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22/02/2018

2017 : une année charnière pour la démographie russe ?

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Par Alexandre Stefanesco-Latsa, écrivain et analyste ♦ « La démographie russe n’a pas fini de jouer des tours a ceux qui s’y intéressent » prévient Alexandre Stefanesco-Latsa dans cet article pour STRATPOL aussi complet que passionnant sur la démographie russe. Reste que l’analyse de la baisse des naissances entre 1990 et 1999 est limpide : la période durant laquelle Boris Eltsine a été président de la Russie a été terrible pour la natalité russe qui s’est effondrée. Bien que Vladimir Poutine ait permis d’augmenter significativement la natalité, la pyramide des âges est sévèrement touchée par cette période des années 90.


  •  La période 1990-1999 a vu un effondrement des naissances, passées de 1,9 à 1,2 millions par an. Le taux de fécondité passa lui de 1,89 à 1,17 enfants par femme. Dans le même temps, la mortalité explosa et le nombre de décès passa de 1,65 à 2.15 millions chaque année. La population au cours de cette décennie déclina en moyenne naturellement (naissances moins décès) de 543 507 habitants, une baisse compensée par une forte immigration de l’ex-URSSS vers la fédération de Russie.
  • La période, 2000-2016 a vu un redressement démographique totalement imprévu par tous les analystes, think-tanks et démographes. Au cours de ces 16 années, le nombre de naissances ne cessa d’augmenter et la mortalité de diminuer. Le nombre de naissances remonta de 1,2 à 1,9 millions de personnes tandis que dans le même temps le la mortalité ne cessa de diminuer, passant de 2,3 millions de décès par an à 1,8 millions en 2016.
    Conséquence de ce redressement démographique, dès 2009 la population russe ne diminue plus, mais augmente, avec un solde migratoire positif et faible, maîtrisé à autour de 250 000-300 000 personnes par an. En 2013, 2015 et 2016, la population russe augmenta même naturellement, de quelques dizaines de milliers de personnes et ne diminua naturellement que de 2.226 personnesen 2016.

2017 : une année charnière pour la démographie russe ?

Les données démographiques pour 2017 sont en ligne et sont tout aussi surprenantes qu’inquiétantes.

La natalité s’est effondrée en 2017 avec 1 689 884 naissances contre 1 888 729 naissances en 2016 soit une chute très inquiétante de 10,1%, ramenant le nombre de naissances à un volume à peine plus élevé qu’en 2007, où le nombre de naissances avait atteint 1 610 122.
La population a baissé naturellement sur l’année de 134 456 habitants, baisse compensée par une immigration permanente elle aussi en baisse, de 172 551 habitants, permettant d’obtenir une hausse globale de population de 38 095 habitants pour 2017.

Dans la Russie centrale la baisse des naissances aura été de 10% avec des chutes impressionnantes dans les petites villes désindustrialisées : -14% dans les oblast d’Orlov, Riazan, Briansk, Vladimir, ou -12% dans celui de Lipetsk. Moscou ne voit le nombre de ses naissances ne diminuer que de 7,8%.
La Russie centrale produit 25% des naissances totales du pays.

Dans le district du nord-ouest la diminution des naissances est de 10,5% avec des effondrements en Carélie (-13,7%), dans les oblast de Pskov et Novgorod (-14%), ou dans le district des Nenets : -16,5%.
Saint Petersbourg s’en sort un peu mieux avec une baisse de -8,7%.
Le district du nord-ouest produit 9% des naissances du pays.

Le district fédéral du sud voit lui le nombre de ses naissances diminuer de 10,5% avec des baisses particulièrement fortes en Adiguée (-12,2%) et dans les oblasts de Rostov et Volgograd (-11,5%). Les meilleurs résultats de ce district sont obtenus en Crimée ou le nombre de naissances ne diminue que de 8,8%.
Le district fédéral du sud produit 10% des naissances du pays.

Dans le district du Caucase nord, la baisse est de 6%, marquée surtout en Ossétie du nord, mais aussi en Kabardino Balkarie et en Karaevo-Cherkessie, les deux zones avec de fortes minorités russes ethniques comptant pour 20 et 30% de la population.
Les républiques nationales du Caucase du nord (Daguestan, Ingouchie et Tchétchénie) ne voient le nombre de leurs naissances ne diminuer que de respectivement 4,9%1,8% et 0% en Tchétchénie, où le nombre de naissances ne baisse pas. Ces trois entités territoriales, qui représentent 5 millions d’habitants soit 3,5% de la population du pays, ont « produit » en 2017 88 000 naissances, soit 5% des naissances du pays, un chiffre stable depuis 2007. Néanmoins ces trois républiques sont en tête des sujets de la fédération de Russie pour le ratio du nombre de décès par rapport au nombre de naissances. En Ingouchie, ce ratio est de 19,4%22%en Tchétchénie et 30% au Daguestan. Suivent Tiva (40%) et l’oblast de Tioumen avec 55%.
Pour information, le district du Caucase nord produit au total 8,5% des naissances du pays.

Le district de la Volga connait une baisse des naissances de 13,5% (!) avec des baisses fortes dans l’oblast de Kirov (-15,8%), en Oudmourtie (-14,9%), en Tchouvachie (-15%) ou dans le Krai de Perm (-14,2%).
La situation est un peu meilleure en Bachkirie et dans l’oblast de Nizhny Novgorod (-11,6%), le Tatarstan connait lui une baisse de 13,9%.
Le district de la Volga produit 19,5% des naissances du pays.

La situation en Oural est un peu meilleure avec une baisse de 10,8%, principalement marquée dans les oblasts de Tcheliabinsk (-12,6%), de Kourgan (-11,2%) et Sverdlovsk (-10,5%) tandis qu’elle est un peu meilleure dans les oblast de Tioumen (-8,3%) et le district autonome des Nenets avec une baisse de 8,5%.
L’Oural produit 9% des naissances du pays.

La situation est tout aussi préoccupante en Sibérie avec une baisse de 11,3% et notamment dans l’Altaï (-12%), dans l’Oblast de Tomsk (-11,8%) et surtout d’Omsk avec une baisse de 14,3%.
La Sibérie produit 14% des naissances du pays.

En extrême orient la baisse est de 10%, particulièrement forte dans le district du Birobidjan (-13,3%). A noter que Magadan ne connait par contre une baisse de naissances que de 1,7%.
L’extrême orient produit 5% des naissances du pays.

La mortalité, elle, continue de diminuer en 2017, le nombre de décès atteignant 1 824 430, une diminution de 3,4% par rapport à 2016 et le nombre de décès annuels le plus faible depuis 1992 où le pays avait connu 1 807 441 décès.

Il y a des raisons fortes à cela et la première d’entre elles est la chute continue des décès pour raisons extérieures à partir des années 2000.

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21/02/2018

10 ans d’« indépendance » du Kosovo : bienvenue dans le pandémonium de l’Europe – par Nikola Mirkovic

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Le Kosovo demeure une zone très instable qui peut de nouveau embraser la région.

Avant toute chose, il faut clarifier la situation du Kosovo, qui n’est pas « indépendant », comme certains veulent nous le faire croire. Des Albanais du Kosovo ont déclaré leur indépendance le 17 février 2008, mais cela n’en fait pas un pays indépendant pour autant. La résolution 1244 de l’ONU souligne que le Kosovo fait partie de la Serbie et l’ONU elle-même ne reconnaît pas le Kosovo indépendant. C’est, d’ailleurs, la position officielle du Vatican, de la Russie, de l’Espagne, de l’Inde… et de nombreux pays qui refusent de reconnaître l’indépendance de cet « État » artificiel, haut lieu du crime organisé et calvaire des orthodoxes serbes.

La situation du Kosovo, aujourd’hui, est catastrophique. Plus de 1.000 Serbes ont été assassinés et 250.000 Serbes chrétiens ont dû fuir la région depuis l’arrivée de l’OTAN. 150 églises chrétiennes ont été détruites pendant qu’en même temps, 800 mosquées se sont construites et que le Kosovo devenait le premier fournisseur, par tête d’habitant, de djihadistes en Europe. Les Serbes, devenus minoritaires sur leur propre terre, continuent de subir une purification ethnique qui n’émeut guère les grandes consciences européennes.

Le Kosovo est une des régions les plus jeunes et également les plus pauvres d’Europe, avec 60 % des jeunes au chômage, 30 % de la population vivant sous le seuil de pauvreté et 10 % de la population survivant en extrême pauvreté avec moins d’un euro par jour. C’est un paradoxe incroyable pour une région qui a reçu plus d’argent, par tête d’habitant, que l’Europe avec le plan Marshall. La situation est tellement catastrophique que des milliers d’Albanais eux-mêmes fuient maintenant la région par dizaines de milliers.

Et c’est normal que le Kosovo ne s’en sorte pas. Les pays de l’OTAN, qui ont fomenté la guerre en ex-Yougoslavie en formant et en finançant l’armée terroriste de l’UÇK, ont choisi ces mêmes terroristes, majoritairement issus du crime organisé, pour diriger le « pays » une fois la guerre terminée. À quoi fallait-il s’attendre d’autre ? Pensait-on, sérieusement, que Hashim Thaçi, l’actuel « président » du Kosovo, chouchou des chancelleries occidentales et ex-chef de l’UÇK, dont un rapport du Conseil de l’Europe dit qu’il est « le plus dangereux parrain de la pègre de l’UÇK », devienne du jour au lendemain un philanthrope humaniste doté d’un sens aigu de l’économie et de la gestion d’un pays ? Évidemment que non. Thaçi a été mis en place parce qu’il ferme les yeux sur les prédateurs économiques, issus des pays de l’OTAN, qui rachètent la région pour une bouchée de pain, abusant de la main-d’œuvre à bas prix et rapatriant les dividendes dans leurs pays d’origine.

Le Kosovo demeure une zone très instable qui peut de nouveau embraser la région. Maintenant, plus que jamais, il faut mettre fin à cette ingérence funeste de l’Union européenne et des États-Unis en Serbie et laisser l’État de droit serbe régler lui-même ses problèmes internes.

Nikola Mirkovic

Texte repris du site Boulevard Voltaire

https://fr.novopress.info/

Moscou appelle les Etats-Unis à ne pas jouer avec le feu en Syrie

De plus en plus de preuves obtenues par la Russie confirme que les États-Unis hésitent à combattre al-Nosra

Le haut diplomate russe a noté que les États-Unis ont pris des mesures provocatrices en Syrie

MOSCOU, le 19 février. /TASS/. La Russie appelle les Etats-Unis à ne pas jouer avec le feu en Syrie et à mesurer ses pas en fonction des intérêts du peuple syrien et de la région dans son ensemble, a déclaré lundi à l’ouverture de la conférence du Club de discussion de Valdai, le ministre russe des Affaires étrangères Sergey Lavrov, surnommé « La Russie au Moyen-Orient: *Playing on All Fields ».

Lorsque la question concerne la nécessité de préserver la souveraineté et l’intégrité territoriale de la Syrie, »nous ne pouvons qu’observer avec inquiétude les tentatives de désintégration de la Syrie », a-t-il dit. « De telles préoccupations surgissent après l’étude des plans que les Etats-Unis commencent à mettre en œuvre au sol, principalement à l’est de l’Euphrate, sur les vastes territoires situés entre ce fleuve et les frontières syriennes avec l’Irak et la Turquie. Il semble que les promesses de nos homologues américains selon lesquelles leur seul but en Syrie est la guerre contre Deach (un ancien nom de l’État islamique, une organisation terroriste interdite en Russie – TASS) et la préservation de l’intégrité territoriale doivent être confirmées par des actions spécifiques. J’appelle une fois de plus nos collègues américains à ne pas jouer avec le feu et à mesurer leurs pas en partant non pas des besoins immédiats de l’environnement politique actuel, mais plutôt des intérêts à long terme du peuple syrien et de tous les peuples de cette région, y compris les Kurdes, bien sûr, que ce soit la Syrie, l’Irak ou d’autres pays de la région « , a déclaré le diplomate.

Il a noté que les États-Unis ont pris des mesures de provocation en Syrie. « Cela dit, ils ont impliqué les unités du parti de l’Union démocratique kurde dans leur position de porter atteinte à l’intégrité territoriale de la Syrie, en fait, ce qui a conduit à une escalade des tensions avec la Turquie, et vous savez ce qui se passe actuellement à Afrin (la Turquie mène l’opération Olive Branch dans la région contre les troupes kurdes – TASS), » a déclaré Lavrov.

Les États-Unis hésitent à combattre Jabhat al-Nosra

De plus en plus de preuves obtenues par la Russie confirme que les États-Unis ne veut pas lutter contre le groupe terroriste Jabhat al-Nosra (interdit en Russie), a déclaré Lavrov.

« Nous avons de plus en plus d’éléments de preuve, ce qui permet de douter que nos homologues occidentaux de la coalition dirigée par les États-Unis soient prêts à combattre Jabhat al-Nosra sérieusement, malgré le fait qu’elle ait été ajoutée à toutes les résolutions et qu’elle ait été désignée comme organisation terroriste par le Conseil de sécurité de l’ONU », a déclaré le ministre.

Selon M. Lavrov, le succès du règlement syrien dépend de la rapidité avec laquelle les États-Unis renoncent à tenter de diviser la Syrie. « Je crois que le succès du règlement syrien ne dépend pas de ce que la Russie peut faire d’autre, mais plutôt de ce que les États-Unis ne feront pas. Il vaudrait mieux qu’ils cessent de jouer à ces jeux très dangereux, qui conduisent à la désintégration de l’État syrien », a déclaré le haut diplomate russe.

« Dans les régions contrôlées par les Etats-Unis – à l’est de l’Euphrate et jusqu’aux frontières de l’Etat syrien – ils créent des autorités de telle sorte qu’ils n’ont aucun lien avec Damas pour leur apporter une assistance sous différentes formes. Tout cela peut être un problème très grave du point de vue du respect des exigences du Conseil de sécurité de l’ONU en ce qui concerne la souveraineté et l’intégrité territoriale de la Syrie. »

Les Etats-Unis laissent les terroristes reprendre des forces dans la zone d’influence américaine

Le haut diplomate russe a attiré l’attention sur la zone d’influence d’al-Tanf, créée par les mesures unilatérales et destructrices prises par les États-Unis. « Les mesures unilatérales prises par les États-Unis, qui ont déclaré la zone de 55 kilomètres près d’al-Tanf sa zone d’influence, sont une chose sur laquelle nous ne sommes pas d’accord », a déclaré M. Lavrov.

Il a ajouté que le camp de réfugiés de Rukban est situé à proximité. « Les visites des djihadistes qui recouvrent leurs forces morales et physiques sont régulièrement observées à l’intérieur de la zone al-Tanf et dans le camp de Rukban. Des attaques sur le reste du territoire syrien ont été perpétrées à partir de là plus d’une fois. Cette zone doit être fermée immédiatement, et l’accès à ce camp de réfugiés doit être assuré pour l’aide humanitaire. »

M. Lavrov a également souligné que, tout en attirant l’attention sur la situation à Idlib et dans l’est de Ghouta, la mission humanitaire de l’ONU se tait sur le fait que les États-Unis ne peuvent pas garantir la sécurité des convois de l’ONU dans le camp de réfugiés de Rukban. « Nos homologues de l’ONU ont, pour une raison ou une autre, honte de dire que les convois humanitaires ne peuvent se rendre dans cette zone contrôlée par les États-Unis en raison de l’absence de garanties de la part des États-Unis. « Au lieu de cela, l’attention est concentrée sur la situation humanitaire à Idlib, dans l’est de Ghouta, alors que le fait que les actions de l’armée syrienne dans ces zones sont dirigées contre Jabhat al-Nosra est caché. »

« Les milices de Jabhat al-Nosra n’arrêtent pas les provocations. En particulier, les zones résidentielles de Damas, y compris l’ambassade russe et la mission russe de réconciliation, ont été pilonnées depuis Ghouta-Est. Pour une raison ou une autre, nos partenaires occidentaux préfèrent s’agiter autour de ces deux zones – Idlib et Ghouta Est – sans citer les raisons de ce qui s’ y passe. Et la raison en est les provocations armées de Jabhat al-Nosra », a ajouté M. Lavrov.

Les États-Unis tentent de diviser la Syrie

Moscou observe les tentatives de Washington de mettre en œuvre ses plans pour diviser la Syrie avec inquiétude, selon Lavrov.

« Nous ne pouvons pas manquer de regarder avec inquiétude les tentatives visant à diviser la Syrie », a déclaré le ministre. « De telles craintes surgissent lorsque nous prenons connaissance des plans que les États-Unis commencent à mettre en œuvre sur le terrain, principalement à l’est de l’Euphrate, dans de vastes zones situées entre ce fleuve et les frontières extérieures de la Syrie avec l’Irak et la Turquie.

Selon Lavrov, l’assurance des Américains que le seul objectif de Washington en Syrie est la guerre contre le terrorisme va à l’encontre des véritables actions américaines en Syrie. « Je crois que les déclarations de nos homologues américains selon lesquelles leur seul objectif en Syrie est de lutter contre l’État islamique (Deach, groupe terroriste, proscrit en Russie – TASS) et de préserver l’intégrité territoriale de la Syrie doivent être confirmées par des actes concrets », a déclaré le ministre.

tass.com

Adaptation Yandex

https://infosdanyfr.wordpress.com/2018/02/21/moscou-appel...

20/02/2018

Zoom - Xavier Moreau : 2018 : retour de la realpolitik ?

Bataille d’Afrin: les Kurdes valsent avec Bachar : Nouvelles alliances, nouveaux enjeux et jeu complexe

Les grands regroupements géopolitiques qui s’esquissent en Orient sont instables ainsi qu’on le découvre depuis 24 heures en Syrie.

Arabie Saoudite-Israël-Etats-Unis vs. Iran-Turquie-Russie

En simplifiant à l’extrême, un bloc d’intérêts communs Arabie Saoudite-Israël-Etats-Unis s’est constitué face à un autre bloc aux intérêts nationaux et géopolitiques convergents, opposé au précédent : Iran-Turquie-Russie. Les critères de ces regroupements sont infiniment compliqués, et sur le champ de bataille syro-irakien, sont appelés à se renverser rapidement, de façon parfois en apparence illogique. Il est néanmoins aisé de voir que le régime syrien lutte pour sa survie avec l’aide décisive de la Russie, que l’Iran aide tout ce qui est chiite et anti-américain, et que la Turquie rejette tout ce qui ressemble de près ou de loin à une admission du fait kurde. L’armée turque, appuyée par des rebelles syriens (souvent des ex-djihadistes), mène depuis un mois une offensive terrestre et aérienne au nord de la Syrie pour en chasser les Unités de protection du peuple (YPG), milice considérée comme « terroriste » par Ankara mais alliée des Etats-Unis et équipée par eux dans la lutte contre le groupe Etat islamique en Syrie.

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19/02/2018

Les bobards de l’intervention occidentale en Libye et au Kosovo

1760687294.jpgQuelque chose est en train de bouger ou de changer dans le royaume de France. Il est ahurissant qu’ait pu paraître sur la page 18 entière du Figaro du samedi 3 février 2018 un dossier aussi accusateur et politiquement incorrect que l’interview de Rony Brauman, ex-Président de Médecins sans frontières, par le grand journaliste Renaud Girard, Normalien, adepte de la « Real Politik », épris très souvent de vérité et d’un sens minimum de l’honnêteté intellectuelle.

3237629871.jpgRony Brauman vient en effet de faire paraître son ouvrage intitulé : « Guerres humanitaires ? Mensonges et intox » (éditions Textuel). Cette chronique dans le premier quotidien français pourrait être le point de départ d’une commission d’enquête parlementaire française sur les mensonges politico-médiatiques lors de l’intervention en Libye. Les accusations de Rony Brauman sont d’autant plus graves que le Parlement britannique a mené une enquête qui a confirmé la réalité des bobards. L’ancien Président Obama a pu qualifier l’expédition en Libye, tant vantée pourtant par Hillary Clinton, de « plus grande erreur de sa présidence ».

Les bobards dépassent en intensité ceux des armes de destruction massive de Saddam Hussein pour justifier l’intervention américaine en Irak. On peut mieux comprendre à la lumière de cet ouvrage l’indignation des Russes et le désir de Poutine de ne pas être de nouveau le dindon de la farce en Syrie.

Contrairement à ce qui a été prétexté, la rébellion armée de Benghazi était parfaitement à même de se défendre et de protéger son territoire. Personne n’a jamais vu, à supposer qu’elle ait existé, la prétendue colonne de chars de Kadhafi. Il n’était de toute façon pas nécessaire de commencer une guerre ; de simples survols de la « colonne fantôme » ou des tirs d’arrêt auraient suffi.

Le colonel Kadhafi qui prétendait dans ses discours enflammés aller chercher les opposants « ruelle par ruelle », n’avait pas les moyens d’écraser la rébellion de Benghazi. L’attaque de manifestants à Tripoli par les avions de Kadhafi n’a également jamais eu lieu. Sarkozy, Cameron et Obama ont pu cependant déclarer : « Un chef d’Etat qui envoie son aviation contre son peuple n’est plus digne de gouverner ; il doit partir ».

De même les charniers de Benghazi et de Tripoli n’ont jamais existé. Le représentant de la ligue libyenne des droits de l’homme faisait pourtant état de six mille morts ensevelis à la hâte en une dizaine de jours. La quasi-totalité des médias, des hommes politiques et des intellectuels ont repris et divulgué en 2011 cette fausse information.

IL y a ceux qui voient ce qu’ils croient et ceux qui, comme les patriotes, croient ce qu’ils voient. La guerre était en réalité voulue par l’Occident. Il s’est passé seulement 5 semaines entre la première manifestation à Benghazi du 15 février 2011 et l’attaque aérienne française du 19 mars. Toutes les tentatives de médiation (Union africaine, Turquie, Sénégal, Afrique du Sud) ont été repoussées. Voilà ce que le politiquement correct et l’infâme BHL appellent une guerre juste !

A noter qu’il en a été de même pour la guerre déclenchée par l’Otan en mars 1999 qui a bombardé pendant 83 jours Belgrade et les populations civiles serbes alors que la  Serbie souhaitait reprendre le contrôle du Kosovo, son berceau mythique ancestral avec ses monastères, perdu le 28 juin 1389 face à l’empire ottoman lors de la bataille du Champ des Merles, envahi par l’immigration d’origine albanaise devenue majoritaire.

La véritable raison de l’agression par l’hyper-puissance américaine était alors le désir de justifier le maintien de l’organisation militaire de l’OTAN, de narguer les Nations-Unies, la Chine, l’Europe et la Russie, d’affaiblir l’Europe en favorisant le multi-ethnisme et l’islam, de poursuivre l’expansion militaire à l’Est et d’implanter la plus grande base militaire hors des Etats-Unis de « Bondsteel » forte de 10 000 hommes.

Le droit de l’hommiste Bill Clinton avait eu alors le toupet de dire : « Nous intervenons pour édifier un Kosovo pacifié et multi-ethnique ».  

Économiste

Ancien haut dirigeant d'entreprise

http://lafautearousseau.hautetfort.com/

18/02/2018

Projection du film "Damas 2011" à Paris le 24 février

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L'association La Communauté Syrienne de France a le plaisir de vous inviter à la projection du film documentaire "Une légende syrienne" de Adnan Azzam, écrivain et réalisateur Franco-Syrien, samedi 24 février 2018 à 17 h.
Ce film est un témoignage de la guerre en Syrie telle qu'elle a été vecue par le peuple syrien resté sur place pendant ces 7 années de conflit. Il est une des visions de cette guerre qui n'a jamais été relatée dans les médias occidentaux et apporte donc un nouveau regard. En rétablissement la vérité l'auteur souhaite tourner la page pour reconstruire une Syrie pour tous les Syriens.
Nous espérons vous y voir au café "Falstaff", 10-12 place de la Bastille, Paris 75011 (entrée libre, 1 consommation par participant).

Turquie : les grandes manœuvres d’Erdogan

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INTERNATIONAL (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) : 
Erdogan multiplie les initiatives musclées pour raffermir son pouvoir tout en préparant les prochaines échéances électorales.

A l’occasion du coup d’Etat manqué de juillet 2016, Erdogan a procédé à des purges d’une ampleur sans précédent : plus de 107 000 fonctionnaires condamnés et une armée passée au peigne fin. La répression touche à présent l’ensemble de la population : près d’un citoyen turc sur dix a ainsi fait l’objet d’une enquête policière. Parallèlement, pour rétablir la confiance d’une opinion publique fortement ébranlée par les attentats meurtriers de l’Etat islamique et par la reprise des combats contre le PKK, le pouvoir turc multiplie les déclarations va-t-en-guerre en politique extérieure. C’est ainsi que le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlüt Çavuşoğlu, vient de rappeler que les gisements d’hydrocarbures au large de Chypre étaient situés sous la plateforme continentale turque, ajoutant que la Turquie entendait, je cite, « prendre toute mesure nécessaire pour protéger ses droits en Méditerranée orientale », fin de citation

Mais c’est avec l’opération « Rameau d’Olivier » qu’Erdogan s’affirme fin stratège

Après l’avoir adroitement présentée comme une extension de la lutte contre les rebelles kurdes de Turquie, Erdogan a, le 20 janvier dernier, lancé les forces turques à l’assaut de l’enclave kurde d’Afrin située en territoire syrien. Les premiers succès réveillent puissamment le sentiment chauvin dans l’opinion, qui soutient massivement le pouvoir. Alors que les journaux vantent « l’Union Sacrée » et que les imams appellent à prier pour la victoire, Erdogan profite de l’aubaine pour enfermer des centaines d’opposants à l’intervention, issus principalement des couches éduquées de la population.

Cette flambée islamo-nationaliste s’accompagne évidemment d’une fièvre xénophobe

Surtout dirigée contre les Etats-Unis, du fait de l’alliance américano-kurdes en Syrie. Un récent sondage relève ainsi que l’opinion turque est à 83% hostile aux Etats-Unis, à 73% à la Russie, 73% également à l’Europe, 72 % aux juifs, 69% aux chrétiens et, cerise sur le gâteau, à 67% hostile à l’OTAN, alors même que la Turquie apparaît comme le principal pilier de l’Organisation dans la région. L’opération « Rameau d’Olivier » est certainement un coup de maître du stratège Erdogan, qui pourrait le propulser vers une victoire écrasante en cas d’élections anticipées

https://fr.novopress.info/

17/02/2018

CYBERATTAQUE « RUSSE » : ÉTATS-UNIS ET ROYAUME-UNI SONT DES ARROSEURS ARROSÉS

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Une belle histoire à la John Le Carré, version 2018.

Ne partez pas. Je vous promets qu’il n’y aura aucun jargon techno dans ce papier, mais juste une belle histoire à la John le Carré, version 2018.

Il était une fois un organisme américain d’espionnage mondial, la NSA. Celle-ci, on le sait désormais, a implanté des mouchards partout dans le monde. Dans toutes les infrastructures informatiques auxquelles elle a pu avoir accès. Dans tous les serveurs, tous les routeurs. Mais aussi, parfois… dans votre ordinateur. En utilisant une porte dérobée – une faille dans la sécurité de Windows -, la NSA a pu, pendant des années, capturer des données privées et même, dans certains cas, utiliser l’ordinateur infecté pour en infecter d’autres, etc.

En l’occurrence, la faille de Windows – baptisée « EternalBlue » – avait été découverte par la NSA en 2012. Celle-ci avait bien évidemment décidé de ne pas avertir Microsoft, afin que la faille… en reste une.

Le problème, c’est que le monde souterrain de l’Internet a fini par entendre parler d’« EternalBlue »… jusqu’à ce que des hackers s’en emparent.

Or, on le sait aujourd’hui, l’énorme cyberattaque de 2017, dans laquelle des milliers d’ordinateurs à travers le monde se sont retrouvés cryptés et bloqués en attente du paiement d’une rançon, s’est infiltrée dans les ordinateurs… par la porte « EternalBlue ».

D’après Sean Sullivan, un conseiller en sécurité chez F-Secure interrogé par Ars Technica, les pirates ont obtenu des informations sur la faille « EternalBlue » dès le début de l’année 2017 et se sont immédiatement mis à développer le code qui devait l’exploiter. La date des fichiers qui constituent NotPetya le prouve.

Alors, forcément, les États-Unis – et leur fidèle alliée, la perfide Albion – s’offusquent aujourd’hui ! La Russie ! Ça ne peut être que la Russie ! Et soyons plus précis, même : le Washington Post a des preuves, hein, c’est l’armée russe qui est derrière tout ça !

Maintenant, vous voulez rire ? Vous la voulez, la « preuve » de la CIA citée par le Post ?

Ils se fondent sur un seul indice : le fait qu’un cabinet comptable ukrainien ait été le « patient zéro » (la première victime) du virus. Un peu léger, comme « preuve », pour impliquer l’armée russe, et plus particulièrement le GRU, non ?

La méthode d’implantation du bout de code était purement géniale : il a suffi aux pirates d’infecter un site Web dont ils savaient qu’il serait visité par leur cible (le site délivrait des mises à jour de logiciels de comptabilité et des informations sur les taux de taxe, etc.).

Durant ses fameuses Conversations avec Poutine, Oliver Stone interrogea le tsar sur les attaques informatiques subies par les USA durant la campagne de l’élection présidentielle de 2016. Pouvait-on y voir la main de la Russie ? Poutine nia mollement, sans plus.

En fait, peu importe qui est à l’origine de NotPetya. Ce qui compte, c’est que cette attaque fut rendue possible en 2017 par une faille découverte et exploitée par la NSA depuis 2012. Et la dernière fois que j’ai vérifié, la NSA n’était pas un organisme russe…

http://www.bvoltaire.fr/cyberattaque-russe-etats-unis-roy...

16/02/2018

Pourquoi Poutine « permet-il » à Israël de bombarder la Syrie ? (Le Saker)

Une fois n'est pas coutume sur ce site : un petit "cours" de géostratégie (traduction de l'anglais par nos soins)
Y.S.
Pourquoi Poutine « permet-il » à Israël de bombarder la Syrie ?
Par The Saker
Informationclearinghouse a récemment publié un article de Darius Shahtahmasebi intitulé « Israël continue de bombarder la Syrie et personne ne fait quoi que ce soit ». Suite à cette publication, j'ai reçu un courriel d'un lecteur me posant la question suivante : « Pourquoi Poutine permet à Israël de bombarder la Syrie ? Je suis choqué par les actions de Poutine - est-ce que Poutine soutient l'entité sioniste, comme si de rien n'était. J'apprécierais vos commentaires à ce sujet. Aussi - j'ai entendu, mais je n'ai pas pu confirmer, que les immigrants juifs russes en Palestine occupée sont les plus ardents persécuteurs des Palestiniens - il font beaucoup de choses pour devancer Netanyahu. Pouvez-vous commenter s'il vous plaît ? ». Dans son article, Darius Shahtahmasebi se demande pourquoi le monde ne fait rien pour arrêter les Israéliens (« Pourquoi l'Iran, la Syrie et/ou le Hezbollah au Liban n'ont-ils pas répondu directement ? »). Mon lecteur est plus spécifique et se demande pourquoi Poutine ( ou la Russie) ne fait pas que «permettre» à Israël de bombarder la Syrie, mais peut-être même soutient l'entité sioniste.
Je vois souvent ce genre de question dans les courriels et dans les commentaires, alors je voulais aborder cette question aujourd'hui.
Premièrement, nous devons examiner certaines hypothèses critiques impliquées par cette question. Ces hypothèses sont les suivantes:
> Que la Russie peut faire quelque chose pour arrêter les Israéliens
> Que la Russie devrait (ou même est moralement obligée) de faire quelque chose.
Permettez-moi de commencer en disant que je suis catégoriquement en désaccord avec ces deux hypothèses, en particulier la deuxième. Prenons-les une par une.
Hypothèse n ° 1: la Russie peut arrêter les attaques israéliennes contre la Syrie.
Comment ? Je pense que la liste des options est assez évidente ici. Les options russes vont de l'action diplomatique (protestations et condamnations privées ou publiques, tentatives de résolution du CSNU) à une action militaire directe (abattre des avions israéliens, les «balayer» avec un radar de combat pour tenter de les effrayer ou au moins, essayer d'intercepter des missiles israéliens).
Essayer de raisonner avec les Israéliens ou d'écouter l'ONU a été tenté par de nombreux pays pendant des décennies et s'il y a une chose qui ne fait aucun doute, c'est que les Israéliens se foutent de ce que quelqu'un a à dire. Donc, leur parler n'est qu'un gaspillage d'oxygène. Qu'en est-il de les menacer ? En fait, je pense que cela pourrait fonctionner, mais à quel risque et quel prix ?
Tout d'abord, alors que j'ai toujours dit que les forces terrestres de Tsahal sont plutôt mauvaises, ce n'est pas le cas de leurs forces aériennes. En fait, dans ce registre ils sont plutôt bon. Maintenant, si vous regardez où sont les défenses aériennes russes, vous verrez qu'elles sont toutes concentrées autour de Khmeimim et de Tartous. Oui, un S-400 a une portée très longue, mais cette portée dépend de beaucoup de choses, y compris la taille de la cible, sa section radar, ses capacités de guerre électronique, la présence d'avions spécialisés EW, l'altitude, etc. Les Israéliens sont des pilotes expérimentés qui sont très opposés au risque, donc ils font très attention à ce qu'ils font. Enfin, les Israéliens sont très conscients de l'endroit où se trouvent les Russes et où se trouvent les missiles. Je pense qu'il serait assez sûr de dire que les Israéliens s'assurent de garder une distance de sécurité minimale entre eux et les Russes, ne serait-ce que pour éviter tout malentendu. Mais admettons que les Russes ait une chance d'abattre un avion israélien - quelle serait la réaction israélienne probable à un tel carton ? Dans cet article, Darius Shahtahmasebi écrit : « Est-ce parce qu'Israël aurait bien plus de 200 armes nucléaires toutes « pointées sur l'Iran », et il y a peu de choses que l'Iran et ses alliés puissent faire face à une telle menace » Je ne vois pas les Israéliens utiliser des armes nucléaires contre les forces russes, cependant, cela ne signifie nullement que les Russes, lorsqu'ils traitent avec Israël, ne devraient pas considérer le fait qu'Israël est une puissance armée nucléaire dirigée par des mégalomanes racistes. Concrètement, cela signifie : « La Russie (ou tout autre pays) devrait-elle risquer un affrontement militaire avec Israël au sujet de quelques camions détruits ou d'une décharge d'armes et de munitions » ? Je pense que la réponse évidente est clairement «non».
Alors que c'est le genre de calculs que les États-Unis ignorent (du moins officiellement - d'où le chahut contre la RPDC), la Russie est gouvernée par un homme sain et responsable qui ne prend pas pour habitude de se laisser mener dans un conflit. Décision russe par exemple de ne pas riposter coup-pour-coup contre la destruction du SU-24 par les Turcs. Si les Russes n'ont pas riposté contre les Turcs abattant un de leurs propres avions, ils ne vont sûrement pas attaquer les Israéliens lorsqu'ils attaquent une cible non russe !
Il y a aussi des problèmes factuels à considérer : même certains systèmes de défense aérien russes sont très avancés et pourraient abattre un nombre X d'avions israéliens ; néanmoins, ils sont loin d'être assez nombreux pour empêcher toute l'armée de l'air israélienne de les saturer. En fait, Israël et le CENTCOM ont tout simplement un tel avantage numérique sur le contingent russe relativement petit qu'ils pourraient tous les deux dépasser les défenses russes, même s'ils subiraient des pertes dans le processus.
Alors oui, les Russes pourraient probablement arrêter une ou quelques attaques israéliennes, mais si les Israéliens décidaient de s'engager dans une campagne aérienne soutenue contre des cibles en Syrie, il n'y a rien que les Russes pourraient faire sans partir en guerre contre Israël. Donc, ici encore, un principe stratégique très fondamental s'applique pleinement : vous ne voulez jamais commencer un processus d'escalade que vous ne contrôleriez pas et que vous ne pourriez pas gagner. Cela signifie simplement que si les Russes ripostent, ils perdent, et les Israéliens gagnent. C'est vraiment simple et les deux parties le savent (ce n'est pas le cas du stratège de salon).
Et cela demande un regard critique sur la deuxième hypothèse:
Hypothèse n ° 2: La Russie a le devoir moral d'arrêter les attaques israéliennes contre la Syrie
C'est celui qui me déconcerte le plus. Pourquoi dans le monde quelqu'un pourrait-il penser que la Russie doit quelque protection que ce soit à n'importe qui sur la planète ?! Pour commencer, quand est-ce la dernière fois que quelqu'un est venu à l'aide de la Russie ? Je ne me souviens de personne au Moyen-Orient ayant offert son soutien à la Russie en Tchétchénie, en Géorgie ou, d'ailleurs, en Ukraine ! Combien de pays du Moyen-Orient ont reconnu l'Ossétie du Sud ou l'Abkhazie (ce que l'on peut mettre en perspective avec le cas du Kosovo !) ? Où était « l'aide » ou « l'amitié » musulmane ou arabe envers la Russie lorsque des sanctions ont été imposées et que le prix du pétrole a chuté ? Dite-moi - comment exactement les « amis » de la Russie lui ont-ils exprimé leur soutien par exemple au sujet du Donbass ou de la Crimée ?
Quelqu'un peut-il m'expliquer pourquoi la Russie a une obligation morale envers la Syrie, l'Iran ou le Hezbollah alors qu'aucun pays musulman ou arabe n'a fait quoi que ce soit pour aider le gouvernement syrien à lutter contre les Takfiris ? Où est la Ligue arabe ? Où est l'Organisation de la coopération islamique ?!
N'est-ce pas un fait que la Russie a fait plus en Syrie que tous les pays de la Ligue arabe et de l'OCI combinés ?!
Où les Arabes et les Musulmans du Moyen-Orient ont-ils ce sentiment de droit qui leur enjoint qu'un pays lointain qui est confronté avec beaucoup de problèmes politiques, économiques et militaires doit faire plus que les voisins immédiats de la Syrie ?!
Poutine est le président de la Russie et il est d'abord et avant tout responsable devant le peuple russe à qui il doit fournir une explication pour chaque victime russe et même chaque risque qu'il prend. Il me semble qu'il a tout à fait raison lorsqu'il agit en premier lieu pour défendre les gens qui l'ont élu et personne d'autre.
Soit dit en passant, Poutine était très clair sur la raison pour laquelle il dirigeait une intervention militaire russe (très limitée) en Syrie : protéger les intérêts nationaux russes, par exemple en tuant des cinglés de Takfiris en Syrie pour ne pas avoir à se battre contre eux sinon dans le Caucase et le reste de la Russie. À aucun moment et en aucun cas, aucun officiel russe n'a fait référence à une quelconque obligation de la Russie envers la Syrie ou envers tout autre pays de la région. Certes, la Russie a soutenu le président Assad, mais ce n'était pas à cause d'obligations envers lui ou son pays, mais parce que les Russes ont toujours insisté sur le fait qu'il était le président légitime de la Syrie et que seul le peuple syrien avait le droit de décider de le maintenir à son poste ou de le remplacer. Et, bien sûr, il est dans l'intérêt national de la Russie de montrer que, contrairement aux États-Unis, elle se tient aux côtés de ses alliés. Mais rien de tout cela ne signifie néanmoins que la Russie est désormais responsable de la protection de la souveraineté de l'espace aérien ou du territoire syrien.
En ce qui me concerne, le seul pays qui a fait plus encore que la Russie pour la Syrie est l'Iran et, au lieu de gratitude, les pays arabes « remercient » les Iraniens en conspirant contre eux avec l'aide des USA et d'Israël. Hassan Nasrallah jour parfaitement son rôle lorsqu'il déclare que tous ces pays sont des traîtres et collaborateurs de l'Empire Anglo-sioniste.
Il y a quelque chose de profondément immoral et hypocrite dans ce gémissement constant, implorant que la Russie devrait faire plus alors qu'en réalité la Russie et l'Iran sont les deux seuls pays à faire quelque chose de significatif (avec le Hezbollah, bien sûr!).
Je vais tâcher de maintenant répondre à quelques questions type :
Question n ° 1 : mais la Syrie, l'Iran et le Hezbollah ne sont-ils pas des alliés russes ?
Oui et non. Objectivement - oui. Formellement - non. Cela signifie que si ces trois entités ont des objectifs communs, elles sont également indépendantes et ont des objectifs qui ne sont pas partagés par d'autres. De plus, elles n'ont pas de traité de défense mutuelle et c'est pourquoi ni la Syrie, ni l'Iran, ni le Hezbollah n'ont riposté contre la Turquie lorsque les Turcs ont abattu le SU-24 russe. Si certains en doutent, je dirais que cette absence de traité de défense mutuelle formelle est une très bonne chose ne serait-ce que parce qu'elle empêche les forces russes ou iraniennes en Syrie de devenir des forces « triphasées » qui, si l'une d'entre elles était attaquées, exigerait une réponse immédiate des autres. Dans une situation extrêmement dangereuse et explosive comme le Moyen-Orient, la flexibilité offerte par l'absence d'alliances formelles est un gros avantage pour toutes les parties impliquées.
Question n ° 2 : cela signifie-t-il que la Russie ne doive rien faire ou soutiendrait même Israël ?
Bien sûr que non ! En fait, Netanyahu s'est même rendu à Moscou pour faire toutes sortes de menaces mais il est rentré chez lui sans rien obtenir (les sources russes rapportent même que les Israéliens ont fini par s'accrocher avec leurs homologues russes). Rappelons ici quelque chose qui pourtant devrait être évident pour tout le monde : l'intervention russe en Syrie a été un désastre total et absolu pour Israël (j'explique cela en détail dans cet article). Si les Russes avaient eu une quelconque affection pour les intérêts israéliens, ils ne seraient jamais intervenus en Syrie ! Cependant, ce refus de laisser Israël dicter les politiques russes au Moyen-Orient (ou ailleurs) ne signifie nullement que la Russie puisse simplement ignorer le pouvoir très réel des Israéliens, non seulement à cause de leurs armes nucléaires, mais aussi à cause de leur de-facto contrôle du gouvernement américain.
Question n ° 3 : alors qu'est-ce qui se passe réellement entre la Russie et Israël ?
Comme je l'ai expliqué ailleurs, les relations entre la Russie et Israël sont très complexes et à plusieurs niveaux et rien entre ces deux pays n'est vraiment noir ou blanc. D'une part, il existe en Russie un puissant lobby pro-israélien auprès duquel Poutine s'est frotté au fil des années, mais seulement par très petites étapes et progressivement. La clé pour Poutine est de faire ce qui doit être fait pour faire avancer les intérêts russes mais sans déclencher une crise politique interne ou externe. C'est pourquoi les Russes font certaines choses, mais plutôt tranquillement.
Tout d'abord, ils rénovent les défenses aériennes syriennes vieillissantes non seulement avec des mises à jour logicielles, mais aussi avec du matériel plus récent. Ils entraînent aussi, bien sûr, les formations militaires syriennes. Cela ne signifie pas que les Syriens pourraient fermer leur ciel aux avions israéliens, mais que progressivement les risques de frapper la Syrie augmenteraient chaque mois. Premièrement, nous ne sommes peut-être pas capable de le remarquer, mais je suis convaincu qu'une analyse minutieuse du type d'objectifs que les Israéliens cherchent à atteindre diminueront en importance et perdront de la valeur, ce qui signifie que les Syriens deviendront de plus en plus capables de défendre leurs atouts les plus importants.
Deuxièmement, il est assez évident que la Russie, l'Iran et le Hezbollah travaillent en synergie. Par exemple, les Russes et les Syriens ont intégré leurs défenses aériennes, ce qui signifie que les Syriens peuvent maintenant « voir » beaucoup plus loin que ce que leurs propres radars leur permettraient de faire. En outre, considérons le nombre de missiles de croisière américains qui ne sont jamais parvenus à la base aérienne syrienne que Trump a voulu bombarder : il est plus ou moins admis maintenant que c'était le résultat des contre-mesures russes EW.
Enfin, les Russes « couvrent » clairement le Hezbollah et l'Iran politiquement en refusant de les considérer comme des parias, ce qu'Israël et les États-Unis ont toujours exigé. C'est pourquoi l'Iran est traité comme un acteur clé dans le processus de paix parrainé par la Russie alors que les États-Unis et Israël n'y sont même pas invités.
Donc, la vérité est simple : les Russes ne s'opposeront pas directement aux Israéliens, mais ce qu'ils vont faire, c'est renforcer tranquillement l'Iran et le Hezbollah, ce qui est non seulement beaucoup plus sûr mais aussi beaucoup plus efficace.
Conclusion
Nous vivons dans une société viciée et dysfonctionnelle qui, après des décennies de domination américaine, confond la guerre et l'agression avec la force, ce qui implique la notion qu'un « grand pays » puisse se livrer à des saccages violents sur une base tout à fait légitime. Selon cette notion, il faut toujours avoir recours à la force militaire pour riposter à toute attaque. Je soutiens que les dirigeants russes et iraniens sont beaucoup plus sophistiqués que cela. Il en va de même pour la direction du Hezbollah. Rappelez-vous quand les Israéliens (avec la complicité évidente de certains membres du régime syrien, d'ailleurs) ont assassiné Imad Mughniyeh ? Le Hezbollah a promis de riposter, mais jusqu'à présent, presque une décennie plus tard, ils ne l'ont pas fait (ou, du moins, pas officiellement). Certains diront que les menaces du Hezbollah étaient des mots creux - je ne suis pas du tout d'accord. Quand Hassan Nasrallah promet quelque chose, vous pouvez le confier à la banque. Mais les dirigeants du Hezbollah sont suffisamment sophistiqués pour riposter quand le moment est venu et selon leurs propres termes. Et pensez aux Iraniens qui, depuis la Révolution islamique de 1979, ont été dans le collimateur des États-Unis et d'Israël et qui n'ont jamais donné à l'un d'entre eux le prétexte d'attaquer.
Lorsque vous êtes beaucoup plus puissant que votre adversaire, vous pouvez être stupide et répondre par la force brute et stupide. Au moins pour le court à moyen terme. Finalement, comme nous le voyons aujourd'hui avec les États-Unis, ce genre de stupidité agressive se retourne contre l'agresseur et finit même par être contre-productive. Mais quand vous êtes plus petit, plus faible ou même juste en train de récupérer votre force potentielle, vous devez agir avec beaucoup plus de prudence et de sophistication. C'est pourquoi tous les adversaires de l'Empire anglo-sioniste (dont le Hezbollah, la Syrie, l'Iran, la Russie, la Chine, Cuba, le Venezuela) font tout leur possible pour éviter d'utiliser la force contre les Anglo-sionistes quand bien même elle serait amplement méritée. La seule exception à cette règle est Kim Jong-un qui a choisi une politique de menaces hyper-inflationnistes qui, bien qu'éventuellement efficace (il semble avoir déjoué Trump, au moins jusqu'à présent) est aussi très dangereuse à tel point qu'aucun des pays de la Résistance ne tient à y prendre part.
Les Russes, les Iraniens et le Hezbollah sont tous des adultes « cultivés » (en termes politiques), et Assad apprend très vite, ce qui fait qu'ils comprennent tous qu'ils ont affaire à un « singe avec une grenade à main » (cela vaut aussi bien pour Israël que pour les dirigeants américains) qui combine une personnalité désagréable, un caractère versatile, un cerveau primitif et une grenade à main assez grande pour tuer tout le monde dans la pièce. Leur tâche est de neutraliser ce singe avant qu'il ne puisse dégoupiller. Dans le cas des frappes israéliennes sur la Syrie, la responsabilité première engageant une réponse d'une manière ou d'une autre incomberait soit sur la cible des frappes (habituellement le Hezbollah), soit sur la nation dont la souveraineté a été violée (Syrie). Et les deux pourraient, en théorie, riposter (en utilisant des missiles tactiques par exemple). Pourtant, ils ont choisi de ne pas le faire, et c'est l'approche sage et correcte. Quant aux Russes, ce n'est simplement pas leur affaire.
Premier appendice :
Encore une chose. Ne vous méprenez pas : la propension israélienne (et américaine !) à utiliser la force comme substitut à la diplomatie est un signe de faiblesse et non de force. Plus précisément, leur usage de la force ou la menace de l'usage de la force est le résultat de leur incompétence diplomatique. Alors que pour l'esprit non averti, l'usage systématique de la force peut apparaître comme une expression du pouvoir, l'histoire montre que la force brutale peut être vaincue lorsqu'elle n'est pas contestée directement, mais par d'autres moyens. Ceci est, par nécessité, un processus lent, beaucoup plus lent qu'une « victoire rapide » (pour la plupart entièrement théorique), mais néanmoins inéluctable. En termes purement théoriques, l'utilisation de la force peut avoir à peu près n'importe lequel des résultats suivants : défaite, impasse, victoire coûteuse ou relativement indolore. Ce dernier cas est extrêmement rare et l'utilisation de la force suppose principalement l'un des autres résultats. Parfois, l'utilisation de la force est vraiment la seule solution, mais je soutiens que le dirigeant politique avisé n'y recourra que lorsque toutes les autres options auront échoué et que des intérêts vitaux seront en jeu. Dans toute autre situation, une « mauvaise paix est préférable à une bonne guerre ».
Deuxième appendice :
Contrairement aux hallucinations des néocons, la Russie n'est absolument pas une « URSS renaissante » et Poutine n'a aucun désir de reconstruire l'Union Soviétique. De plus, il n'y a pas de mesure constitutionnelle significative en Russie pour de tels plans « impériaux » (enfin, il y a toujours des fous partout, mais en Russie, ils sont, Dieu merci, une minuscule minorité sans pouvoir). En outre, la nouvelle Russie n'est certainement pas une « anti-USA » dans le sens où elle essayerait de contrer toute manœuvre impériale ou hégémonique américaine. Cela peut sembler évident à beaucoup, mais j'ai tellement de questions sur les raisons pour lesquelles la Russie ne fait pas plus pour contrer les États-Unis en Afrique, en Amérique latine ou en Asie que je pense qu'il est, hélas, important de rappeler à tous le droit international et le bon sens : les problèmes du pays X doivent être traités par le pays X. La Russie n'a pas plus de légitimité que les Etats-Unis pour « résoudre » les problèmes du pays X. En outre, les problèmes du pays X sont généralement mieux traités par les voisins immédiats de celui-ci, et non par les superpuissances messianiques mégalomanes qui estiment devoir « faire avancer le projet » parce qu'ils sont « indispensables » ou parce que le « destin manifeste » leur impose la responsabilité de « diriger le monde ». Toute cette terminologie n'est que l'expression d'une mentalité « impériale » [guillemets ajoutés par nous – NIL] pathologique et délirante qui a coûté à la Russie et à l'Union Soviétique un prix absolument terrifiant en argent, en énergie, en ressources et en sang (par exemple, l'intervention soviétique en Afghanistan était justifiée par le devoir internationaliste de l'Union Soviétique et du peuple pour aider une « nation fraternelle »). Alors que ce genre d'absurdité est encore à 100% d'actualité dans les pauvres vieux États-Unis, il est absolument rejeté dans la Russie moderne. Pour l'entière crédibilité personnelle de Poutine vis-à-vis du peuple russe, même s'il ne pouvait pas exclure d'intervenir militairement, il n'aurait jamais cherché à surveiller la planète entière, à moins que des intérêts vraiment vitaux ne soient menacés (la Crimée était un cas si rare). Certains déploreront cela, je m'en réjouis personnellement, mais la vérité est que « les Russes ne viennent pas ».

La nouvelle politique militaire des États-Unis – attention – danger !

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Qu’y a-t-il de nouveau dans la politique militaire et nucléaire américaine rendue publique par le Pentagone le vendredi 2 février dernier ? (1)

  • Un accroissement des dépenses militaires américaines, du « Déjà vu » (2)
  • Le développement de nouvelles armes nucléaires tactiques de faible capacité et de portée limitée.
  • La menace d’utiliser ces armes nucléaires létales contre un État non nucléarisé.
  • La menace d’utiliser ces armes létales le premier (et non plus en riposte à une attaque nucléaire) et contre n’importe quel pays où qu’il se trouve sur la planète.

Quels pays sont visés par le gouvernement américain par cette nouvelle politique belliqueuse ?

  • La Russie en tant que fournisseur d’énergie et bras armés de la superpuissance économique et financière chinoise, son alliée (3).
  • La Chine en tant que première puissance concurrente de l’Amérique économique – financière – boursière et militaire.
  • La Corée du Nord en tant qu’allié et terrain de confrontation par procuration entre les deux géants se battant pour l’hégémonie mondiale.
  • L’Iran en tant que fournisseur d’hydrocarbure à la Chine et en tant qu’État récalcitrant tenant tête aux visées hégémoniques américaines. Ainsi l’Iran refuse de faire du dollar américain la seule devise de son commerce international.
  • L’Union européenne alliée des États-Unis qui reçoit cet ultimatum « Vous êtes avec nous dans cette aventure belliqueuse nucléarisée ou vous êtes contre nous ! » Or, les États européens risquent d’être à nouveau sur la ligne de front comme lors des deux guerres mondiales précédentes et il n’est pas du tout certain que le Grand capital européen mondialisé souhaite jouer la tête de Turc à une troisième reprise.
  • Tous les pays du monde grands et petits, alliés ou ennemis des États-Unis, que le Pentagone menace ainsi de représailles nucléaires s’ils osent résister à son hégémonie délétère.
  • Le peuple américain lui-même, si jamais en réaction à sa misère grandissante il osait résister et se soulever contre ses geôliers.

Pourquoi cette nouvelle politique militaire est-elle dévoilée à ce moment-ci ? Que cherchent aujourd’hui les États-Unis ?

  • L’establishment financier américain, et un groupe important de généraux, sont aux abois, car ils sont conscients de l’effondrement économique de l’Amérique. Le dollar est menacé et à travers lui l’ensemble de l’échafaudage bancal de l’économie américaine. L’endettement est ahurissant, le déficit commercial titanesque et récurrent, le chômage réel est effarant et la pauvreté s’épand, les tensions sociales palpables et la société précarisée est sur le point d’éclater. Notre webmagazine publie une série d’articles décrivant la misère qui se répand http://www.les7duquebec.com/?s=effondrement 
  • Comme nous le disons depuis une année, Donald Trump n’est pas un isolationniste, mais un mondialiste (4). Les États-Unis renégocient présentement tous ses traités commerciaux avec ses partenaires et concurrents immédiats. Les forfanteries de Donald l’épouvantail ne visent qu’à conditionner les gouvernements concurrents.
  • Cette annonce publique largement médiatisée d’une nouvelle politique belliqueuse, vise à intimider les bourgeoisies du monde entier afin qu’elles s’inclinent, conservent le dollar comme principale devise du commerce international, et se soumettent aux dictats commerciaux étatsuniens (exemple pour le Canada dans l’ALENA, qu’il renonce à la gestion de l’offre, etc.)

Quelles peuvent être les conséquences de cette nouvelle politique militaire et nucléaire ?

  • Cette annonce ne peut qu’encourager le camp adverse, Chine – Russie – Iran notamment, à se rapprocher et à se lancer dans une course aux armements, qui ne peut qu’être un gaspillage de ressources ce qui accentuera les problèmes économiques qu’engendrent toujours ces dépenses improductives (déficit budgétaire en hausse, endettement croissant, déplacement des investissements mondiaux de la sphère sociale vers la sphère militaire improductive, grève générale de protestation, etc.)
  • Cette annonce a déjà eu l’effet d’encourager le réarmement des pays européens qui pour certains viennent d’annoncer la croissance de leur budget militaire. Sans compter que l’Alliance atlantique (OTAN) sera fragilisée suite à cette mise en demeure américaine aux chancelleries européennes qui ne sont plus dans la situation désespérée du Plan MarshallL’Union européenne est de facto la première puissance économique et commerciale mondiale. Elle risque de se le rappeler et de se crisper face à un allié de plus en plus spoliateur (sic).
  • De nombreux pays déjà nucléarisés, et d’autres pas encore nucléarisés seront poussés à s’équiper d’armes nucléaires de manière à se protéger dans l’éventualité d’un chantage américain à la nucléarisation d’une agression.
  • Bref, comme nous le disons depuis un certain temps, par cette politique le monde se rapproche dangereusement d’une troisième guerre mondiale – en dépit des plumitifs pacifistes utopistes (Voir nos articles sur ce thème www.les7duquebec.com/ ?s=GUERRE

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Les États-Unis peuvent-ils atteindre leurs objectifs stratégiques par cette nouvelle politique militaire et nucléaire ?

  • Aucunement. Cette politique de menace nucléaire est la suite logique de la politique de menace militaire que les États-Unis appliquent depuis la naissance de cette puissance au XVIIIe siècle. Il ne faut pas oublier que ce pays impérialiste est en guerre perpétuelle sur un continent ou sur un autre depuis son apparition. Les États-Unis n’ont pratiquement jamais été en paix. Certains pensaient qu’ayant été rossé via leurs mercenaires djihadistes stipendiés en Irak et en Syrie, le Pentagone aurait compris et aurait retiré son contingent de soutien aux pseudo islamistes de l’EI. L’administration américaine vient d’annoncer que ses troupes occuperont la Syrie un temps indéfini, comme en Afghanistan ou pourtant leurs soldats d’occupation sont confinés à un petit périmètre dans Kaboul, justifiant les tueries des talibans.
  • Le budget de la « défense » des États-Unis est le plus important dans le monde, et ce depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, et pourtant, depuis leur défaite au Vietnam (1973) les États-Unis n’ont pratiquement jamais gagné une guerre et ne parviennent qu’à tuer des civils en grand nombre et à s’enliser. Plus ils injectent d’argent dans l’armement moins ces dépenses sont efficientes. Le problème de l’armée américaine ce n’est pas son armement insuffisant, ce sont les soldats américains qui n’ont plus le cœur à se sacrifier pour les potentats de Wall Street.
  • Bref, cette nouvelle politique nucléaire est le fruit de l’escalade du désespoir de la part de l’establishment financier américain qui constate l’effondrement éminent de son système économique et financier décadent et ne peut faire autrement que de résister à son essoufflement.
  • Malgré les sacrifices que la classe capitaliste américaine impose au prolétariat américain, et mondial, l’économie de l’Amérique n’est pas concurrentielle et s’effondre alors que de nouveaux prétendants à l’hégémonie, économique d’abord, politique et militaire ensuite (Chine et ses alliés VS Union européenne) s’avancent pour les écarter.

Conclusions

Les États-Unis d’Amérique se retrouvent dans la situation ou se trouvait l’Empire britannique après la Seconde Guerre mondiale. L’Empire, sur lequel le soleil ne se couchait jamais, avait deux choix face à la concurrence de son allié américain : résister et le confronter, entraînant le monde dans une nouvelle guerre d’Apocalypse ; ou encore, plier, se ranger, négocier une position privilégiée dans l’économie mondiale post-britannique, ce qui donna la City. Malheureusement, contrairement aux Britanniques, il est peu probable que le Grand capital étatsunien se résigne à cette éventualité.

NOTES

  1. « Les États-Unis veulent se doter de nouvelles armes nucléaires de faible puissance en réponse notamment au réarmement de la Russie, selon la nouvelle « posture nucléaire » publiée vendredi par le Pentagone. Ces nouvelles armes, qui font craindre aux experts une relance de la prolifération et un risque plus élevé de conflits nucléaires, représentent une « réponse à l'expansion des capacités [nucléaires] de la Russie », a indiqué à la presse Greg Weaver, responsable des capacités stratégiques à l'État-major américain. » http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1081918/pentagone-nou...
  2. https://fr.wikipedia.org/wiki/Forces_armées_des_États-Uni...
  3. https://fr.wikipedia.org/wiki/Arme_nucléaire
  4. http://www.les7duquebec.com/7-de-garde-2/leviction-de-ste...

http://euro-synergies.hautetfort.com/

13:50 Écrit par pat dans géopolitique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | | |

15/02/2018

[VIDEO] Donald Trump face à l’Europe

Un an après l’élection de Trump, les cartes du jeu international sont rebattues. Alors que l’on imaginait un frein à l’interventionnisme des Etats-Unis, on assiste au contraire. Jean-Loup Izambert offre un décryptage brillant de la géopolitique américaine actuelle.

Erdogan se déclare continuateur de l'empire Ottoman

Le 10 janvier à Istanbul, le président turc Erdogan s'exprimait dans le cadre d'une cérémonie au palais Yildiz pour le centenaire de la mort du Sultan Abdulhamid II.

Ni le lieu, ni le monarque ne doivent être tenus pour fortuits : ils représentent ce que l'on peut considérer comme les symboles les plus éloignés de notre culture de cet empire que l'on croyait défunt.

Yildizi Sarayi, le palais de l'Étoile fut certes construit sous la direction de l'architecte italien Raimondo d'Aronco : en fait le 34e sultan de Constantinople craignait les vieilles résidences impériales de Topkapi et de Dolmabahçe qu'il jugeait trop proches du Bosphore et de la Corne d'Or.

Ce souverain terrible, Abdulhamid II (1876-1909), fils cadet du sultan Adulaziz (1861-1865) a mis en effet un terme à l'œuvre réformatrice de ses prédécesseurs commencée sous le règne d'Abdül-meçid (1839-1861), refusant d'appliquer la constitution, qui n'entrera en vigueur qu'après la révolution jeune-turque de 1908-1909.

En 1876 il avait obtenu que soit écarté son frère aîné Mourad V. Celui-ci ne régna que 3 mois ; il sera présenté pour fou, alors qu'en fait, adepte de la franc-maçonnerie, il entendait continuer le programme de réformes de ses 3 prédécesseurs, connu sous le nom de Tanzimat. Cette œuvre de réorganisation avait été préfigurée dès 1830 : cette année-là, où fut reconnue l'indépendance de la Grèce, le sultan-calife Mahmoud II (1808-1839) avait publié cette déclaration officielle : "Je fais la distinction entre mes sujets, les musulmans à la mosquée, les chrétiens à l'église et les juifs à la synagogue, mais il n'y a pas de différence entre eux dans quelque autre mesure. Mon affection et mon sens de la justice pour tous parmi eux est fort et ils sont en vérité tous mes enfants."

Abdulhamid II au contraire cherchera à revenir sur tout ce qui tendait à rapprocher la Turquie de l'Europe.

S'il n'est mort qu'en 1918, il avait été d'abord relégué dans son palais par la première révolution jeune turque de 1908, puis déposé en 1909 et remplacé nominalement par son frère, le fantoche Reshad effendi qui régnera jusqu'en 1918 sous le nom de Mehmed. Le dernier sultan-calife Mehmed VI (1918-1922) s'enfuira, craignant d'être accusé de trahison après la victoire de Kemal et la proclamation de la république. Lui succédera, mais en tant que 101e calife seulement, de 1922 à 1924, Abdül-meçid II dont la fonction fut abolie au bout de deux ans, les actuels islamistes cherchant à la rétablir.

Entretemps Abdulhamid II avait créé en 1890 la milice dite "Hamidiyé". Recrutée dans les tribus montagnardes tcherkesses, kurdes, turkmènes, yeuruk et turcs proprement dits, ses principaux exploits consistèrent à massacrer et piller entre 1894 et 1896 les provinces arméniennes, valant à leur maître le surnom de Sultan Rouge. Le génocide arménien, qu'il est toujours légalement interdit d'évoquer en Turquie, ébauché sous ce règne, reprendra sous une forme plus industrielle, sous la direction d'Enver pacha et de Talaat pacha en 1915.(1)⇓

C'est donc en lui rendant hommage qu'Erdogan, a cru pouvoir déclarer : "la République turque est la continuation de l'Empire ottoman".

"La République de Turquie, comme nos états précédents qui étaient la continuité de l'autre, est aussi une continuation des Ottomans. Bien sûr, les frontières ont changé. Les formes de gouvernement ont changé. Mais l'essence est la même, le cœur est le même, même de nombreuses institutions restent les mêmes.", a déclaré

"C'est pourquoi, considère-t-il, le Sultan Abdulhamid est l'un des plus importants, des plus visionnaires et des plus stratégiquement conscients qui ont laissé leur marque au cours des 150 dernières années", a déclaré le président turc qui est allé un peu plus loin en notant:

"Trop de gens essaient constamment de commencer l'histoire de notre pays depuis 1923. Certaines personnes veulent nous couper de nos racines et de nos anciennes valeurs." 

JG Malliarakis

À lire en relation avec cette chronique

"La Question turque et l'Europe" par JG Malliarakis à commander en ligne aux Éditions du Trident, sur la page catalogue ou par correspondance en adressant un chèque de 20 euros aux Éditions du Trident, 39 rue du Cherche-Midi 75006 Paris.

Apostilles

  1. Enver pacha interviendra au congrès de Bakou cf. mon petit livre "La Faucille et le Croissant" Islamisme et bolchevisme au congrès de Bakou

http://www.insolent.fr/

Al Nosra abat un appareil russe à Idleb

Par Antoine de Lacoste

3034693255.pngPour la première fois depuis le début de l’intervention russe en Syrie (septembre 2015), les islamistes ont abattu un avion russe.

Il s’agit d’un Soukhoï SU-25 piloté par le major Roman Filippov. Il a réussi à s’éjecter mais en pleine zone ennemie. Vite encerclé par plusieurs dizaines de djihadistes, il s’est courageusement défendu avec son pistolet. Sur le point d’être pris, il a préféré se faire sauter avec une grenade plutôt que d’être pris vivant et de soumettre la Russie à un odieux chantage.

Son sacrifice n’est pas sans rappeler celui d’un autre officier, Alexandre Prokhorenko, mort en mars 2017 pour la reconquête de Palmyre. Encerclé par des combattants de Daesh, il avait commandé à l’aviation russe une frappe aérienne pour mourir en tuant un maximum d’islamistes.

Depuis cet incident, les Russes ont ordonné à leurs pilotes de voler au dessus de 5000 mètres, distance à partir de laquelle les missiles sol-air sont inopérants.

Les Russes ont pu récupérer le corps de leur pilote, ce qui en a étonné plus d’un. L’explication est simple : c’est l’armée turque qui s’en est occupée, ce qui en dit long sur son implantation à Idleb et sur son influence sur les islamistes qui avaient récupéré le corps.

Les spécialistes russes aimeraient aussi examiner les débris de l’avion afin de déterminer l’origine du missile : fabrication américaine, française ? Plusieurs hypothèses sont envisageables et il est important pour la suite des opérations militaires de connaître le type d’armement dont disposent les combattants islamistes.

Les Américains se sont dits « préoccupés », expression diplomatique signifiant quelque chose comme « ça nous est complètement égal ».

Ce sont pourtant bien eux qui ont, les premiers, armé des insurgés avec du matériel sophistiqué, par le biais de la CIA. La fiction des combattants « modérés » n’a pas longtemps résisté à l’épreuve des faits. La désinformation occidentale a même été jusqu’à inventer le concept d’ « islamiste modéré » ce qui ne manque tout de même pas de sel. Mais il a fallu attendre fin 2015 et le scandale des insurgés entraînés et armés à grands frais par la CIA, passés chez Daesh aussitôt envoyés sur le territoire syrien, pour que cessent les livraisons d’armes.

Aujourd’hui, personne ne connait la quantité et la qualité des armes en circulation dans la province d’Idleb, mais on peut pressentir que l’élimination des islamistes du dernier territoire qu’ils détiennent en Syrie ne sera pas simple.

Les progrès de l’armée syrienne, qui a lancé une grande offensive au sud-est de la province, sont d’ailleurs lents et les islamistes savent qu’après Idleb, il n’y a plus rien pour eux. Leur résistance sera donc farouche.

Ce qui est sûr, c’est que, depuis la mort de leur pilote, les Russes ont accentué leur pression sur les groupes d’Al Nosra (ou Tahrir el Cham comme on dit maintenant). L’aviation pilonne sans cesse les positions islamistes et il est probable que la reprise de la province d’Idleb soit devenue un objectif majeur pour  les Russes et les Syriens.

Mais pour cela, il faudra s’entendre avec les Turcs. C’est, entre autres, pour cela que les Russes ont laissé les Turcs attaquer les Kurdes à Affrin.  

Retrouvez l'ensemble des chroniques syriennes d'Antoine de Lacoste dans notre catégorie Actualité Monde.

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13/02/2018

Politique & Eco N° 158 avec Jean-Michel Vernochet : La guerre civile froide

12/02/2018

Erdogan se déclare continuateur de l'empire Ottoman

Le 10 janvier à Istanbul, le président turc Erdogan s'exprimait dans le cadre d'une cérémonie au palais Yildiz pour le centenaire de la mort du Sultan Abdulhamid II.

Ni le lieu, ni le monarque ne doivent être tenus pour fortuits : ils représentent ce que l'on peut considérer comme les symboles les plus éloignés de notre culture de cet empire que l'on croyait défunt.

Yildizi Sarayi, le palais de l'Étoile fut certes construit sous la direction de l'architecte italien Raimondo d'Aronco : en fait le 34e sultan de Constantinople craignait les vieilles résidences impériales de Topkapi et de Dolmabahçe qu'il jugeait trop proches du Bosphore et de la Corne d'Or.

Ce souverain terrible, Abdulhamid II (1876-1909), fils cadet du sultan Adulaziz (1861-1865) a mis en effet un terme à l'œuvre réformatrice de ses prédécesseurs commencée sous le règne d'Abdül-meçid (1839-1861), refusant d'appliquer la constitution, qui n'entrera en vigueur qu'après la révolution jeune-turque de 1908-1909.

En 1876 il avait obtenu que soit écarté son frère aîné Mourad V. Celui-ci ne régna que 3 mois ; il sera présenté pour fou, alors qu'en fait, adepte de la franc-maçonnerie, il entendait continuer le programme de réformes de ses 3 prédécesseurs, connu sous le nom de Tanzimat. Cette œuvre de réorganisation avait été préfigurée dès 1830 : cette année-là, où fut reconnue l'indépendance de la Grèce, le sultan-calife Mahmoud II (1808-1839) avait publié cette déclaration officielle : "Je fais la distinction entre mes sujets, les musulmans à la mosquée, les chrétiens à l'église et les juifs à la synagogue, mais il n'y a pas de différence entre eux dans quelque autre mesure. Mon affection et mon sens de la justice pour tous parmi eux est fort et ils sont en vérité tous mes enfants."

Abdulhamid II au contraire cherchera à revenir sur tout ce qui tendait à rapprocher la Turquie de l'Europe.

S'il n'est mort qu'en 1918, il avait été d'abord relégué dans son palais par la première révolution jeune turque de 1908, puis déposé en 1909 et remplacé nominalement par son frère, le fantoche Reshad effendi qui régnera jusqu'en 1918 sous le nom de Mehmed. Le dernier sultan-calife Mehmed VI (1918-1922) s'enfuira, craignant d'être accusé de trahison après la victoire de Kemal et la proclamation de la république. Lui succédera, mais en tant que 101e calife seulement, de 1922 à 1924, Abdül-meçid II dont la fonction fut abolie au bout de deux ans, les actuels islamistes cherchant à la rétablir.

Entretemps Abdulhamid II avait créé en 1890 la milice dite "Hamidiyé". Recrutée dans les tribus montagnardes tcherkesses, kurdes, turkmènes, yeuruk et turcs proprement dits, ses principaux exploits consistèrent à massacrer et piller entre 1894 et 1896 les provinces arméniennes, valant à leur maître le surnom de Sultan Rouge. Le génocide arménien, qu'il est toujours légalement interdit d'évoquer en Turquie, ébauché sous ce règne, reprendra sous une forme plus industrielle, sous la direction d'Enver pacha et de Talaat pacha en 1915.(1)⇓

C'est donc en lui rendant hommage qu'Erdogan, a cru pouvoir déclarer : "la République turque est la continuation de l'Empire ottoman".

"La République de Turquie, comme nos états précédents qui étaient la continuité de l'autre, est aussi une continuation des Ottomans. Bien sûr, les frontières ont changé. Les formes de gouvernement ont changé. Mais l'essence est la même, le cœur est le même, même de nombreuses institutions restent les mêmes.", a déclaré

"C'est pourquoi, considère-t-il, le Sultan Abdulhamid est l'un des plus importants, des plus visionnaires et des plus stratégiquement conscients qui ont laissé leur marque au cours des 150 dernières années", a déclaré le président turc qui est allé un peu plus loin en notant:

"Trop de gens essaient constamment de commencer l'histoire de notre pays depuis 1923. Certaines personnes veulent nous couper de nos racines et de nos anciennes valeurs.

JG Malliarakis

À lire en relation avec cette chronique

"La Question turque et l'Europe" par JG Malliarakis à commander en ligne aux Éditions du Trident, sur la page catalogue ou par correspondance en adressant un chèque de 20 euros aux Éditions du Trident, 39 rue du Cherche-Midi 75006 Paris.

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  1. Enver pacha interviendra au congrès de Bakou cf. mon petit livre "La Faucille et le Croissant" Islamisme et bolchevisme au congrès de Bakou

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11/02/2018

Comment les djihadistes sont-ils jugés en Syrie ?

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Le reportage va au-delà de l’illustration. Il a valeur d’expertise. Les reporters racontent leur expérience du terrain.

Découvrez “Profession reporter” dédiée à la question suivante : “Comment les djihadistes sont-ils jugés en Syrie ?”.

Trump, « le président le plus extraordinaire de l’histoire américaine » ?

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Par Fabrice Fanet, colonel (ER) de gendarmerie 

Philippe Corbé, journaliste correspondant de RTL aux Etats Unis, a récemment sorti un livre sur la présidence de Donald Trump. Si certains passages militants sont évidemment présents, on découvre que Donald Trump est « le président le plus extraordinaire de l’histoire américaine » pour le journaliste.

Les déclarations et « tweets » de Donald Trump n’ont pas fini de rythmer la jacasserie planétaire entretenue par des médias bavards condamnés à « l’ouvrir pour ne pas être fermés. »

Qui aurait pu imaginer que des gazouillis (tweets) émis par un Trump, (une trompette ou familièrement un chic type), parviennent à être une carte redoutable dans le jeu du Président des Etats unis d’Amérique afin peut être de remporter la partie, to trump voulant dire jouer atout ?

A tel point que vient de paraître chez Grasset un livre sur les paroles et les mots de Donald intitulé « Trumpitudes », sous-titré « et turpitudes », pour ceux qui ne voudraient pas comprendre le jeu de mots et ne pas applaudir la condamnation politiquement correcte et universellement convenue de l’indigne squatter de la Maison Blanche. Pensez donc, un milliardaire populiste qui a osé battre une femme « progressiste » soutenue en personne par Obama, le sauveur noir du monde qui, soit dit en passant, n’est pas noir mais métis !

Et pourtant, la surprise est au rendez-vous dans la préface comme dans la postface de ce livre dans lesquelles Philippe Corbé, journaliste correspondant de RTL aux Etats Unis, est loin de s’abandonner à une dénonciation systématique et primaire des mots du Président Trump. Morceaux choisis.

Pour l’auteur, « ce sont ses mots qui ont fait de lui le président de la première puissance du monde […] Ceux qui ont cru que ses mots allaient le perdre ont perdu, ceux qui pensait que ce n’était que du bruit n’ont rien entendu, ceux qui ne l’écoutent plus risquent d’être encore surpris. […] La politique, c’est dire des choses aux gens. Lui a su parler et être écouté de ceux qui pensaient qu’on ne les entendait plus. […] Son pouvoir ce sont ces mots […] ces trumpitudes […] tantôt déroutantes, rageuses, cocasses, inspirées, angoissantes, simplistes, crâneuses, créatives, absurdes, menaçantes, narcissiques, mensongères ou grotesques ».

[…]

« Il faut l’écouter, le lire, résister à la lassitude et à la répétition, car cette matière est fascinante. Quoiqu’on pense des promesses, des accomplissements ou même de la personnalité de Donald Trump, ses mots offrent […] un accès direct, immédiat et souvent sans filtre à sa pensée, ses peurs, ses colères, ses joies, ses ambitions, bref à sa nature intime. Jamais auparavant un homme aussi puissant n’avait pris le risque de laisser ses mots révéler de façon aussi crue qui il était ».

[…]

« Le 21 juillet 2016 […] le soir du discours aux accents nixoniens du candidat Trump pour clôturer une convention jusque là un peu terne […] j’ai ressenti physiquement, le long de ma colonne vertébrale, jusque sur les poils de mes mains, l’écho puissant de ses mots ».

Enfin la dernière phrase du livre mais non la moindre : « Un jour, plus tard, quand l’Amérique sera « great again », que ce « carnage américain » [ndlr : expression prononcé par le nouveau président lors de son investiture] aura pris fin comme il l’a promis, on nous demandera, n’aviez-vous pas vu ? N’aviez-vous pas entendu ? Tout est dit. Tout est là. Il suffit d’écouter comment il nous parle. »

Après ça, on s’attend à lire une analyse honnête et balancée des déclarations et de l’attitude de Donald Trump, et non comme d’habitude une condamnation automatique et systématique.
« Damned ! », il n’en est rien.
Le livre est composé comme une chronique totalement à charge décrivant les jours où le président Trump occupe le devant de la scène médiatique.
Ainsi le dimanche 29 janvier, l’auteur donne en 8 lignes une version très négative du décret sur l’immigration. « Depuis plus de 24 heures, c’est le chaos dans les aéroports où les agents ne savent comment appliquer le décret sur l’immigration signé par le président sans préparation de son application. » En appui de sa description, il cite les opposants à cette mesure, avant de reproduire sans commentaire 2 tweets de Donald Trump.

Autre exemple (in extenso) où Trump apparaît comme un président dilettante qui réagit face aux Russes avec légèreté ou tout au moins avec un humour déplacé. En outre, Philippe Corbé y affirme péremptoirement que les russes sont intervenus dans l’élection américaine :

« Jeudi 10 août. Jour 203.

Masse salariale.

Donald Trump au Trump national Golf Club, Bedminster, New Jersey

Vladimir Poutine ordonne que 755 employés des services diplomatiques américains en Russie cessent leur activité, soit plus des deux tiers du personnel. C’est la réponse du Kremlin aux nouvelles sanctions votées par le Congrès après les interventions Russes dans l’élection. Le président trump les a critiquées publiquement, [ndlr : la construction de la phrase est telle que l’on ne sait pas s’il s’agit des sanctions ou des interventions…] et offre aux reporters son commentaire sur cette décision de son homologue russe.

Trump- je veux remercier parce que nous essayons de réduire notre masse salariale. » 

En fait, tout au long de cette chronique qui se déroule du 20 janvier au 13 décembre 2017, Donald Trump est décrit sous les traits caricaturaux habituels : un président amateur, vulgaire, dangereux, anormal, raciste, etc.

Il n’en reste pas moins qu’en prenant de la distance face aux commentaires conformes et convenus de l’auteur (qui n’aurait d’ailleurs pas été publié chez Grasset sans cette révérence au politiquement correct), on peut suivre pas à pas les réactions d’un président hors du commun, « le président le plus extraordinaire de l’histoire américaine » comme l’affirme d’ailleurs Philippe Corbé en page 12.

Un président aux réactions instinctives et déconcertantes, pragmatiques et approximatives, suscitant l’étonnement positif ou négatif, la crainte ou une certaine admiration devant l’audace, attitudes qui correspondent bien aux descriptions que Philippe Corbé a eu la témérité (ou l’inconscience ?) d’écrire dans la préface et la postface de ce livre et même d’exprimer lors d’une interview vidéo postée sur le site du Figaro. Qu’il lui soit, de ce fait, beaucoup pardonné !

Fabrice Fanet 07/02/2018

Trumpitudes et turpitudes, Philippe Corbé, Grasset, 2018

Crédit photo : Gage Skidmore [CC BY-SA 2.0], via Flickr

https://www.polemia.com/trump-le-president-le-plus-extrao...

10/02/2018

Une enquête FBI en cours évoque les « millions » russes donnés par Moscou à la Clinton Foundation pour l’acquisition d’Uranium One

Uranium One Clinton Foundation enquête FBI millions russes Moscou
 Selon la presse politique américaine, un informateur du FBI, Douglas Campbell, a témoigné devant trois commissions du congrès de l’existence d’importants virements de responsables exécutifs de l’entreprise nucléaire Rosatom sur les comptes de la Clinton Foundation afin de faire pression sur Hillary Clinton, alors secrétaire d’État des Etats-Unis. Moscou cherchait alors à acquérir la société nucléaire Uranium One et le fait est que les négociations ont abouti : avec l’approbation de Mme Clinton, la Russie a pu faire prendre le contrôle d’au moins 20 % de l’uranium américain – denrée stratégique entre toutes. Le rachat à 100 % a abouti en 2013.

Lire la suite sur REINFORMATION.TV

09/02/2018

KRACH FINANCIER, PLUS-VALUE MARXISTE ET LIBRE-ÉCHANGE MONDIALISTE : REGARDEZ, CELA SE PASSE SOUS VOS YEUX !

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Marc Rousset

Karl Marx partait du principe que l’unique objet des capitalistes étant d’accumuler un maximum de profits, ceux-ci seraient obligés de recourir au progrès technique pour produire à moindre frais. L’utilisation des machines venant à se substituer aux travailleurs nationaux, il en résulterait une croissance du chômage et donc un appauvrissement de la population.

L’utilisation éhontée, inique, complètement falsifiée de la théorie de Ricardo par les oligarchies financières a abouti à la folie du libre-échangisme mondialiste qui heurte le bon sens commun. Contrairement à ce qu’avait prévu Marx, plus qu’aux machines qui permettent d’accroître la compétitivité, c’est surtout à la course sans fin au prolétariat le plus misérable du Tiers Monde qu’ont recours les multinationales. Après la Chine, le Vietnam et le Bangladesh, elles commencent à penser à l’Afrique.

Il importe donc de rétablir la préférence douanière communautaire européenne et non pas hexagonale, ce qui serait suicidaire, pour tout produire d’une façon compétitive sur le sol européen ! Et les multinationales s’adapteront ! Non aux voitures fabriquées au Maroc par Renault pour alimenter le marché européen ! Seuls des droits de douane obligeront Renault et consorts à se soumettre à la volonté des peuples afin de garder leurs emplois !

Le nombre de milliardaires augmente dans le monde et les plus riches s’enrichissent tandis que les classes moyennes voient leurs revenus fondre ou disparaître. Le Directeur général d’une multinationale dont la fonction dépend de son conseil d’administration et dont le salaire dépend des « stock-options » directement liées aux cours de bourse, donc des profits, n’a d’autre choix que de délocaliser, d’où le chômage à terme et les déficits commerciaux. Le déficit commercial américain, malgré les efforts de Trump, est en hausse et a atteint 566 milliards de $ en 2017 dont 375 milliards avec la Chine et 71 milliards de $ avec le Mexique.

Et pour relancer la demande, suite au chômage structurel, les gouvernements croient ne pas avoir d’autres choix que d’augmenter les dépenses publiques, ce qui en fait alourdit les charges fiscales ainsi que la non-compétitivité, et surtout de déverser, à l’aide des banques centrales un déluge gratuit de création monétaire pour alimenter le moteur économique. Il en résulte une croissance artificielle et surtout une augmentation folle du prix des actifs, avec une spéculation effrénée. En jouant au pompier pour l’économie réelle, les banques centrales allument des incendies sur les marchés financiers.
 
Le taux de la dette française est passé en quelques mois de 0,6% à 1%. Quid s’il atteint son niveau long terme de 6% ? La banqueroute de la France, de Macron et de son gouvernement avec une explosion sociale à la clé ! Le Dow Jones a dévissé au plus bas de 6,6% le 5 février 2018. La hausse des salaires aux USA a fait craindre un retour de l’inflation et quatre ou cinq hausses d’intérêt par la Fed en 2018. Le taux de déjà 2,72% dans un pays ayant recours aux taux variables, laisse aussi entrevoir une explosion de la marmite états-unienne.

La méga-crise mondiale qui se prépare a commencé en fait en 2000 sur le plan financier et économiquement en 1971 avec Nixon lorsqu’il a décidé la non convertibilité du dollar en or, ce qui équivalait à ouvrir la boite de Pandore du laxisme universel. Nous vivons donc depuis 2000, une politique cyclique des taux d’intérêt accompagnée d’une augmentation structurelle de l’hyper-endettement.

En fait les gouvernements ne font qu’acheter du temps en repoussant l’échéance fatidique et en aggravant le problème. Même chose d’ailleurs pour l’invasion migratoire et le grand remplacement en cours ! Henri Queuille a de nombreux adeptes dans le monde ; très peu de De Gaulle, Churchill, Clemenceau ou Richelieu ! Macron ne peut être l’homme de la situation car formaté par la banque d’affaires et les « en même temps » de l’ENA !

Quand les fondamentaux économiques, sociétaux, moraux et civilisationnels d’une société sont mauvais, on achète de l’or pour s’assurer, surtout pas de bitcoin, et l’on vote pour une Droite nationale unifiée, européenne en faisant la révolution conservatrice des valeurs !

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07/02/2018

Trump et Macron à Davos : deux visions du monde

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Par Jean Goychman, Conseiller Régional Maine-et-Loire 

Le Forum mondial de l’économie de Davos s’achève. Quels enseignements et quelles conclusions en tirer ? Cette réunion annuelle à laquelle tout ce qui compte (ou croit compter) à la surface de la planète se fait un devoir de s’y montrer. Certains le font avec une certaine discrétion, d’autres d’une manière très ostensible. L’essentiel étant d’y être.

Des avis partagés

Les commentaires des journalistes sur le Forum de Davos sont rarement unanimes. De fait, chaque commentaire reflète un peu la conception que son auteur se fait de l’évènement. On peut y voir une version « grand public » des conférences du Club des Bilderberg, mais cela entraîne inévitablement sur le terrain du complotisme, mot redouté de tous les « bien-pensants ». On peut également le considérer comme une sorte de rendez-vous de la bienfaisance, qui permettrait aux puissants de ce monde d’échanger avec les humanistes soucieux du devenir de l’Homme et de la planète… Pour ma part, je pense que c’est incontestablement un grand rendez-vous mondialiste. Je le situe dans la lignée du colloque de Walter Lipmann, le précurseur en 1938, puis la Société du Mont Pellerin en 1946, suivie du Club des Bilderberg en 1954, et enfin le Forum de Davos, inauguré en 1971, juste deux ans avant la naissance de la Commission Trilatérale en 1973.

Des centres de réflexion convergents dans leurs objectifs

Tous ces « think-tanks » participent de la même idée, mais différent quelque peu sur les moyens de parvenir à réaliser leur objectif. En clair, il s’agit d’assurer au plan mondial la primauté de l’économie sur le politique. Ceci ne se fera que s’il existe une autorité mondiale, sorte de « gouvernement » dont les membres ne seront naturellement pas élus, mais se coopteront au sein d’un groupe auquel l’accès sera volontairement limité. Le fondateur du Club des Bilderberg, David Rockefeller, n’en a jamais fait mystère depuis plus de 25 ans. Le Forum de Davos est, sans l’avouer explicitement, dans la même lignée. La Commission Trilatérale, très influente au niveau de la Commission Européenne (puisque beaucoup de commissaires participaient à ses travaux) a continuellement « orienté » les travaux de Davos, notamment sur la généralisation des zones de libre échange, processus par lequel un monde globalisé devrait apparaître. Le problème essentiel auquel les tenants de la mondialisation – qui veulent installer ce gouvernement mondial – doivent faire face est le manque d’engouement des peuples envers une autorité qui ne pourrait que les priver de leur souveraineté. Feu Peter Sutherland, pilier du Forum de Davos, n’a pas ménagé ses efforts pour tenter de convaincre les gens qu’elle n’était qu’une illusion.

Un nouveau clivage mondial apparaît

Après la « guerre froide » de la seconde moitié du XXème siècle, une nouvelle ligne de fracture est en train d’apparaître dans le monde. Nous avons d’un côté une sorte d’élite mondialisée qui tire profit du libre échange généralisé, de la disparition des frontières et des mouvements migratoires et de l’autre, des peuples qui voient avec effroi leurs conditions de vie se détériorer. Les classes moyennes, issues du fameux ascenseur social que les démocraties avaient réussi à mettre en place ne fonctionne plus aujourd’hui. Le Forum de Davos met ce nouveau clivage en évidence.

Emmanuel Macron incarne cette élite mondialisée de la finance et du libre échange. Il prône habilement la souveraineté européenne, ce qui est un moyen de faire disparaître celle des nations qui constituent cette Europe. Il emploie le slogan « France is back », ce qui ne veut strictement rien dire, mais qu’il faut interpréter comme un signal donné à l’élite pour dire que la voie est libre aux investissements étrangers. Il tient un discours en anglais (la langue de Davos à 95%) devant un public conquis d’avance et enchaîne sur un discours en français, dans lequel il veut rassurer les français, et uniquement eux, sur ses intentions. En clair, cela s’appelle un double-langage.

De son côté, Donald Trump, qui a compris d’où venait le vent qui menaçait les mondialistes, prononce un discours très souverainiste, commençant par réaffirmer la supériorité du système américain et de la nation américaine, qu’il résume dans les mots « America first ». On peut noter que Trump n’emploie pratiquement jamais le terme « États-Unis » pour parler de son pays, mais celui d’« Amérique ». Cela marque son ancrage historique par un rappel de la « Doctrine de Monroe » (de fait, la doctrine de Monroe est antimondialiste car elle s’oppose à toute ingérence étrangère dans la politique américaine et constitue la base de l’isolationnisme américain. En clair, que chacun se débrouille…) qui établit d’une manière incontestable la souveraineté de l’Amérique et du peuple américain sur le continent.

On constate une TOTALE OPPOSITION AVEC LE PRINCIPE MÊME DE LA MONDIALISATION que certains commencent à appeler « globalisation ». Notons également que Trump conçoit que chaque chef d’État d’un pays souverain fasse de même et défende les propres intérêts de son État et de son peuple.

Le grand retour des peuples

De fait, Donald Trump inscrit son discours dans la Charte des Nations Unies de 1946 (avant que l’ONU devienne mondialiste) et fait également référence à la « Charte de la Havane » qui jetait les bases d’un commerce équitable entre les nations, les importations et les exportations devant s’équilibrer. Ce discours, qualifié de « populiste » par ses adversaires, trouve cependant un écho de plus en plus visible. Il suffit de regarder en Europe pour voir que beaucoup de peuples désirent reprendre en main leurs destins respectifs et croient de moins en moins à la construction européenne telle qu’elle est orientée. Ils tiennent à garder leur souveraineté et le contrôle de leurs frontières. On voit également que, en plus des États-Unis, la Chine et la Russie tiennent a peu près le même discours.

L’offensive du FMI et la future « guerre des monnaies »

Emmanuel Macron le sait. Et c’est bien la raison pour laquelle il lance la proposition d’un FMI qui devrait contrôler la monnaie mondiale. Jusqu’à présent, ce rôle est dévolu de facto à la Réserve Fédérale américaine et au dollar, et ce depuis 1971, lorsque l’abandon de la convertibilité de cette monnaie avec l’or a permis à cette dernière d’imprimer de la monnaie papier sans limite.

Emmanuel Macron sait parfaitement également que la Chine, la Russie, l’Iran et quelques autres pays tentent de faire émerger une autre monnaie internationale, afin de payer les transactions pétrolières. Or, la Chine est le premier importateur pétrolier du monde et c’est donc le dollar qui est directement menacé. De son coté, le FMI essaye de pousser en avant une autre monnaie, qui serait basée sur un panier de devises, et dont il exercerait le contrôle. Cela permettrait au fameux triptyque mondialiste (FED – FMI – Banque Mondiale) de garder la main.

Quel résultat pour la cuvée « Davos 2018 » ?

Ce Forum permet de constater, année après année, que la ligne de fracture entre les tenants du mondialisme et ceux du maintien de la souveraineté des États-nation apparaît de plus en plus nettement.

Et le problème risque de se compliquer singulièrement pour les mondialistes en raison de la montée en puissance de pays comme la Chine et la Russie, bien décidés à ne pas céder aux sirènes de la globalisation.

Jean Goychman 28/01/2018

Source : Minurne

https://www.polemia.com/trump-et-macron-a-davos-deux-visi...

06/02/2018

Les bobards de l’intervention occidentale en Libye et au Kosovo

3237629871.jpgMarc Rousset

Quelque chose est en train de bouger ou de changer dans le royaume de France. Il est ahurissant qu’ait pu paraître sur la page 18 entière du Figaro du samedi 3 février 2018 un dossier aussi accusateur et politiquement incorrect que l’interview de Rony Brauman, ex-Président de Médecins sans frontières, par le grand journaliste Renaud Girard, Normalien, adepte de la « Real Politik », épris très souvent de vérité et d’un sens minimum de l’honnêteté intellectuelle.

Rony Brauman vient en effet de faire paraître son ouvrage intitulé : « Guerres humanitaires ? Mensonges et intox» (éditions Textuel). Cette chronique dans le premier quotidien français pourrait être le point de départ d’une commission d’enquête parlementaire française sur les mensonges politico-médiatiques lors de l’intervention en Libye. Les accusations de Rony Brauman sont d’autant plus graves que le Parlement britannique a mené une enquête qui a confirmé la réalité des bobards. L’ancien Président Obama a pu qualifier l’expédition en Libye, tant vantée pourtant par Hillary Clinton, de « plus grande erreur de sa présidence ».

Les bobards dépassent en intensité ceux des armes de destruction massive de Saddam Hussein pour justifier l’intervention américaine en Irak. On peut mieux comprendre à la lumière de cet ouvrage l’indignation des Russes et le désir de Poutine de ne pas être de nouveau le dindon de la farce en Syrie.

Contrairement à ce qui a été prétexté, la rébellion armée de Benghazi était parfaitement à même de se défendre et de protéger son territoire. Personne n’a jamais vu, à supposer qu’elle ait existé, la prétendue colonne de chars de Kadhafi. IL n’était de toute façon pas nécessaire de commencer une guerre ; de simples survols de la « colonne fantôme » ou des tirs d’arrêt auraient suffi.

Le colonel Kadhafi qui prétendait dans ses discours enflammés aller chercher les opposants « ruelle par ruelle », n’avait pas les moyens d’écraser la rébellion de Benghazi. L’attaque de manifestants à Tripoli par les avions de Kadhafi n’a également jamais eu lieu. Sarkozy, Cameron et Obama ont pu cependant déclarer : « Un chef d’Etat qui envoie son aviation contre son peuple n’est plus digne de gouverner ; il doit partir ».

De même les charniers de Benghazi et de Tripoli n’ont jamais existé. Le représentant de la ligue libyenne des droits de l’homme faisait pourtant état de six mille morts ensevelis à la hâte en une dizaine de jours. La quasi -totalité des médias, des hommes politiques et des intellectuels ont repris et divulgué en 2001 cette fausse information.

IL y a ceux qui voient ce qu’ils croient et ceux qui, comme les patriotes, croient ce qu’ils voient. La guerre était en réalité voulue par l’Occident. IL s’est passé seulement 5 semaines entre la première manifestation à Benghazi du 15 février 2011 et l’attaque aérienne française du 19 mars. Toutes les tentatives de médiation (Union africaine, Turquie, Sénégal, Afrique du Sud) ont été repoussées. Voilà ce que le politiquement correct et l’infâme BHL appellent une guerre juste !

A noter qu’il en en été de même pour la guerre déclenchée par l’Otan en mars 1999 qui a bombardé pendant 83 jours Belgrade et les populations civiles serbes alors que la  Serbie souhaitait reprendre le contrôle du Kosovo, son berceau mythique ancestral avec ses monastères, perdu le 28 juin 1389 face à l’empire ottoman lors de la bataille du Champ des Merles, envahi par l’immigration d’origine albanaise devenue majoritaire.

La véritable raison de l’agression par l’hyper-puissance américaine était alors le désir de justifier le maintien de l’organisation militaire de l’OTAN, de narguer les Nations-Unies, la Chine, l’Europe et la Russie, d’affaiblir l’Europe en favorisant le multi-ethnisme et l’islam, de poursuivre l’expansion militaire à l’Est et d’implanter la plus grande base militaire hors des Etats-Unis de « Bondsteel » forte de 10 000 hommes.

Le droit de l’hommiste Bill Clinton avait eu alors le toupet de dire : « Nous intervenons pour édifier un Kosovo pacifié et multi-ethnique ».

http://synthesenationale.hautetfort.com/

Serpent de mer ?

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par Louis-Joseph Delanglade

Algérie, Maroc et Tunisie n’ont cessé depuis leurs indépendances de constituer un des grands sujets d’intérêt, voire de préoccupation ou d’inquiétude, de notre politique étrangère. D’ailleurs, à la suite de M. Giscard d’Estaing, pas un seul des présidents successifs n’a manqué de se rendre au Maghreb, dans tel ou tel des trois pays, parfois les trois, toujours pour des annonces de lendemains communs qui chantent. Une sorte de serpent de mer. Ce qui est nouveau avec M. Macron, si l’on en croit la tonalité de ses deux discours de Tunis (l’un aux députés tunisiens, l’autre aux Français de Tunis), c’est que le conditionnel serait plus satisfaisant : les lendemains pourraient chanter… 

Si ses prédécesseurs ont tous souligné le côté souhaitable et même nécessaire de la coopération entre les rives nord et sud de la Méditerranée, M. Macron a le mérite d’avoir compris que, sauf à se contenter de mots,  cette coopération doit être structurée. Il a même envisagé la possibilité, dès cette année, d’une réunion euro-maghrébine à Paris, pour avancer dans ce sens. Mais il ressort aussi de ses propos, plus ou moins mais suffisamment pour se révéler dommageable, qu’il associe toujours l’Europe, sous sa forme bruxelloise, à la France et qu’il donne, même en y mettant les formes, des leçons aux uns et aux autres. 

Pour réussir, une telle ambition politique doit d’abord être circonscrite. Sans remonter très loin dans le passé, il semblait en 2008, à en croire le très optimiste M. Sarkozy, que son Union pour la Méditerranée, forte de ses quarante-trois membres (vingt-huit Etats de l’U.E. et quinze d’Afrique du Nord, du Proche-Orient et d’Europe du Sud-Est) allait être le remède à tous les maux de la région. Dix ans après, c’est au mieux une usine à gaz. Projet trop ambitieux sans doute et surtout sans bases solides. En revanche, les données conjuguées de l’Histoire et de la géographie physique et humaine (ce dernier point est capital) incitent à envisager, avec les trois pays sus-cités, une forme d’union de la Méditerranée occidentale, à laquelle pourraient, devraient même, être conviés nos voisins européens d’Italie et d’Espagne. Diluer un tel projet en y associant d’autres pays d’Afrique ou d’Europe le viderait de son sens. 

Pour réussir, il conviendrait aussi de se garder de tout néo-colonialisme idéologique. Or les discours tunisiens de M. Macron font la part trop belle à l’étalon de la bonne conduite démocratique. Sans doute peut-il paraître habile, à Tunis, de flatter le seul pays arabe qui ressemble un peu aux démocraties européennes. En revanche, la monarchie alaouite n’a aucune leçon à recevoir de M. Macron, pas plus d’ailleurs que le pouvoir algérien. Distribuer (ou pas) des bons points démocratiques à d’éventuels partenaires serait ridicule et contre-productif : comment ne pas comprendre en effet qu’au vu de la montée du salafisme toute logique démocratique et droit-de-lhommiste est dangereuse et, de toute façon, vouée à l’échec ? C’est, au contraire, en privilégiant relations et accords entre les Etats qu’on luttera efficacement contre l’islamisme, contre l’immigration sauvage et pour un développement harmonieux et apaisé de la zone. 

Un peu plus de réalisme et de pragmatisme, un peu moins d’européisme et de démocratisme : cette condition nécessaire, mais pas forcément suffisante, s’impose à l’ambition méditerranéenne de M. Macron.

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05/02/2018

Alep, Pyongyang, Davos… Vers la chute de l’Empire américain ?

Par Michel Geoffroy, essayiste 

L’année 2017 restera comme un grand tournant géopolitique que les médias de propagande se gardent bien de nous révéler : celui de la fin, en direct en quelque sorte, de la domination des Etats-Unis sur la scène mondiale.
Les médias mainstream nous cachent ce tournant car c’est une mauvaise nouvelle pour la Super Classe Mondiale qui comptait sur la surpuissance américaine pour faire avancer son projet mondialiste !
Analyse d’une chute en direct.

Corée du Nord : le roi est nu

Première étape, la Corée du Nord : un tout petit Etat de 25 millions d’habitants qui s’est doté non seulement de l’arme nucléaire mais de missiles intercontinentaux. Une nouvelle illustration de l’incapacité des Occidentaux à conserver leur monopole nucléaire, mais pas seulement.

En effet, Donald Trump peut toujours prétendre avoir « un plus gros bouton » que Kim Jong Un. Mais tout le monde voit que les gesticulations américaines n’ont pas permis de mettre au pas la minuscule Corée du Nord. A la différence de 1962, lors de la crise des fusées de Cuba, où les Etats-Unis ont fait plier l’URSS, qui était un adversaire d’une toute autre dimension que le pays du matin calme, même en version soviétoïde. L’Amérique de Donald Trump en est même réduite à demander l’aide diplomatique de la Chine et de la Russie pour tenter de résoudre la crise !

L’affaire coréenne ébranle surtout la crédibilité de la puissance américaine dans cette partie du monde au point d’inquiéter sérieusement l’allié japonais, qui songe à renforcer ses forces d’auto-défense et donc à revenir sur son pacifisme constitutionnel.
L’onde de choc coréenne n’a donc pas fini de se propager en Asie, car tout le monde comprend que le roi est nu….

Syrie : échec au roi

Seconde étape, la fin de Daesch en Syrie du fait de l’intervention militaire russe, symbolisée par la reprise d’Alep.
Alors que les Occidentaux en ont été bien incapables, d’autant qu’ils voulaient avant tout le renversement de Bachar El Assad et qu’ils n’hésitaient pas pour ce faire à s’appuyer sur des groupes islamistes comme Al Nosra, présentés comme des forces démocratiques d’opposition. Gribouille n’aurait pas fait mieux !
La Syrie marque une nouvelle défaite stratégique des Etats-Unis dans leur prétention à imposer leur « nation-building », c’est-à-dire en réalité le chaos au Proche Orient. Une nouvelle défaite aussi pour tous ceux qui se sont embarqués dans la folle stratégie américaine et singulièrement la France, qui a perdu le peu d’influence qu’elle avait encore dans ce pays. Une belle performance française donc, dans un pays autrefois placé sous son mandat !

L’intervention russe en Syrie fut non seulement décisive et « souveraine » car elle mit un coup d’arrêt à la déstabilisation occidentale de la Syrie. Elle apporte aussi la preuve que la Russie est de nouveau un acteur international à part entière avec lequel il faut désormais compter. D’autant que l’intervention militaire russe a démontré, au grand dam de l’OTAN, les très grandes capacités militaires de ce pays y compris dans les hautes technologies. Pendant que les frappes américaines continuaient de tomber à côté des cibles visées et de multiplier les « bavures »….

Car, malgré l’enfumage médiatique permanent*, la puissance militaire américaine n’est plus ce qu’elle était. On finit par oublier par exemple que cela fait désormais 16 ans que les Etats-Unis pataugent en Afghanistan pour « lutter contre le terrorisme » : mais pour quel résultat exactement, sinon l’explosion du trafic de drogue ?

Davos : le roi est mort vive le roi !

Troisième étape : Davos en janvier 2018.
Car contrairement à ce que nous serinent nos médias de propagande, la révélation de l’édition 2018 du Forum Economique Mondial de Davos n’était pas Emmanuel Macron, récitant avec application et en anglais son cours libéral de « réformes » et de « flexibilité », en bon élève de l’oligarchie.
Non c’était la Chine qui donnait le ton y compris en matière de défense de l’environnement, d’autant que les Etats-Unis apparaissaient marginalisés avec leur retrait du Protocole de Paris !
Le représentant chinois n’a-t-il pas affirmé en outre que « la Chine aspire à construire un monde ouvert, inclusif, propre et beau qui jouisse d’une paix durable, de la sécurité universelle et d’une prospérité partagée. Ayant cela à l’esprit, le gouvernement chinois assume aujourd’hui davantage de responsabilités à l’égard de la paix et du développement du monde » ? Se payant donc le luxe de reprendre à son compte, mais au second degré, le discours habituel des Occidentaux.
Une Chine qui, avec les autres Brics , déconstruit en outre patiemment la domination du dollar et desEtat-Unis dans les institutions financières internationales.

A Davos on parle toujours anglais, mais désormais avec un fort accent chinois ou indien.

Bienvenue dans le nouveau monde !

Le XIXe siècle fut européen et anglais. Le XXe siècle fut américain. Mais, à l’évidence, le XXIe siècle sera différent : peut-être chinois mais surtout, comme on dit, « multipolaire », ce qui signifie que les Occidentaux n’auront plus les moyens d’imposer aux autres civilisations leurs intérêts et leurs lubies idéologiques. Et que les Etats-Unis vont perdre leur statut de surpuissance.

Cela permet d’ailleurs de comprendre la signification réelle des critiques médiatiques récurrentes portées des deux côtés de l’Atlantique contre la personne de Donald Trump : elles servent à essayer de cacher la nouvelle donne stratégique du monde aux Occidentaux, en faisant de Donald Trump un bouc émissaire.
Car ce n’est pas à cause de la prétendue « folie », « imprévisibilité » ou « maladresse » de son actuel Président, que les Etats-Unis perdent leur leadership. C’est tout simplement parce que nous changeons d’époque et parce que les rapports de force mondiaux ne sont plus les mêmes. Mais chut ! il ne faut pas réveiller les autruches occidentales.
Lors de son discours sur l’Etat de l’Union, le 30 janvier dernier, le Président Trump a ainsi affirmé « nous pouvons tout faire », dans une sorte de remake du « Yes we can » de son prédécesseur Barak Obama. Mais avec le nouveau monde qui vient, cette méthode Coué a peu de chances de fonctionner.
Et il serait temps que les Européens en prennent conscience, au lieu de continuer de se placer à la remorque d’un Oncle Sam de plus en plus vieillissant.

Michel Geoffroy
04/02/2018

* surtout à destination des Européens : il suffit pour s’en persuader de regarder les programmes des télévisions généralistes !

https://www.polemia.com/alep-pyongyang-davos-vers-la-chut...

04/02/2018

La Russie, centre de contre-culture

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Ex: http://www.dedefensa.org

Des sites russes d’inspiration nettement proche de l’Église chrétienne orthodoxe diffusent les résultats d’une enquête sur l’évolution des opinions concernant des questions sociétales extrêmement présentes aujourd’hui. Les résultats sont évalués sur un temps assez long, sur les vingt années qui nous séparent de 1998, ce qui permet d’avoir une indication de tendance profonde. D’autres précisions, venues d’autres sources complètent le travail avec d’autres précisions dans les mêmes domines. Le chiffre le plus marquant est celui de l’évolution du nombre d’avortements, passant en 25 ans de 5 millions (en 1993) à 600 000 (en 2017), et cela accompagnant une évolution également remarquable dans le jugement des personnes qui ont été interrogées pour l’enquête : le pourcentage des personnes jugeant l’avortement “inacceptable” est passé de 12% en1998 à 35% en 2017, – alors que cette pratique était elle-même institutionnalisée durant la période communiste (sauf pendant la période 1936-1955). Tous les autres résultats sur les questions sociétales vont dans le même sens.

Le fait que cette enquête se fasse sur ce “temps assez long” est d’une réelle importance, surtout pour la Russie. Il permet une comparaison entre la Russie post-URSS “occidentalisée” type-Eltsine des années 1990 et celle d’aujourd’hui. Outre les conditions économiques, son évolution culturelle (et donc psychologique) se déplace exactement à l’inverse de la politique générale suivie dans le bloc-BAO, sous l’impulsion du Système.

C’est le site Orthochristian.com, version anglaise du site en russe Pravoslavie.ru, qui publie le texte (le 12 janvier 2018) sur cette enquête et les divers à-côtés.

« La proportion de citoyens russes qui considèrent l'avortement comme inacceptable a triplé au cours des 20 dernières années, passant de 12% à 35%. La condamnation de l’adultère et des relations homosexuelles a également augmenté de manière significative, selon les données d'un récent sondage sociologique du Levada Center. Selon les experts, le changement dans l'opinion publique atteste du renforcement des valeurs familiales traditionnelles, rapporte Pravoslavie.ru.

» L'enquête nationale réalisée fin décembre 2017 a montré que la majorité des Russes (68%) condamnent les relations sexuelles extra-conjugales, alors que seulement 50% les condamnaient en 1998. Ce pourcentage de 2017 comprend 77% de femmes et 57% d'hommes. Les personnes interrogées qui désapprouvant les relations homosexuelles sont passés de 68 à 83% au cours de la même période, avec seulement 1% de différence entre les hommes et les femmes.

» En ce qui concerne le sondage sur l’avortement (jugé inacceptable par 35% des sondés contre 12% en 1998), le pourcentage des réponses est équivalent selon les situations économiques, y compris st dans le cas des familles à faible revenu. Les femmes ont adopté une position plus stricte, avec 37% condamnant l'avortement dans tous les cas, contre 31% des hommes. Aucune différence n'a été observée en ce qui concerne l'âge de la femme qui répond.

» Karina Pipia, sociologue du Centre Levada, a noté que les chiffres démontrent une tendance générale conservatrice dans la nation, bien que les répondants des petites villes et des villages soient plus fidèles à l'avortement en raison du faible revenu. Le président de la Société russe des obstétriciens-gynécologues, Vladimir Serov, a déclaré au journal Izvestia que les avortements ont diminué de 800% en Russie au cours des 25 dernières années, passant d'environ 5 millions à 600 000 chaque année.

» Cette évolution a été facilitée par un certain nombre de mesures, notamment le soutien économique de l'État aux familles, la création de centres de soutien aux femmes enceintes en difficulté, le développement de la contraception et le développement de l'éducation sur les dangers de l'avortement. Le directeur scientifique de l'Institut indépendant de la famille et de la démographie Igor Beloborodov considère que le changement d’opinion publique sur l’avortement est le résultat de la politique gouvernementale et du travail éducatif de l'Église orthodoxe russe.

» Alors qu'il y a eu une tendance positive à la diminution du nombre d'avortements, cet acte terrible reste légal en Russie, avec environ 2 000 enfants tués chaque jour. L'Église et diverses sociétés orthodoxes organisent régulièrement des manifestations pro-vie à Moscou et dans tout le pays. Le mouvement “Pour La Vie !” a organisé hier (11 janvier 2018) une cérémonie symbolique avec 2 000 bougies allumées durant une moleben dans une église de Moscou, pour symboliser les enfants perdus tous les jours du fait des avortements. En outre, plus d'un million de signatures ont été recueillies dans toute la Russie l'année dernière, appelant à une interdiction législative de l'avortement. »

Le commentaire que nous allons faire écarte absolument tout débat de fond sur les diverses questions qui sont abordées (avortement, homosexualité, concubinage, etc.). Ce qui nous intéresse, c’est la question des tendances profondes qu’illustrent ce sondage et les autres événements cités. Le fait que le site rapportant la chose d’une manière favorable soit chrétien orthodoxe n’est pas indifférent : le poids de l’Église chrétienne orthodoxe russe, autant que la politique familiale et sociétale du gouvernement depuis les premières années-Poutine, jouent un rôle considérable dans l’évolution constatée. Il n’empêche que cette évolution n’apparaît pas forcée, mais bien facilitée par ces politiques institutionnelles. A côté des agitations souvent très médiatisées, – et pour cause, – des minorités pro-occidentalistes toutes suspectes d’“intelligence avec l’ennemi”, il existe aujourd’hui en Russie un accord profond entre la population, sa direction politique et sa hiérarchie religieuse. Cet accord est une affirmation de type néo-conservateur, dans le vrai sens de l’expression exactement contraire au “neoconisme” US qui est un parfait usurpateur du sens des mots et des choses, – rien pour nous étonner, dans cela.

Par conséquent, il nous paraît peu indiqué de monter tel ou tel procès indigné sur ce parti-pris ici ou là, ni d’éditos vengeurs sur “ces populations rétrogrades”, ces “fachos-réacs’” et toute cette saltimbanquerie, – ce néologisme pour exprimer l’épuisement de nos âmes poétiques devant ce traquenard où tombent tant d’esprits aiguisés. Ce qui nous intéresse c’est l’essentiel, savoir les positions et les forces s’exerçant par rapport au Système, pour ou contre. Il faut laisser notre emportement affectiviste courant de croire à la centralité du débat sociétal pour admettre cette évidence que ce débat sociétal fait partie de la stratégie considérablement puissante du Système, et que c’est par conséquent en fonction de ce fait central (la stratégie du Système) et rien d’autre qu’il faut déterminer, affirmer et assurer sa position.

Dès lors, le constat est le suivant : la Russie est devenue, en profondeur d’elle-même et en cela retrouvant sa tradition, un centre de contre-culture face à la postmodernité et le Système. Il est évident que les autorités politiques et religieuses l’y poussent ; avec une direction politique qui est aussi radicale dans les domaines culturel et social, avec effet sur le sociétal, qu’elle est modérée dans le domaine économique par rapport par rapport à l’“offre” pressante du bloc-BAO d’adopter ses références-Système ; avec une hiérarchie religieuse extrêmement pugnace dans la défense des intérêts culturels russes dans le sens de la tradition... Les accusations de corruption que colportent régulièrement les porte-voix de la communication-Système contre ces directions n’ont pas d’effets de rupture dans la mesure où cette corruption, qu’elle apparaisse ou pas du point de vue vénal, ne touche pas le niveau psychologique. (En aucun cas, on ne peut en dire autant des élites-Système du bloc-BAO.)

(De même, les accusations d’“autoritarisme” qui fondent la stratégie antirussistes du bloc-BAO n’ont d’autres effets que de mettre en lumière la position d’agonie accélérée dans le désordre et le nihilisme du “modèle démocratique” du bloc-BAO et du Système. C’est dans ce contexte qu’il faut poser un jugement.)

Cette situation implique effectivement que la Russie constitue non plus un obstacle, mais un véritable “barrage culturel” contre la tentative permanente d’invasion de la culture-Système dont le programme implique l’équation déstructuration-dissolution-entropisation (dd&e). Du fait même de cet antagonisme, et quoi qu’on pense selon la moraline courante de façon parcellaire et cloisonnée de toutes ces positions et options, la situation générale russe est perçue comme s’opposant à la poussée dissolvante du Système et devient de ce fait, par simple logique antagoniste, complètement structurante pour la Russie elle-même. Cette perception du Système ne peut aller qu’en s’amplifiant parce qu’elle se nourrit à l’antirussisme qui lui-même se renforce de la perception qu’il induit : logique fermée parfaite.

Pour autant, il ne faut pas conclure que les Russes offrent un “contre-modèle” : leur contre-culture est uniquement défensive et d’ailleurs ne prétend à rien d’autre, ni ne peut prétendre à rien d’autre car c’est effectivement dans le mode défensif qu’elle est réellement efficace en mettant en évidence les outrances et les vices de l’adversaire. La Russie n’est pas en position d’offrir un “contre-modèle” parce qu’elle n’a pas les instruments pour le faire, ni encore moins la capacité conceptuelle. (Personne n’a d’ailleurs cette capacité conceptuelle ni “les instruments” pour l’opérationnaliser, bien entendu : nous sommes en attente de la chute du Système.) La Russie servant donc de “barrage culturel” a comme véritable fonction opérationnelle de faire s’épuiser le Système dans son hostilité à son encontre, et par conséquent d’accélérer son propre effondrement en cours. Tout cela trace une certaine situation d’équilibre pour la Russie dans laquelle Poutine occupe la place qui convient, – ce qui explique aussi bien sa popularité que les intentions de vote pour l’élection présidentielle (actuellement, 81,1% en faveur de Poutine).

http://euro-synergies.hautetfort.com/archive/2018/02/03/l...

03/02/2018

La guerre frauduleuse de l’OTAN au nom des femmes

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Par George Szamuely, chargé de recherches principal au Global Policy Institute de la London Metropolitan University 

Dans un récent article du Guardian intitulé « Why NATO Must Defend Women’s Rights » (Pourquoi l’OTAN doit défendre les droits des femmes), le secrétaire général de l’agence, Jens Stoltenberg, et la star de cinéma Angelina Jolie affirment que « l’OTAN a la responsabilité et l’occasion d’être un défenseur de premier plan des droits des femmes ». En outre, elle « peut devenir le chef de fil militaire mondial en matière de prévention et de réponse à la violence sexuelle lors des conflits ». Tous deux se sont engagés à identifier « les moyens par lesquels l’OTAN peut renforcer sa contribution à la protection et à la participation des femmes dans tous les aspects de la prévention et de la résolution des conflits ».

L’association d’un bureaucrate de l’OTAN et d’une actrice de cinéma célèbre pourrait paraître étrange à première vue. Cependant ce partenariat a nécessité beaucoup de temps. Il y a quelques années, l’OTAN, toujours à la recherche d’une raison pour justifier son existence, sans parler de son expansion constante, a trouvé une nouvelle raison d’être : elle serait la championne mondiale des femmes. « Réaliser l’égalité entre les genres est notre tâche collective. Et l’OTAN fait sa part » a déclaré Mari Skåre, la représentante spéciale pour les femmes, la paix et la sécurité de l’OTAN, en 2013. En mars 2016, lors de la Journée internationale pour les droits des femmes, l’OTAN a organisé une conférence dite « Barbershop Conference » sur l’égalité des genres. Stoltenberg a saisi l’occasion pour déclarer que l’égalité des sexes était une question terriblement importante pour l’OTAN, parce que « l’OTAN est une organisation basée sur des valeurs et aucune des valeur fondamentales de l’Alliance – libertés individuelles, démocratie, droits et l’homme et primauté du droit – ne fonctionne sans égalité ». La diversité est une source de force. « Nous avons appris en Afghanistan et dans les Balkans qu’en intégrant la question du genre dans nos opérations, nous faisons une différence tangible dans la vie des femmes et des enfants » a expliqué Stoltenberg. Il a souligné que l’OTAN est fière de son bilan en matière d’intégration dans son travail des perspectives de genre. En novembre dernier, Stoltenberg a remis ça : « L’autonomisation des femmes n’est pas seulement la bonne chose à faire, c’est la chose intelligente à faire : cela rend les pays plus sûrs et plus stables. L’OTAN est déterminée à faire une différence. »

L’OTAN a en effet fait une différence mais pas en autonomisant les femmes. Lorsqu’elle n’est pas occupée à bombarder, à tuer, à faire sauter des ponts et des bâtiments, à détruire des réceptions de mariage, à dynamiser des djihadistes, à provoquer des flots de réfugiés et à ruiner les vies d’innombrables femmes, l’OTAN organise des points de presse onctueux, des conférences d’auto-satisfaction et publie des articles comme celui de Stoltenberg / Jolie, cherchant à présenter une coalition militaire gargantuesque de 29 pays comme une organisation caritative d’aide aux nécessiteux.

C’est là qu’Angelina Jolie entre en scène. Jolie est une ambassadrice de bonne volonté du Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR) et, à ce titre, elle parcourt le monde pour reprocher à la « communauté internationale » de ne pas faire assez pour résoudre les crises humanitaires. Son point de vue sur ces crises est systématiquement le même que celui de l’OTAN. « Il est important que nous intervenions en temps opportun » a-t-elle expliqué un jour, « diplomatiquement si nous le pouvons, par la force si nous le devons ». En octobre 2011, après sept mois de bombardements incessants, Jolie s’est précipitée en Libye et a salué avec enthousiasme la « révolution » libyenne.

« Je suis ici […] au nom du peuple libyen pour lui témoigner ma solidarité. Je pense que c’est une révolution au nom des droits de l’homme, je pense que c’est ce que ces gens ont vraiment fait et ce qu’ils ont réclamé, et il faut les aider à mettre en œuvre ces nouvelles lois et à assurer l’avenir de leur pays. »

Parfois, c’est un enthousiasme à couper le souffle pour la « révolution » parfois c’est un plaidoyer larmoyant pour une « intervention humanitaire » – Angelina Jolie est tout sauf cohérente dans sa défense de l’usage occidental de la force. À propos de la Syrie, Jolie a déclaré qu’ « une certaine forme d’intervention est absolument nécessaire ». Elle s’est moquée des membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU qui s’opposaient à une intervention. « Je suis convaincue que le recours au droit de véto, lorsque vous avez des intérêts financiers dans le pays, devrait être remis en question et qu’un véto contre une intervention humanitaire devrait être remis en question » a-t-elle déclaré dans une interview. Jolie ne faisait bien sûr que reprendre les paroles violentes de l’administration Obama. Rappelez-vous la tirade de Susan Rice après le veto de la Russie et de la Chine contre une résolution de février 2012 du Conseil de sécurité appelant Bachar al-Assad à se démettre et l’armée syrienne à rentrer dans ses casernes. Rice, alors représentante permanente pour les États-Unis à l’ONU, a qualifié les vétos de « dégoûtants et honteux ». Les pays « qui ont potentiellement bloqué le dernier effort pour résoudre ce problème pacifiquement […] auront du sang sur les mains ».

Ce genre d’attaque contre les membres du Conseil de sécurité qui recourent au droit de véto est devenu un incontournable de tous ceux qui prônent l’intervention humanitaire. Par exemple, l’ancien président français François Hollande a déclaré à l’Assemblée générale de l’ONU en septembre 2013 que lorsque des atrocités massives ont lieu, les membres permanents du Conseil de sécurité devraient renoncer à leur droit de véto :

« Les Nations unies ont la responsabilité d’agir. Et chaque fois que notre organisation se révèle impuissante, c’est la paix qui en paie le prix. C’est pourquoi je propose que les membres permanents du Conseil de sécurité définissent un code de bonne conduite et que dans l’éventualité d’un crime de masse, ils puissent décider collectivement de renoncer à leur droit de veto. »

Agir, bien sûr, c’est agir militairement. Cela ne signifie jamais, par exemple, la levée des sanctions afin que la nourriture, le pétrole, les fournitures médicales puissent passer. Au contraire, si une action militaire est écartée, les humanitaires demandent immédiatement un durcissement des sanctions. Les interventionnistes comme Hollande, Rice et autres n’expliquent jamais pourquoi il faut que les membres permanents de l’ONU renoncent à leur droit de véto si la bonne ligne d’action est si évidente. L’hypothèse non énoncée est que toute réticence à sanctionner l’usage de la force ne peut être motivée que par des fautes morales comme la cupidité, l’égoïsme, l’ambition politique ou le manque de compassion.

L’insensibilité de la soi-disant communauté internationale était le message du film qu’Angelina Jolie a écrit et réalisé sur la guerre de 1992-1995 en Bosnie, Au pays du sang et du miel. Le film, dit-elle, « pointe du doigt la communauté internationale, qui aurait dû intervenir beaucoup plus tôt dans la guerre de Bosnie ». Elle s’enorgueillit que Richard Holbrooke et Wesley Clark aient fait partie des experts qu’elle a consultés pour faire le film, deux personnalités qui ont joué des rôles importants dans la dévastation de la Bosnie et du Kosovo. Le film, comme on peut s’y attendre, met en scène de méchants Serbes persécutant d’innocents musulmans. À la question de savoir si son film aurait pu être un petit peu plus équilibré, Jolie a répondu : « Le fait est que la guerre n’était pas équilibrée. Je ne pouvais pas réaliser un film où c’est 50–50. C’est inexact par rapport à ce qui s’est passé. » C’est des trucs standards de l’OTAN, en particulier la partie concernant l’intervention militaire de cette dernière, qui aurait finalement amené la paix en Bosnie.

Jolie est utile à l’OTAN non seulement parce qu’on peut compter sur elle pour faire écho aux justifications de l’Alliance pour sa solution favorite à tout problème, à savoir la menace de recourir à la force. Jolie est le visage glamour de la nouvelle campagne de l’OTAN. Celle-ci voudrait nous faire croire qu’il ne s’agit pas seulement d’éclairer les sociétés arriérées mais nous aussi, citoyens des États-membres, en nous informant sur quelque chose dont nous n’avions apparemment pas conscience jusque là : les violences sexuelles se produisent en temps de guerre. Le remède évident – faire tout ce qui est possible pour éviter la guerre – n’est pas celui que l’OTAN ou Jolie privilégient. On ne peut pas vraiment s’attendre à ce que l’OTAN prône elle-même sa disparition. La langue de l’OTAN, c’est menacer et défendre l’action militaire tout en déplorant en termes larmoyants ses conséquences prévisibles, à savoir les crimes de guerre, y compris les crimes sexuels.

En avril 2014, Jolie a arpenté les Balkans avec le ministre britannique des Affaires étrangères William Hague, visitant le mémorial de Srebrenica à Potocari en Bosnie. Au cours de sa visite, Jolie a déclaré « Le recours au viol comme arme de guerre est un des crimes les plus cruels et les plus brutaux contre les civils. C’est du viol si brutal, avec une violence si extrême, qu’il est même difficile d’en parler. » Hague et Jolie ont lancé une campagne commune sous le titre de « Prévenir la violence sexuelle en situation de conflit » dont le but était de « lutter contre la culture de l’impunité, veiller à ce que davantage d’auteurs soient traînés en justice et garantir un meilleur soutien au survivants. Nous faisons campagne pour alerter l’opinion publique, mobiliser une action mondiale, promouvoir la cohérence internationale et accroître la volonté et la capacité des États à faire plus. »

Hague a expliqué sérieusement : « J’ai commencé cette campagne avec Angelina Jolie parce que la politique ne doit pas se limiter à traiter des crises urgentes – elle doit aussi améliorer la condition humaine. » Puis Hague s’est échauffé sur son thème : « Des dizaines de milliers de femmes, de fillettes et d’hommes ont été violés pendant la guerre en Bosnie. Nous sommes venus ici pour attirer l’attention du monde sur leur quête de justice et pour appeler à une action mondiale pour mettre fin une fois pour toutes à l’utilisation du viol comme arme de guerre. » Dans une interview à la BBC, Hague a affirmé que les violences sexuelles dans les conflits étaient « l’un des grands crimes de masse du XXe et du XXIe siècle (…) Cela devient de pire en pire – le viol en zone de guerre, utilisé systématiquement et délibérément contre les populations civiles ».

Hague était bien sûr ministre britannique des Affaires étrangères pendant les bombardements de l’OTAN en 2011 sur la Libye. Inutile de dire que l’OTAN n’a rien fait pour aider les femmes en Libye. Au contraire : des milliers de femmes ont perdu la vie en raison des bombes humanitaires de l’OTAN et de Hague. L’OTAN a détruit le gouvernement, la loi et l’ordre public, les institutions qui, avant son intervention, avaient protégé les femmes libyennes des crimes sexuels. Le plus frappant, l’OTAN a aidé à remettre peut-être des millions de femmes dans les mains d’ISIS. Voici un compte-rendu du record du gouvernement d’ISIS en Libye établi par Human Rights Watch (un organisme pro-interventionniste fiable) dans son rapport de 2017 sur la Libye : « Au cours du premier semestre de 2016, des combattants loyaux à ISIS contrôlaient la ville côtière centrale de Syrte et soumettaient les résidents à une interprétation rigide de la Charia qui incluait des flagellations publiques, l’amputation de membres et des lynchages publics, laissant souvent les corps des victimes exposés. »

Ne vous faites pas de souci : en juin 2014, Hague et Jolie ont co-organisé à Londres un grand Sommet mondial de trois jours pour mettre fin à la violence sexuelle. Parmi les participants, le secrétaire d’État américain John Kerry et le Secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon. Selon un rapport, le sommet a coûté £5.2 millions pour accueillir les hôtes. La facture des repas seule s’est élevée à plus de £299 000, tandis que les dépenses totales en taxis, hôtels et transport ont atteint £576 000. Jolie a déclaré :

« Nous devons briser cette culture de l’impunité et faire de la justice la norme, et non l’exception, pour ces crimes. Nous avons besoin de volonté politique, reproduite dans le monde entier, et nous devons traiter ce sujet en priorité. Nous avons besoin de voir un véritable engagement et de nous attaquer aux pires auteurs, de financer une protection adéquate pour les personnes vulnérables et d’intervenir pour aider les pays les plus touchés. Nous avons besoin que toutes les armées, les troupes de maintien de la paix et les forces de police reçoivent une formation sur la prévention de la violence sexuelle dans les conflits. »

Punir les auteurs de violences sexuelles semble assez louable. Le problème est que le bilan de l’OTAN en matière d’accusations incendiaires et d’échec à les étayer par des preuves sérieuses n’inspire pas vraiment confiance. Pendant la guerre de Bosnie, par exemple, les médias ont rapporté de manière obsessionnelle l’utilisation du viol comme instrument de guerre. En 1992, la délégation parlementaire européenne de Mme Ann Waburton a estimé que 20 000 viols avaient déjà eu lieu en Bosnie. En janvier 1993, Newsweek a publié une long article de couverture accusant les Serbes du viol de plus de 50 000 femmes, pour la plupart musulmanes, dans le cadre de « programmes délibérés visant à imposer aux femmes musulmans des bébés serbes non désirés ».

Des enquêtes systématiques sur le sujet ont cependant fourni des résultats insuffisamment spectaculaires pour les intégrer à l’article. Le 29 janvier 1994, le secrétaire général de l’ONU a publié un rapport sur les viols en ex-Yougoslavie, y compris en Bosnie et en Croatie, basé sur une étude de la Commission d’experts des Nations unies. Le rapport a trouvé « 126 victimes, 113 incidents, 252 auteurs présumés, 73 témoins ». Le rapport indiquait également que « certains cas de viol » étaient « à l’évidence le résultat d’un comportement individuel ou en petit groupe, sans preuve de responsabilité du commandement. D’autres pourraient faire partie d’un schéma général. En raison de la diversité des facteurs, un tel schéma peut mener à la conclusion qu’il existait une politique de viol systématique, mais cela reste à prouver ».

Les allégations de viols de masse étaient une composante essentielle de la campagne de propagande de l’OTAN pendant le bombardement de la Yougoslavie en 1999. Le ministre britannique des Affaires étrangères Robin Cook a régalé le public avec des contes sordides de Serbes forçant les femmes « à subir des ‘viols systématiques’ dans un camp militaire de Djakovica. » Clare Short, ministre britannique du Développement international, ajoutait que les viols étaient « délibérément commis devant les enfants, les pères et les frères ». Le ministère britannique des Affaires étrangères a poursuivi en prétendant avoir découvert encore trois autres camps de viol : « Des réfugiés ont rapporté des viols orchestrés à Globocica, Urosevac et entre le Kosovo et l’Albanie. » Ensuite, lorsqu’il fut trop tard pour s’en préoccuper, les médias, penauds, ont admis que les histoires de camps de viol, comme la plupart des allégations de l’OTAN, étaient des mensonges. Le Washington Post a rapporté que « les accusations occidentales selon lesquelles il y avait des camps de viol gérés par les Serbes dans les villes de Djakovica and Pec, et des allégations mal sourcées dans certaines publications selon lesquelles les Serbes s’adonnaient à la mutilation des vivants et des morts – y compris la castration et la décapitation – se sont toutes avérées fausses ». Même Fred Abrahams, de Human Rights Watch, qui avait travaillé comme enquêteur pour le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie, a admisdans son témoignage qu’il n’avait trouvé aucune preuve à l’appui des accusations incendiaires de camps de viol.

Pourtant, l’OTAN n’a pas hésité. Au cours de sa campagne suivante, celle dirigée contre la Libye, les histoires de viol ont fait leur apparition quelques jours après le lancement des premières bombes. Susan Rice, la représentante permanente des États-Unis à l’ONU, a informé le Conseil de sécurité que le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi délivrait du Viagra à ses soldats afin de les aider à commettre des viols de masse. Même si Rice n’a présenté aucune preuve à l’appui de ses affirmations, son accusation a été suffisante pour que le procureur du Tribunal pénal international, Luis Moreno-Ocampo, annonce qu’il disposait d’« informations confirmant que c’était la politique libyenne de violer ceux qui s’opposent au gouvernement. Le viol est un nouvel aspect de la répression ». Moreno-Ocampo a même accepté comme confirmée l’histoire du Viagra de Rice : « Nous trouvons certains éléments confirmant cette question de l’acquisition de médicaments de type Viagra comme outil politique. Ils ont acheté des conteneurs avec des produits pour augmenter la possibilité de violer et nous recevons des informations détaillées confirmant cette politique. »

Au bout du compte, comme on pouvait s’y attendre, il s’est avéré que les allégations de viol de l’OTAN étaient totalement inventées. Donatella Rovera, conseillère principale pour les réponses aux crises à Amnesty International, a rapporté que l’organisation « n’avait trouvé aucune preuve ni une seule victime de viol, ni un médecin qui connaissait quelqu’un ayant été violé ». Rovera a également rejeté l’histoire du Viagra. Elle a déclaré que « des rebelles en relation avec les médias étrangers à Benghazi avaient commencé à montrer aux journalistes des paquets de Viagra, affirmant qu’ils venaient de chars incendiés, même si la raison pour laquelle ces paquets n’ont pas brûlé n’est pas claire ».

Bien qu’une allégation après l’autre se soit révélée fausse, l’OTAN continuera à les émettre, s’emparant de tout ce qui fait la question brûlante du moment. L’OTAN ne fait rien pour les femmes et ne fait rien pour mettre fin aux crimes sexuels, que ce soit dans ses États-membres ou ailleurs dans le monde. Ce que l’OTAN fait bien, grâce à son mécanisme sophistiqué  de relations publiques alimenté par plusieurs millions de dollars, est de s’emparer de problèmes hautement émotionnels comme le viol et de les transformer en justifications pour obtenir des budgets plus élevés, davantage d’armes, plus de déploiements dans un plus grand nombre de pays et, à la fin, une action militaire.

George Szamuely 11/01/2018

Article original en anglais : NATO’s Fraudulent War on Behalf of Women, publié le 11 janvier 2018. Traduit par Diane, vérifié par Wayan, relu par Cat pour le Saker francophone. La source originale de cet article est Mondialisation.caCopyright © George Szamuely, Mondialisation.ca, 2018.

https://www.polemia.com/la-guerre-frauduleuse-de-lotan-au...

02/02/2018

Géopôles avec Jean Messiha (FN) : Le Tiers-Monde à la conquête de l’Europe ?

01/02/2018

DJIHADISTES CONDAMNÉS À MORT : VAE VICTIS !

Le gouvernement a tenu des propos sensés à propos des islamistes « français » arrêtés en Syrie et en Irak, ce qui lui a valu une avalanche de critiques de la part de tout ce que la bien-pensance compte de consciences éclairées. C’est sans doute pour se racheter auprès de ceux-là que le ministre de la Justice, une dame Belloubet, a fait part à BFM TV d’une ferme résolution : si des djihadistes français devaient être condamnés à mort, l’État français interviendrait. Ou l’art de dire des énormités.

Quoi qu’en pense cette dame, ces gens ne sont pas français. Leur nationalité théorique ne change rien à l’affaire. Qu’on les laisse donc réfléchir à la question. Mais encore, méritent-ils la moindre commisération de la part d’un pays qu’ils ont renié ? Ces combattants d’Allah ont beau exprimer – pour certains – des regrets de circonstance, ils n’en demeurent pas moins des ennemis qui ont décidé, un jour, de prendre les armes aux côtés d’un groupe terroriste et criminel international. Un peu comme on devenait pirate au XVIIIe siècle, et qu’on attaquait les navires de son pays d’origine. Lorsqu’on prend les armes contre son pays – rappelons que la France était engagée en Irak et que nos aviateurs s’en sont donné à cœur joie -, on ne peut pas réclamer l’assistance de ce même pays une fois vaincu. Vae victis !

La guerre n’est pas un jeu vidéo. Dans ce conflit sont tombés des hommes de chair et de sang. Ils ont souffert dans leur corps et dans leur âme. Ils ont combattu l’hydre islamiste. Ils ont donné leur vie, et avec la leur, trop souvent, celle de leurs familles. Les ressortissants français qui les ont aidés n’ignoraient rien de ce qui se passait là-bas. Soit authentiques musulmans fanatiques, soit petites racailles en quête d’aventure au désert, ils assument leurs actes, un point c’est tout. Et, si l’on nous permet un propos que désavouerait un ministre, nous en débarrasser est une excellente chose.

Alors, pourquoi cette déclaration ? La France étant la patrie des droits de l’homme (c’est bien connu), elle doit faire honneur à sa réputation de lutte sans relâche contre la peine de mort. Sortez les violons. Le ministre n’échappe pas à la règle. Mais son propos est tout bonnement absurde, et pourrait bien ridiculiser son auteur. Voici un pays, la Syrie, avec lequel nous avons rompu toute relation diplomatique. Pour rester fidèle à notre suzerain américain, nous avons renié les liens millénaires qui nous unissaient au Levant. Au sein de ce pays, dont le régime de Macron insulte quotidiennement le président légitime, la zone kurde a fait sécession de fait et n’applique pas la peine de mort. Qui ira donc, en Syrie, discuter et négocier du sort de quelques terroristes justement condamnés, et avec qui ?

En Irak, sous influence américaine, la situation n’est guère plus simple. Notre influence y est nulle, et les Irakiens ont sans doute autre chose à faire que d’écouter un obscur chargé d’affaires français qui plaiderait la cause d’un ou deux criminels promis à la potence à cause de leurs actes. Ce raisonnement est celui d’une puissance coloniale qui croit encore pouvoir agir au Moyen-Orient comme elle le ferait envers un tyranneau africain dont elle soutient le trône vacillant. Il ne fonctionnera pas, parce que les gouvernants locaux ne savent même plus où est la France. Elle s’est lamentablement effacée derrière l’Oncle Sam, lui-même éclipsé par la puissance russe dans la région.

Un peu de bon sens. Laissons ces misérables là où ils sont, là où ils ont voulu aller. C’est la dure loi du vaincu.

http://www.bvoltaire.fr/djihadistes-condamnes-a-mort-vae-...

Poutine se moque des manœuvres US pour pousser la Russie à sortir de ses gonds: « Les chiens aboient et la caravane passe… »

A propos d’une liste publiée par les services américains qui menaceraient de nouvelles sanctions plus de 100 hautes nouvelles personnalités russes de l’Industrie et du gouvernement, dont le Premier ministre Medvedev ou le ministre des Affaires étrangères Sergeï Lavrov, Vladimir Poutine a ironisé:« les chiens aboient et la caravane passe », avant de rappeler à ses interlocuteurs que la politique de la Russie se fait en Russie et non à Washington ou à Londres. Et que c’est en restant ferme sur ses objectifs que la Russie poursuivra sa progression, non en s’occupant des gesticulations des uns ou des autres.

Vers la guerre ?

Les États-unis avec leurs gros godillots font tout ce qui est en eux pour pousser le Président Poutine à céder à la colère et à rompre les relations avec l’Occident. Il semble que les barbouzes US persistent à se tromper de siècle. Nostalgie quand tu nous tiens! En effet, ce serait pain béni pour les USA que la Russie s’entoure d’un mur et s’isole d’elle-même du reste du monde comme durant l’ère soviétique. Quelle superbe épée de Damoclès ce serait alors à suspendre au-dessus des nations d’Europe pour les garder tremblantes sous le joug des Oligarques de la Haute Banque! La Russie étant la méchante et les USA les Bons, comme dans les westerns. Mais à Moscou on n’est pas à Hollywood et l’URSS est morte et bien morte avec le XXème siècle; la Russie s’est libérée de ses persécuteurs communistes et n’est plus dirigée par des gérontes qui se regardent, tremblants, en chiens de faïence, sans voir au-delà. Il serait temps que les yankees au service de l’Oligarchie se rendent compte que depuis le XXIème siècle ils ont affaire à Vladimir Poutine et à son équipe qui sont tous de fin joueurs d’échec. Et pour arriver à déstabiliser un joueur d’échec, il faut au moins quitter ses gros godillots …

Voir aussi: Vladimir Poutine s’immerge trois fois dans un lac glacé pour célébrer le baptême du Christ

http://www.medias-presse.info/poutine-se-moque-des-manoeu...

06:38 Écrit par pat dans géopolitique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | | |

31/01/2018

L’Europe de l’Est écrit l’histoire, par Ivan Rioufol

Le petit monde fortuné de Davos, qui s’est donné rendez-vous pour l’année prochaine avec la certitude d’être au cœur de l’histoire, ferait bien de descendre sur terre. Le “populisme”, que les puissants s’honorent de dénoncer, est une marée qui monte plus inexorablement que les actuelles inondations. Dimanche, les Tchèques ont réélu leur “Trump européen” en la personne de Milos Zeman. Il a fait de la lutte contre l’immigration son principal combat. Comme le rappelle Le Figaro de ce lundi, Zeman qualifie l’afflux de migrants en Europe “d’invasion organisée” et de “bouillon de culture” propice à des attaques terroristes. Les gens, visiblement, comprennent ce qu’il dit. Il suffit par exemple de constater l’état de la Suède, qui s’est ouverte depuis longtemps à un multiculturalisme qui se voulait exemplaire, pour convenir des désastres produits par l’arrivée massive de cultures différentes : le pays est en proie à une insécurité inédite (Le Figaro, samedi). 40% des policiers suédois sont exposés à des violences ou à des menaces. Les viols explosent. Un quart de la population affirme être affecté dans sa qualité de vie. Bref les odes à la mondialisation, repris ces derniers jours au Forum économique de Davos, ne font rêver qu’une caste de privilégiés. Ceux-ci voient en Emmanuel Macron son enfant prodige. “France is back !”, a d’ailleurs lancé le président français devant une assemblée conquise. En réalité, ni Macron ni ses dévots ne voient rien des mouvements tectoniques qui sont en train de bouleverser les équilibres européens.

L’histoire s’écrit à l’Est. Elle s’élabore loin des médias, dans ces pays détestés par la caste mondialiste, par l’Union européenne et par le chef de l’Etat français. Dernièrement, Macron n’a pas ménagé ses attaques contre la Pologne. Elle sait pourtant de quoi elle parle, elle qui a combattu jadis l’invasion ottomane puis le totalitarisme communiste : des expériences qui laissent l’esprit en alerte devant les dangers futurs. Quand Trump est venu en juillet à Varsovie pour déclarer aux Polonais : “Vous êtes l’âme de l’Europe” (bloc-notes du 14 juillet 2017), les médias français ont négligé l’évènement. A tort. Comme le soutient le spécialiste Tony Corn dans la dernière livraison de la revue Le Débat, “Washington va s’investir massivement (politiquement, militairement et économiquement)” dans le club dit de L’initiative des trois mers (Baltique-Adriatique-Mer Noire), qui comprend douze pays membre de l’UE (les quatre pays du Visegrad plus l’Autriche, la Slovénie et la Croatie, ainsi que les trois pays baltes, la Roumanie et la Bulgarie). Selon Corn, “l’Amérique va promouvoir le rôle régional de la Pologne et de la Roumanie, deux pays qui sont considérés comme les alliés européens les plus fiables”. A Davos, l’assemblée huppée a applaudi mollement, vendredi, le président américain et ses manières de plouc. Ces économiquement snobs feraient pourtant bien de méditer le conseil de Trump, de ne “pas oublier les gens” et de “répondre aux voix des oubliés”. C’est le peuple qui fait l’histoire.

Ivan Rioufol

Texte daté du 29 janvier 2018 et repris du blog d’Ivan Rioufol

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