de céder aux facilités intellectuelles d’un conformisme qui ne peut rien apporter de bon au combat royaliste, qui est un combat d’exigence… La rigueur dans la pensée permet la véritable discussion, celle qui fonde le débat intellectuel et l’action politique.

Proudhon était hostile à l’Église, ce qui n'est pas forcément notre cas, même si notre position politique est celle de l'indépendance de l’État à son égard, ce que peut comprendre un lecteur attentif de Proudhon qui constatera que ce dernier n'est pas, en soi, un anticatholique et qu'il la rejoint même sur la lutte pour la préservation du repos dominical, comme le montre son texte «  De la célébration du dimanche »...

Il était aussi hostile au Pouvoir de l’État, et n'a eu de cesse de dénoncer la Révolution en ce qu'elle avait marqué un renforcement du Pouvoir par la centralisation et, pire encore, par le centralisme symbolisé par le jacobinisme, idéologique comme étatique. En cela, il rencontre une écoute attentive des monarchistes contre-révolutionnaires, et particulièrement aux XXe et XXIe siècles : dans les années 1910, quelques intellectuels royalistes sociaux fonderont, avec le soutien de Charles Maurras et de Georges Sorel (socialiste fervent et antiparlementaire), le « Cercle Proudhon », tandis que la pensée de Proudhon sera enseignée, avec des commentaires et des critiques mais sans acrimonie, par les monarchistes, de la revue « L'Ordre français » aux militants engagés dans la Nouvelle Action Française des années 1970. Loin d'en faire un maître, les royalistes voient en Proudhon une référence intéressante, un « socialiste français » dont nombre d'idées peuvent s'accorder à un royalisme « de combat » contre le système du Pouvoir-Moloch républicain. Sa défiance à l'égard du rousseauisme est aussi un élément que les royalistes considèrent favorablement. 

Proudhon n'est pas corporatiste mais les corporations d'Ancien régime sont une manifestation professionnelle de la subsidiarité nécessaire, selon les monarchistes, à une organisation équilibrée des territoires de France. De plus, Proudhon, sans être royaliste, reconnaît quelques qualités à la Monarchie, comme cette citation le révèle : «  Un homme qui travaille à assurer sa dynastie, qui bâtit pour l'éternité est moins à craindre que des parvenus pressés de s'enrichir et de signaler leur passage par quelque action d'éclat. » Alors, pourquoi n'en ferions-nous pas état ? Nous ne sommes pas sectaires et nous prenons aussi notre bonheur là où il se trouve, chez Proudhon l'anarchiste comme chez Orwell ou Brassens !

Le révolutionnaire Blanqui, lui aussi, aurait beaucoup à apporter à notre réflexion, malgré son anti-monarchisme virulent. Mais Proudhon nous apporte plus, et plus immédiatement. Quant à la Commune de mai 1871 et à son terrible châtiment, il suffit de relire Georges Bernanos, ce royaliste colérique et si ardent qu'il brûle encore la République aux doigts, pour bien saisir combien le « sinistre Thiers », celui-là même qui établira la République bourgeoise en empêchant la restauration d'un roi (le comte de Chambord considéré comme « trop socialiste » par les élites financières de l'époque), n'a rien de royaliste ! Qu'il ait été ministre sous Louis-Philippe, bien avant la Commune, n'y change rien, car il apparaît, pour les historiens comme pour les monarchistes (y compris du XIXe siècle), comme l'incarnation même de la « bourgeoisie égoïste et sans cœur », celle qui a trouvé en la République son meilleur moyen institutionnel de domination et de répression. Signalons en passant que la République sera moins avare du sang ouvrier que la Monarchie, dont les trois derniers rois déchus se refuseront, en tant que « père du peuple », à faire tirer sur les manifestants, et préféreront y perdre, non leur honneur, mais leur trône... « Le droit du Prince naît du besoin du Peuple », comme le rappelait Pierre Boutang.

Dans la fin de votre propos, vous vous en prenez à Pierre Bécat, bien à tort quand on connaît son œuvre et son état d'esprit, d'une grande générosité et ouverture intellectuelle. Qu'il soit royaliste est indéniable et il en était fier, comme nous sommes fiers de le lire, de le commenter et de le republier.  La lecture de « L'anarchiste Proudhon, apôtre du progrès social » montre toute la complexité d'une pensée proudhonienne qui mérite mieux que la répétition de quelques formules toutes faites et de préjugés tenaces mais, en définitive, faux : Bécat évite quelques écueils de la « pensée facile » qui n'est rien d'autre, le plus souvent, qu'une « pensée paresseuse ».

Une dernière remarque : pour mon compte personnel, ce n'est pas à l'école de la République que j'ai rencontré Proudhon, jamais évoqué durant ma quinzaine d'années de scolarité obligatoire par cette école qui se dit publique. C'est, au début des années 1980, lors d'une université d'été royaliste, le Camp Maxime Real del Sarte, que, pour la première fois, j'ai entendu parler de Proudhon autrement que comme un simple nom perdu dans un dictionnaire : est-ce, au regard de ce qui a été écrit ci-dessus, si étonnant que cela ?

http://www.nouvelle-chouannerie.com/index.php?option=com_...

Proudhon vu par les royalistes (partie 1) : La question de la propriété.

Sur l’un des sites du Groupe d’Action Royaliste qui propose un texte sur Proudhon tiré d’un livre de Pierre Bécat, historien qui ne cachait pas ses opinions monarchistes, un contradicteur nous a fait part de sa réaction, dont je reproduis ici quelques extraits, suivis de la réponse que je lui ai faite, en toute courtoisie. Cette réponse, ici présentée en deux parties pour en faciliter la lecture, est évidemment trop courte et incomplète, et il y faudrait même plus de références et de commentaires, mais elle me semble apporter quelques éclaircissements sur l’intérêt que la pensée de P.-J. Proudhon peut avoir pour la réflexion politique des royalistes, au-delà des raccourcis et des préjugés…

Le commentaire du contradicteur :

« Vous voir dévoyer à ce point là pensée de Proudhon me ferait éclater de rire si je n'étais pas trop impressionné par l'aplomb avec lequel vous le faites ; encore un petit effort et vous arriverez à nous faire croire que la terre est ronde. "La propriété c'est le vol" : la monarchie s'accompagnerait donc d'une abolition de la propriété ? Dans "De la justice dans la révolution et dans l'église", il s'oppose radicalement à cette dernière. Je cite encore Proudhon "L'anarchie c'est l'ordre sans le pouvoir" comment pouvez vous prétendre concilier la monarchie avec cela, là où un roi est placé au dessus du commun des pauvres mortels que nous sommes (c'est d'ailleurs ce qui fait de lui un roi).

« De plus les "corporations" auquel votre document renvoie nous parleraient de la pensée fédéraliste de Proudhon qui ne peut en aucun cas, encore une fois, aller de pair avec le système monarchique auquel la hiérarchie est inhérente et qui reste donc incompatible avec L'anarchie. 

« Comble de l'offense, vous citez pour clore, "Lettre à Blanqui", ce dernier était un communard et un révolutionnaire, il s'est opposé toute sa vie à la monarchie contre Charles X puis Louis Philippe, il a créé "Ni dieu ni maitre" (tout est dans le titre), il a lutté jusqu'à la fin de sa vie pour l'amnistie de ses camarades retenus par le gouvernement Thiers. Ce dernier est un monarchiste et il a déclaré à propos de la commune "qu'on la fusille" ; cette dernière se battait pourtant pour l'égalité sociale réelle et encore un fois vous tirez sur le peuple. J'aurais sans doute encore beaucoup de choses à vous dire mais au fond de moi je pense que vous êtes de ceux incapables de changer d'avis même si mon côté positif se dit que vous pourriez reconnaître qu'effectivement citer Proudhon n'était pas très pertinent pas plus qu'une référence Blanqui à la fin. La quasi totalité de votre travail est basé sur les interprétations très objectives (ironie) de Pierre Bécat un idéologue, oh quel hasard, à tendance royaliste/extrême droite réactionnaire.

« P.S: J'ai pris le temps de lire votre propagande et de taper ce pavé incomplet, j'espère très naïvement que vous renoncerez à nous faire croire que Proudhon était royaliste car c'est une imposture intellectuelle parmi tant d'autres… »

Ma réponse :

Bonjour et merci de votre commentaire qui va nous permettre de préciser quelques points :

Tout d'abord, et si vous nous lisez attentivement, vous pourrez constater qu'il n'est pas dans notre intention ni dans celle de Pierre Bécat de faire de Proudhon un royaliste mais de traiter de ce qu'il a écrit et pensé, et des liens forts que cette pensée, vaste et complexe, peut avoir avec les réflexions faites par les royalistes, au-delà, donc, des seuls positionnements ou étiquettes politiques. Il se trouve que Proudhon défend des valeurs familiales, des traditions professionnelles et les libertés provinciales qui sont, il me semble difficile de le nier, indissociables des valeurs traditionnelles de l'ancienne Monarchie et de celles défendues aujourd'hui par les royalistes... D'autant plus au regard des évolutions d'une société de consommation individualiste qui a tendance à morceler les sociétés et à détruire tous les fondements de ce qui fait société dans notre vieux pays, évolutions qui ne plairaient guère à Proudhon s'il vivait encore. 

« La propriété c'est le vol » n'est pas une formule de la Monarchie, bien évidemment, mais ne faîtes pas dire à Proudhon ce qu'il n'a pas dit, sur ce sujet comme sur d'autres : le relire dans le texte est souvent le meilleur moyen de dépasser la seule surprise et le « scandale » que cette citation pourrait, aujourd'hui plus qu'hier, provoquer. De plus, dans l'ouvrage de référence « Histoire des idées sociales en France » (tome 2, « De Babeuf à Tocqueville »), de Maxime Leroy, celui-ci précise : « Ce n'est pas la propriété en soi que rejette Proudhon ; c'est la propriété en tant qu'elle représente un revenu sans travail. » (page 470). « Proudhon admet un mode de propriété, qu'il appelle possession, une propriété justifiée vraiment par le travail. (…) Une propriété accotée au travail ; une propriété qui, pour parler comme Proudhon, a cessé d'être une « somme d'abus ». (…) Proudhon eût voulu que des droits de propriété fussent accordés à tous les producteurs, c'est-à-dire des moyens sur quoi appuyer leur liberté, et la faire durer. » (pp. 421-422).

Si la Monarchie n'est pas « proudhonienne », cela n'empêche pas celle-ci de s'intéresser à cette forme de propriété fondée sur le travail que met en avant Proudhon, mais en ne la limitant pas, loin de là, à cette conception : il s'agit surtout, pour les royalistes et au-delà de Proudhon, de dénoncer ou de prévenir les dangers d'une « appropriation » illimitée, qu'elle soit le fait de l’État (collectivisme communiste, que rejette absolument Proudhon) ou de particuliers (libéralisme sans bornes, des féodalités nouvelles comme des « individus individualistes »). On peut aussi reconnaître là cette lutte contre « l’hubris » (la démesure) qui est l’une des caractéristiques du combat royaliste et, plus généralement, de la pratique de la Monarchie en France, anti- et post-féodaliste, et soucieuse de diminuer la force des « trop-puissants » : le roi Louis XIV le démontrera largement et publiquement en faisant emprisonner l’homme le plus riche du royaume, Nicolas Fouquet, tout en invitant à la table royale celui qui moquait les prétentieux et les « bourgeois gentilshommes », et, parfois, dont il tenait (ou inspirait) même parfois la plume, Jean-Baptiste Poquelin, dit Molière…

De plus, la Monarchie ne remettra pas globalement en cause toute forme de propriété d’usage (pourtant dénoncée par une bourgeoisie urbaine et « progressiste » comme une « perte économique scandaleuse »), forme de propriété qui se confond parfois avec la fameuse « vaine pâture » qui permettait aux plus pauvres des paysans d’aller faire paître leur bétail sur ces terres communes à tous au village, ou ouvertes à tous après les moissons, et que le mouvement de « privatisation des terres » accélérée et surtout légalisée par la Révolution française, si peu sociale et si oublieuse des intérêts des plus faibles, finira par sérieusement compromettre au nom de la « propriété privée », cette dernière inscrite sous le seul vocable synthétique de « propriété » dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen d’août 1789.

D’ailleurs, n’est-ce pas cette « propriété privée abusive » que condamne, d’abord, Proudhon, ne serait-ce que parce qu’elle prive les travailleurs de la terre de cette possibilité d’exploiter ces espaces productifs agricoles que, pourtant, ils contribuent à entretenir et à faire fructifier, y compris, comme un juste retour des choses, à leur propre bénéfice, même si celui-ci reste bien minime ? Dans cette affaire, Proudhon est plus proche des droits et revendications des paysans rappelés par les cahiers de doléances de 1789 et garantis par la Monarchie d’Ancien régime que de la Révolution française qui les met à bas au profit de ceux qui détiennent l’argent et les moyens pour s’acheter des terres désormais clôturées au nom de la « propriété privée »…

Jean-Philippe Chauvin

(à suivre)

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13/02/2017

La République impuissante face aux plans sociaux.

Pendant la campagne présidentielle, les plans sociaux (si mal nommés) continuent... Un fort intéressant article du Figaro (en ses pages économie) du lundi 30 janvier 2017, signé d'Ivan Letessier, aborde ce dossier peu traité jusqu'à présent dans la presse ni même dans les médias militants, plus intéressés par les affrontements politiciens et les affaires de M. Fillon que par les difficultés du Pays réel industriel : « Personne n'a relevé la provocation. Mardi (24 janvier), à trois mois du premier tour de la présidentielle (…), le leader français de l'habillement Vivarte a annoncé 702 suppressions de postes, et Whirlpool la fermeture de sa dernière usine de l'hexagone, qui emploie 290 salariés et fait travailler 250 intérimaires et 100 employés d'un sous-traitant. » Ce genre de plans sociaux paraissait jadis impossible à un tel moment électoral, surtout si les colères sociales menaçaient de se traduire en poussée « populiste » ou « gauchiste » : il ne fallait pas, pensait-on alors dans les milieux financiers, tenter le diable... L'ambiance a visiblement changé, pour le plus grand malheur des ouvriers qui n'auront même pas droit à ce sursis, à cette grâce (temporaire) électorale sur laquelle la République jouait aussi pour donner l'impression qu'elle avait encore du pouvoir sur les forces économiques de la mondialisation.

Ainsi, les fermetures d'usines semblent même s'accélérer, dans une grande indifférence et sans beaucoup d'éclats pour l'heure, et les manifestations des ouvriers n'ont même pas les honneurs des médias : l'abandon des travailleurs par la grande presse, la classe politique et la République de M. Hollande, est terrifiant, et je ne m'y habitue pas. M. Letessier l'explique ainsi : « En 2017, une digue a sauté. (…) Les annonces de restructuration en campagne prouvent aussi le divorce entre le monde de l'entreprise et le pouvoir politique, et un manque de respect croissant du premier envers le second. » Oui, vous avez bien lu : le monde de l'entreprise ne respecte plus le pouvoir politique, ce qui signifie que l’Économique s'émancipe de plus en plus du Politique en France et que les féodalités financières et industrielles se sentent assez fortes pour ne plus craindre l’État. Cela signale, à l'inverse, la faiblesse d'un État que l'on peut qualifier, comme le faisait le philosophe royaliste Pierre Boutang, de « Semble-État ».

J'entends certains me dire : « jamais la Gauche ne laissera faire ! ». La courte mémoire peut excuser le propos de mes interlocuteurs, mais elle n'efface pas les réalités, de Mitterrand et la sidérurgie à Hollande et Arcelor-Mittal, en passant par le fatalisme de Lionel Jospin qui lui a coûté si cher près de l'électorat populaire. Mais la Droite n'a guère mieux fait depuis Giscard d'Estaing, malgré quelques exceptions, et le gouvernement Fillon n'a pas vraiment brillé en ce domaine, persuadé alors que la mondialisation était une « fatalité nécessaire » et qu'il fallait « moderniser » l'économie : l'on mesure le (mauvais) résultat social !

Si la tradition de la Gauche (mais de quoi parle-t-on exactement ? La réponse est plus complexe que le singulier...) paraissait accorder plus d'importance à la défense de l'emploi que celle de la Droite libérale (qui n'est pas toute la Droite, comme nous le rappellent Albert de Mun et le général de Gaulle), le dépérissement du Politique et la « nécessité d'être de son temps » (l'idéal de la feuille morte au fil de l'eau, pourrait-on ironiser), conjugués aux expériences (et aux défaites) gouvernementales récentes, semblent avoir eu raison d'elle : « Si la gauche est si discrète, c'est que ses cris d'orfraie seraient un aveu de son impuissance et de l'inefficacité de sa politique économique. Or, aucun des deux ex-ministres de François Hollande candidat à sa succession ne veut assumer le bilan du président. De plus, ils savent le poids des promesses intenables.

« En 2012, le candidat Hollande avait assuré aux salariés d'Arcelor-Mittal qu'il empêcherait la fermeture des hauts fourneaux de Florange, et à ceux de l'usine Fralib, dont la fermeture était actée, qu'il forcerait Unilever à leur céder la marque Éléphant. En vain à chaque fois. » Ces déconvenues de M. Hollande sont-elles autre chose que les conséquences de l'absence d'une « puissance d’État » capable de s'imposer aux forces économiques ?

C'est bien là que se joue la question des « plans sociaux », et la réponse est, d'abord, politique : un État qui veut est un État qui peut, mais encore faut-il qu'il y ait la volonté politique au sein de l’État et que l’État soit assuré d'une continuité et, mieux, d'une permanence en sa magistrature suprême et d'une indépendance par essence qui lui permette de s'imposer aux nouvelles féodalités financières et économiques

La République a laissé l’Économique s'imposer au détriment du Social et du Politique, et cela n'est pas sain. La Monarchie « à la française », active et sociale (l'un ne devant pas aller sans l'autre), est la condition de la mise au pas des féodalités, quelles qu'elles soient : c'est ce processus qui, jadis, a permis leur dépassement et la constitution, avec le soutien du roi, de Métiers et Franchises (ce que l'on nommera ensuite corporations et libertés) qui protégeaient les travailleurs dans leur emploi comme dans leur travail. L'expérience peut servir, en s'adaptant aux réalités nouvelles, mais sans se laisser forcément commander par elles.

La mondialisation ne doit pas être l'alibi de l'impuissance de l’État, et, s'il ne faut pas la négliger, il s'agit bien de « faire rentrer le fleuve dans son cours », c'est-à-dire la maîtriser, au bénéfice des nations et des travailleurs, tout en permettant la vie des entreprises mais aussi le rappel de leurs devoirs sociaux et environnementaux.

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07/02/2017

Revenu universel et remplacement de population

Selon les thuriféraires du revenu universel, les temps seraient proches de la dissociation définitive des notions de travail et de revenu et le fameux précepte tiré de la Genèse, intimant à l'homme de gagner son pain à la sueur de son front, serait à remiser prochainement au rayon  des vieilleries obsolètes. Au flou de la notion de revenu universel recouvrant autant de réalités que de courants de pensée correspond une kyrielle de dénominations : revenu de base, allocation universelle, revenu inconditionnel, revenu d'existence, revenu de citoyenneté, salaire à vie, salaire universel... cette liste ne prétendant même pas à l'exhaustivité. À cette imprécision de dénomination correspondent autant de théories, de motivations et de déclinaisons que de partisans. Conceptions fumeuses, finalités diverses sinon contradictoires et projets de financement parfois aux limites du psychédélique brouillent un débat prétendument sérieux pour un projet jugé farfelu par le plus grand nombre.

De quoi s'agit-il ? Dans l'idée des concepteurs du revenu universel, un pécule serait versé mensuellement à tous les membres d'une communauté, française en l'occurrence, de façon indifférenciée, sans aucune condition d'aucune sorte, ni obligation de travail, du SDF au milliardaire et cela de la naissance à la mort. La paternité de l'idée elle-même, évoquée par Thomas More dans son roman au titre révélateur, L'Utopie, remonte au 16e siècle et peut s'enorgueillir d'avoir régulièrement séduit des personnalités aussi dissemblables que possible. Du Britannique Thomas Paine, militant en 1797 pour un revenu minimum général, alimenté par les propriétaires terriens au philosophe Michel Foucault le préconisant pour libérer les individus du contrôle de l’État, en passant par Napoléon et Martin Luther King, le revenu universel enthousiasme aujourd'hui deux très larges courants que tout semble, en apparence tout au moins, opposer. La gauche, l'extrême-gauche et sa cohorte hallucinée, au rang desquels les fameux altermondialistes, d'une part, et certains tenants du capitalisme libéral, d'autre part, cheminent parallèlement à la recherche du meilleur des mondes, d'un monde dans lequel il serait loisible de vivre sans jamais travailler. Sans pour autant évoquer une ténébreuse alliance comme celle qui permit l'émergence, la conquête et l'installation du communisme, plusieurs décennies durant sur une grande partie de la planète, force est de constater une bien curieuse convergence placée sous les auspices d'un Marx prédisant une humanité sortant du salariat comme d'un Milton Friedman, fondateur de l'école de Chicago et véritable référence du libéralisme économique débridé.

L'ultime transgression de la nature humaine revendiquée par les défenseurs du concept, prétend instaurer une forme d'assistanat légal dispensant ceux qui le souhaitent de se battre et de se mesurer dans le monde du travail. Les chantres de la fin du salariat y voient une mesure favorisant tout à la fois l'émancipation des individus, la lutte contre la pauvreté, une adaptation aux nouvelles formes d'emploi indépendantes de type Uber et surtout un libre-choix pour le citoyen de travailler ou non. Mais ce fantasme, partagé par tous les fainéants congénitaux du monde, nec plus ultra de l'idéologie égalitaire, en apparence tout au moins, cumule les contradictions les plus affligeantes par les principes mêmes qui le fondent. Prétendre œuvrer à l'égalité de tous en attribuant un pécule de 5 à 800 euros - c'est la fourchette la plus largement partagée par les divers courants - à celui qui émarge à plusieurs dizaines de milliers d'euros par mois comme à celui dont ce sera l'unique ressource et au jeune de 18 ans comme au retraité relève manifestement d'une sottise affligeante. L'idéologie, l'utopie, donc l'erreur, devraient quand même respecter certaines limites ! À ce niveau de niaiserie, sa taxation suffirait pour le coup à financer la ruineuse rêverie.

Une population active surnuméraire

L'idée généreuse du grand partage de richesses produites par des effectifs en décroissance permanente sous les effets conjugués des délocalisations, de la robotisation et de la digitalisation de l'économie et qui permettrait d'assurer un revenu de survie aux millions de laissés-pour-compte a certes de quoi séduire les plus insouciants mais aussi de terrifier les plus lucides. La vieille chimère du salaire à vie, sans fournir pour autant le moindre travail en contrepartie, trouve aujourd'hui ses défenseurs les plus ardents dans les « think tanks » de gauche mais aussi parmi les tenants libéraux du grand détricotage généralisé du monde du travail, du code éponyme, de la protection sociale et de du salariat. Ainsi, par exemple, la Fondation Jean Jaurès, sous l'égide de laquelle François Hollande avait prononcé son discours d'entrée en campagne électorale, le jour de la commémoration des quatre-vingts ans du Front populaire de Léon Blum, préconise-t-elle rien moins que la suppression de la retraite et de l'assurance-santé au bénéfice d'un revenu unique de 1 200 euros mensuels à partir de 65 ans, avec lequel, il faudrait donc à la fois vivre et se soigner. Défi évidemment impossible lorsque l'on connaît le coût des consultations, de l'imagerie, des examens médicaux et des médicaments. Son directeur depuis l'année 2000, Gilles Filchestein, membre du club Le Siècle, fut proche collaborateur de Dominique Strauss-Kahn - dont on connaît, par son ouvrage L'avenir de la vie, le sort qu'il réserve aux plus de 60 ans - et de Pierre Moscovici, est aussi co-auteur, avec Matthieu Pigasse, l'un des propriétaires du quotidien Le Monde, de l'ouvrage glaçant, paru en 2009, « Le monde d'après, une crise sans précédent ». Le chômage de masse et l'oisiveté prévisible d'une large partie de la population active rendue surnuméraire par les technologies nouvelles relèvent hélas d'une prospective réaliste qui rend d'autant plus criminelle l'actuelle politique migratoire.

Un dispositif ruineux

Le financement d'un revenu universel serait évidemment à la hauteur de l'utopie dont certains partisans envisagent froidement la ruine des classes moyennes et la confiscation d'une bonne part des patrimoines.

Le ministre et candidat socialiste à la présidence de la République, Benoît Hamon, qui est arrivé dimanche soir en tête du premier tour des primaires de la gauche avec plus de 35 % des voix, évoque un revenu inconditionnel de 750 euros mensuels pour tous les citoyens majeurs. Sa proposition coûterait, au bas mot, plus de 300 milliards d'euros à ponctionner essentiellement, selon lui, sur les patrimoines et par l'impôt sur le revenu. Voici qui présente au moins le mérite de la clarté.

Selon le magazine Alternatives économiques, un revenu universel de 500 euros versé à chaque Français, augmenterait le taux de prélèvements obligatoires de 12,4 %, soit de 44,7 % du PIB (en 2015) à 57,1 %. Il faudrait en conséquence augmenter, précise le magazine, les recettes fiscales, tous impôts confondus, de 45 %. Cette hypothèse basse de 500 euros mensuels, sorte de pauvreté pour tous institutionnalisée, aurait donc définitivement raison des classes moyennes et des patrimoines. La misère de France et d'ailleurs pourrait ainsi vivoter au détriment des classes moyennes et de leurs économies. "Les plus courageux d'entre les bénéficiaires de cette allocation passeraient leur vie à la recherche des petits boulots, d'emplois saisonniers, des missions d'intérim, de vacations, afin d'améliorer un peu ce revenu de subsistance. Les quelques centaines d'euros versés chaque mois ne constitueraient, dans cette optique, qu'une sorte de compensation très partielle des méfaits du capitalisme sauvage. À titre d'autre exemple et pour conforter ces chiffres sidérants, la Finlande a décidé d'expérimenter cette billevesée, de 2017 à 2019, avec l'attribution d'une allocation universelle de 550 euros par mois qu'elle envisage de financer par une taxation de 42 % des salaires supérieurs à 550 euros. Aux Pays-Bas, une trentaine de communes plus ou moins dominées par les écologistes prétend effectuer un test, sans plus de précisions mais les seules véritables tentatives d'instauration du revenu inconditionnel se limitent, pour le moment, à... la Namibie et à l'Alaska, les timides expériences menées au Canada et au Brésil étant trop incomplètes pour en tirer la moindre conclusion positive.

Un avenir professionnel sous le signe de la précarité

Le discours sur le revenu inconditionnel ou universel officialise sans doute l'aveu d'échec des politiciens de tous bords et de leurs prétendues politiques de l'emploi auxquelles plus personne n'accorde le moindre crédit. Les litanies et incantations psalmodiées depuis des décennies en faveur d'une politique de l'emploi, des jeunes, des seniors et du reste ne parviennent plus guère à duper le citoyen électeur. Pas plus que les dérisoires guerres, toujours perdues, menées sur un insaisissable front de l'emploi. Quant aux tripatouillages statistiques du Pôle Emploi, de l'INSEE et consorts, ils risquent de s'avérer bien insuffisants pour camoufler la réalité d'un monde du travail menacé par la déferlante de la digitalisation et la robotisation, d'une part, et l'"ubérisation" de l'économie, d'autre part. La raréfaction du salariat et la multiplication actuelle et prévisible des contrats courts, de l'intérim, des plateformes de mises en contact direct (Uber, BlaBlaCar, etc.), obligent évidemment à repenser les modes de solidarité redistributifs et par conséquent l'ensemble de la protection sociale.

Même le très officiel Conseil National du Numérique (CNN), dans son rapport remis en janvier au ministre du travail Myriam El Khomri, établit un lien incontestable entre digitalisation de l'économie, chômage de masse et « nécessité de renouvellement de nos modèles de solidarité et de redistribution » et préconise clairement un salaire universel. Discours parfaitement cohérent avec ceux des libéraux, défenseurs du capitalisme international sans entrave et sans respect des hommes dont l'idéologie libre-échangiste, l’immigrationnisme et la conception uniquement financière de l'activité économique ont amené les économies nationales au bord du précipice. Ennemis jurés du contrat à durée indéterminée et apôtres de la fin du salariat et de son système de protection sociale, ils ne rêvent, sous les avenants concepts de flexibilité, flexi-sécurité, refonte du modèle social, simplification du droit du travail et autres, que d'en finir avec un salariat, certes en voie de paupérisation, mais encore beaucoup trop dispendieux à leur goût.

Un financement sur mesure pour le remplacement de population

Qui pourrait un instant croire que la concomitance de l'âpre débat sur le revenu universel, vieille lune enfouie depuis longtemps, avec la crise des "migrants" doive tout au hasard ? Est-ce aussi un hasard si, en janvier 2013, soit moins de deux ans avant les arrivages aussi massifs que suspects de "migrants" la Commission européenne a donné son autorisation à l'Initiative citoyenne européenne (ICE) pour une collecte de signature dans quatorze nations européennes afin de pouvoir étudier l'hypothèse d'un revenu de base européen ? Ce dessein généreux en apparence, sur le dos des classes moyennes et des possédants, s'inscrit à l'évidence dans la perspective mondialiste de brassage, de métissage des populations européennes et d'accueil de millions d'allogènes en remplacement des Français de souche. Assurer un revenu de subsistance à toute personne présente sur le sol national, sans passer par les guichets multiples et abscons de l'aide sociale, constitue à l'évidence le levier essentiel du remplacement de population. Aucun des concepteurs et défenseurs du revenu universel ne peut ignorer l'aggravation sans précédent de la déferlante migratoire qu'un tel dispositif provoquerait. Il s'agit bien en conséquence d'une volonté délibérée de submersion migratoire en vue d'un remplacement de population à faire financer par les autochtones sommés de se saborder et de s'effacer dans les meilleurs délais.

Considération à rapprocher, dans un tout autre registre mais à l'évidence complémentaire, des mesures de libéralisation de l’avortement et, plus récemment, de la pénalisation de sa contestation. À rapprocher aussi du débat, pour l'instant mis en sourdine dans le verbe mais non dans les faits, sur l'euthanasie. Nous pouvons concevoir que ces quelques corrélations rapidement proposées puissent passer pour complotistes si n'existaient, à la portée de tous, grâce à Internet notamment, des dizaines, centaines et même milliers d'informations et de citations les confortant. Éliminer de plus en plus d'autochtones, importer le plus grand nombre possible d'immigrés et maintenant envisager froidement le financement des remplaçants par les remplacés, le tout sur un renforcement répressif interdisant toute légitime défense et jusqu'à la simple dénonciation de l'engrenage, voici la situation et la boucle semble bouclée. Présentée ainsi, la situation apparaît claire, non ? En regard de ces enjeux de survie, il devient de plus en plus difficile d'accorder la moindre attention et le moindre intérêt aux discours mièvres des candidats en lice pour la magistrature suprême.

Arnaud Raffard de Brienne Rivarol du 26 janvier 2017.

06/02/2017

Steeve Briois : Garantir la protection sociale et agir pour le pouvoir d’achat.

Angela et le grand retour de la bébête immonde

Merkel ne sait plus se tenir ; elle perd la boule et menace toute l’Europe, sans oublier la Russie et l’Amérique !

Sa sortie anti-Trump relevait de la stupidité pure : elle reprochait aux USA la guerre contre l’Irak qu’elle-même avait alors soutenue, trahissant l’axe Paris-Berlin-Moscou à l’époque. J’ai cité le texte ici-même, celui publié dans son anglais approximatif le 20.02.2003 dans le Washington Post. Par contre elle n’a rien dit la Merkel sur la sale guerre US en Syrie, dix fois pire en réalité que celle de Bush en Irak (il fallait venger papa…). Et c’est de cette guerre et pas de l’autre que sont venus les soi-disant réfugiés que nous ont imposé Obama, Soros et tous les thuriféraires du nouvel ordre mondial. Aujourd’hui on apprend qu’un article 80 vient d’être suspendu qui permettrait à l’Allemagne de s’attaquer – à la Russie peut-être ? Quant au journaliste Ulfkotte qui s’en était pris aux liens de la CIA avec l’abjecte presse allemande on vient de le retrouver mort. Ca va l’Allemagne ?

Merkel a dit aux Grecs que son Europe à elle n’est pas un club de vacances. L’Europe est quoi, un camp de travail ? Dans la foulée on apprend une autre bonne nouvelle. On veut détruire le salaire minimum en Allemagne pour permettre aux  « réfugiés » de trouver du travail. On sait que les néolibéraux verraient d’un bon œil un SMIG à cent euros pour toute l’Europe, qui permettrait d’oublier le plastronnant nombre de chômeurs. Car on n’arrête ni leur Europe ni le progrès social. On sait aussi le projet sinistre et fascisant que le parlement européen sous influence allemande se propose de voter pour limiter ou liquider la liberté du réseau, devenu la seule garantie de nos libertés et ces temps de grand sommeil démocratique et idéologique. Tout cela progresse en cachette avec un autre agenda, celui de l’abolition de tous les minimums sociaux en Europe.

Ferghane Azihari écrit dans la Chronique Agora, le 18 janvier :

« Les autorités fédérales allemandes réfléchissent aujourd’hui à exempter les réfugiés peu qualifiés du salaire minimum légal. C’est une proposition raisonnable pour la Confédération des associations d’employeurs allemands (BDA) qui avance néanmoins l’idée que cette exemption devrait concerner tous les travailleurs. Après tout, si le salaire minimum nuit aux peu qualifiés de manière générale, il n’y a aucune raison de traiter différemment les locaux et les immigrés. »

Un Allemand c’est un local dans son pays. Un Français c’est un local dans son pays. Bienvenue dans le Lebensraum du néolibéralisme.

Et quand nous écrivons que vous êtes dirigés par des élites hostiles, ne croyez surtout pas que nous fassions dans la symbolique littéraire : il n’y aura pas de national, il y aura un local à deux euros de l’heure, avec un Etat policier.

Je rappelle qu’on parle (et qu’on applique aussi) de salaire à deux euros de l’heure. Comment vivre avec trois cens euros par mois, l’Europe de Bruxelles ne vous le dira pas. Et on comprend l’utilité de cette invasion de réfugiés : la liquidation rose-brune de tout le salariat européen !

Ferghane Azihari ajoute :

« Bien sûr l’idée d’assouplir les réglementations pour faciliter l’inclusion des étrangers ne plaît pas à tout le monde. C’est notamment le cas de la Confédération syndicale allemande (DGB) qui avertit sur le risque de conforter les populismes et le discours protectionniste traditionnel sur l’immigré bon marché qui viendrait voler le travail des locaux. »

Ah, le populisme ! Abolir le droit de vote en Europe ! Cent euros par mois, et pas de droit de vote, pas de réseau non plus ! Pourquoi ne pas rouvrir les camps de travail comme pendant la dernière guerre ? La grand-mère de ma femme y a bossé deux ans gratuit pour les Allemands, pourquoi pas vous, pourquoi pas vos enfants ?

Marx dit que les phénomènes se répètent de façon comique. Mais avec la mégère Frau Merkel on a une répétition non comique d’un phénomène qu’on pourrait baptiser de la bébête immonde.

Nicolas Bonnal

http://www.voxnr.com/7916/angela-et-le-grand-retour-de-la...

03/02/2017

Les Français travaillent trop (Partie 1)

31/01/2017

L’effondrement de la grande distribution est en marche !

Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

C’est une immense mutation qui touche actuellement la grande distribution à travers le monde, en commençant évidemment par les États-Unis qui sont le pays le plus touché par ce phénomène, tout en sachant qu’il en sera de même pour l’ensemble des pays de la planète dont la France.

Que se passe-t-il exactement ?

Partout aux USA, les grandes chaînes traditionnelles de magasin ferment les unes après les autres, ou réduisent considérablement la voilure en fermant de très nombreux points de vente.

Les centres commerciaux eux-mêmes ferment leurs portes car leurs taux d’occupation deviennent trop faibles.

Même un géant comme Walmart vacille et s’apprête à tomber. Seul sa taille lui permet encore de survivre, car plus on est gros, plus on met de temps à maigrir.

Pourquoi donc ce mouvement ?

Vous avez sans doute vu passer mon article rapide la semaine dernière sur Amazon qui vient d’annoncer le recrutement de 100 000 personnes (vous avez bien lu, 100 000) dans les prochains 18 mois.

C’est un tsunami qui est en train de déferler sur les centres commerciaux et la grande distribution traditionnelle qui n’a tout simplement pas vu arriver la vague gigantesque du commerce en ligne, de sa praticité pour les consommateurs, et de sa rentabilité pour une entreprise comme Amazon.

Si les hypermarchés ont réduit considérablement le petit commerce de centre-ville, c’est au tour de la grande distribution de se faire réduire considérablement par les géants du net.

D’ailleurs, si nous prenons le cas de la France, les « drive » qui poussent comme des champignons ne sont pas non plus sans poser des problèmes considérables de rendement aux grandes surfaces. Certes le « drive » est plus que pratique, et ne plus perdre sa vie à la passer dans des allées lugubres de supermarché est un indéniable progrès pour l’humanité, mais pour les ventes des supermarchés, c’est une catastrophe ! Vous ne passez plus devant les têtes de gondoles, on ne peut plus vous faire acheter des tonnes de serviettes blanches chinoises parce que cette semaine c’est la « semaine du blanc et du linge de maison ». C’est donc une perte sèche de ventes additionnelles, hors l’équilibre financier de ces énormes structures est infiniment plus précaire que ce que l’on pourrait croire.

Sous vos yeux, les temples de la consommation et les géants d’hier s’effondrent à une vitesse remarquable. Ils sont incapables de s’adapter.

Internet n’est pas le seul phénomène en cours. Les gens souhaitent aussi consommer autrement, privilégier dans certains cas les circuits courts, voire même penser leur consommation comme un acte citoyen et de rejet de cette consommation de masse.

Il y a aussi bien évidemment les conséquences de la crise économique, la paupérisation générale et l’obligation de devenir plus économes de façon contrainte et forcée pour beaucoup, mais objectivement, ce qui touche la grande distribution aujourd’hui, ce n’est pas tant une crise économique… qu’une immense mutation de ce secteur, pour ne pas dire sa disparition.

Ne vous leurrez pas. Si Amazon recrute 100 000 personnes (rien qu’aux USA) dans les 18 prochains mois, c’est que l’on peut raisonnablement penser que cette phase d’expansion du leader mondial du e-commerce va s’accompagner de la destruction de 200 000 emplois dans le même temps chez les acteurs historiques de la grande distribution.

Pour gagner de l’argent, Amazon ne remplacera jamais les emplois détruits sur la base de 1 pour 1 mais de 1 pour deux, voire de 1 pour 30 quand on peut utiliser des drones, des robots et autres automates pour préparer ou expédier les commandes.

À terme d’ailleurs, Amazon, techniquement, devrait pouvoir livrer le monde entier sans une seule intervention humaine, des robots livrant des entrepôts, des automates préparant vos commandes, et des drones livrant votre marchandise directement dans votre salon… Pour le moment, ce n’est que de la théorie, mais ce n’est déjà plus de la science-fiction.

Des conséquences énormes !

Les conséquences de cette mutation sont énormes, et je ne vais en citer que quelques-unes, juste pour illustrer l’ampleur de ce phénomène.

Quelle sera la valeur d’une foncière qui investit dans les centres commerciaux ? Parce que nombreux sont les épargnants à se diversifier vers de tels placements, et ce n’est pas franchement une bonne idée à moyen terme.

Quels seront les prix ou les conditions pratiquées par Amazon lorsque cette entreprise aura tuée toute concurrence à l’échelle entière de la planète ?

Vous vous rendez compte que les fournisseurs sont déjà pressurés par la grande distribution actuelle qui est infiniment plus morcelée au niveau mondial que le e-commerce essentiellement aux mains d’un seul et unique distributeur… Amazon.

La fiscalité, elle aussi, est une question épineuse. Simple en réalité mais très complexe à mettre en œuvre, car elle va contraindre notre pays à affronter un géant commercial capable de mesures de rétorsions évidentes (Amazon) et que son pays d’origine, à savoir les États-Unis d’Amérique, bien que fort sympathique ne brille pas ces dernières années par sa douceur dans les relations internationales.

Notre indépendance ne sera donc le fruit que d’une grande dose de courage et de conviction qui, disons-le, font cruellement défaut à l’ensemble de notre classe politique.

Enfin, et pour ne citer plus que ce problème, les conséquences sur le niveau d’emploi sont colossales. Globalement, le secteur de la grande distribution c’est 200 milliards d’euros et 750 000 personnes ! Un entrepôt Amazon, c’est 2 000 personnes aux périodes de pointe !

Je ne pleurerai donc pas sur un secteur qui a fait un mal terrible à notre économie, à notre manière de vivre et aussi aux liens sociaux.

Néanmoins, ce qui s’en vient risque d’être non pas un progrès (si ce n’est en praticité), mais un pas de géant vers encore plus de déshumanisation des relations commerciales.

Si aucun grand de la distribution ne peut résister à Amazon, imaginez alors ceux qui avaient survécu des petits commerces de centres-villes, qui eux aussi commencent à être balayés et qui en dehors des commerces de bouche ou de ceux nécessitant un fort service n’y survivront pas.

L’analyse économique fondamentale indique donc qu’il ne faut pas investir dans les foncières des centres commerciaux, ni dans les murs de boutiques de centre-ville et encore moins… de racheter un fonds de commerce appelé à perdre de la valeur dans les années qui viennent quels que soient les efforts du commerçant.

Il est déjà trop tard. Préparez-vous !

Source

http://www.voxnr.com/7905/leffondrement-de-la-grande-dist...

France 2017 : la CAF ferme temporairement car il n’y a pas de vigiles

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Alors que le système social français permet à de nombreux étrangers de vivre sans travailler, il n’est même plus possible pour certains bureaux d’ouvrir sans la présence de vigiles…

Réouverture promise dès mardi 31 janvier. Tous les accueils du public de la CAF du Nord ont dû être fermés ce lundi, en raison de la défaillance d’une entreprise de sécurité.

Confirmant une information de La Voix du Nord, une porte-parole de l’organisme indique que la fermeture est due à la faillite de l’entreprise qui emploie les vigiles présents à l’accueil. L’organisme avait initialement évoqué des « incidents techniques internes ».

Or la présence de ces vigiles est devenue indispensable, précise à 20 Minutes l’agence de Roubaix-Tourcoing : « Sans eux, nous ne pouvons pas assurer l’accueil du public dans de bonnes conditions ».

Selon nos sources, l’organisme avait été prévenu en fin de semaine dernière de la défaillance de son sous-traitant. « Nous avons aussitôt informé nos usagers, par un message sur le site Internet, et en contactant par téléphone ceux qui avaient rendez-vous », confie encore l’agence de Roubaix.

Source
http://www.contre-info.com/ |

28/01/2017

Revenu universel ? – Entretien avec Eric Verhaeghe

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La question du revenu universel revient souvent dans les débats de la présidentielle. L’enthousiasme ou la répulsion qu’il suscite semblent basés sur une incompréhension ou une méconnaissance de ce concept. Eric Verhaeghe, que nous avions interrogé lors de la parution de Ne t’aide pas et l’Etat t’aidera (Présent du 25 février 2016), livre où il aborde la question, nous donne quelques clés pour mieux saisir les enjeux de ce fameux revenu.

8788-20170128.jpg— Dans votre livre, vous écriviez que le revenu universel est « l’avenir de la Sécurité sociale ». Pouvez-vous nous rappeler les caractéristiques de ce dispositif tel que vous le concevez ?

— Il me semble qu’il existe un malentendu curieux sur le revenu universel tel qu’il est promu par certains « libéraux ». Ceux-ci veulent ajouter une sorte de nouvelle prestation sociale, dont le coût est colossal, et qui bénéficierait à tout le monde. De mon point de vue, c’est une erreur de sens : le revenu universel ne doit pas s’ajouter aux prestations sociales existantes, et en particulier à la sécurité sociale, mais il doit la remplacer. Au lieu d’ajouter 400 milliards aux près de 1 000 milliards de prélèvements publics existants, il vaut mieux transformer les 600 milliards qui financent l’offre sociale (notamment l’offre médicale) en 600 milliards d’allocation universelle qui permettraient aux Français de souscrire aux contrats d’assurance sociale de leur choix. L’utilisation de ces 600 milliards serait exclusivement réservée à la souscription de contrats de protection sociale. On évite ainsi l’effet « paresse ». Le revenu universel ne sera pas versé pour acheter des téléphones portables ou des voitures, mais pour que chacun assure sa propre protection. La mesure est éminemment responsabilisante.

— Ce n’est donc pas une incitation à ne plus travailler et à se laisser vivre – objection qu’on entend souvent ?

— Eh non, puisque l’argent n’ira pas directement dans la poche des assurés et ne pourra être utilisé pour des babioles. Il sera fléché vers la protection sociale. Simplement, au lieu de subir une sécurité sociale déresponsabilisante comme aujourd’hui (avec cette fameuse phrase qu’on entend dans le métro : « J’ai droit chaque année à X jours de congé maladie », ou cette conviction ancrée dans certaines campagnes selon laquelle la sécurité sociale doit rembourser le taxi des malades jusqu’à l’hôpital), les Français devront faire un choix individuel réfléchi pour satisfaire à leur obligation d’assurance.

— Marc de Boni, journaliste au Figaro, écrit que la proposition d’un revenu universel se situe « à la jonction de la vision marxiste et de la pensée libérale ». Cela vous paraît-il juste ?

— Il me semble que le revenu universel est d’abord une idée libérale. Les marxistes l’ont volontiers repris à cause du malentendu introduit par certains « libéraux », pour qui le revenu universel est un outil de lutte contre la pauvreté. Sous l’expression « revenu universel » coexistent deux notions distinctes : d’un côté, la vision libérale d’une redistribution égalitaire d’une partie du PIB pour que chacun soit protégé, de l’autre, une vision plus marxiste selon laquelle le revenu universel est un outil nouveau et supplémentaire de lutte contre la pauvreté.

Propos recueillis par Samuel Martin

Entretien paru dans Présent daté du 28 janvier 2017

http://fr.novopress.info/203093/revenu-universel-entretie...