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19/10/2017

Revue de presse : le nouveau numéro d'Éléments

615975156.jpgPour faire pousser un arbre, il faut des décennies, et seulement dix minutes pour le couper. Pour faire périr une civilisation, il faut un peu plus de temps. Il faut surtout d’autres méthodes. La plus sûre ? Convaincre cette civilisation de se suicider. Concernant l’Europe, certains s’y emploient depuis longtemps, à un rythme toujours accéléré.
Ce sont les « déconstructeurs », c’est-à-dire ceux qui ont entrepris de déconstruire tout ce que cette culture avait bâti. Quand on veut faire une greffe, c’est bien connu, il faut d’abord détruire les défenses immunitaires. Dans le cas d’une culture, cela signifie : saper les bases des certitudes les plus élémentaires, casser la libre expression des instincts naturels, jeter le doute sur ce que l’on croyait assuré ou immuable, convaincre de ne plus voir ce que l’on voit, faire apparaître les anciennes évidences comme autant de conventions dépassées. 
L’idéologie du progrès a joué de ce point de vue un rôle essentiel, car elle véhicule avec elle le rejet méprisant du passé : ce qui est d’hier est nécessairement de moindre valeur que ce qui sera demain. Il faut donc donner tort à ceux dont le souvenir fait injure à ce que nous croyons. Comme à l’époque soviétique quand on retouchait les photos officielles, on réécrit les œuvres du passé, on censure Molière et Shakespeare, on change les noms des rues, on déboulonne les statues (Américains) ou on les fait sauter (djihadistes). 
« Du passé, faisons table rase » : toutes les idéologies totalitaires ont formulé le vœu que le monde (re)commence avec elles. Dans cette optique, le passé constitue un constant reproche, un poids dont il faut se libérer. Parallèlement, on incite à ne se souvenir que de ce dont il faudrait se repentir. Réduire l’histoire de l’Europe à l’esclavage, au colonialisme et aux camps de concentration est une bonne manière d’empêcher les racines de repousser.
En peu d’années, l’« antiracisme » s’est transformé en une sorte de bulldozer qui écrase tout sur son passage. Le contraire du racisme s’avère ainsi être un racisme en sens contraire. Quand on a compris cela, tout s’éclaire : un espace réservé aux Blancs est une manifestation de racisme, un espace réservé aux Noirs une légitime exigence « post-coloniale ». Au cinéma, donner le rôle de Nelson Mandela à un Européen ferait scandale ; faire jouer par un Africain le rôle d’Achille dans un film sur la guerre de Troie, donne lieu à des applaudissements.
Quand on regarde comme « sexiste » tout compliment fait à une femme, quand l’« islamophobie » commence avec les tirelires en forme de cochonnet, quand on menace de sanctions pénales ceux qui s’adressent aux « transgenres » au moyen de pronoms personnels les « assignant » à leur sexe biologique, quand on assimile Colbert et Christophe Colomb à Hitler, on quitte le politique pour entrer dans le psychiatrique. 
Inculquer la haine et le mépris de soi au nom de l’« ouverture », faire disparaître tout sentiment d’identité au nom de la proscription des « phobies », faire croire qu’il faut détester les siens pour aimer l’humanité, c’est ce que fait l’idéologie libérale, le patronat, une certaine gauche extrême, mais aussi le pape François, pour qui « tout immigré qui frappe à notre porte est une occasion de rencontre avec Jésus Christ » (ajoutant, au mépris du bien commun, qu’il faut « toujours faire passer la sécurité personnelle avant la sécurité nationale »). 
La morale aujourd’hui envahit tout au détriment de la vérité. Il n’y a plus que deux catégories : le royaume du Bien et les ténèbres du Mal. Le Bien, c’est la haine de soi ; le Mal, c’est le désir de racines. Et le terrorisme, qui pourrait amener à se demander pour quoi nous sommes encore prêts à mourir, ne stimule plus que la vente des cierges et l’industrie des ours en peluche.
Ainsi prospère le nihilisme contemporain, facteur de « décivilisation ». Une société qui ne veut plus savoir qui elle est, ni d’où elle vient, qui n’a ni fierté ni mémoire, qui bat sa coulpe et n’a plus de volonté de se battre, est mûre pour la conquête. Nous avons jusqu’ici eu la crise. Ensuite, ce sera le chaos.
Au sommaire du N°168 d'Eléments
En marche vers l'ubérisation : l'autre Grand Remplacement
• Tous précaires, par Alain de Benoist
• Produire ou consommer
• Le travail à l’heure des « hommes en trop »
• Les jobs à la con
• Robots, les travailleurs du futur ?
• L'idéologie du management
Et aussi...
• Lucien Jerphagnon, les leçons d'un maître
• L'Histoire mondiale de la France, le best-seller de la haine de soi
• Washington contre de Gaulle, une guerre de trente ans
• La France sous la coupe des « ultratlantistes »
• L'Union Européenne, rempart contre la mondialisation ?
• La géopolitique racontée par Carl Schmitt
• Chevaucher le tigre avec Fritz Lang
• Bertrand Burgalat, dandy electrochic
• Les professionnels de l’enlaidissement urbain 
• Jack London, un écrivain authentiquement populiste...

N°168, 6,90 € dans les maisons de la presse

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18/10/2017

Pierre Gattaz, patron du MEDEF, rêve du “Make in India”

Make in India Pierre Gattaz patron MEDEF rêve
 
Ce n’est pas du « made in India », non, non – pas encore. Dans une brève chronique publiée sur LinkedIn, Pierre Gattaz, patron du MEDEF, fait plutôt de la prospective. Il faut fabriquer en Inde. Les patrons d’entreprise français feront ce qu’il faut pour fabriquer en Inde. Délocalisons, coopérons, faisons confiance à nos amis indiens : Narendra Modi n’est-il pas l’homme exemplaire de la mondialisation de demain ?

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PAUVRETÉ : TOUT CE QUE MACRON NE DIT PAS…

En France, la pauvreté de masse devient un phénomène structurel. Emmanuel Macron, à l’instar de ses prédécesseurs, lance donc un énième plan sur le sujet.

Ainsi, la population française compterait 14 % de pauvres, à en croire les chiffres. Ce qui nous mettrait dans la moyenne européenne, toujours selon les mêmes chiffres. ATD Quart Monde, ici porte-parole de ce qu’il est convenu de nommer le « monde associatif », prévient : « Sans des moyens financiers à la hauteur, cette concertation débouchera sur des vœux pieux ou sur des actions à faible portée dont les plus pauvres ne bénéficieront pas. »

Mais les chiffres ne sont pas tout et, comme à l’accoutumée, ce n’est que d’argent qu’on parle. Pas de celui que les pauvres n’ont pas, mais de celui qu’il faudrait dépenser pour qu’ils le soient moins. Un peu comme les syndicats de l’Éducation nationale qui, devant la dégringolade du niveau scolaire, assurent qu’il ne s’agit que d’une question de « moyens ».

Il est à mettre au crédit d’Emmanuel Macron d’aborder la question d’un peu plus haut : « Il nous faut investir socialement pour que les enfants qui sont pauvres, parce qu’ils sont dans des familles pauvres, ne soient pas les pauvres de demain, et éviter les facteurs de reproduction. »

Tout cela passe, évidemment, par l’Éducation nationale plus haut évoquée, mais dont la préoccupation du moment semble plutôt être l’écriture inclusive, la théorie du genre, l’apprentissage sur tablettes et autres tartes aux chardons. Pourtant, l’illettrisme est un éminent facteur de pauvreté, puisque fermant la porte à la quasi-majorité des emplois, même les plus modestes. Cette réflexion semble connaître le début du commencement d’une ébauche d’éventuelle mise en œuvre. Il était temps. 

Mieux, voilà qui soulagerait les finances de l’État et, par la même, celles du contribuable : un cahier et un crayon, une ardoise et une craie, un manuel de français et un autre d’arithmétique coûteront fatalement moins cher que tous les coûteux bidules informatiques à la mode. À propos de mode, le retour de l’uniforme à l’école – tel que cela se pratique en Martinique – ferait mieux que d’aider à y rétablir l’ordre, il soulagerait le budget de nombre de familles modestes : ce ne sont pas les plus riches qui se ruinent en fringues de marque… 

Paradoxalement, nos actuels dirigeants, forts de leur seule vision économique de la politique, semblent ignorer ce que leur politique et la pauvreté structurelle qui en découle doivent à cette même vision économique. En d’autres termes, ils pleurent les effets dont ils chérissent les causes. En effet, combien de nos compatriotes perdent leurs emplois à cause de frontières ouvertes aux quatre vents, de concurrence déloyale et de dumping social. Le néolibéralisme a un coût et ce sont les travailleurs pauvres qui s’en acquittent le plus souvent. Pas eux…

Mais il y a encore une autre forme de pauvreté qui n’est pas ici évoquée, la perte d’un trésor inchiffrable, lui : celui de l’appartenance à une société et un destin communs. Comme si, exclus du monde du travail, les pauvres, confrontés à une immigration de masse – dont le moins qu’on puisse prétendre est qu’elle ne soit pas tous les jours une chance pour la France -, étaient de plus condamnés à se trouver exclus de leur propre pays. Une autre forme de double peine, en quelque sorte.

Dans « la France qui gagne » et qui l’a élu, on peut se permettre de promouvoir la culture gadget destinée à épater un bourgeois blasé depuis belle lurette, parce que de la culture « classique », on possède les fondamentaux. On peut se toquer de familles recomposées et autres fantaisies, c’est si plaisant dans ces films « choraux » se déroulant dans les beaux quartiers de Paris. Mais quid de ceux dont les mariages finissent par voler en éclats, trop-plein de misère et de frigos vides obligent ? Eux dont on raille le manque d’ouverture à l’autre, alors que les seuls problèmes d’immigration connus par certains se limitent au personnel de maison marocain qu’il faut sans cesse houspiller.

Ces pauvres, de plus en plus nombreux, ce n’est pas que de l’argent qu’ils demandent, mais aussi la dignité retrouvée. Ils ne sont peut-être pas citoyens du monde, et alors ? Ils veulent simplement se sentir un peu chez eux, en France. Ces choses-là n’ont pas de prix.

http://www.bvoltaire.fr/pauvrete-macron-ne-dit/

17/10/2017

Alain de Benoist : « Hier on avait un métier, aujourd’hui on cherche un emploi »

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Par Alain de Benoist et Jean-Paul Brighelli

4014319061.jpgDans ce remarquable entretien, la distinction qu'opère Alain de Benoist entre métier et emploi nous paraît essentielle. Métier est de l'ordre du qualitatif. C'était ce que possédaient en propre ceux qui n'avaient rien, les prolétaires de jadis. Emploi est indéterminé, sans substance, sans qualité. C'est tout le reflet du monde moderne ou postmoderne. Cette opposition constitue la trame de la réflexion d'Alain de Benoist, y compris dans les passages où elle peut surprendre. Il faut savoir gré à Jean-Paul Brighelli d'avoir réalisé et publié [Bonnet d'âne & Causeur les 9 & 13.10] ce long et riche entretien qui est aussi un débat, l'amorce d'un débat.  Lafautearousseau   

Jean-Paul Brighelli. Voilà que vous détournez le « grand remplacement » ethnique cher à Renaud Camus par un « grand remplacement » économique : l’ubérisation de l’ensemble des sociétés libérales — française, entre autres. Pouvez-vous expliquer en quoi consiste cette mutation ?

Alain de Benoist. Le « grand remplacement économique », ce n’est pas tant l’ubérisation que le remplacement de l’homme par la machine, voire par l’intelligence artificielle, à laquelle conduit l’évolution même du travail, évolution dont l’ubérisation ne représente qu’un aspect.

« On l’oublie trop souvent : le capitalisme, ce n’est pas seulement le capital, c’est également le salariat. C’est aussi le système qui repose sur la force de travail, base de la valorisation du capital, et la transformation du travail concret en travail abstrait, concomitante de la transformation de la valeur d’usage en valeur d’échange. La transsubstantiation du travail en argent, puis de l’argent en capital, produit l’autovalorisation de la valeur. Le travail au sens moderne est une catégorie capitaliste. La généralisation du salariat fut une révolution silencieuse, mais une mutation énorme. Hier on avait un métier, aujourd’hui on cherche un emploi. Le métier et l’emploi, ce n’est pas la même chose. L’avènement du marché où l’on peut vendre et acheter contre salaire de la force de travail implique à la fois la destruction des anciennes formes sociales et la séparation du travailleur d’avec les moyens de production.

« La contradiction principale à laquelle se heurte aujourd’hui le capitalisme est directement liée à l’évolution de la productivité. Cette contradiction est la suivante. D’un côté, le capital recherche en permanence des gains de productivité lui permettant de faire face à la concurrence, ce qui entraîne des suppressions d’emploi et une diminution du temps de travail global (on produit de plus en plus de choses avec de moins en moins d’hommes). De l’autre, il pose le temps de travail comme seule source et seule mesure de la valeur. La contradiction tient au fait que les gains de productivité aboutissent à supprimer des emplois, alors que c’est justement la forme « emploi » qui a permis au travail d’être le moteur de l’expansion du capital. La contradiction entre le marché actuel du travail et la production réelle de survaleur fait que le système capitaliste est aujourd’hui menacé, non pas seulement d’une baisse tendancielle du taux de profit, mais d’une dévalorisation généralisée de la valeur. 

« Avec la révolution informatique et le développement de la robotique, la production de richesses se découple par ailleurs toujours davantage de la force de travail humaine, et pour la première fois on supprime davantage de travail qu’on ne peut en réabsorber par l’extension des marchés.

« L’argument libéral classique est de dire que tout cela n’a rien de nouveau, que le progrès technique a toujours détruit des emplois, mais qu’il en a créé d’autres. On cite l’exemple de la révolte des canuts lyonnais contre les métiers à tisser, celui des luddites anglais ou celui des tisserands silésiens de 1844. On rappelle aussi la façon dont les emplois du secteur tertiaire ont remplacé ceux des secteurs primaire et secondaire. C’est oublier qu’aujourd’hui tous les emplois ne sont pas substituables, et qu’ils le sont même de moins en moins compte tenu de l’importance prise par les connaissances et de l’inégale distribution des capacités cognitives. Si dans le passé un paysan a pu se reconvertir en ouvrier sans grand problème, un ouvrier du bâtiment aura beaucoup plus de mal à se reconvertir en programmateur informatique. C’est pourquoi la robotique détruit aujourd’hui plus d’emplois qu’elle n’en crée.

« Mais c’est oublier surtout que nous sommes en train de sortir de l’époque où les machines faisaient les choses aussi bien que l’homme pour entrer dans celle où les machines font beaucoup mieux. Cela change tout, car cela signifie que les machines peuvent désormais entrer en compétition avec des fonctions qui ne sont plus seulement manuelles ou répétitives, ce qui pose le problème de la décision : la machine est mieux placée pour décider puisqu’elle peut traiter mieux qu’un humain les informations dont elle dispose. C’est ce qu’avaient déjà biens vu Hannah Arendt et Günther Anders. Voilà pour le « grand remplacement » !

Vous reprenez le terme de « précariat », introduit en économie alternative par des alter-mondialistes et des anarchistes (italiens à l’origine) à la fin des années 1970 — quelques années à peine après le départ de la crise structurelle dont se nourrit depuis cette époque le libéralisme. En quoi consiste-t-il ?

La précarité, aujourd’hui, tout le monde la constate autour de soi. Face à la montée d’un chômage devenu structurel (et non plus seulement conjoncturel), la tendance actuelle, parallèlement au remplacement des activités productives par des emplois inutiles, qui sont en dernière analyse des emplois de contrôle, destinés à désamorcer les velléités de révolte sociale, est de chercher à diminuer le chômage en augmentant la précarité. C’est la mise en application du principe libéral : « Mieux vaut un mauvais travail que pas de travail du tout ». D’où l’idée de « flexi-sécurité », qu’il faut comprendre ainsi : la flexibilité c’est pour tout de suite, pour la sécurité on verra plus tard. Le refrain mille fois répété par le Medef est bien connu : plus on pourra licencier facilement, moins on hésitera à embaucher. Mais comment expliquer alors que la précarité ait constamment progressé en même temps que le chômage ?

« C’est cette montée de la précarité qui a abouti en Angleterre à la multiplication des « travailleurs pauvres » (working poors) et aux contrats « à zéro heure » (on en compte aujourd’hui plus de 1, 4 million), et en Allemagne, depuis les réformes Harz, aux « minijobs » (450 euros sans cotisations et sans couverture sociale) qui, en 2013, concernaient 7 millions de travailleurs, soit près de 20% de la population allemande active, parmi lesquels un grand nombre de retraités.

« Mais la précarisation, c’est aussi de façon beaucoup plus générale la destruction de tout ce qui dans le passé était solide et durable, et se trouve aujourd’hui remplacé par de l’éphémère et du transitoire. Dans ce que Zygmunt Bauman a très justement appelé la société liquide, tout est à la fois liquéfié et liquidé. Que ce soit dans le domaine professionnel, sentimental, sexuel, éducatif, politique, social ou autre, nous vivons à l’ère du zapping : on « zappe » d’un partenaire à l’autre, d’un métier à l’autre, d’un parti politique à l’autre, comme on « zappe » d’une chaîne de télévision à une autre. Et dans tous les cas, le changement n’aboutit qu’à donner le spectacle du même. On est toujours déçu parce que, sous diverses guises, c’est toujours le même chose qui se donne à voir. L’idéologie du progrès joue évidemment son rôle : avant, par définition, c’était moins bien. Le politiquement correct (qu’il vaudrait mieux appeler l’idéologiquement conforme) joue le sien : en transformant les mots, la « novlangue » transforme les pensées. L’individualisme ambiant fait le reste.

Un chauffeur de taxi « ubérisé » gagne fort mal sa vie, en moyenne. Serait-ce là l’un de ces « bullshit jobs » nommés pour la première fois par David Graeber pour désigner des « boulots à la con » dans la sphère administrative (privée ou publique) et désormais étendus à l’ensemble de la sphère économique ? À une époque où les employés des grandes surfaces ne sont plus jamais embauchés à temps plein, afin de les tenir en laisse en les faisant vivre avec 800 euros par mois, où un prof débutant touche après 5 à 6 ans d’études 1400 euros par mois, en quoi la précarité concertée est-elle la solution la plus adaptée trouvée par le néo-libéralisme contemporain ?

Les promesses du « travail indépendant » (l’« ubérisation » de la société) sont de leur côté trompeuses, car la précarité y est la règle plus encore que dans le salariat. Dans le monde post-industriel, qui privilégie les connaissances plus que les machines, chacun se voit convié à « devenir sa propre entreprise » (à être « entrepreneur de soi-même ») pour valoriser ses « actifs incorporels », quitte pour les anciens salariés à devenir des travailleurs multitâches, courant d’une activité à l’autre, cherchant de nouveaux clients tout en s’improvisant juristes ou comptables. L’ubérisation n’est alors qu’un nouveau nom de la parcellisation et de l’atomisation du travail. La précarité devient la règle, car les résultats recherchés se situent sur un horizon de temps de plus en plus court. Plus que jamais, on perd sa vie en tentant de la gagner.
« Sous couvert de « flexibilité » on recherche des hommes taillables et corvéables à merci, qui doivent sans cesse s’adapter aux exigences d’une économie dont on estime qu’ils doivent être les serviteurs, sinon les esclaves. La généralisation de la précarité, c’est l’avènement de l’homme substituable, interchangeable, flexible, mobile, jetable. C’est l’entière réduction de la personne à sa force de travail, c’est-à-dire à cette part de lui-même qui peut être traitée comme une marchandise. C’est la soumission à l’impératif de rendement, la vente de soi s’étendant à tous les aspects de l’existence.

Sur l’ensemble du dossier présenté par votre revue, je vous trouve terriblement marxiste — « le facteur économique est bien déterminant en dernière instance ». Peut-on cependant tisser un lien entre la réalité économique à laquelle on est en train de convertir l’ensemble de l’économie mondialisée, et l’homo festivus inventé par Philippe Muray ? Ou si vous préférez, dans quelle mesure l’ubérisation tous azimuts se conforte-t-elle de la société du spectacle — et vice versa ?

Pas du tout marxiste, mais marxien pourquoi pas ! Deux cents ans après sa naissance, il serait peut-être temps de lire Marx en étant capable de faire le tri entre les nombreuses facettes de sa pensée – en oubliant les « marxismes » et les « antimarxismes » qui n’ont fait qu’accumuler les contresens sur son œuvre. La philosophie de l’histoire de Marx est assez faible, mais il n’y a pas besoin d’être marxiste pour constater, avec lui, que notre époque est tout entière plongée dans les « eaux glacées du calcul égoïste ». Marx est à la fois l’héritier d’Aristote et celui de Hegel. Il a tort de ramener toute l’histoire humaine aux lutte de classes, mais il décrit à merveille celles de son temps. Ce qu’il écrit sur le fétichisme de la marchandise, sur la « réification » des rapports sociaux, sur l’essence de la logique du Capital (sa propension à l’illimitation, au « toujours plus », qui n’est pas sans évoquer le Gestell heideggérien), sur la théorie de la valeur, va très au-delà de ce qu’on a généralement retenu chez lui.

« L’homo festivus dont parlait le cher Philippe Muray est en effet comme un poisson dans l’eau dans l’économie libérale aujourd’hui déployée à l’échelle mondiale. L’homo festivus ne cherche pas seulement à faire la fête tout en aspirant à se vider le crâne (il ne faut pas se prendre la tête !) grâce aux mille formes de distraction contemporaine, au sens pascalien du terme. Il est aussi celui qui a remplacé le désir de révolution par la révolution du désir, et qui pense que les pouvoirs publics doivent faire droit, y compris institutionnellement, à toute forme de désir, car c’est en manifestant ses désirs, quels qu’ils soient, que l’homme manifeste pleinement sa nature.

« Cela s’accorde parfaitement à l’idéologie libérale, qui conçoit l’homme comme un être présocial, cherchant à maximiser en permanence son seul intérêt personnel et privé. Comme l’a si bien montré Jean-Claude Michéa, c’est parce que le libéralisme économique et le libéralisme « sociétal » (ou libertaire) sont issus du même socle anthropologique qu’ils ne peuvent à un moment donné que se rejoindre. La société du spectacle, où le vrai n’est plus qu’un moment du faux et où l’être s’efface totalement derrière le paraître, est le cadre idéal de cette rencontre. C’est la société de l’aliénation volontaire, qui croit que les rapports sociaux peuvent être régulés seulement par le contrat juridique et l’échange marchand, mais qui ne débouche que sur la guerre de tous contre tous, c’est-à-dire sur le chaos.

Vous notez qu’Emmanuel Macron est le chantre de cette ubérisation généralisée. Mais comment diable l’a-t-on élu ? Par un malentendu ? Grâce à l’écran de fumée médiatique ? Par un désir profond d’en arriver à un salaire universel garanti (le seul candidat qui le proposait était Benoît Hamon : un hasard ?) qui permettrait de vivoter dans la précarité sans plus poser de problème à un capitalisme financiarisé qui pourrait alors s’épanouir ? Mais alors, qui achètera les merveilleux produits fabriqués demain par les quelques travailleurs encore en exercice et une noria de machines « intelligentes » ? Bref, l’ubérisation serait-elle le premier pas vers la fin du libéralisme — l’ultime contradiction interne du système ?

Dans une démocratie devenue elle aussi liquide, Macron a su instrumentaliser à son profit l’épuisement du clivage droite-gauche et l’aspiration au « dégagisme » d’un électorat qui ne supportait plus la vieille classe politique. Il a également compris que l’alternance des deux anciens grands partis de gouvernement ne mettait plus en présence que des différences cosmétiques, et que l’heure était venue de les réunir en un seul. C’est ce qui lui a permis de l’emporter avec au premier tour moins d’un quart des suffrages exprimés.

« Macron est avant tout un contre-populiste au tempérament autoritaire et à l’ego hypertrophié. Il reprend à son compte le clivage « conservateurs » contre « progressistes », mais c’est pour choisir la seconde branche de l’alternative : réunir les partisans de l’« ouverture » (en clair : les élites libérales de tous bords) contre les tenants de la « fermeture » (en clair : ceux qui s’opposent, instinctivement ou intellectuellement, à l’idéologie dominante). Contre ceux « d’en bas », il est le représentant de la Caste « d’en haut ». On voit bien aujourd’hui qu’il ne supporte pas qu’on lui résiste, qu’il n’aime pas les corps intermédiaires, qu’il est insensible aux aspirations populaires, qu’il n’a rien à dire à la France qui va mal. A un moment où les classes moyennes, menacées de déclassement et de paupérisation, sont en train de rejoindre les classes populaires, il démontre ainsi son intention de construire une « start up nation », en parfaite conformité avec une religion économique qui exige l’absorption du politique par la gouvernance. Cela augure plutôt mal de l’avenir. »  

3141993747.jpg« La revue Eléments mérite vraiment qu’on en parle. Mieux, elle mérite d’être lue, partagée, et relue. Collectionnée peut-être. Alain de Benoist, le philosophe anarchiste, bon bougre et mauvais coucheur, qui veille sur sa destinée et y produit tous les deux mois des éditos vengeurs et des articles ravageurs (et vice versa), a bien voulu répondre à quelques questions à peine orientées, suscitées par le solide dossier du dernier numéro sur l’ubérisation à marches forcées à laquelle on soumet aujourd’hui la société française mondialisée, et qui nous prépare de jolis lendemains qui chanteront faux. » Jean-Paul Brighelli.

Eléments  -  Alain de Benoist,

Bonnet d'âne Causeur

http://lafautearousseau.hautetfort.com/

11/10/2017

Alain de Benoist : « L’impopularité de Macron ne peut que croître, et le réservoir protestataire devenir explosif »

Illustration Figaro magazine, 6 octobre 2017 

559049583.2.pngPar Alain de Benoist

Dans cet entretien donné à Boulevard Voltaire [6.10] Alain de Benoist livre une exacte et intéressante analyse de la situation politique en France, notamment du côté des partis.  Il se risque par surcroît à prendre un pari : celui selon lequel « l’impopularité de Macron ne peut que croître, et le réservoir protestataire devenir explosif ». Ce pronostic, au moins dans son premier terme, nous semble sans grand risque.   LFAR   

Il est évidemment un peu tôt pour juger l’action d’Emmanuel Macron. Il semble pourtant déployer un peu plus d’habileté politique que ses deux prédécesseurs. Mais est-ce vraiment un exploit ?

J’avais inventé, il y a quelques années, l’expression de « pensée unique », qui est aujourd’hui reprise partout. Ayant écrit, dès 1977, qu’il fallait penser simultanément ce qu’on avait pensé jusque-là contradictoirement, ce n’est pas moi qui pourrais être choqué par le « en même temps » cher à Macron. Mais encore faut-il savoir ce que recouvre cette expression.

Au lendemain de primaires qui se sont révélées désastreuses à droite comme à gauche, mais qui ont très bien fonctionné comme révélateur de la crise des partis, Macron a été le seul à faire primer la logique électorale sur la logique « identitaire » parce qu’il était le seul à n’être sûr ni de perdre (comme Hamon) ni de gagner (comme Fillon). C’est ce qui lui a permis de l’emporter avec, au premier tour, moins d’un quart des suffrages exprimés. Dans une démocratie devenue liquide, sinon gazeuse, il a su instrumentaliser à son profit l’épuisement du clivage droite-gauche et l’aspiration au « dégagisme » d’un électorat qui ne supportait plus la vieille classe politique. Il a également compris que l’alternance des deux grands partis ne mettait plus en scène que des différences cosmétiques, et que l’heure était venue de les réunir en un seul.

Macron est avant tout un contre-populiste. Il reprend à son compte le nouveau clivage « conservateurs » contre « progressistes », mais c’est pour choisir la seconde branche de l’alternative : réunir les partisans de l’« ouverture » (en clair : les bourgeoisies libérales de tous bords) contre les tenants de la « fermeture » (en clair : ceux qui s’opposent, instinctivement ou intellectuellement, à l’idéologie dominante).

Contrairement à l’hyper-Président Sarkozy et à l’hypo-Président François Hollande, Macron est un homme difficile à cerner. Il a un ego hypertrophié et un tempérament autoritaire, un mental d’adolescent cynique qui rêverait d’un bonapartisme moderniste et libéral. Mais il n’est pas Napoléon, et l’on ignore comment il se comporterait en situation d’urgence. Pour l’instant, il communique plus qu’il ne règne. Il fait des déclarations contradictoires (certaines ne sont pas mauvaises) dans l’espoir de séduire chacun, mais en prenant le risque de décevoir tout le monde. Il ne supporte pas qu’on lui résiste, il n’aime pas les corps intermédiaires, il est insensible aux aspirations populaires, il n’a rien à dire à la France qui va mal. Tout cela n’est pas de bon augure.

Pour quelles raisons, exactement ? 

Parce que nous assistons à une autre révolution, sociologique celle-là : c’est la disparition progressive de ces classes moyennes qui n’avaient cessé de grossir à l’époque du compromis fordiste, quand la richesse accumulée en haut de la pyramide sociale finissait par redescendre vers le bas. Aujourd’hui, la pyramide a été remplacée par un sablier : les riches sont toujours plus riches, les pauvres toujours plus pauvres, et les classes moyennes sont en voie de déclassement et de paupérisation. C’est ce qu’observe depuis longtemps Christophe Guilluy : « Le grand sujet caché depuis trente ans, c’est la disparition de la classe moyenne au sens large […] Ce qui explose, c’est la classe moyenne occidentale qui n’est plus intégrée au modèle économique mondialisé […] La loi Travail n’est que la suite d’une longue succession de mesures qui ne visent qu’à dépouiller une classe moyenne qui ne sert plus à rien. » 

La nouvelle structuration de l’électorat est le reflet de cette dynamique économique et sociale. Le vote Macron en est l’illustration parfaite : il a obtenu ses meilleurs résultats dans les grandes villes mondialisées, à commencer par Paris, où il a aussi bien gagné les suffrages des bobos et des libéraux de gauche que de la bourgeoisie de droite (y compris celle de la Manif pour tous). De même, les électeurs parisiens de Mélenchon se sont en quasi-totalité rabattus sur Macron au second tour, alors qu’ailleurs beaucoup ont préféré s’abstenir (39 %) ou, plus rarement, voter pour Marine Le Pen (14 %). Les retraités, eux aussi, ont massivement voté pour lui – avant de découvrir qu’ils étaient les grands perdants de sa nouvelle politique fiscale…

Après les ouvriers, les employés et les commerçants, les professions intermédiaires et bientôt les retraités : les classes moyennes sont appelées à rejoindre les classes populaires face à un « monde d’en haut » qui se trouve de plus en plus dans une position de domination de classe, car il a définitivement renoncé à prendre en charge « ceux d’en bas ». C’est aussi pourquoi l’impopularité de Macron ne peut que croître, et le réservoir protestataire devenir explosif. D’autant qu’en période d’insécurité et d’attentats, tout le monde se radicalise.

L’avenir de La France insoumise ?

Avec 19,6 % des voix au premier tour, Jean-Luc Mélenchon a réalisé le meilleur score d’un candidat « de gauche » à la présidentielle depuis Georges Marchais en 1981. Par rapport au FN, La France insoumise est beaucoup plus interclassiste et moins populaire. Elle touche bien moins d’ouvriers et d’employés que le Front national (25 et 24 % des voix contre 39 et 30 %), mais beaucoup plus de diplômés des couches moyennes et supérieures (26 % contre 17 %). Elle est aujourd’hui passée en tête chez les jeunes, et réalise des scores deux fois supérieurs à sa moyenne nationale dans la population d’origine immigrée.

La France insoumise a certainement de l’avenir. Pour l’heure, elle tire un grand bénéfice d’être une force nouvelle. Elle a vampirisé le PS et traite par le mépris les derniers restes du PC. Elle profite de la crise du FN pour se poser comme la seule force d’opposition au macronisme. La grande question, à moyen terme, est de savoir si elle pourra à elle seule occuper l’espace ouvert à gauche par la formation du bloc macronien. Difficile d’en dire plus pour l’instant.  

Intellectuel, philosophe et politologue

Qui se soucie des agriculteurs ?

De Loup Mautin à propos des suicides des agriculteurs :

"Nous étions en classe ensemble, Mickaël s’est tiré une balle dans la tête.

Il était un voisin, Jean-Loup a été retrouvé pendu dans un de mes hangars.

Ancien conseiller municipal de la commune, Bernard a mis fin à ses jours dans sa cour… deux jeunes installés voisins morts dans la même semaine à cinq km de la maison. Tous agriculteurs !

Épuisé physiquement, débordé administrativement et désespéré irrémédiablement, un agriculteur met fin à ses jours toutes les 48 heures. Quelles que soient les productions, cette endémie n’a d’équivalent dans aucune autre catégorie socioprofessionnelle. Leur entourage familial et leur insertion dans la vie locale n’y font rien. Les paysans sont de plus en plus seuls… et le chiffre des suicides de plus en plus alarmant.

La nature même de l’activité agricole, dépendante des aléas climatiques et tributaire des contraintes agronomiques locales, en fait un métier à part. Le salarié ordinaire peut faire connaître son mécontentement ou revendiquer ses exigences envers un employeur indélicat par de multiples moyens. C’est même un sport national dans notre beau pays. On ne manifeste ni ne fait grève contre la pluie, la canicule ou le gel. « C’est le travail qui commande ! » ont coutume de répondre ceux à qui on demande leur mode de fonctionnement.

À ces exigences naturelles permanentes et inaltérables s’ajoutent aujourd’hui de nombreuses contraintes artificielles. Celles du législateur et du technocrate qui n’en finissent pas de modifier les textes au gré des tendances fiscales, commerciales et environnementales du moment. Aux cycles naturels lents et longs viennent brutalement s’imposer des règlements applicables immédiatement. L’Union européenne ne s’en prive pas et les États en rajoutent. Or, on ne change pas des façons culturales en un clin d’œil, on ne se lance pas dans une nouvelle production en claquant des doigts. L’agriculture a besoin de visibilité sur le long terme et de temps pour s’adapter.

Quant aux revenus procurés par ce métier que nous avons choisi et que nous aimons, ils sont dérisoires, pour ne pas dire indécents. Qui travaillerait, en 2017, pour 350 € par mois, comme c’est le cas pour 40 % d’entre nous, d’après le dernier recensement de la Mutualité sociale agricole ? Ces chiffres sont à rapprocher des exigences horaires et des contraintes liées aux différentes productions, en particulier celles de l’élevage… en voie de raréfaction, et pour cause. Il ne nous est pas rare de travailler dix heures dans la journée, d’y passer une partie de la nuit, de ne prendre aucunes vacances, c’est notre liberté. Mais nous voudrions pouvoir en vivre !

C’est la raison pour laquelle le poids des charges – naturelles et artificielles – associé aux désillusions du quotidien, face à un lendemain incertain, explique aisément l’angoisse qui, tout d’un coup, altère le raisonnement et fait commettre les gestes que nous avons tous connus autour de nous.

Ils sont des victimes. Que ces lignes leur soient dédiées."

Michel Janva

http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/web.html

BAISSER LES QUOTAS MIGRATOIRES ET SOUTENIR LA NATALITÉ EUROPÉENNE !

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Horst Seehofer, de la CSU, et les jeunes de la CDU réunis en congrès à Dresde ont obtenu que la chancelière immigrationniste Merkel mange son chapeau et limite l’immigration nette à 200.000 immigrés par an. Les jeunes de la CDU veulent pouvoir « décider qui entre dans notre pays ».

Un tabou vient donc de tomber, mais ce chiffre de 200.000 est beaucoup trop élevé. Il se rapproche de l’invasion migratoire qui, en France depuis quarante ans, oscille entre 200.000 et 300.000 immigrés – clandestins inclus – par an. À noter que l’hypocrisie politique est possible car le chiffre annuel allemand pourra être modifié chaque année selon l’importance du chômage.

Mais ce chiffre de 200.000, présenté comme une victoire, est en fait une demi-mesure suicidaire qui caractérise la pensée unique en Europe.

Les démocraties occidentales se sont, en fait, laissées enfermer dans le carcan du droit de l’hommisme, de la judiciarisation du pouvoir et de l’inacceptable multiculturalisme. Comment se fait-il que l’on tolère, sur le territoire national, des clandestins multirécidivistes qui assassinent nos jeunes femmes d’une façon horrible au couteau comme à Marseille ?

Seuls des partis patriotes comme l’AfD en Allemagne ou un FN nouveau avec un chef nouveau charismatique et compétent en France pourront lancer une révolution conservatrice des valeurs, mettre fin à l’invasion migratoire, au Grand Remplacement des populations, organiser une remigration vers leurs pays d’origine des déboutés du droit d’asile et des inassimilables.

Si l’on parle, un jour, de quotas en France pour l’immigration, il faudra qu’ils soient proches de 0 ou de 20.000 par an au maximum, mais que par contre des quotas de remigration élevés soient aussi fixés pour expulser les clandestins et obtenir la remigration, chaque année, d’un nombre minimum d’extra-Européens. 

« La France, tu l’aimes ou tu la quittes ! » Cette politique devrait être menée conjointement avec une politique familiale dont le but officiel politique proclamé serait d’augmenter le taux de natalité des Français de souche européenne. Ce n’est pas l’immigration extra-européenne mais notre civilisation qui est une chance pour la France !

Pourquoi Mme Merkel a-t-elle cédé ? Uniquement parce que l’AfD a obtenu 12,6 % des voix et effectué une rentrée fracassante au Bundestag avec 93 des 709 sièges. Il y a quelques années, les Allemands avaient déjà entrevu la solution avec la fameuse maxime « Kinder, nicht Inder » (des enfants, pas des hindous), alors que le gouvernement allemand voulait faire venir en masse des informaticiens des Indes.

Franke Petry, ancienne responsable de l’AfD, a eu cette formule magnifique :« L’Union européenne ne veut plus des peuples mais des populations. » L’Union européenne a perdu le réflexe de survie et d’autodéfense. L’Europe est le seul endroit au monde qui appartient à tout le monde.

Or, avec Macron, le scandale de l’invasion migratoire continue, tandis que l’on ne pense qu’à la réforme du droit du travail, bref, l’arbre économique qui cache la forêt civilisationnelle et régalienne. Macron ne touchera pas à l’aide médicale d’État (un milliard d’euros par an), mais songe à supprimer les allocations familiales pour les Français des classes supérieures. Alors que 65 % des Français pensent qu’il y a trop d’immigrés en France, à peine un clandestin sur dix quitte effectivement le pays des droits de l’homme, suite au laxisme des juges et du droit, ainsi qu’à l’autorisation du pays de provenance. La Chine ne distribue aucun « laissez-passer » et le Mali, alors que l’on pourrait faire pression, le fait au compte-gouttes.

Alber Camus avait prédit dès 1957 : « À longue échéance, tous les continents basculeront sur la vieille Europe. Ils sont des centaines et des centaines de millions. Ils ont faim et ils n’ont pas peur de mourir. Nous, nous ne savons plus ni mourir, ni tuer. »

http://www.bvoltaire.fr/baisser-quotas-migratoires-souten...

10/10/2017

Vers un ethnocide des paysans?...

2639523624.jpgNous reproduisons ci-dessous un entretien donné par Yves Dupont au site de la revue Limite à propos de l'essai qu'il a écrit avec Pierre Bitoun, Le sacrifice des paysans (L'échappée, 2016).

Yves Dupont : L’ethnocide des paysans

Yves Dupont est professeur émérite de socioanthropologie à l’université de Caen et co-auteur du sacrifice des paysans, une catastrophe sociale et anthropologique(éditions l’Echappée) avec Pierre Bitoun, chercheur à l’Inra-Paris. Il réinscrit ce qu’il nomme un ethnocide dans la cadre d’une modernité conçue comme une « synthèse inaboutie entre les idéaux universalistes des Lumières et la dynamique expansionniste du capitalisme qui a fini par considérer comme archaïques toutes les aspirations à l’enracinement et à la sédentarité » caractéristiques des sociétés paysannes. Il en déduit l’absolue nécessité de bâtir un monde post-productiviste et décroissant.

Limite : Pourquoi avoir construit votre livre comme vous l’avez fait, en le scindant en deux grandes parties, le sacrifice des paysans en tant que tel n’étant abordé que dans un second temps ?

Yves Dupont – Parce qu’il nous fallait d’abord, pour rendre compréhensibles les raisons pour lesquelles le sacrifice des paysans a longtemps été retardé et occulté en France, revenir sur la tentative, à partir de 1945, de trouver une troisième voie entre capitalisme et communisme par la construction d’un Etat-Providence. Si cette tentative a, durant les « Trente Glorieuses », engendré une forte croissance économique, une augmentation générale des niveaux de vie et une protection sociale à la majorité des français, elle a néanmoins abouti à ce que nous avons appelé les Quarante Honteuses avec le retour de politiques néolibérales à partir du début des années 1980. Dans les faits cependant, c’est dès le début des années 1960 qu’ont véritablement été engagées les politiques de « modernisation » de l’agriculture et, sur le fond, de son industrialisation. Le sacrifice des paysans qui n’utilisait le marché que comme un « détour de reproduction » était dès lors scellé.

Pourquoi la modernité telle que vous la définissez ne veut plus des paysans, qu’elle a transformé en agriculteurs productivistes ? Que se joue-t-il dans le passage du paysan à l’agriculteur, également sur le plan symbolique et des mentalités ?

Héritiers de la pensée de Cornélius Castoriadis, nous appréhendons la modernité dans une perspective anthropologique, comme incarnation d’une conception particulière de l’humanité de l’homme. Les sociétés s’instituent en effet à partir de confrontations entre des imaginaires rivaux, et les formes sociales et historiques qu’elles finissent par revêtir portent toujours les traces de ces affrontements. Toute société conserve ainsi en son sein ses cohortes de vaincus, d’humiliés, d’aigris, mais aussi d’aspirants à un autre ordre du monde prenant appui sur un passé qui n’a pas été honoré. Ainsi, malgré les compromis auxquels ils semblent être parvenus, les régimes démocratiques sont-ils loin d’avoir rompu avec les logiques et les pratiques de domination. La modernité, c’est d’abord la passion des artifices, de l’artificialisation de la nature et des hommes progressivement réduits à des ressources. C’est également un processus qui a conduit à interposer entre les hommes et la nature, mais également entre les hommes, un gigantesque appareil d’organisation, de gestion et de contrôle de la totalité de ce qui est. La modernité peut ainsi être appréhendée comme une tentative de synthèse inaboutie entre les idéaux universalistes des Lumières et la dynamique expansionniste du capitalisme qui a fini par considérer comme archaïques toutes les aspirations à l’enracinement et à la sédentarité qui caractérisaient les sociétés paysannes. Selon nous, leur valorisation d’un universalisme articulé à des appartenances particularistes ne les assimilait en rien à des sociétés closes, voire obscurantistes. Il suffit d’ailleurs, pour s’en convaincre, de se rappeler le patriotisme qui habitait les paysans lorsqu’ils se précipitèrent au front lors de la mobilisation de 1914 puis en 1939. Le nombre terrifiant de leurs morts en témoigne d’ailleurs à l’évidence. Mais cette conception parfaitement acceptable du monde a été balayée par l’universalisme abstrait et l’individualisme « hors sol » qui accompagnent les aspirations à l’illimitation du capitalisme finissant dont l’agriculteur productiviste ou l’agro-business man constituent aujourd’hui la pathétique incarnation.

Contrairement à ce qu’affirmait Michel Onfray dans l’entretien que votre revue a récemment réalisé avec lui, le capitalisme ne se réduit pas à l’activation d’une pulsion d’échange incoercible entre deux individus convoitant le même bien en situation de rareté. Il suffit de relire Marx ou Karl Polanyi pour s’en convaincre. Et ce qui est sur le point de rendre le capitalisme obsolète ou périssable, ce sont le mur écologique et le chômage de masse qui se dressent désormais devant l’humanité tout entière et nous obligent à nous interroger à nouveaux frais sur la démesure et la profonde irrationalité qui ont emporté la modernité vers ces abîmes. 

Vous employez les mots d’« ethnocide » et de « catastrophe » sociale et anthropologique. Pourquoi le choix de termes aussi forts ?

Comme l’a montré le philosophe Alain Brossat, Tocqueville a, le premier, mis en évidence la coextensivité de la démocratisation du monde et des premiers génocides et ethnocides de la modernité. C’est toutefois l’ethnologue Robert Jaulin qui a inventé le terme d’ethnocide pour qualifier les violences et les massacres commis par les colonisateurs à l’encontre des autochtones en Amérique du Nord et du Sud. Pour Pierre Clastres, ethnologue lui aussi, si le génocide renvoie à l’idée d’extermination d’une « race », l’ethnocide caractérise la destruction de la culture propre à certains agrégats humains : l’ethnocide écrivait-il, « est donc la destruction systématique des modes de vie et de pensée de gens différents de ceux qui mènent cette entreprise de destruction. En somme, le génocide assassine les peuples dans leur corps, l’ethnocide les tue dans leur esprit ». Comme nous l’avons montré dans notre essai, c’est par et au prix d’une profonde dévalorisation de leur culture que les paysans sont devenus agriculteurs. Parce qu’ils ont été considérés comme porteurs de « mauvaises différences » beaucoup d’entre eux se sont résignés ou tus, quand ils n’ont pas mis fin à leurs jours dans une indifférence quasi généralisée. Quant au mot catastrophe, il vise simplement à caractériser la transformation radicale et probablement irréversible du monde qu’avaient pendant presque mille ans imaginé et construit les sociétés paysannes. Sociétés, il faut une fois encore le souligner, largement ouvertes, productrices d’architectures, de paysages, de techniques, de savoirs, de produits et de cuisines dont nous découvrons tardivement aussi bien la beauté que l’extraordinaire adéquation avec les écosystèmes au sein desquels elles s’étaient déployées. Sociétés aux multiples langues, dialectes et patois, irriguées par de multiples foires et marchés, solidaires aussi et ayant opposé de farouches résistances à leur destruction. Sociétés qui, comme l’a montré Tocqueville dans L’Ancien régime et la révolution, étaient profondément irriguées par des usages démocratiques et dont les membres n’avaient rien à voir avec les « péquenots » ou les « bouseux » que l’idéologie dominante en a stupidement construits. 

Quelles sont les conséquences du sacrifice des paysans pour nous tous ? Diriez-vous qu’il n’y a pas de pays vivable sans paysans, le second mot signifiant d’ailleurs étymologiquement « gens du pays » ?

Ces conséquences sont évidemment multiples et encore en devenir si l’on pense que le « travail » de dépaysannisation est toujours en cours, qu’il s’accélère, qu’il devient de plus en plus brutal, et qu’il va se cumuler avec les vagues d’exode écologique liées au changement climatique, aux conflits armés et à l’exploitation minière et industrielle des territoires.

On peut en effet estimer qu’il reste aujourd’hui environ trois milliards de paysans sur la Terre qui, comme cela s’est passé en Chine depuis une cinquantaine d’années, ne cessent de quitter les campagnes sous l’empire de la nécessité en croyant que ce déracinement leur permettra d’améliorer leur condition. Beaucoup de ceux qui trouvent un travail participent, pour des salaires de misère, à édifier des villes où la population asphyxie, à construire tous les appareils imaginés par les ingénieurs de la Silicon Valley pour faire advenir un monde entièrement numérisé, ou à bâtir des porcheries industrielles où s’entassent des centaines de milliers de cochons. Dans ces conditions, en effet, il va de soi qu’il n’y a pas de pays vivable sans paysans mais, plus généralement, sans l’existence de travailleurs indépendants, d’artisans et de commerçants. Mais, plus fondamentalement, ce qui a tendu à disparaître avec le sacrifice des paysans et des sociétés paysannes, ce sont toutes les discontinuités non monétaires qui participaient de l’équilibre général des échanges : coopérations diverses, échanges de biens, de savoirs et de services, dons et contre-dons créateurs de liens sociaux et de solidarités qui limitaient le désir d’emprise et de réussite individuelle. Il est donc loin d’être établi, surtout aujourd’hui, que cela n’allait pas mieux avant !

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Vous écrivez qu’il est nécessaire d’en finir de façon radicale avec le capitalisme pour bâtir une société postproductiviste, « prudente, solidaire et pluraliste », et sauver nos paysans. Comment rendre une telle ambition possible et y-a-t-il des mouvements actuels sur lesquels il est possible et souhaitable d’après vous de s’appuyer (Confédération paysanne, Via Campesina) ?

Votre formulation pourrait paraître brutale, voire excessive, car nous sommes avant tout des chercheurs et bien loin d’en appeler « de façon radicale » à la liquidation du capitalisme, nous nous sommes efforcés de montrer l’absolue nécessité dans laquelle l’humanité se trouve aujourd’hui d’inventer un monde post-productiviste et par conséquent décroissant. Ou, pour reprendre une expression du sociologue allemand Ulrich Beck, de rompre avec toutes les formes « d’intoxication volontaire » qui empoisonnent à petit feu l’humanité contemporaine.

Bien qu’appartenant à une école de pensée à coup sûr minoritaire, nous ne nous considérons en rien comme catastrophistes en affirmant, preuves à l’appui, que dans l’état actuel des choses et pour longtemps encore, ce qui contribue à nous entraîner vers la catastrophe croît beaucoup plus rapidement que ce qui pourrait nous sauver. L’accélération de la fonte de la banquise liée au réchauffement climatique, l’érosion de la biodiversité et la poursuite de l’extinction des espèces, l’augmentation des « cancers environnementaux, la pollution des mégapoles, notre incapacité à démanteler les centrales nucléaires, l’exode écologique de millions d’individus pour ne prendre que quelques exemples incontestables de notre impuissance, montrent qu’aucun développement durable ou soutenable ne parviendra à enrayer les dégâts du capitalisme car il est dans la nature même de ce dernier de fonctionner à la dépense incontinente et à l’autophagie. Ayant accompagné pendant plus de trente ans de multiples mouvements sociaux paysans et écologistes et aussi beaucoup travaillé aux côtés de la Confédération paysanne, nous savons que leur manière d’habiter la Terre est aussi parfaitement ouverte que rationnelle et raisonnable. Mais l’agriculture (paysanne ou biologique) qu’ils pratiquent est souvent extensive et peu compatible avec la poursuite de l’urbanisation galopante et de la multiplication des zones commerciales, des infrastructures routières et ferroviaires, mais aussi de l’apparition de véritables déserts ruraux interdisant le développement de circuits courts. A quoi il faut ajouter l’inégale répartition des aides aux producteurs et la captation des terres par les grandes exploitations industrielles.  Ainsi, comme je l’ai déjà indiqué, il est pour le moment incontestable qui ce qui menace l’humanité dans son ensemble se développe aujourd’hui beaucoup plus rapidement que ce qui pourrait la sauver.

Yves Dupont, propos recueillis par Laurent Ottavi (Limite, 7 septembre 2017)

http://euro-synergies.hautetfort.com/

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MARTINE DONNETTE : « LES COMMERÇANTS EN LIQUIDATION SONT COMPLÈTEMENT RUINÉS, SPOLIÉS ET ENFIN EXPULSÉS ! »

Martine Donnette est une ancienne commerçante qui a perdu sa boutique. Depuis vingt ans, elle se bat contre les grandes surfaces. Son livre entend ouvrir les yeux des élus et des consommateurs, et informer les « petits » commerçants.

Martine Donnette, votre livre s’intitule Seule face aux géants. Vous y relatez votre combat contre les grandes surfaces qui dure depuis le début des années 1990. Pourquoi avez-vous écrit ce livre ?

On a voulu écrire ce livre pour expliquer le fonctionnement des commissions départementales d’aménagement commercial et des commissions nationales d’aménagement commercial.

Vous êtes une ancienne commerçante et avez perdu votre boutique à la suite de votre conflit avec Carrefour. Depuis vingt ans, vous dévouez votre vie à la lutte contre les grandes surfaces. Pourquoi les grandes surfaces doivent-elles être combattues aujourd’hui par les petits commerçants que vous représentez ?

Nous voyons bien que les expansions et les extensions de la grande distribution ne se font pas dans les règles et ne respectent pas la déontologie du commerce. Nous constatons que tous les dossiers comprennent des fraudes. La réglementation n’est pas respectée. Il est important, pour les commerçants, d’être au courant de leur fonctionnement.

Cela fait vingt ans que vous êtes en procédure multiple avec les grandes surfaces. Que leur reprochez-vous ? Comment avez-vous vu le non-respect des lois par les grandes surfaces ?

Nous savons que la loi n’est pas respectée lorsque les dossiers, même incomplets, sont présentés devant les commissions.
Les services préfectoraux ne sont pas assez vigilants à la réception des dossiers pour refuser ceux qui sont mal montés.
Une fois ces dossiers acceptés, ils permettent de frauder sur les plans locaux d’urbanisme et les plans de prévention des risques.

Vous avez créé une association qui s’appelle En toute franchise. Cette association a pour but de prendre la défense des commerçants. Avez-vous calculé le nombre d’amendes que les grandes surfaces doivent à l’État ?

Si la grande distribution payait toutes ses infractions, l’association estime qu’elle devrait payer 418 milliards d’euros.
Cette somme se justifie par le nombre de mètres carrés qui ont été dénoncés aux préfets, aux instances et aux mairies.
Personne n’a bougé pour que ces infractions soient sanctionnées.

On est frappé par l’aspect presque stratosphérique de ce chiffre de 418 milliards d’euros…

Oui, bien sûr.
La grande distribution a plus de quatre millions de mètres carrés de surface illicite. Il faut savoir qu’un m2 illégal est puni de 150 euros par jour d’infraction.
Avec 2.000 m2 de surface illicite, par exemple, les sommes sont astronomiques.

Que retirez-vous de ces vingt ans de procédure ? Où sont les failles du système et les complicités ? Qu’avez-vous découvert ?

Le préfet ne vérifie pas et ne contrôle pas les surfaces illicites. Si, toutefois, il les vérifie, la Justice ne s’enclenche pas comme elle devrait s’enclencher.
Les sanctions ne sont jamais prononcées à l’encontre des fraudeurs.

Êtes-vous bien accueillie auprès des petits commerçants ? Prennent-il fait et cause pour votre combat ? Etes-vous soutenue et vous demandent-ils de l’aide ?

Les commerçants sont déboussolés lorsqu’on leur parle d’un problème juridique général comme celui de l’amende de 418 milliards.
Ils font rapidement le parallèle entre le fonctionnement d’un hypermarché qui se trouve près de chez eux et d’autres centres commerciaux.
Par exemple, à Genay dans le Rhône, un centre commercial a une superficie de 2.000 m2qui n’a pas d’autorisation. Au départ, c’était un problème d’extension du centre commercial, mais après avoir fouillé dans le dossier, on s’aperçoit de l’illégalité de la déclaration de la surface.

Comment expliquez-vous cela ? Y a-t-il une complicité entre l’État et les grandes surfaces ? Ou est-ce la faute du législateur ?

Il y a bien une complicité entre l’administration et la grande distribution.
On peut parler d’un dysfonctionnement.
Aujourd’hui, nous avons des preuves grâce à l’aboutissement d’un dossier complet.
Le préfet a été enjoint par le tribunal de faire les contrôles, mais il ne les fait pas entièrement et n’applique pas la loi. Il devrait demander la fermeture des surfaces illicites mais ne le fait pas.

On a du mal à comprendre comment les maires peuvent soutenir l’insertion des grandes surfaces dans la mesure où la plupart se plaignent de voir leur centre-ville se vider… Comment interprétez-vous cette espèce de complaisance ainsi que cette passivité des maires vis-à-vis des grandes surfaces ?

Les maires ont un double langage.
Leur centre-ville se paupérise. Un taux de vacance de 25 % s’explique par la fermeture de nombreux locaux.
Pourtant, ils continuent de donner des autorisations d’ouverture de grandes surfaces alors que cela va, justement, accentuer le problème de la désertification des centres-villes.
Il s’agit bien d’un double langage.
Les maires se demandent comment ils vont résoudre le problème. Puis, cinq minutes plus tard, ils vont aller en commission et vont donner une autorisation.
C’est clair, soit ils ne savent pas gérer, soit ils mentent pertinemment à leurs commerçants indépendants !

Vous aviez lancé un appel aux candidats à la présidence de la République française au moment des élections. Qu’aimeriez-vous dire aux politiques aujourd’hui ?

En premier lieu, nous avons envoyé trois courriers à monsieur Macron.
On lui demande la transcription totale de la directive européenne.
Cela permettrait à l’administration française de contrôler immédiatement les surfaces illicites de la grande distribution. Il s’y refuse.

La directive européenne dit que la grande distribution ne doit pas porter atteinte aux droits fondamentaux des commerçants. Or, on ne s’occupe pas du devenir des commerçants qui sont en liquidation judiciaire. Ils sont complètement ruinés, spoliés et enfin expulsés.
Les élus n’en ont rien à faire.

Et, enfin, les décisions sont discriminatoires. On donne des autorisations à des établissements qui ne paient pas leurs impôts en France.
Le commerçant indépendant va avoir 65 % de charges, alors que ces autres sociétés ne payent pas les mêmes charges en France que le commerçant indépendant.
C’est discriminatoire.

http://www.bvoltaire.fr/commercants-liquidation-completem...

08/10/2017

Non à la fin de l’universalité des allocations familiales !

Olivier Véran, député LREM de l’Isère, rapporteur général de la commission des affaires sociales de l’Assemblée, veut supprimer les allocations familiales pour les plus hauts revenus (au-dessus de 6.000 euros par mois) car cela représenterait une économie supplémentaire de 440 millions d’euros.

La réduction des allocations familiales par François Hollande de 50 % et 75 % pour les ménages gagnant entre 6.000 et 8.000 euros par mois a déjà touché 455.000 familles, soit 9,5 % des familles françaises, et déjà permis de réaliser une économie de 400 millions d’euros, de 800 millions d’euros si l’on ajoute le plafonnement du quotient familial ! Une fois encore, ce sont les classes moyennes supérieures qui vont être touchées. Tondre la laine sur le dos des pères de famille nombreuse, c’est plus facile que de s’attaquer à l’immigration extra-européenne (coût : 70 milliards d’euros par an), réduire les dépenses publiques françaises éhontées de fonctionnement les plus élevées d’Europe, avec deux millions de fonctionnaires en trop par rapport à l’Allemagne, supprimer les régimes spéciaux des retraites ou supprimer d’un trait de plume l’inutile Conseil économique, social et environnemental dont le seul objet est de recaser les petits copains…

Le coût actuel de la politique familiale française est d’environ 3 % du PIB. Des progrès restent à faire afin de permettre aux femmes d’avoir les enfants qu’elles désirent. Les études qui se sont penchées sur la question l’ont montré : les femmes arrivant à la cinquantaine constatent, en moyenne, qu’elles ont eu au final un enfant de moins que le nombre qu’elles auraient aimé avoir. Cet enfant qui manque, c’est la solution à nos problèmes démographiques et de retraites. L’Europe ne fait pas de 3e enfant. Un 3e enfant coûte cher en France, bien plus que les 150 euros supplémentaires par mois que donnent les allocations familiales. En un demi-siècle, les prestations familiales ont diminué de près de 70 % pour les familles avec trois enfants. Il faudrait que ces prestations atteignent, au contraire, 5 % du PIB, ce qui est à comparer aux plus de 20 % du PIB consacrés annuellement aux retraites et à la santé.

Élever des enfants diminue le niveau de vie d’un ménage. L’arrivée du premier enfant dans un couple se traduit par une baisse du niveau de vie (après impôts et transferts) de l’ordre de 13 %, et 6 % pour chacun des enfants suivants. Ainsi s’explique la diminution constante du nombre des familles nombreuses d’origine européenne, qui sont pourtant nécessaires au simple remplacement des générations. Une famille sur cinq, seulement, en France est composée aujourd’hui d’au moins trois enfants.

Malthus triomphe en Europe et en France avec Macron, qui n’a pas d’enfants, tout comme madame Merkel ! Le taux de fécondité global français est en train de s’écrouler, en passant de 2,1 à 1,89 et, pour les Françaises de souche européenne, de 1,71 à 1,5 ! Le taux de fécondité de renouvellement des populations à l’identique est de 2,1. 

On assiste au démantèlement continu de la politique familiale mise en place par le général de Gaulle en 1945. Le Général avait multiplié les mesures destinées à relever la natalité française : indexation des allocations familiales sur le salaire de base et non sur les prix ; refus de soumettre les allocations familiales à l’imposition (car elles ne constituent pas un revenu, mais la juste compensation d’investissements privés avec un intérêt collectif fondamental) ; refus de les soumettre à condition de ressources ; et, enfin, instauration du quotient familial dans le calcul de l’impôt sur le revenu. Autant de mesures concrètes permettant de bien distinguer la politique familiale de la politique sociale à visée égalitariste.

Les allocations familiales n’ont pas pour but de combler le fossé entre riches et moins riches, mais d’éviter que les ménages avec enfants voient leur niveau de vie se dégrader par rapport à ceux qui n’en ont pas. Or, depuis les années 70, ce principe de base du printemps démographique français d’après-guerre n’a cessé d’être bafoué.

Les gouvernements successifs dévoient, en fait, la politique familiale de la France en l’éloignant sans cesse du soutien initial à la fécondité, pour la spécialiser dans l’assistanat, la lutte contre la pauvreté, l’exclusion ou le chômage.

Les grands bénéficiaires de cette politique sont les populations d’origine immigrée, avec des taux de fécondité doubles de celui des populations d’origine européenne. Le paradoxe, c’est que les allocations familiales censées enrayer, à l’origine, en 1945, l’insuffisance de la natalité française de souche européenne contribuent, aujourd’hui, à accentuer les déséquilibres démographiques en attirant les populations immigrées extra-européennes et en développant leur taux de natalité.  

ALSTOM : FACE AUX ERREURS DE MACRON, MONTEBOURG A TOUT JUSTE !

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Montebourg a 100 % raison ! Il faut rediscuter pour qu’Alstom soit européen (50 % français et 50 % allemand) et non pas sous contrôle allemand. Macron a commis une faute énorme en vendant l’activité énergétique d’Alstom à General Electric. À l’époque, Siemens était prêt à laisser à un Alstom français le contrôle non seulement de l’activité matériel ferroviaire, mais également de l’activité des signaux qui semble plus développée chez « Siemens Mobility » que chez Alstom en France.

Ayant fait une ânerie grosse comme une maison, Macron, ne se bat même plus pour ce qui est encore sauvable, à savoir garder la parité de contrôle 50/50 dans la fusion Siemens/Alstom, comme c’est le cas dans l’Airbus de l’air. Ce n’est plus une défaite, c’est une déroute, c’est la Bérézina, et de ce fait, l’État devrait, selon le plan Macron, se retirer à terme complètement du capital d’Alstom, tout comme le groupe Bouygues, après que ce dernier a empoché ses dividendes exceptionnels.

On se demande pourquoi Macron a nationalisé, s’est tant battu dans l’affaire des chantiers navals STX pour le 1 % de contrôle majoritaire du capital… Subitement cela n’aurait plus aucune espèce d’importance dans l’affaire Alstom ? La contradiction est totale.

La supercherie de communication nous assurant qu’aucun site ne fermera est affligeante ! Le brave Le Maire s’époumone, criant « l’emploi ! », l’emploi qu’il jure de garder pendant 4 ans ! Oui… et après ? Eh bien, après cela se terminera comme Pechiney, Sacilor, Alcatel, Technip Lafarge ; après les 4 ans, c’est celui qui contrôle, à savoir Siemens qui ne laissera à l’entreprise croupionne Alstom que ses beaux yeux pour pleurer, afin de continuer à vendre ses signaux et son matériel ferroviaire en France à la SNCF !

Selon Le Maire, qui n’a rien d’un économiste ou d’un homme d’affaires, cette fusion est une très bonne nouvelle. IL prétend même que cela ne sert rien d’avoir un strapontin au capital d’Alstom ! En ce sens, il a raison, il faut effectivement que ce soit 50 % du capital pour garder la parité de contrôle.
Il s’agit donc d’une trahison pure et simple de Macron en rase campagne avec une communication hypocrite d’enfant de chœur pour le grand public juste bonne à écœurer les initiés !

Alors, que faut-il faire ? Il n’y a qu’une solution, engager des fonds publics pour imposer la parité de contrôle 50/50 à Siemens en étant conscient qu’à cause de la faute irréversible que constitue la vente d’Alstom énergie à GE, il n’est plus possible d’avoir en France le siège social pour l’activité signaux.

L’État, comme le conseille Montebourg, devrait racheter les actions qu’il loue actuellement à Bouygues. À Grenoble, Montebourg a évoqué un mélange d’action politique, de lutte syndicale et de menaces de poursuite pénales. Cette affaire n’est pas sans nous rappeler la légèreté avec laquelle Madame Lagarde avait accepté la décision d’un arbitrage honteux dans l’affaire Tapie.

Et le comble de la tartufferie fut avenue Iéna, où l’on vit Henri Poupart-Lafarge, pour garder son poste et ses « stock options » – parlant anglais – avoir le culot, en compagnie de Joe Kaeser, le Président allemand de Siemens, de tenir ces propos :  « les Allemands ont l’impression d’être rachetés par les Français ». Et Joe Kaeser est venu en rajouter une pincée en nous disant qu’« Alstom sera européen et non pas allemand »

Montebourg a raison : « Il n’est pas trop tard pour nationaliser Alstom » et tout renégocier.

http://www.bvoltaire.fr/alstom-face-aux-erreurs-de-macron...

« La grande braderie en marche. TGV, chantiers navals, Française des jeux, la vente de la France par Macron s’accélère » L’édito de Charles Sannat

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Charles Sannat, éditorialiste économique

Nos élites vendent la France, une idée dans laquelle elles ne croient plus du tout.

D’ailleurs, le rêve mystique européen de notre Jupiter du palais n’est jamais rien que la destruction consciente de notre pays, de notre indépendance, de notre souveraineté, mais aussi de notre patrimoine sacrifié sur l’autel d’une Europe de plus en plus totalitaire.

La seule chose qui nous sauve, c’est que les Allemands, loin d’être aussi stupides et crétins que les dirigeants français qui sont décidément véritablement en dessous de tout, n’ont pas du tout l’intention, eux, de sacrifier leur leadership et leur domination de simples à des bons sentiments cucul-gnangnan fussent-ils européens.

Pour les Allemands, l’Europe et l’euro sont deux outils de leur suprématie et de leur domination.

Cela veut dire que de la même manière qu’il n’y a jamais de fusion « entre égaux », entre deux entreprises, il n’y aura jamais de rapprochement franco-allemand équilibré, ou égalitaire.

Nous sommes demandeurs.

En réalité, Macron est même un « quémandeur » de plus d’Europe, pensant qu’avec plus d’Europe il marginalisera la grande Allemagne de Merkel.

Il se fourre le doigt dans l’œil jusqu’à la garde. Au mieux, il ne fera que vendre à vil prix les actifs qu’il reste à notre pays.

Macron est un fossoyeur, il procède à la liquidation totale de notre pays

Il n’est pas le seul coupable, tout au plus le chef d’orchestre. Il a été choisi et désigné par le système totalitaire européen pour cela. Il applique.

Il ruinera le droit social et les avancées d’un siècle de luttes sociales.

Il ruinera notre pays en vendant ses entreprises à bas prix à des entreprises privées qui se gaveront de bénéfices dont notre État en mal de recettes a grandement besoin.

Il ruinera la moralité, en rendant tout égal, en autorisant la GPA ce qui n’est jamais rien qu’un droit à l’enfant, or avoir un enfant et autoriser la GPA c’est légaliser la marchandisation des corps et des enfants qui deviennent des produits comme les autres.

Il ruinera le peu de souveraineté qu’il nous reste pour tout confier à l’Europe. Tous nos godillots de la politique ont emboîté le pas à cette clique d’europathes.

Il n’y a plus ni gauche, ni droite

L’ultime combat est entre celles et ceux qui pensent qu’une nation est le seul espace possible d’une véritable souveraineté et de la démocratie, et ceux qui pensent que les nations doivent disparaître.

L’ultime combat est le combat entre européistes-mondialistes et souverainistes (ce qui n’a rien à voir avec du nationalisme primaire).

Ce combat, je l’ai souvent évoqué.

Pour toutes celles et ceux qui ont voté Macron, comme prévu, vous allez désormais assister au dépeçage en règle de notre pays, et on ne vous demande plus votre avis, les ordonnances amères et un parlement aux ordres suffisent. Un parlement où l’on rappelle juste à l’ordre une député qui vend des visites de l’Assemblée dans le cadre de son agence de voyage. Un parlement où peut siéger un gus qui en frappe un autre au point de presque le tuer à coup d’hémorragie cérébrale.

De vous à moi, il y a de quoi être plus qu’inquiets pour notre avenir… et la marche sera longue.

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous !

Charles Sannat 28/09/2017

Source : Insolentiae.com

https://www.polemia.com/la-grande-braderie-en-marche-tgv-...

07/10/2017

Le FN dénonce le démantèlement continu de la politique familiale par Macron

De Nicolas Bay, Vice-président du Front National, Député français au Parlement européen :

"Le ministre de l’Économie Bruno Le Maire et la majorité parlementaire LREM ont fait connaître leur volonté de mettre fin à l’universalité des allocations familiales, déjà mise à mal par la précédente modulation durant le quinquennat Hollande, en les supprimant pour une partie des familles.

On assiste au démantèlement continu de la politique familiale, alors que le concept de l’universalité des allocations familiales a toujours reposé sur le principe de cohésion nationale. Les allocations familiales visent à favoriser la natalité française, et ne doivent pas avoir pour but de combler le fossé entre aisés et moins aisés, d’où la distinction entre les prestations familiales et les prestations sociales.

Plutôt que de poursuivre dans la voie d’une politique anti-famille, le gouvernement devrait tout faire pour relancer la natalité française, condition indispensable à la prospérité et à l’avenir de notre nation."

Michel Janva

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03/10/2017

53 000 fraudeurs touchent une retraite française à l’étranger alors qu’ils n’y ont pas droit

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Un récent rapport de la Cour des comptes révèle que 53 000 bénéficiaires inconnus perçoivent une retraite française dans un pays de l’étranger alors qu’ils n’y ont aucun droit ou qu’ils sont morts.

Ainsi, les contribuables français accordent chaque mois une retraite à un Algérien imaginaire de 117 ans… Au total, c’est 200 millions d’euros qui sont ainsi perdus chaque année. Pour rappel, cette somme correspond à celle de l’aide aux maisons de retraite publiques que Manuel Valls avait retirée en 2016.

L’association Contribuables associés a donc adressé une pétition au ministre de la Solidarité et de la santé afin de régulariser une situation d’illégalité qui saigne les contribuables français.

RÉFORME DU CODE DU TRAVAIL : DU RIFIFI À FORCE OUVRIÈRE

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Le secrétaire général de FO, qui n’avait pas mâché son hostilité à la loi El Khomri, a pu paraître indulgent à l’égard des ordonnances d’Emmanuel Macron.

Ceux qui pensent que le « girouettisme », comme l’écrivait Balzac, est l’apanage des politiciens ou de l’opinion publique se trompent : il peut toucher aussi le syndicalisme. C’est ainsi que Jean-Claude Mailly, secrétaire général de FO, qui n’avait pas mâché son hostilité à la loi El Khomri, a pu paraître très indulgent à l’égard des ordonnances d’Emmanuel Macron. Résultat : ses troupes se rebellent.

Le Comité confédéral national, composé de 103 unions départementales (UD) et 26 fédérations, contestant très majoritairement la ligne qu’il avait adoptée, a dénoncé la casse du Code du travail et donné un mandat impératif au bureau confédéral pour organiser une mobilisation interprofessionnelle avant la ratification des ordonnances par l’Assemblée nationale.

Les 12 et 21 septembre, la moitié des UD et plusieurs fédérations avaient déjà bravé les consignes en défilant avec la CGT. Jean-Claude Mailly a dû s’incliner : lundi, il réunira le bureau confédéral exécutif, mais exclut toute démission : « Non, je ne démissionne pas, arrêtons l’intox », lance-t-il dans un tweet.

On peut légitimement se demander pourquoi le secrétaire général de FO a opéré un tel revirement. On ne lui fera pas l’injure de supposer qu’il ait marchandé avec Emmanuel Macron, qu’il tutoie, quelque poste pour sa retraite – il doit passer la main en avril 2018 et son dauphin est désigné. Du reste, il est courant qu’un dirigeant syndical se voie confier une responsabilité honorifique ou effective quand il a cessé ses fonctions. 

Il faut donc trouver une autre explication à son changement d’attitude entre 2016 et 2017. Sans doute n’a-t-il pas apprécié que le précédent gouvernement se soit appuyé quasi exclusivement sur la CFDT pour imposer la loi El Khomri, le rejetant au second plan et dans l’opposition. Alors qu’il doit, dans quelques mois, quitter ses fonctions, il veut sans doute se recentrer et quitter FO après avoir restauré son image d’organisation syndicale réformiste, qui fut chère à André Bergeron. Bref, il soignerait sa sortie de scène. 

Jean-Claude Mailly se targue d’avoir renoué avec le dialogue social et réussi à convaincre Emmanuel Macron de redonner du pouvoir aux branches professionnelles. Il espère, aussi, que son souci du dialogue et du compromis permettra à FO d’affronter, dans une meilleure position, les prochains débats – qu’il juge encore plus importants : l’indemnisation du chômage, la formation et la réforme des retraites. Seulement, voilà : la base, peut-être plus proche des réalités quotidiennes, ne voit pas les choses comme lui et se rebelle.

FO se proclame officiellement indépendante. De fait, entre les deux tours de la présidentielle, contrairement à la plupart des autres confédérations, elle n’a pas donné de consigne de vote : Jean-Claude Mailly a simplement rappelé son « rejet de tout racisme, xénophobie ou antisémitisme » – ce qui n’est pas exempt de tartuferie. Mais chacun sait que FO est un pot-pourri où – héritage de son histoire ? – l’extrême gauche voisine avec la gauche ou la droite. Il n’est pas impossible que se dessine, ici ou là, telle ou telle influence.

On ne peut donc exclure, dans cette querelle intestine, des arrière-pensées politiciennes. Au-delà se pose la question de la représentativité des organisations syndicales, notamment de leurs appareils qui, bien qu’élus démocratiquement, ne sont pas toujours au service exclusif de leurs mandants. Comme on le voit, aussi, avec le gouvernement actuel qui prétend que 66,1 % des Français ont approuvé les engagements de campagne d’Emmanuel Macron. Mais cela, c’est un autre problème !

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02/10/2017

Non, les « quartiers » n’ont pas été abandonnés

André Versaille publie en ce moment un feuilleton sur le site du Monde, intitulé: « Les musulmans ne sont pas des bébés phoques »

Des jeunes musulmans des banlieues se sentent victimes – et nombre d’entre eux le sont certainement. Mais le sont-ils du « système français » ? Depuis des années, on met en cause l’abandon des cités par les gouvernements successifs, ainsi que des réductions drastiques des aides à l’intégration. Malika Sorel-Sutter s’inscrit en faux contre cette accusation« Peut-on ainsi dire que les 43 milliards d’euros injectés en dix ans dans la rénovation urbaine, ce n’est rien ? Peut-on considérer comme négligeables les près d’un milliard d’euros qui sont investis chaque année dans l’éducation prioritaire […] ? Peut-on balayer d’un revers de main tout ce qui a été injecté dans tous les programmes ZFU, ZUS, Halde, plan égalité des chances, ACSÉE, préfets à l’égalité des chances, cordées de la réussite, internats d’excellence, Commissariat à la diversité, Plan espoir banlieues, Contrats d’accueil et d’intégration, et à présent les emplois dits “d’avenir” ? […] Autant on aurait pu dire que l’État n’avait pas fait grand-chose pour venir en aide aux immigrés des précédents flux migratoires – d’origine intra-­européenne –, autant on ne peut pas le dire pour les flux migratoires extra-européens. »1

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30/09/2017

Un pactole à 42 milliards d'euros - Polony TV

ORDONNANCES TRAVAIL : EMMANUEL MACRON SIGNE-T-IL LE DÉCLASSEMENT SOCIAL DES FRANÇAIS ?

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Le travailleur français se trouve pris en tenaille entre un grand patronat antinational et le dumping social des pays est-européens de l’Union européenne

La semaine dernière a vu la signature en grande pompe, devant les caméras, des ordonnances relatives au droit du travail par le Président Macron, singeant narcissiquement le modèle américain. Tout le monde aura pu constater l’absence d’opposition politique sérieuse sur ce sujet majeur, y compris dans le camp patriote.

Silence d’autant plus condamnable que ces ordonnances portent en elles les germes d’une remise en cause profonde d’un certain État social qui, bien qu’issu du contexte particulier de l’après-Deuxième Guerre mondiale, avait accompagné la reconstruction du pays puis son entrée dans la mondialisation économique en maintenant au profit des travailleurs français un socle de garanties minimales.

En effet, les ordonnances viennent encore fragiliser un peu plus la hiérarchie des normes, principe fondamental de l’ordre public social, en permettant aux accords d’entreprise de déroger et de s’imposer aux accords de branche – y compris dans un sens défavorable – dans un nombre élargi de domaines (durée du travail et recours aux heures supplémentaires, 13e mois, primes d’ancienneté, etc.). Ce phénomène d’inversion de la hiérarchie des normes, amorcé par nos élites politiques il y a une quinzaine d’années, s’inscrit dans un mouvement plus général de libéralisation du marché du travail (à l’efficacité discutable) qui, faisant l’économie d’une réforme équilibrée et réfléchie dans l’intérêt de tous, a pour seul but de satisfaire les intérêts patronaux les plus pressants et de soumettre la France aux contraintes issues de la mondialisation et de l’intégration européenne, sans cesse plus invasive. Il marque néanmoins un net recul de l’État dans le dialogue social, dont il était pourtant devenu un acteur expérimenté.

Autre mesure marquante, la barémisation et le plafonnement des indemnités prud’homales en cas de licenciement sans cause réelle et sérieuse. S’il faut reconnaître que les jugements des tribunaux prud’homaux pouvaient parfois être extravagants (car politisés), les cours d’appel assuraient toutefois une fonction régulatrice : il n’est ici question que de « flexibiliser » le marché du travail en fluidifiant les licenciements, au mépris des droits des salariés et des principes juridiques élémentaires (en vertu desquels l’on doit en principe être indemnisé de l’intégralité du préjudice subi).

Une autre mesure, moins médiatisée mais ô combien symbolique, relève quant à elle d’une véritable trahison sociale : c’est celle du changement du périmètre d’appréciation des difficultés d’une entreprise en cas de licenciement économique. Désormais, les difficultés économiques seront appréciées au niveau du territoire national français uniquement, et non plus au niveau mondial, sauf en cas de fraudes. Nouveau dispositif proprement scandaleux quand on connaît la propension des grandes groupes multinationaux à localiser artificiellement de la dette en France, en raison notamment d’une fiscalité contraignante.

Le travailleur français se trouve ainsi, aujourd’hui, pris en tenaille entre un grand patronat antinational, désireux de faire reculer l’ordre public social (primauté des accords d’entreprise, soutien objectif à l’immigration pour exercer une pression à la baisse sur les salaires, etc.), et le dumping social des pays est-européens de l’Union européenne, prime à la délocalisation dans une économie minée par le coût du travail.

Les nationaux et patriotes se doivent de réinvestir le champ social pour faire face à ces défis !

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29/09/2017

Soumission inclusive

Au nom du principe de solidarité ( !) le tandem Macron-Philippe a décidé une  hausse de la CSG qui frappera durement  les retraités jugés « privilégiés », en l’espèce ceux qui perçoivent  plus de 1 200 euros net par mois… Au nom du principe de souveraineté européenne,  le gouvernement vient d’annoncer coup sur coup le passage sous contrôle italien du chantier naval STX après sa nationalisation provisoire et surtout la fusion qualifiée de  nécessaire  entre Alstom et Siemens. Invité hier de France info, le député européen socialiste Edouard Martin a fait part  (suivant en cela  les dirigeants du FN)  d’une inquiétude fondée et légitime à l’annonce de  ce «  mariage forcé ». «  Le gouvernement nous dit qu’on échappe aux mastodontes chinois. On n’échappe à rien du tout. Les garanties, dont se gargarise Bruno Lemaire (secrétaire d’Etat aux Affaires Européennes) , sont des garanties de perlimpinpin. Cela ne vaut absolument rien.   Il n’y a pas d’actionnaire français dans ce nouveau conglomérat. La France se retire et laisse la main libre à Siemens, et donc, aux Allemands. »  « Siemens a déjà la main sur Alstom, donc c’est Siemens qui absorbe Alstom. Cela me rappelle Lafarge-Holcim : les Suisses ont très vite changé le capital et Holcim a pris la main sur Lafarge, qui aujourd’hui est une entreprise suisse. La désindustrialisation française se poursuit. »

Ex syndicaliste CFDT sur le site Arcelor-Mittal de FlorangeEdouard  Martin avait accepté en 2014 de rallier le PS en échange d’un mandat européen. Socialo-bruxellois au pouvoir qui ont pourtant pris toute leur part dans la désindustrialisation de notre pays et la paupérisation des catégories populaires. Mais Edouard Martin préfère réserver ses récriminations à l’opposition nationale. Le JDD indiquait qu’il avait eu « la rage de voir le FN en pôle position en France comme dans sa circonscription aux élections européennes » et  qu’il entendait « aller à Strasbourg » avec ses amis, «  déterminés comme jamais (pour) combattre les idées xénophobes et racistes ». Avec de pareils adversaires,  la  technocratie supranationale doit trembler de tous ses membres…

Au nom cette fois du principe d’égalité homme-femme et de la lutte contre la phallocratie , il se trouve des oreilles complaisantes dans les allées du pouvoir pour mener une réforme en faveur de l’écriture inclusive.  Gabrielle Cluzel évoquait sur boulevard voltaire  «  le manuel édité chez Hatier à destination des CE2 intitulé Questionner le monde et pionnier en matière d’écriture inclusive. Cetexercice ubuesque de féminisation systématique des mots au moyen de points médians  rendant les phrases aussi indigestes et illisibles que si elles étaient pour partie rédigées en alphabet morse – les artisan·e·s, les agriculteur·rice·s, etc. (…). Le postulat initial est l’existence d’un lien indissoluble entre genre des noms et guerre des sexes, sans daigner expliquer, avec cette grille de lecture, comment l’utérus peut se trouver être un mot masculin, la barbe, la moustache et la prostate des mots féminins, ni pourquoi – comme le fait remarquer le linguiste Alain Bentolila – on dit UNE avenue et UN boulevard, ni encore par quel étrange mystère, en allemand, le mot fille –  das Mädchen  – se révèle être neutre…»

Une aberration note Bruno Gollnisch,  promue  sans surprise par la très formatée  Marlène Schiappa, sur le site du Secrétariat à l’Égalité entre les femmes et les hommes dont elle a la charge . Il s’agit d’une vieille revendication des groupuscules d’extrême gauche qui rédigent leurs tracts et leurs articles en  novlangue inclusive. Une  avancée sociétale défendue également par un libéralcomme l’ex président de l’UEJF, Raphaël Haddad, membre du comité de rédaction du site de BHLLa règle du jeu. Ecriture inclusive qui a fait son apparition cette année à la fête de l’Huma.Communistes et  mélenchonistes qui  soutiennent globalement « les principales priorités (de l’action de Mme Schiappa) la lutte contre le harcèlement sexiste dans la rue  – en  refusant hystériquement de faire le lien entre ce phénomène et l’immigration-invasion, NDLR –  et contre le sexisme de la langue. » Un  parti communiste new look qui joue décidément  jusqu’au bout son rôle de petit supplétif du politiquement correct à la sauce libertaire.

Certes, même chez les plus progressistes,  ladite réforme orthographique a ses détracteurs. C’est notamment le cas de l‘intellectuel-militant  antifrontiste Raphaël Enthoven , chroniqueur sur Europe 1. Sa charge contre « (cette) agression de la syntaxe par l’égalitarisme », cette  « réécriture qui appauvrit le langage comme le novlangue dans  1984 » , ce  lavage de cerveau,  cette volonté  « d’extirper à la racine d’un mot toute trace d’inégalité » qui  participe d’un  « négationnisme vertueux » a choqué  Les Inrocks...ce qui est souvent bon signe!

Précédé par une réputation droitière et conservatrice et de récents propos de bon sens, la logique voudrait que le  ministre de l’Education dite nationale, Jean-Michel Blanquer (qui a cependant aussi ses détracteurs à droite ), s’oppose à la diffusion de l’écriture inclusive à l’école et partant, du manuel concocté par les éditions Hatier.  Rappelons que l’offensive menée par  Mme Schiappa ne fait que relayer le vœu émis dès 2015 par le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes(HCE),  créé par Najat Vallaud-Belkacem en 2013 et présidé par la socialiste Danielle Bousquet.Le HCE exigeait que la communication publique, les administrations utilisent l’ écriture inclusive  « pour une communication sans stéréotype de sexe ».  C’est au nom de ce même principe de lutte contre le sexisme que le gouvernement de François Fillon avait banni le terme mademoiselle des documents officiels. 

https://gollnisch.com/2017/09/28/soumission-inclusive/

Nouveau coup de rabot contre les familles

6a00d83451619c69e201bb09c7d3d1970d-800wi.jpgLes familles restent les vaches à lait d'un gouvernement à l'autre :

"Vigilance pour les parents donnant naissance à partir du 1er avril 2018. L'allocation de base de la Prestation d'accueil du jeune enfant (Paje) sera à partir de cette date alignée sur les montants et les plafonds du Complément familial. Aujourd'hui fixé à 184 euros à taux plein, cette allocation versée mensuellement sous conditions de ressources aux parents d'enfants de moins de trois ans sera revue à la baisse de quinze euros. Soit 169 euros, comme le Complément familial, versé aux allocataires modestes ayant au moins trois enfants de plus de trois ans. A taux partiel, la réduction s'élève à 7,50 euros par mois en passant de 92 à 84,50 euros.

L'entourage du ministre de la Santé Agnès Buzyn a confirmé mercredi cette information du Figaro. Cet «alignement» s'appliquera «pour les naissances à partir d'avril 2018, le montant ne changera pas pour les parents qui en bénéficient déjà», a-t-on précisé de même source. En 2016, l'allocation de base de la Paje comptait un peu plus d'1,5 million de bénéficiaires à taux plein.

En ce qui concerne les plafonds de ressources, ils passeront pour un enfant, de 30 000 euros à 26 000 euros pour un couple avec un seul revenu d'activité, et de 38 000 à 34 000 euros pour une personne seule ou un couple avec deux revenus d'activité. De ce fait, «des familles vont sortir des critères» d'attribution, a ajouté cette source sans en préciser le nombre. On ignore encore si les bénéficiaires à taux plein basculeront de factodans les allocataires à taux partiel. Le Figaro, qui avance le chiffre de 10% de bénéficiaires en moins, ajoute que cette mesure concernerait également la prime à la naissance (923,08 euros), avec une diminution de 5% des bénéficiaires.

Cet alignement permettra l'économie de près de 70 millions d'euros en 2018 et 500 millions en trois ans, a ajouté l'entourage de la ministre."

Michel Janva

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Éléments n°3 : En marche vers l’ uberisation, l’autre grand remplacement

L’ERREUR GROTESQUE DE MACRON D’AVOIR VENDU ALSTOM POWER À GENERAL ELECTRIC !

Il n’est pratiquement plus rien resté du produit de la vente à General Electric dans les caisses d’Alstom.

Patrick Kron et Macron nous avaient juré, la main sur le cœur, que l’activité énergétique d’Alstom Power n’était pas viable en raison de sa taille insuffisante, mais que l’on allait voir ce que l’on allait voir…. Car avec les 12,25 milliards d’euros de vente de cette activité, on allait enfin pouvoir investir dans Alstom Transport, augmenter sa taille, le remuscler, investir et faire rayonner une entreprise française d’avenir dans le monde ! Or, en réalité, suite à des dividendes versés et pour différentes raisons à éclaircir, il n’est pratiquement plus rien resté du produit de la vente à General Electric dans les caisses d’Alstom.

Macron nous dit maintenant que l’on va faire l’« Airbus du rail » ! Oui, mais sous le contrôle de Siemens qui sera majoritaire, avec plus de 50 % du nouvel ensemble. Le lot de consolation sera plus acceptable si le siège reste en France, car la fusion se ferait par l’apport en nature de l’activité ferroviaire Siemens Mobility à Alstom ! Mais le contrôle sera allemand, avec six membres du conseil d’administration sur onze, y compris le président. L’État français ne détiendra plus, lui, que 7,5 % du capital et Bouygues 15 %, donc moins que la minorité de blocage de 33 %. Et Alstom a été conseillé, comme par hasard, par Rothschild, l’ancien employeur de Macron…

Pour combien de temps garderons-nous le guignol français Henri Poupart-Lafarge à la tête du nouvel ensemble ? Tout comme on a eu Attali à Londres lors de la création de la Banque pour le financement de l’Europe de l’Est ! Aujourd’hui, les Anglais ont toujours le siège, la France n’a plus que ses beaux yeux pour pleurer et il y a belle lurette qu’Attali a quitté Londres pour retourner à ses prévisions futuristes et fumeuses.

Il est vrai, en revanche, que l’« Airbus du rail » a du sens sur le plan économique, face à la concurrence du géant chinois CRRC avec 18 milliards de dollars de chiffre d’affaires, en constituant un ensemble franco-allemand de 15 milliards d’euros et de 60.000 salariés. Et il était préférable qu’Alstom se rapproche de Siemens plutôt que de rester seul sur la touche si le canadien Bombardier et Siemens avaient fusionné.

Mais l’erreur, la faute lourde et grave de Macron, c’est de ne pas avoir vendu, alors qu’il était en position de force, la division énergétique d’Alstom à Siemens plutôt qu’à General Electric, obtenant alors en contrepartie un contrôle 50/50 intérêts français et Siemens pour l’activité ferroviaire ! D’autant plus qu’Alstom a un meilleur carnet de commandes et de meilleures technologies que Siemens Mobility. Le résultat, c’est que la France a été « cocufiée » deux fois, une fois avec General Electric pour l’activité énergétique et une deuxième fois avec Siemens pour l’activité ferroviaire.

L’Airbus de l’air, lui, est un partenariat équilibré à 11,1 % entre la France et l’Allemagne, avec impossibilité de monter jusqu’à plus de 15 % au capital pour chaque partenaire.

Quant à l’« Airbus naval », les discussions sont en cours entre le français Naval Group et l’italien Fincantieri et l’on va voir ce qui va sortir du chapeau avec, là encore, des problèmes de taille et de survie face à la concurrence dangereuse du géant russe OSK, des Chinois et des Sud-Coréens !

http://www.bvoltaire.fr/lerreur-grotesque-de-macron-davoi...

28/09/2017

Les tensions religieuses au coeur de l'entreprise - Journal du jeudi 28 septembre 2017

27/09/2017

Alstom - Siemens : faiblesse française ou force européenne - Journal du mercredi 27 septembre

26/09/2017

Après la séquence sociale, le fiscal. Emmanuel Macron est de plus en plus prévisible, il suffit de relire le Rapport Attali pour savoir ce qu’il va faire

Jean-Marc Sylvestre, éditorialiste à Atlantico.fr, et Aude Kersulec, Essec, spécialiste de la banque et des questions monétaires, chroniqueuse et blogueuse.

La hausse de la CSG pour baisser le coût du travail y était écrite, le grand chantier de la réforme par points des retraites aussi. Et s’il suffisait de relire le Rapport Attali pour savoir ce que nous réserve le gouvernement ?

Les noms de Macron et Attali ont d’ailleurs souvent été liés. L’économiste a longtemps été considéré comme un des maîtres spirituels du jeune prodige. Derrière la politique Macron, celle du conseiller du premier président socialiste ?

Le Rapport Attali est sorti en 2010, mais il n’a pas pris une ride. Nicolas Sarkozy, qui avait commandé ce rapport à Jacques Attali, l’a partiellement laissé de côté. Faut dire que l’explosion des subprimes et la gigantesque crise mondiale ont tout bouleversé.

Mais Emmanuel Macron s’en souvient : il était rapporteur général adjoint de la 1re version et membre de la seconde ; il les a gardées dans le coin de sa tête et certaines de ses propositions se sont retrouvées dans le programme du candidat à la présidentielle.

Ressortir ce rapport du placard, vieux de bientôt dix ans, pour son premier opus, Emmanuel Macron l’a donc fait pour concocter son programme économique. La Commission Attali avait pour vocation de libérer la croissance française et s’articulait autour d’une ambition à 10 ans : l’ambition de tout homme de pouvoir qui veut faire réussir son pays et s’inscrire dans la longévité d’une politique à deux quinquennats.

Alors, à l’époque, Jacques Attali avait nommé là le jeune Macron un peu par hasard ; il ne connaissait pas encore le jeune homme, mais son CV correspondait au profil recherché. Jeune énarque, inspecteur des finances, Macron est donc devenu rapporteur adjoint de la Commission. En 2010, ce fut plus facile. Emmanuel Macron était gérant chez Rothschild et il avait déjà usé de son entregent pour se lier avec les membres de la Commission et s’imposer comme un des leurs.

« Une occasion historique de changer la France », avait déclaré Jacques Attali au moment de la sortie du rapport, mais surtout un ensemble, une vision globale à avoir. Impensable que l’on puisse sélectionner uniquement certaines de ses mesures. Il s’agissait « d’un ensemble cohérent dont chaque pièce est articulée avec les autres, dont chaque élément constitue la clef et la réussite de tout ». Aucune des mesures qui sont là ne peut s’appliquer sans être faite dans un ensemble. On ne peut pas supprimer les freins sur la roue gauche d’une voiture sans supprimer les freins sur la roue droite ». Trouver un équilibre : c’était la méthode Attali ; la méthode Macron n’en est pas si éloignée. Lors de la présentation des ordonnances, Edouard Philippe avait en effet insisté sur la nécessité de prendre cette réforme dans sa globalité, chaque arbitrage ayant été décidé avec le soin d’une dentellière.

Parmi une suite de poncifs, liés à la reprise de la croissance, à une meilleure éducation, ou à la préservation de l’environnement mais sans réalisation concrètement applicable, certaines propositions sont au contraire des recommandations directes et ciblées.

Les propositions que le président a déjà mises en œuvre

Le premier gros chantier a été celui de la fiscalité. Du Rapport Attali, on peut lire : « Réduire le coût du travail pour toutes les entreprises en transférant une partie des cotisations sociales vers la Contribution sociale généralisée (CSG) ». Le basculement du financement de la protection sociale vers l’impôt, c’est effectivement ce qu’avait promis Macron et qui sera effectif dans la loi de finances de fin septembre : une hausse de 1,7 point de la CSG destinée à contrecarrer la baisse de cotisations maladie et famille. Objectif : l’allégement du coût du travail pour favoriser l’emploi.

La réduction des niches fiscales, afin de ne pas grever les ressources fiscales, est aussi toujours un sujet touchy. Cela reste en général discret, mais certaines niches fiscales ont donc disparu. Fini le crédit d’impôt pour la transition énergétique lors du changement de portes et fenêtres ou encore la réduction de l’ISF pour l’investissement dans les PME. Là encore, le Rapport Attali était bien l’instigateur de la mesure, préconisant « la réduction et l’élimination de niches fiscales, notamment celles ayant des effets non redistributifs ».

Enfin, si le Rapport Attali omettait totalement de se prononcer sur l’avenir de l’impôt sur la fortune, Jacques Attali s’est rattrapé en 2016 dans son ouvrage Cent jours pour que la France réussisse, où dans le chantier fiscal est apparue, pour la première fois, la proposition de transformer l’ISF en impôt sur la fortune immobilière.

Les propositions en cours de réalisation

La réforme des retraites sera un des piliers de la politique d’Emmanuel Macron et c’est aussi le chantier qui risque d’occuper une bonne partie de l’année 2018. Est préconisé le lissage des systèmes de retraite en un système unique qui comportait un régime par points, annoncé dans le programme du candidat. Là encore, le Rapport Attali évoquait déjà la mise en place d’un système de comptes individuels où les droits à la retraite sont regroupés, pour « laisser à tout salarié le libre choix de poursuivre une activité sans aucune limite d’âge – une fois acquise la durée minimale de cotisation – en bénéficiant, à compter de 65 ans, d’une augmentation proportionnelle de sa retraite et en supprimant tous les obstacles aux cumuls emploi-retraite et tous les dispositifs de préretraite ». La réforme Macron respectera l’esprit de la proposition du Rapport Attali, même si les cotisations seront probablement converties en points. Celui qui sera chargé de la mener a déjà été nommé ; il s’agit de Jean-Paul Delevoye, un fidèle d’En Marche.

En dehors du côté purement national, on sait qu’Emmanuel Macron est un Européen convaincu. Renforcer la gouvernance européenne, en particulier avec l’Allemagne, est donc clairement un des objectifs de son mandat : une gouvernance dictée à la fois sur le front des dépenses avec, comme le suggérait le Rapport Attali, des investissements européens d’avenir et la mise en place de projets à dimension européenne, mais aussi sur le plan budgétaire où la volonté est d’aller – enfin – vers une mutualisation d’une partie des dettes des Etats. Là, il faudra pourtant convaincre les Allemands.

Ce que le président pourrait nous réserver pendant son mandat

En parcourant le rapport, on peut alors se dire que d’autres propositions, dans le même esprit, seront sans doute reprises et mises en route.

Parmi elles, notamment, la fin du numerus clausus pour des professions réglementées comme les taxis, les pharmaciens et les médecins. En tant que ministre de l’économie, Macron avait ouvert certaines zones pour que les notaires puissent s’installer librement. Créer de la concurrence dans des secteurs où il y en avait traditionnellement peu, exactement comme les cars de tourisme, est un credo de la politique Macron ; il pourrait donc aller plus loin sur de nouvelles professions.

Ou alors la TVA sociale, qui avait eu une courte vie, mise en place par Sarkozy et supprimée par Hollande. Celle-ci pourrait être remise sur le tapis pour financer, tout comme la CSG, la baisse des cotisations salariales.

Enfin, dans le domaine de l’emploi, on pouvait trouver dans le rapport quelques idées novatrices. Une des idées phares : le « contrat d’évolution » comme statut de droit commun pour les demandeurs d’emploi qui verrait leur période de recherche d’emploi rémunérée et qui deviendrait à terme universel, remplaçant tout dispositif existant. Il était stipulé dans le rapport de 2010 que « ce contrat proposerait une rémunération et un accompagnement dans l’orientation professionnelle, la formation et la recherche d’emploi du demandeur ».

Il serait signé avec Pôle Emploi, le dernier employeur du demandeur d’emploi, ou les Conseils généraux et possiblement financé par une réduction du plafond de l’assurance chômage.

Quant aux cotisations chômage, il était proposé qu’elles puissent voir leur montant évoluer en fonction de la stabilité de l’emploi et du comportement de licenciement de l’entreprise, ainsi que de sa politique de formation.

Si Jacques Attali se dit éloigné des coulisses du pouvoir, ses idées – et celles de la Commission qu’il a présidée, n’en restent pas moins présentes. Autant de pistes donc, qui pourraient donner des idées au gouvernement. Un des chapitres était intitulé « Réussir 2020 », mais il y aura sans doute un léger retard…

Jean-Marc Sylvestre et Aude Kersulec
25/09/2017

Source : Atlantico.fr

https://www.polemia.com/apres-la-sequence-sociale-le-fisc...

Une TVA anti-délocalisation, pourquoi pas ?

1151064692.jpgLa chronique de Philippe Randa

Se voyaient-ils déjà en haut de l’affiche, ces candidats malheureux à la dernière élection présidentielle, tous (sauf un !) fauchés dans l’élan de leur ambition politique ?

Il y a ceux qui avaient leur chance, tout de même ! (Macron, Le Pen, Fillon, Mélenchon, Hamon), ceux qui croyaient au moins dépasser les 5 % symboliques (Dupont-Aignan) et les autres qui ne voulaient sans doute que faire parler d’eux, l’occasion étant trop belle pour cela (Arthaud, Poutou, Lassalle, Asselineau, Cheminade) et… d’autres encore qui n’avaient guère d’espoir d’atteindre ne serait-ce que 0,00 (?)… % des suffrages, mais pensaient que leurs « Y’à qu’à… » ou « Faut qu’on… » pourraient toutefois être entendus : c’était leur seule espérance : lancer une bouteille de (leur) Bon Sens dans le marigot politique français.

Yves Bontaz a été de ceux-là… Entrepreneur reconnu (à la tête de 4 000 salariés à travers le vaste Monde, tout de même !), il fut donc un jour de ces candidats méconnus (euphémisme !) à la Fonction Suprême… Que reste-t-il de son aventure politique où il voulut « placer son expertise économique au cœur du débat politique » ? Un livre : Le Bal est fini, sous-titré « Le programme choc d’un esprit libre » (Jean Picollec Éditeur) : rogner les frais de l’État, diminuer le nombre de fonctionnaires, réduire les charges sociales, etc. : OK ! Bien du bon sens déjà entendu, mais hélas ! jamais retenu…

En revanche, sa proposition d’instaurer une « TVA anti-délocalisation » est une solution que les prétendants futurs à faire don de leur personne à la France (et à l’Europe) feraient peut-être bien d’étudier. Et si cela devait être le cas, finalement, la candidature déjà oubliée d’Yves Bontaz n’aurait alors peut-être pas été si inutile que cela… Qui sait ?

Le Bal est fini. Le programme choc d’un esprit libre,Yves Bontaz, Jean Picollec Éditeur, 150 pages, 14 euros

Lire EuroLibertés cliquez ici

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25/09/2017

Mélenchon : succès en demi-teinte et polémique - Journal du lundi 25 septembre

22/09/2017

Loi travail : le moment où jamais - JT TVL du 22 septembre 2017

21/09/2017

Quand Nokia ne tient pas ses promesses faites devant M. Macron...

« Les promesses n'engagent que ceux qui y croient », expliquaient ironiquement et cyniquement jadis MM. Chirac et Pasqua, en bons politiciens qu'ils étaient. Mais ce qui semble vrai en démocratie d'opinion contemporaine l'est encore plus, et avec des conséquences parfois dramatiques, dans le domaine économique, en particulier dans cette « économie sauvage » que la mondialisation permet au nom du Marché et de ce libre échange qui se veut et se proclame « sans entraves », en particulier sociales ou environnementales. Ainsi Nokia, entreprise finlandaise, annonce-t-elle la suppression de 597 emplois (surtout sur les sites de Lannion et de Saclay) d'ici 2019 alors que, au moment de son rachat d'Alcatel-Lucent en 2016, elle promettait la création de 500 emplois au moins en France, et s'y engageait même devant le ministre de l'économie de l'époque, un certain Emmanuel Macron... Mais est-ce vraiment une surprise ?

L'histoire nous apprend que, dans le cadre de la mondialisation, la recherche de la plus grande profitabilité financière, en particulier sous la pression exigeante des actionnaires, nouveaux maîtres et tyrans de l'économie mondiale, prime sur toutes les autres considérations, à quelques exceptions près. Comme l'écrit Elsa Bembaron dans Le Figaro en son édition du 15 septembre dernier, en pages économie : « L'histoire se répète malheureusement. Une fois passée sous pavillon étranger, une entreprise française, fût-elle un fleuron de son domaine, a une fâcheuse tendance à voir les emplois nationaux s'évaporer. Nokia n'échappe pas à la règle. » Règle de la mondialisation sans frontières, de la « fortune anonyme et vagabonde » qui s'impose au détriment des hommes et des nations...

Ainsi Nokia ne fait que s'inscrire dans une longue (et triste) tradition de la parole violée par ces féodaux de notre temps, sûrs d'eux-mêmes et peu soucieux de la misère d'autrui : le libéralisme, au-delà de l'individualisme que Mme Thatcher avait poussé jusqu'à sa logique ultime en déclarant que la société n'existait pas, est aussi un égoïsme, parfois inconscient mais souvent bien réel ! René de La Tour du Pin, ce maître du royalisme social, n'hésitait pas, à la fin XIXe-début XXe, à demander que les pouvoirs publics, nationaux comme locaux et professionnels dans une logique de subsidiarité bien comprise, interviennent, voire légifèrent, remettant en cause une « Liberté du travail » qui n'était rien d'autre que la liberté des possédants (financiers ou industriels) d'exploiter les travailleurs privés de tous les droits par le décret d'Allarde et la loi Le Chapelier de 1791 aggravés par le pouvoir primo-napoléonien. 

D'ailleurs, Nokia, en se réorganisant, semble avoir oublié toutes les promesses d'hier, quand il fallait séduire l’État français et éviter que celui-ci n'empêche l'appropriation d'Alcatel-Lucent par la multinationale finlandaise, et celle-ci joue à fond la mondialisation pour contourner les problèmes et s'exonérer de ses responsabilités en France. Comme le signale la journaliste du Figaro, « les CV pour un emploi en France sont désormais étudiés... en Hongrie. Les syndicats reprochent d'ailleurs au groupe de poursuivre la délocalisation de nombreux métiers vers des pays d'Europe de l'Est et vers la Grèce et le Portugal. » Cette délocalisation n'est pas anodine et montre bien la duplicité de la multinationale qui pille le savoir-faire français pour servir ses propres intérêts sans en faire profiter ceux qui en sont à l'origine. La Croix, sous la plume d'Alain Guillemoles, rappelle aussi que, déjà, « les centres de décision de l'ancien Alcatel ont quitté la France. Et le titre s'éloigne des actionnaires français alors qu'au même moment l'action Nokia quitte l'indice CAC 40 remplacée par STMicroelectronics. »

A plus ou moins long terme, c'est la pérennité même du site de Lannion qui est menacée et, plus avant, la présence de Nokia dans les anciennes places d'Alcatel : si les emplois sont menacés, concrètement, c'est aussi et encore tout un pan de l'industrie française ou d'origine française (à défaut d'être désormais propriété française) qui disparaît du territoire national au profit, non de pays en tant que tels, mais de féodalités économiques transnationales. Là encore, c'est l’Économique qui semble s'émanciper, dangereusement, de toute responsabilité sociale et se moquer du Politique, de l’État dont le rôle premier est d'assurer la sécurité des Français, que cela soit sur le plan géopolitique ou sur le plan social.

La réaction de l’État français sera, dans les jours qui viennent, déterminante et l'on mesurera là sa volonté effective d'agir, au présent et pour l'avenir, pour la prospérité française. Mais il doit aussi penser une stratégie économique et industrielle qui puisse permettre, le plus tôt possible, de pallier aux reniements des entreprises, qu'elles soient nationales ou internationales, et de les contraindre, autant que faire se peut, à tenir les promesses faites sous le contrôle de l’État, sous peine, en cas d'échec à se faire respecter, de n'être plus que « l'impuissance au sommet », le pire des destins pour un État. La République a souvent eu, dans son histoire, une pratique fort peu sociale, sauf lorsque le rapport de forces lui imposait des « aménagements » dans le libéralisme ou, à l'inverse, dans son étatisme étouffant. « D'en haut », le président De Gaulle a bien essayé de briser cette malédiction républicaine mais il s'est heurté aux égoïsmes et aux aveuglements sociaux, de part et d'autre de l'échiquier politique, et il n'a pu complètement mener à terme ce qu'il avait débuté, inspiré par la lecture féconde de La Tour du Pin mais incompris (ou trop bien compris...) des syndicats de l'ère de la consommation « sans entraves ». Il est vrai que la République, par essence, empêche aussi toute politique durable de long terme, coincée qu'elle est entre deux fournées électorales et prisonnière de ceux qui les financent. Anatole France reprochait à Marianne de n'avoir pas de politique étrangère – ce qui fut particulièrement vrai sous la Troisième, malgré Théophile Delcassé - , mais qu'aurait-il dit de la politique sociale s'il s'y était intéressé, comme Emile Zola ?

S'il y a quelques bonnes raisons en France d'être favorable à la Monarchie, c'est justement qu'elle offre à l’État quelques possibilités de ne pas être un bateau ivre ballotté entre des camps antagonistes et des élections contraires(« l'alternance », dit-on...), et quelques moyens de pouvoir renforcer la parole du Politique face aux stratégies de l’Économique et des féodalités financières, fussent-elles mondialisées. Quand Firmin Bacconnier proclamait que la Monarchie serait sociale ou qu'elle ne serait pas, il rappelait aux royalistes comme aux princes, à ceux qui croient au Roi comme à ceux qui n'y croient pas, qu'il est du devoir du monarque de faire régner la justice en France, et surtout quand elle est en cause dans le domaine économique et social. « Pas de justice, pas de paix», clament certains manifestants : nous leur répondrons, à la suite de l'histoire sociale de notre pays (qui ne ressemble à aucun autre, d'une certaine manière) et au regard des situations et enjeux contemporains : « pas de Roi, pas de justice sociale ». C'est bien la Monarchie royale « à la française », éminemment politique et « essenciellement » sociale, qui, sans faire de miracles ni prétendre tout résoudre, permet sans doute le mieux de préserver ce qui doit l'être dans les vents parfois furieux de la mondialisation...

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Regrettable

Une fois n’est pas coutume, en ce jour de gréve et de manifestations  contre la loi travail , Claude Askolovitch citait ce matin dans sa revue de presse sur France Inter le site Fdesouche, dont les connections avec certains journalistes  lui permettent d’avoir accès à des informations fiables précisait le chroniqueur. Il relayait ainsi les explications avancées sur la disparition depuis une semaine dans les colonnes  du  Figaro des chroniques du très droitier Yves de Kerdrel, à la tête  de Valeurs actuelles. Un passage aux oubliettes, est-il avancé, qui aurait pour cause l’antimacronisme virulent de M. de Kerdrel,  à l’heure ou le quotidien de la droite libérale soutient franchement la loi travail  de  M.  Macron, comme une très large majorité des pontes de  LR.  Depuis New York, dans un entretien accordé hier à CNN, Emmanuel Macron, comme tous ses prédécesseurs confrontés à des manifestations contestant les politiques menées, a affirmé qu’ il  « (croyait) en la démocratie, mais la démocratie ce n’est pas la rue. » La démocratie ce n’est pas non plus transformer l’Etat français en simple chambre enregistrement des oukases de la commission européenne,   abdiquer  la souveraineté du peuple français en la confiant entre les mains douteuses  de l’oligarchie bruxelloise ou des officines atlanto-mondialistes. La démocratie cela consiste aussi à  respecter le pays réel, à faire en sorte que les millions d’électeurs nationaux soient représentés à la hauteur de leur poids politique  à l’assemblée. De démocratie, interne au Front National celle-là, il est aussi finalement question avec la démission  annoncée de Florian Philippot qui estime que le courant qu’il incarnerait n’aurait plus sa place au FN.  

Hier, Marine a publié un communiqué dans lequel elle écrivait :  « Florian Philippot, sollicité par mes soins, n’a pas répondu à la demande de mettre un terme au conflit d’intérêts résultant de sa double responsabilité de vice-président du Front National chargé de la stratégie et de la communication et de président de l’association Les Patriotes ». Aussi , en conséquence, « j’ai pris la décision de lui retirer sa délégation à la stratégie et à la communication. Sa vice-présidence sera, à compter de ce jour, sans délégation

Invité ce matin des quatre vérités sur France 2,  grande croix de lorraine à la boutonnière,  celui-ci  a dénoncé cette situation :   « on m’a annoncé que je suis vice-président de rien (…),   je n’ai pas le goût du ridicule et je n’ai jamais eu le goût de ne rien faire. Donc (…)  je quitte le Front National.  Je pense que la décision de me nommer vice-président de rien a fait beaucoup de mal aux militants (…). Le Front National est rattrapé par certains vieux démons. On voit des expressions inquiétantes resurgir sur la dédiabolisation. » Des propos qui font écho à ceux prononcés sur Cnews hier où  il fustigeait un FN qui serait « en train de faire un retour en arrière terrifiant. »  « Le visage qu’il (le FN)  renvoie en ce moment est épouvantable ».

Sur son blogue Florian Philippot  «  appelle à une union nouvelle des patriotes, une union rassembleuse et ouverte qui n’exclut ni la droite ni la gauche. Une union sociale-souverainiste, gaulliste, patriote, qui doit se faire avec tous ceux qui ont la France au cœur et la volonté de redonner une grandeur à la France. »  Remarquons tout de même au passage que cette union sociale-souverainiste (mais aussi de défense de l’identité  française qui est son corollaire et lui donne toute sa cohérence) est inscrite dans les différents programmes du FN depuis le début des années 90 et la campagne frontiste contre Maastricht.  Époque qui vit notamment la création d’une vice-présidence frontiste aux affaires sociales, par définition  bien avant l’arrivée de Florian Philippot au FN.  Ce que Sophie Montel, élue au Parlement européen, membre de longue date du FN et  qui vient d’annoncer elle aussi qu’elle démissionnait par solidarité et identité de vue avec Florian n’ignore certainement pas…

Nicolas Bay rappelait incidemment mardi sur Europe 1 que l’opposition nationale, populaire et sociale incarnée par le FN   a toujours su porter « un projet assez équilibré »  entre  défense de la libre entreprise, des  libertés économiques (c’est en ce sens qu’il faut comprendre le « libéralisme du FN »)  et promotion d’un Etat fort :  « L’État doit jouer tout son rôle, mais que son rôle. »  « C’est vrai que notre programme est parfois caricaturé sur nos propositions monétaires. Nous sommes pour l’économie de marché, on pense simplement que dans cette économie de marché, il faut que l’État assure des protections fondamentales. »

Florian Philippot déclarait ces dernières semaines qu’il ne resterait pas dans un mouvement qui renoncerait à la sortie de l’euro, à la souveraineté monétaire. C’est en effet un enjeu crucial mais la politique c’est aussi savoir avancer ses pions, manœuvrer avec finesse, faire preuve de tactique et de stratégie. Pour prendre un exemple qui lui parlera certainement,  quand De Gaulle a déclaré qu’au final il était favorable à un processus d’autodétermination de l’Algérie française, il n’a pas annoncé aux Français dans le détail qu’il comptait l’abandonner totalement au FLN. Ni  encore moins  déclaré dans la foulée, en pleine guerre froide, qu’il avait aussi l’intention que notre pays quitte le commandement intégré de l’OTAN. Ce fut pourtant chose faite quelques années plus tard en 1966…

Une finesse que prône Bruno Gollnisch quand il explique, nous l’avons dit ici, que si « l’euro a trahi ses promesses, notamment celle d’être un obstacle à la hausse des prix, il faut que le FN adopte sur cette question qui fait peur aux Français une communication moins anxiogène. »  Aussi prône-t-il une présentation de notre programme sur ce point assez différente, à savoir la mise en avant d’« un plan B de sortie de crise que l’on pourra dégainer quand cette monnaie mourra de sa belle mort, car comme l’ont  dit un certain nombre de prix Nobel  de très nombreux économistes de tout premier plan, dont  elle n’est pas viable à terme. »

Bruno Gollnisch l’avait dit aussi il y a quelques semaines, « Florian  aurait tort de quitter le FN. C’est un garçon intelligent et sincèrement patriote », « mais qu’il n’impose pas tout à une maison plus vieille que lui et dont il est un hôte récent ». Ce conseil n’a pas été suivi par l’intéressé ce que Bruno, qui a été le premier frontiste invité  à réagir à ce départ sur LCI ce matin, a jugé « regrettable ». Mais « c’est malheureusement, a-t-il  dit, ce qui arrive quand les dissensions s’étalent sur la place publique. J’aurai préféré que tout cela restât dans un entretien entre Marine Le Pen et Florian Philippot. Je ne crois pas que Florian Philippot ait toujours souhaité la sérénité sinon il aurait été beaucoup plus mesuré dans ses appréciations publiques. Dire qu’il était l’objet d’une cabale,  qu’il y avait une volonté (de lui nuire),  une espèce de complot contre lui cela me paraît tout à fait excessif. Moi même je venais d’horizons très différents de lui, je n’ai pas toujours été d’accord lui mais je n’étais pas son ennemi.  Je regrette ce qui se passe car c’est certainement un élément de qualité. Cela  étant c’est très regrettable mais le Front National en a vu d’autres. » Bruno Gollnisch sera aujourd’hui l’invité de Public sénat et BFMTV, passages médiatiques que nous mettrons bien évidemment en ligne sur ce blogue.

https://gollnisch.com/2017/09/21/regrettable/