Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

17/08/2018

Premières leçons de la crise monétaire turque

6a00d8341c715453ef022ad3636cf3200c-320wi.jpgComme on ne peut pas grincher toujours, il a semblé préférable à l'auteur de ces chroniques, d'épargner aigreurs, récriminations et sarcasmes à leurs lecteurs. Au cours d'un long mois de sidération, remontant à la mi-juillet, les occasions n'ont pas manqué. On est les champions, Benalla est grand et mais Macron n'est pas son prophète, etc.

Les choses sérieuses se passent ailleurs.

Depuis le 10 août, l'effondrement de la livre turque s'est ainsi inscrit à l'ordre du jour de l'horizon international. Cela ne se manifeste pas seulement dans les agendas du Proche-Orient, des flux migratoires ou du sud-est européen. Depuis bien longtemps la réalité de ce pays, qui, d'ancien ennemi numéro 1 de l'Europe chrétienne au XVe siècle était devenu, un demi-millénaire plus tard, la première infanterie de l'Alliance atlantique sur notre continent, avait cessé d'alimenter la chronique des affrontements interbalkaniques pour jouer dans la cour des grands.

Par son armée, jusqu'à une date récente, mais désormais aussi par son économie, Ankara était devenue une des capitales qui comptent dans le monde. Depuis 2009, ce pays qu'on avait très longtemps considéré comme une des citadelles de la laïcité moderne en Orient, a fait le choix de postuler à un rôle conducteur du monde musulman sunnite, au point qu'il se murmure de plus en plus ouvertement que son président nourrit l'ambition d'en devenir le commandeur des croyants, à l'instar des anciens sultans califes de Constantinople.

La construction, véritablement révélatrice de la mégalomanie d'un homme, du palais présidentiel d'Ak Saray, inauguré en 2014 n’a fait que renforcer la crédibilité de cette impression. Au fil des élections et des référendums, au gré des intrigues et des plébiscites le pouvoir constitutionnel et pratique du président est devenu total pour ne pas dire totalitaire.

En dépit de certains traits spécifiques, tenant à l'époque et au pays considéré, on retrouve des ingrédients bien connus.

Or, à la grande surprise de l'auteur de ces lignes, tous les commentateurs agréés et, plus étonnant encore, tous les informateurs supposés évoque le sujet dans la plus complète des ignorances.

Un des thèmes récurrents des derniers jours consistait à décréter cause essentielle de l'effondrement de 40 % du cours de la livre turque sur le marché des changes depuis le début de l'année, 20 % dans la semaine écoulée l'affaire du pasteur Brunson dont la scandaleuse détention remonte à 2016 et, bien entendu l'augmentation des droits de douane sur l'acier et l'aluminium turcs annoncée par Donald Trump.

Mais pour qui prend-on le lecteur ? Rappelons simplement ici que les agences de notation avaient mis en garde contre la fragilité financière d'Ankara dès janvier 2017. Aucun complot, aucune machination, sinon la prestation autodestructrice d'Erdogan lui-même à Londres en mai. La presse parisienne, alimentée par l'AFP n'a perçu de son intervention à Chatham House le 14 mai que sa critique du déplacement de l'ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem, mais les investisseurs appeler à financer la Turquie ont compris, eux, qu'en bon islamiste Erdogan condamne le taux d’intérêt, qu’il rend responsable de l’inflation.

Faut-il s'étonner de leur réticence à lui prêter de l’argent ?

Faut-il y voir une sombre manigance de vils spéculateurs ?

Mais il nos faiseurs d'opinion et autres vaseux communicants trouvent tellement commode de tout mettre sur le débit du président des États-Unis et de miser sur le conformisme des médias et la sous-information du public.

On pardonnera à ceux qui se félicitent de ce que le pouvoir turc, la veille du 15 août, ait libéré, première concession depuis des mois, les deux soldats grecs détenus depuis mars, aussi illégalement que l'est encore le pasteur Brunson. Erdogan s'en servait dans l'espoir d'obtenir un échange avec les prétendus terroristes kurdes ou libéraux, réfugiés en Europe ou aux États-Unis… ceux-ci restant accusés sans aucune preuve du mystérieux coup d'État de juillet 2016…

N'ayant jamais douté ici de l'importance du sujet turc, on se propose donc de lui faire désormais une place plus appropriée. On ne cherchera plus à répondre à la question de la candidature de ce pays à l'Union européenne. Cette affaire doit être considérée comme largement dépassée. On se préoccupera plutôt de mieux informer au simple plan des faits, au regard de l'histoire comme de l'actualité. Et on se concentrera sur le danger de ce régime islamo-nationaliste, danger pour la chrétienté, danger pour l'Europe, danger pour le peuple turc lui-même.

JG Malliarakis

http://www.insolent.fr/

L’armée syrienne s’attaque à la dernière région tenue par les islamistes

1568078699.jpg

3034693255.pngPar Antoine de Lacoste

La région d’Idleb, située au nord-ouest de la Syrie, est la dernière tenue par les islamistes. Et ils y sont très nombreux.

En effet, cette région est devenue, au fil des redditions, le réceptacle de tous les islamistes vaincus refusant les accords de réconciliation et exigeant d’être conduits sous protection russe vers Idleb.

Les Syriens n’étaient pas très emballés par cette stratégie mais les Russes les ont convaincus que c’était le seul moyen de reconquérir progressivement le terrain perdu en limitant les pertes.

Mais maintenant que Deir es-Zor, la Ghouta, Hama et Deraa ont successivement été reconquises, il faut bien s’attaquer à Idleb.

Plusieurs dizaines de milliers de combattants islamistes y sont concentrés avec leurs familles pour la plupart. Toutes les tendances s’y retrouvent : les soi-disant modérés de l’ASL, des Frères musulmans, des salafistes, des Turqmènes, des cellules dormantes de Daech et, le gros morceau, Tahrir al-Cham, le nouveau nom d’al-Nosra. Au milieu de tout cela, l’armée turque, bien embarrassée par la tournure que prennent les évènements.

C’est peu dire que l’ordre n’a pas régné dans ce chaudron islamiste. Les règlements de compte y ont été permanents pour la plus grande joie des services secrets syriens qui y ont pris une part certaine. Les Turcs ont été également très actifs. Ils ont recruté et armé l’ASL espérant qu’elle prendrait le contrôle de la région ; ils l’ont aussi utilisée comme chair à canon contre les Kurdes, lors de la bataille d’Afrine en mars dernier. Ses combattants se sont d’ailleurs comportés avec une cruauté rare.

Mais malgré leurs efforts, c’est Tahrir al-Cham qui domine la situation. Les services secrets turcs ont alors changé de tactique et se sont fixés pour objectif de fusionner l’ASL avec l’ensemble des groupes islamistes. Ils ont fait assassiner les principaux responsables de Tharir al-Cham qui s’y opposaient et ont massivement armé l’ASL pour qu’elle devienne le fer de lance de cette fusion. L’objectif est évidemment de présenter un front uni contre l’armée syrienne et de dissuader celle-ci de lancer une grande offensive terrestre.

2730510869.gifMais que faire si les Syriens attaquent et ne se contentent plus de raids aériens ? Faire tirer sur les alliés des Russes est délicat, surtout si ceux-ci participent à l’offensive. C’est justement la grande inconnue et le comportement russe est observé à la loupe.Pour Lavrov, le Ministre des affaires étrangères, pas d’hésitation : « il est nécessaire de porter le coup fatal aux terroristes ». Mais pour Lavrentiev (photo), l’envoyé spécial russe en Syrie, « pas question d’une opération d’envergure pour l’instant. ». Il faut évidemment ménager la bonne entente avec le nouvel allié turc, surtout au moment où celui-ci est en froid avec les Etats-Unis.

Pour l’instant c’est l’aviation, y compris russe, qui travaille. Et plutôt bien : un important dépôt de munitions de Tahrir al-Cham a été visé avec succès, faisant des dizaines de tués parmi les islamistes.

Mais nous n’en sommes qu’au hors d’œuvre d’une opération pendant laquelle Poutine et Erdogan se parleront sûrement beaucoup.  

Retrouvez l'ensemble des chroniques syriennes d'Antoine de Lacoste dans notre catégorie Actualité Monde.

http://lafautearousseau.hautetfort.com/

16/08/2018

La Syrie et le retour de la Russie, de Randa Kassis

Parfaite francophone, Randa Kassis est une femme politique franco-syrienne, cultivée et compétente. Elle a été membre du Conseil national syrien, un organisme qui a été lancé en Turquie, en octobre 2011, pour coordonner les opérations contre Bachar el-Assad. Elle a été exclue de cette organisation, en août 2012, car elle dénonçait la montée en puissance des groupes islamiques en son sein. Elle a été, ensuite, coprésidente de la délégation de l’opposition laïque et démocratique syrienne aux pourparlers qui se sont tenus à Astana, la capitale du Kazakhstan. Elle préside, actuellement, la conférence de Sotchi, une réunion essentielle où le futur de son pays est en train de se jouer. Elle a co-écrit, en 2015, un livre sur le chaos Syrien en collaboration avec Alexandre del Valle, spécialiste de l’islamisme que les lecteurs de Boulevard Voltaire connaissent bien.

Mme Kassis est placée au cœur du chaos syrien et son analyse est précieuse. Elle explique les conséquences de l’intervention russe en Syrie : même si cette dernière a été limitée, elle a permis au pouvoir syrien de l’emporter sur les islamistes, d’autant plus que l’Iran et le Hezbollah ont fourni au président Assad des troupes aguerries. Mme Kassis fait, ensuite, le tour du Proche et du Moyen-Orient pour nous montrer les dessous des cartes. Elle nous parle, notamment, de la situation en Turquie et évoque la réconciliation de ce pays avec la Russie. Elle décrit les déboires de la monarchie saoudienne qui a multiplié les fronts militaires et s’enlise dans des conflits interminables. L’auteur évoque, aussi, le problème de l’islamisme dans les anciennes républiques soviétiques et en Tchétchénie et s’étonne que l’Occident, contrairement à la Russie, n’ait pas compris la nature de la rébellion syrienne et ait si longtemps soutenu des groupuscules islamiques qui vomissent pourtant les États-Unis et l’Europe.

Randa Kassis place beaucoup d’espoir en Vladimir Poutine, dans le processus d’Astana, dans les rencontres de Sotchi qui ont suivi et dans le travail que le groupe qu’elle préside a accompli. En principe, quand les islamistes seront vaincus et que la paix sera revenue en Syrie, on mettra en place une constitution démocratique ; le peuple de l’ancien mandat français décidera alors, par un vote libre, de son avenir. La Russie, en effet, ne soutient pas à tout prix Assad. Elle souhaite simplement qu’il aille jusqu’au bout de son mandat en 2021. Elle semble lui préférer le héros de la reconquête, le général alaouite Souheil al-Hassan. Mais Assad se laissera-t-il marginaliser et écarter du pouvoir ? Rien n’est moins sûr, surtout qu’il dispose du soutien de l’Iran et du Hezbollah. Néanmoins, que Mme Kassis, dont le livre prouve la hauteur de vue et la compétence, joue un rôle dans le gouvernement futur de la Syrie serait une bonne chose et ses lecteurs, que j’espère nombreux, ne peuvent que le souhaiter.

Christian de Moliner

http://www.bvoltaire.fr/la-syrie-et-le-retour-de-la-russi...

15/08/2018

Peut-on mondialiser la démocratie ?

thumb.jpeg

Eberhard Hamer ♦
Professeur d’économie.

Démocratie signifie souveraineté par le peuple lui-même, celui-ci élisant ses représentants pour une durée déterminée et pouvant lors des prochaines élections également les destituer – contrairement aux princes héréditaires «de droit divin», aux dictateurs ou aux commissions politiques nommées.

La démocratie directe avec ses initiatives populaires régulières et ses votations populaires à l’échelon national sur des questions politiques de fond n’existe actuellement qu’en Suisse. Toutes les autres démocraties sont des démocraties indirectes, dans lesquelles de la commune jusqu’au plus haut niveau de l’Etat, ce sont les partis qui organisent les majorités des électeurs – c’est-à-dire que le citoyen ne peut élire presque que des partis. Puis, les mandataires des partis élisent l’exécutif. Mais à qui ces mandataires politiques et les membres des exécutifs doivent-ils rendre compte?

Lire la suite

Nos entreprises ont plié bagage en Iran. Quid de l' « Europe puissance » ?

829058831.jpg

L'usine Peugeot de Khodro, près de Téhéran, en 2016. (Photo BEHROUZ MEHRI/AFP) 

C'est un fait que, nonobstant les ventes perdues, parfois considérables, la quasi-totalité des entreprises européennes, notamment celles du secteur automobile, aéronautique, et de l'énergie, mais pas seulement, ont plié bagage en Iran.

Elles ont obtempéré sans broncher. La double menace de rétorsions sur le marché américain et de pénalités financières étatsuniennes pour les transactions avec l'Iran simplement parce qu'elles se traitent en dollars, ont amplement suffi à contraindre les entreprises européennes à se retirer sans délai du marché iranien. Peugeot-Citroën renonce à 300 000 véhicules annuels, Airbus à des intentions de commandes de l’ordre de 100 avions, et ainsi de suite.

Qu'importe que la plupart des États signataires du traité sur le nucléaire iranien conclu sous Obama le proclament toujours en vigueur : après que Trump l'eut déchiré (mai 2018) et qu'il eut rétabli les sanctions qui frappaient l'Iran, ce traité s'est vidé de tout contenu. Les velléités de résistance européenne, un temps affirmées, parfois en termes bravaches, ont fait long feu. On a pensé à résister, on a envisagé de s'organiser pour cela. Puis, on a abandonné, calé, renoncé. Paroles verbales, volonté faible, réactivité nulle ! Résister était trop difficile, eût demandé trop d'efforts... Notamment des accords monétaires et financiers avec la Russie et sans-doute aussi avec la Chine. Les Européens n’en ont pas eu la volonté ni le courage. 

Il faut bien en tirer les conclusions. s'agissant de la prétendue « Europe puissance ».  

Qu'on le regrette ou non, et sans-doute faut-il le regretter, les faits sont là. Ceux qui ont dit, cru, professé que l'addition de 27 ou 28 économies nationales formant un marché unique de cinq cents millions de citoyens-consommateurs, constituaient ipso facto une puissance, et - pourquoi pas ? - la première du monde, ont été des naïfs, des incompétents ou des marchands d'illusions.  

Trump démontre qu'il n'y a de puissance économique et d'ailleurs aucune autre d'un type quelconque, notamment militaire, qu'adossée à une souveraineté. Trump incarne la nation américaine. Il décide souverainement en son nom. Mais il n'y a ni peuple, ni nation, ni État européens. En conséquence, il n'y a pas davantage d’ « Europe puissance ».

Il nous faut bien nous répéter : il n'est, même en matière économique, de réelle puissance que politique.   

Retrouvez l'ensemble des chroniques En deux mots en cliquant sur le lien suivant ... 

En deux mots, réflexion sur l'actualité

http://lafautearousseau.hautetfort.com/archive/2018/08/13...

14/08/2018

Querelle sur les transferts iraniens de liquidités: Washington fait pression sur l'Allemagne

DIR-fl.jpg

Washington : Le gouvernement américain accentue ses pressions sur l’Allemagne pour empêcher une somme de 300 millions d’euros en avoirs iraniens de quitter l’Allemagne. Il s’agit d’avoirs appartenant à la banque publique commerciale euro-iranienne qui sont entreposés actuellement dans les coffres de la banque fédérale allemande. Téhéran veut se préparer à faire face aux sanctions élargies que lui impose Washington ; or, comme le versement d’une telle somme n’est plus possible, à cause des conditions qui ont été modifiées, le gouvernement iranien s’efforce de faire rapatrier cet argent en liquidités. Washington veut empêcher cette opération.

Le gouvernement américain compte sur un refus allemand de procéder à ce transfert de liquidités et se réfère aux nouvelles conditions régissant les transactions commerciales internationales qu’a acceptées la banque fédérale allemande. « Nous serions reconnaissants à nos partenaires du gouvernement allemand, s’ils admettent la nécessité de contrer les activités destructrices de l’Iran », a déclaré l’ambassade des Etats-Unis.  La décision de la banque fédérale allemande de rendre ses règles plus sévères, « contrecarrera les efforts problématiques de l’Iran, de faire transférer par avion, au départ de l’Allemagne, des cargaisons entières de liquidités ».

Ces nouvelles conditions pour les transactions, qui entreront en vigueur le 25 août prochain, veulent que, pour des paiements en liquidités aussi importants, il faut donner des explications, notamment pour empêcher le financement du terrorisme. Si les explications ne s’avèrent pas suffisantes, la transaction pourra être refusée. Les Etats-Unis reprochent à l’Iran d’utiliser l’argent demandé pour financer des activités terroristes au Proche Orient.

L’Allemagne, une fois de plus, s’est placée entre plusieurs chaises, parce que Berlin, comme toutes les autres capitales des pays de l’UE, ne veulent pas davantage heurter l’Iran, au moment où les Etats-Unis lui infligent de nouvelles sanctions. Le refus du transfert demandé pourrait avoir des conséquences fâcheuses pour l’Allemagne et pour l’Europe dans son ensemble.

Ex : http://www.zuerst.de  

http://euro-synergies.hautetfort.com/archive/2018/08/09/q...

« Plutôt que de poursuivre Lafarge, il faudrait s’interroger sur la politique de la France en Syrie »

Entretien avec le spécialiste de la Syrie Fabrice Balanche (1/2)

Nouveaux équilibres confessionnels, avenir des provinces libérées de l’Etat islamique, affaire Lafarge : le géographe spécialiste de la Syrie Fabrice Balanche a répondu sans détours à nos questions. Entretien (1/2) 

Daoud Boughezala. Après le départ de millions d’exilés, quelle est la nouvelle carte ethno-confessionnelle de la Syrie ?

Fabrice Balanche. Les grands équilibres n’ont pas fondamentalement changé. Il y a deux ans, j’avais calculé que la part des Arabes sunnites, qui formaient 65% de la population en 2011, était passée à 60% parce qu’ils représentent l’essentiel des sept millions de réfugiés à l’étranger. Le poids relatif des alaouites a augmenté, passant de 10% à 14%, comme celui des druzes, de 3% à 5%. Par contre, plus de la moitié des chrétiens sont partis : ils représentaient 5% de la population avant la guerre, mais ils ne sont plus que 3-4% aujourd’hui.

Indépendamment des appartenances confessionnelles, l’adhésion au pouvoir baathiste de Bachar-Al-Assad est-elle renforcée ?

Aujourd’hui, le parti Baath n’exprime plus l’unité nationale et son idéologie est vraiment rejetée. Mais Bachar Al-Assad, en tant que président, a montré sa solidité en restant capitaine du bateau en pleine tempête, ce qui renforce ses soutiens. La population qui était hésitante, voyant les exactions des rebelles et l’absence d’alternative, s’est rapprochée du gouvernement syrien. Dans les zones tenues par le gouvernement, il y a un Etat, de la stabilité, des services sociaux et des services publics qui fonctionnent. J’étais au mois de janvier à Raqqa et Manbij. Tous les Syriens arabes m’ont dit : « On veut le retour de l’Etat, parce qu’on ne veut pas vivre dans une région séparatiste dominée par les Kurdes et les Américains, on veut la Syrie, quel que soit le président à la tête du pays ». Mais le fait de vivre dans un Etat dirigé par Assad ne les dérangeait pas.

Lire la suite sur Causeur

13/08/2018

Les hydrocarbures dopent les exportations mondiales

libye-pétrole-ei-300x200.jpg

Chaque pays du monde a sa spécialité : produits finis en Europe, matières premières ailleurs, et même transit de produits comme la Suisse, chaque pays a une spécialité en exportation. Cependantce qui s’exporte le plus dans le monde en nombre de pays, ce sont les hydrocarbures, produit-phare aussi bien aux Etats-Unis qu’en Russie.

HYDROCARBURES :

  • Pétrole brut : Albanie, Angola, Arabie Saoudite, Azerbaïdjan, Cameroun, Canada, Congo, Egypte, Emirats Arabes Unis, Equateur, Gabon, Guinée Equatoriale, Irak, Iran, Kazakhstan, Koweït, Libye, Nigeria, Oman, Russie, Soudan, Tchad, Timor oriental et Venezuela.
  • Pétrole raffiné : Bahreïn, Belarus, Bulgarie, Chypre, Croatie, Dominique, Etats-Unis, Grèce, Inde, Lettonie, Lituanie, Malte, Ile Maurice, Pays-Bas, Portugal, Sainte-Lucie, Suède et Togo.  
  • Gaz naturel : Algérie, Bolivie, Brunei, Myanmar, Norvège, Palestine, Qatar, Saint-Vincent & Grenadines, Trinidad & Tobago, Turkménistan et Yémen.

PRODUITS AGRICOLES :

  • Alcool :
  • Bananes :
  • Cacao : Côte d’Ivoire et Sao-Tome & Principe.
  • Café : Burundi, Ethiopie, Honduras et Ouganda.
  • Chèvres et moutons : Djibouti, Somalie.
  • Clous de girofles :
  • Eau : Fidji, Lesotho et Népal.
  • Epices :
  • Huile de colza : Soudan du sud.
  • Lait : Nouvelle-Zélande.
  • Noix de coco : Guinée Bissau.
  • Noix de muscade :
  • Poissons : Cap-Vert, Iles Cook, Groenland, Kiribati, Maldives, Micronésie, Norfolk, Palau, Seychelles et Vanuatu.
  • Raisin :
  • Soja : Brésil.
  • Farine de soja :
  • Sucre brut : Belize, Cuba et Swaziland.
  • Tabac brut :
  • Thé : Kenya et Sri Lanka.

INDUSTRIE DU TRANSPORT :

  • Automobiles : Allemagne, Belgique, Espagne, Hongrie, Japon, Luxembourg, Maroc, Mexique, Royaume-Uni, Serbie, Slovaquie, Slovénie et Tchéquie.
  • Avions, hélicoptères et fusées :
  • Bateaux : Antigua & Barbuda, Bahamas, Liberia, Iles Marshall, Panama et Saint-Christophe-et-Niévès.
  • Camions de livraison :
  • Pièces détachées de voitures : Pologne et Roumanie.
  • Sièges : Bosnie-Herzégovine.
  • Vedettes :

 INDUSTRIE DE L’ELECTRONIQUE :

  • Câbles électriques : Moldavie, Nicaragua, Samoa et Tunisie.
  • Circuits intégrés : Andorre, Corée du Sud, Malaisie, Philippines et Singapour.
  • Machines à laver : San Marin.
  • Matériel électronique : Taïwan
  • Matériel d’enregistrement : Vietnam.
  • Ordinateurs: Chine et Thaïlande.
  • Téléphones: Estonie.

INDUSTRIE ET MINES :

  • Aluminium: Islande, Jamaïque, Monténégro, Mozambique et Tadjikistan.
  • Bijoux: Liban.
  • Bois brut : Gambie et Iles Salomon.
  • Minerai de cuivre : Erythrée, Géorgie, Mongolie, Pérou.
  • Cuivre raffiné : Chili, Colombie, République Démocratique du Congo, et Zambie.
  • Diamants: Botswana, Israël, Namibie et Sierra Leone.
  • Electricité : Laos, Papouasie-Nouvelle-Guinée et Paraguay.
  • Minerai de fer: Australie et Mauritanie.
  • Fer : Ukraine.
  • Ferroalliages : Bhoutan.
  • Houille : Corée du Nord, Indonésie et Kirghizistan.
  • Métaux rares :
  • Nickel: Madagascar
  • Or : Afrique du Sud, Burkina Faso, République Dominicaine, Ghana, Guyana, Mali, Ouzbékistan, Sénégal, Suisse, Surinam, Tanzanie, Turquie et Zimbabwe.
  • Pâte à papier: Uruguay.
  • Phosphate : Nauru, Sahara Occidental.
  • Potasse: Jordanie.
  • Produits catalytiques : Macédoine du Nord.
  • Scories métalliques : Arménie.
  • Uranium: Niger.

INDUSTRIE TEXTILE :

  • Costumes : Bangladesh.
  • Coton brut : Bénin.
  • Linge de maison : Pakistan.
  • Papier couché : Finlande.
  • Tee-Shirts : Cambodge, Haïti, Salvador.

INDUSTRIE MEDICALE :

  • Instruments médicaux : Costa-Rica.
  • Médicaments : Autriche, Danemark, Irlande, Italie.

Hristo XIEP

http://www.medias-presse.info/les-hydrocarbures-dopent-le...

11/08/2018

L’armée américaine sous le choc face aux innovations technologiques russes en Syrie

Selon des publications récentes dans les médias orientés sur les renseignements américains et russes, la Russie a profité de son opération militaire en Syrie pour tester de nouvelles armes, notamment contre les forces américaines, et la guerre électronique russe s’avère si efficace que les analystes américains se démènent pour en tirer des leçons.

Dans son article paru dans le journal officiel du gouvernement russe, Rossiyskaya Gazeta, le journaliste Anton Valagin a recueilli auprès des médias américains les opinions d’officiers de l’armée américaine et d’experts américains sur le sujet.

« Dans le nord-est de la Syrie, nous sommes confrontés à une résistance sans précédent sur les communications radio, comme je n’en ai jamais vu nulle part ailleurs », a déclaré le colonel américain Brian Sullivan.

En particulier en Syrie, le colonel raconte que l’armée américaine a fait face à de « nouveaux défis » et s’est efforcée d’en faire une « bonne formation », faisant allusion aux capacités de l’équipement russe.

Cependant, les experts ne sont pas aussi optimistes. Il convient de noter que les moyens modernes de guerre électronique de la Russie sont puissants, mobiles et peuvent être installés dans des véhicules blindés et des avions pour attaquer des cibles situées à des centaines de kilomètres.

« Tout à coup, tous nos équipements s’arrêtent de fonctionner. Vous ne pouvez pas demander un appui-feu ou prévenir une attaque ennemie parce que vos radars sont bloqués et que vous ne voyez rien. Cela peut être plus dangereux qu’une arme conventionnelle, car il n’y a pas de protection contre cela », a déclaré le colonel américain Laurie Moe Buckhout, retraité, au magazine Foreign Policy .

Daniel Goure, expert en sécurité nationale au Lexington Institute, a ajouté que les systèmes de guerre électronique russes peuvent non seulement bloquer les canaux de communication mais aussi changer les données :  « Le fait est qu’ils sont vraiment capables de déformer l’image opérationnelle sur le champ de bataille, ce qui peut avoir des conséquences désastreuses », a-t-il averti.

Entre autres, la Russie utilise ses nouveaux systèmes de guerre électronique Leer-3, Krasukha et Moskva en Syrie. Le premier est capable de bloquer les réseaux cellulaires ou d’envoyer des SMS avec des ordres de reddition.

Krasukha étrangle les radars au sol, dans l’air et dans l’espace. Le système Moskva, à son tour, fonctionne passivement – alors qu’il reste invisible pour l’ennemi, il balaie les ondes en détectant le faisceau d’ondes émises par les avions, les missiles de croisière et même les munitions guidées. Les données recueillies sont transmises à d’autres systèmes de guerre électronique pour la suppression de la cible électronique.

https://www.fort-russ.com/2018/08/us-military-stunned-by-...

Traduction : Avic – Réseau International

10/08/2018

Viols et pédophilie de masse, projets meurtriers : l’immunité totale des Nations unies et de la Banque mondiale devant la Cour suprême américaine

Nations unies Banque mondiale immunité viols pédophilieLes organismes globalistes tels que les Nations unies ou la Banque mondiale en viennent à revendiquer une totale immunité face à toute loi nationale, étape cruciale dans l’établissement d’une dictature techno-financière planétaire. Déjà, des fonctionnaires de l’ONU et des éléments des « forces de maintien de la paix », soupçonnés de viols sur des dizaines de milliers de femmes ainsi que de pédophilie, plaident leur « immunité diplomatique ». Or de façon scandaleuse, dans un arrêt concernant la Banque mondiale dont les conséquences jurisprudentielles pourraient être considérables, un tribunal américain a jugé que ce type d’institution supranationale ne saurait être soumis à la loi nationale quel que soit le sujet, garantissant ainsi un niveau d’immunité qui va au-delà de celui accordé aux gouvernements et diplomates étrangers. Le gouvernement américain a formé un recours devant la Cour suprême, lui demandant d’inverser l’arrêt. Les juristes estiment que la décision des neuf juges, attendue pour octobre, sera d’une importance capitale.

Lire la suite sur RéinformationTV

Les USA mènent toujours la danse

trump dollar.jpg

La grande vertu de nos chers Romains est que dans le même temps qu’ils colonisaient les barbares, ils apportaient avec eux les bienfaits d’une civilisation brillante. La Gaule n’a eu qu’à y gagner, n’en déplaise aux admirateurs de Vercingétorix dont nous nous garderons bien de ternir la mémoire. Un Vercingétorix qui incarne bien les vertus des vaillants Gaulois : grande gueule et un tantinet bagarreur. Merci à Michelet d’avoir redonné ses lettres de noblesse à ce valeureux guerrier.

On ne saurait en dire autant des Etats-Unis, première puissance mondiale depuis 1945 et surtout puissance dominante. Sauf que cette Amérique n’apporte que des ennuis aux Européens que nous sommes. Et pas qu’à nous semble-t-il. Et ces ennuis ont un seul et unique nom : l’argent ou le dollar si vous préférez.

En dommage collatéral, dès les années 1950, est apparu le pire cancer social qui soit : la société de consommation. Qui va obliger les femmes à travailler, brisant du même coup la cellule familiale. Dans le même. temps, on s’est mis à produire des tas de trucs dont une société civilisée n’a nul besoin. Plus grave encore, on est passé d’une société ordonnée autour d’un destin commun à une société totalement individualisée (1).

Avec la chute du communisme en 1989, on est alors passé d’un capitalisme industriel à un capitalisme financier. Ce dernier, outre de tout réduire à des indices boursiers entend surtout nier l’existence de l’Etat-nation comme frein à son inexorable expansion économique.

L’émergence de la Russie, de l’Asie et de la Chine comme puissances économiques n’a, semble-t-il, guère écorné la domination de l’Amérique comme principal marché mondial. On vient une nouvelle fois d’en faire l’expérience avec l’embargo décidé par l’imprévisible Donald Trump sur l’Iran. Ce qui en clair signifie que tout pays ayant des avoirs aux Etats-Unis se verra soit taxé, soit interdit de commerce dans le pays.

L’Europe, qui commerce avec l’Iran, a bien tenté de négocier, rien n’y a fait. De leur côté, la Russie comme la Chine n’ont pas pris le risque de braver l’ogre américain.

Trump l’a rappelé dans l’un des tweets dont il a le secret, « quiconque fait des affaires avec l’Iran ne fera pas d’affaires avec les Etats-Unis ». Inutile de dire que les mastodontes que sont Siemens, Daimler, Airbus, Total, PSA, Renault ou Maerck ont illico fait marche arrière. Face à la brutalité américaine, l’UE n’est pas la seule à capituler : la Russie a beau inviter « la communauté internationale » à ne pas « accepter que des réussites importantes d’une diplomatie multilatérale soient sacrifiées par la volonté américaine de régler ses comptes avec l’Iran », elle plie devant Washington comme le montre le retrait d’Iran du russe Lukoil. Quant à la Chine, pas question pour elle de se voir privé de son principal marché à l’exportation. L’Amérique mène donc la danse. Comme disait Lénine : Que faire ?

 (1) En fait ce n’est pas tout à fait exact, car ce phénomène d’individualisation de la société a commencé après la guerre de 1914 et est lié aussi à l’émergence de la démocratie et du capitalisme, les deux étant intimement liés.

http://synthesenationale.hautetfort.com/

- RÉGLER LE PROBLÈME DE LA DETTE : LOI JANVIER 1973

Piero Avocat Du Diable (PADD) 01 - Nouvel Ordre Mondial

08/08/2018

En Afrique, tout est toujours à recommencer…

De Bernard Lugan :

"Alors qu’ils sont inscrits dans la longue durée, les conflits africains sont paradoxalement analysés à travers une trilogie idéologique étroitement contemporaine : « déficit de développement », absence de « bonne gouvernance » et manque de démocratie.

Prisonniers de ces trois concepts européocentrés, journalistes et « experts » sont incapables de prendre la véritable mesure des crises africaines. Emblématiques à cet égard, les exemples de l’Ituri et du Mali sont étudiés dans ce numéro de l’Afrique Réelle.

En Ituri, le 13 juillet 2018, l’ONU a dénoncé des « violences barbares » commises, entre autres, par les miliciens Lendu. Quinze ans après l’opération française Artemis (juin à septembre 2003), en dépit de la présence de plusieurs milliers de casques bleus, et après les procès devant la CPI de La Haye de chefs miliciens impliqués dans les massacres des années 2000, tout a donc recommencé…

Comment aurait-il d’ailleurs pu en être autrement quand les tueries inter-ethniques y sont d’abord la reprise de mouvements précoloniaux ? La lutte pour les richesses naturelles n’est en effet pas la cause des actuels massacres, mais un facteur aggravant se surimposant à la longue durée historique régionale.

Voilà donc pourquoi aucun intervenant extérieur ne pourra régler la question de l’Ituri puisque c'est celle des relations séculaires entre les Lendu, les Héma, les Alur et les Bira. Voilà également pourquoi le « remède » électoral y sera sans effet.

Au Mali, les jihadistes ont perdu leurs sanctuaires sous les coups de boutoir de l’armée française. Contraints de réduire leurs capacités d’action, pourchassés nuit et jour et incapables de lancer des opérations coordonnées d’ampleur notable, il ne leur reste plus que le terrorisme. Ayant échoué à constituer un califat régional, eux qui voulaient dépasser les ethnies, sont tout au contraire contraints d’enraciner leur survie sur elles. Mais, ce faisant, ils ont réveillé les chaînes de solidarités et d’inimitiés séculaires dont ils se trouvent désormais prisonniers…

A supposer que les jihadistes soient définitivement éliminés, aucune paix durable ne sera pour autant instaurée au Mali puisque le problème de fond, celui de l’incompatibilité nord-sud, n’y sera pas réglé. Tous semblent avoir oublié qu’en 2012, c’est en effet sur la permanence de l’irrédentisme touareg que s’est opportunément greffé l’islamo-jihadisme.

En Ituri comme au Mali et en bien d’autres parties de l’Afrique, les interventions étrangères sont sans issue. Parce qu'elles ne sont pas en mesure de régler la question de la cohabitation de populations que tout sépare  et qui sont condamnées à vivre ensemble dans des Etats artificiels. Elles peuvent donc éteindre des incendies, mais, comme elles sont incapables de s'attaquer à leurs causes, tout est donc toujours à recommencer..."

Michel Janva

http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/web.html

Turquie. La victoire d’Erdogan et le profil bas de l’Europe

erdogan-turquie-michel-llhomme-588x330.jpg

Par Michel Lhomme, philosophe, politologue  

L’islamiste Recep Tayyip Erdogan continuera donc à diriger la République de Turquie. Cela a été décidé par 53 % des électeurs, qui sont allés voter lors d’élections anticipées mais décisives puisqu’elles étaient à la fois présidentielles et législatives. C’était tout de même la sixième fois en cinq ans que les Turcs se rendaient aux urnes.

Cependant, cette fois, l’enregistrement de la participation (92 %) fut l’un des plus élevés de l’histoire du pays, manifestant clairement que les Turcs veulent être gouvernés et pas par n’importe qui, par Erdogan même si la censure de la presse, l’arrestation et l’intimidation contre de nombreux opposants au quotidien y sont aussi pour quelque chose. Ces élections à répétition ont aussi du bon puisque de nouveaux visages politiques sont apparus comme celui du nationaliste Meral Aksener. Pour sa part, le chef du parti gauchiste et pro-kurde, Selahatin Demirtas, a dû faire campagne derrière les barreaux, alors que le candidat kémaliste du vieux Parti populaire républicain, Muharrem İnce est devenu le nouveau visage de l’espoir des laïcs et des progressistes du pays devenant même le principal adversaire de l’islamiste Erdogan.

Cependant, il faut bien reconnâitre l’exploit d’Erdogan car ni l’état d’urgence, qui a suivi le coup d’État raté de 2016, ni la crise pour ne pas dire la débâcle économique que traverse le pays – la livre turque a perdu en une année 20% de sa valeur par rapport à l’euro, les prix ont augmenté de 11% en avril ! – n’ont réussi à arrêter le candidat conservateur et nationaliste du Parti Justice et Développement, en coalition avec le Parti d’action nationaliste. Ils ont obtenu tous deux le contrôle du Parlement avec 348 députés sur un total de 600 sièges. Avec un tel soutien et sans même avoir besoin d’un second tour, Erdogan et son exécutif se dirigent vers un exercice totalitaire du pouvoir.

Mais qui est donc Erdogan ?

Un garçon qui vendait des beignets salés dans le quartier modeste de Kasimpasa d’Istanbul nous raconte-t-on, un adolescent qui aspirait à retrouver les racines islamiques et ottomanes de son pays et qui dirige le pays depuis 2002 sans interruption. Dans cette nouvelle étape, il assumera, comme le stipule la réforme approuvée en 2017, le contrôle total de l’État et du gouvernement, la figure du Premier ministre n’existant plus. En outre, par ce nouveau mandat, le président ne pourra être convoqué. On ne pourra plus en somme lui poser de questions. Il aura en outre le pouvoir de nommer une grande partie des juges c’est dire qu’Erdogan concentrera à la tête de l’État tous les fils et les ressorts pour gérer le pays à volonté et arriver à réaliser son rêve d’enfant : reconstituer au Proche-Orient l’Empire ottoman.

L’Europe aura du souci à se faire du côté du Bosphore

D’autant qu’Erdogan se rêve aussi en « Sultan de l’Europe », maître de la diaspora musulmane et de fait les Turcs de France, d’Allemagne et d’Autriche ont voté massivement pour lui. Élevé sur les rives de la mer Noire, dans la petite ville côtière de Rize, Erdogan n’était pas seulement un vendeur de beignets car fils d’une bonne famille de classe moyenne inférieure, il a grandi à Istanbul, où il a poursuivi ses études dans des écoles islamiques puis de commerce de l’Université de Marmara. Durant ses études, il a rejoint dans une Turquie délétère et vendue dans les années 80 aux affairistes, les jeunes nationalistes islamistes, écoutant avec attention les leçons de Necmettin Erbakan, le premier leader islamiste de la Turquie moderne et éphémère premier ministre de 1996 à 1997, poussé à démissionner par la direction militaire des Loups gris encore kémalistes et laïcs.

Dans les années quatre-vingt, Erdogan fut élu maire d’Ankara, la capitale, et il était devenu le martyr de l’opposition islamiste turcs pour avoir récité publiquement un poème pan turque de l’idéologue Ziya Gökalp . «Les mosquées sont nos casernes / dômes nos casques / les minarets nos baïonnettes / et les croyants nos soldats ». Ces versets guerriers lui valurent quatre mois de prison. Après on connaît l’histoire, devenant chef de l’Akp, il sera Premier ministre de 2003 jusqu’en 2014, date où il assumera la présidence de la République, titre qu’il détient de nouveau depuis le 24 juin 2018.

La victoire absolue d’Erdogan et de l’AKP marque un affaiblissement du système de freins et de contrepoids qui existait encore contre la dictature. Il est aussi le résultat de la mise au pas efficace et rude de la presse et des médias en faveur du pouvoir exécutif, qui conduisent finalement à une érosion des pouvoirs démocratiques de la Turquie. Mais les électeurs turcs furent motivés  par un autre argument, celui de la stabilité politique, avec une majorité parlementaire pleinement conforme à l’autorité présidentielle. On ne dira pas la même chose d’élections réalisées sous d’autres cieux avec un taux d’abstentions records alors oui, Erdogan : chapeau !

En Syrie, la Turquie d’Erdogan s’est en tout cas imposé comme un acteur majeur en se rapprochant, fait étonnant pour un pays membre de l’Otan, de Moscou. Si la Turquie s’est attaqué aux Kurdes d’Afrin, c’était en effet paradoxalement avec le feu vert de la Russie. Après l’avion russe abattu par l’armée turque à la frontière syrienne en novembre 2015, les deux pays se sont réconciliés, se sont rapprochés, et la Turquie entend continuer à être considérée malgré tout comme un interlocuteur incontournable sur la Syrie alors que le conflit syrien semble reprendre en ce début d’été 2018. Lors des discussions sur la mise en place de zones de désescalade en Syrie, la Turquie s’était faite le porte-voix des rebelles. Aussi n’oublions qu’Erdogan doit aussi sa victoire au massacre des civils d’Afrin.

Une Turquie, néo-ottomane ?

Ce que révèlent ces événements, c’est que la politique extérieure turque aura été marquée par des revirements et des renversements d’alliances, certains la présentant comme « néo-ottomane », concept pour le moins anachronique et sans consistance car n’aidant pas à comprendre à notre avis le pragmatisme machiavélien du pouvoir. Après les mouvements contestataires du printemps arabe, Ankara avait certes caressé ce rêve de devenir le leader régional, brandissant la carte du sunnisme politique pour installer partout des régimes proches du mouvement des Frères musulmans et la diplomatie turque avait opéré ici un premier aggiornamento conservateur en délaissant sa politique pro-occidentale traditionnelle pour une rhétorique à la fois anti-occidentale, antisémite et pro-islamiste même si ce rêve heurtait de plein fouet la modernité culturelle effective du pays, l’écart immense entre le discours petit bourgeois de province du pouvoir en place et les élites médiatiques du pays, les LGBT turcs d’Istanbul par exemple.

Erdogan a alors utilisé les ressorts machiavéliens de la dictature, déjoué le coup d’état ”commandité” de son principal adversaire Fethullah Guhlen pour imposer par la force et la censure son modèle islamique autoritaire mais ce fut en même temps l’aveu d’un pathétique échec, celui d’un islam politique turc qui s’était promis de réconcilier après le 11 septembre la religion et les valeurs libérales. En ce sens la victoire d’Erdogan nous concerne aussi.

Demain soumise selon les prémonitions de Houellebecq, il n’y a aura pas d’Islam du vingt-et-unième modéré si on l’entend comme islam libéralisé. Les gouvernements successifs du Parti de la justice et du développement (AKP) se sont peu à peu éloignés de la promesse salutaire d’un Islam des Lumières en optant pour une ligne musulmane conflictuelle et plus clivante, à la fois pour des raisons électorales — le discours belliqueux et viril vaut bien plus en Turquie que le discours pacifiste — et idéologiques l’objectif d’un islam politique, ottoman dirigé par la Turquie. À travers la sur-« turquisation » et la sur-islamisation de l’histoire ottomane, le pouvoir en place a déclaré en tout cas l’ensemble du Proche-Orient puis, à défaut et a minima la Syrie, comme un hinterland mérité et légitime, s’écartant de fait de l’axe européen.

Indéniablement, la politique étrangère en dents de scie d’Ankara au Proche-Orient est un facteur supplémentaire de déstabilisation, par la diaspora de l’immigration, la menace de « lâcher » les plus de trois millions de déplacés syriens présents dans son territoire avec celle des djihadistes qui pourraient mettre en péril les villes européennes, et puis aussi par l’ennemi éternel, la Grèce. D’ailleurs, le chantage marche puisque ni l’UE ni même le Conseil de l’Europe dont la Turquie est membre depuis 1949 n’osent élever des protestations sérieuses au sujet de la politique étrangère turque ou des violations constantes des droits humains à l’intérieur de la Turquie.

Michel Lhomme 06/08/2018

Source : Metamag

Crédit photo : Domaine public, via PixaBay

https://www.polemia.com/turquie-victoire-erdogan-profil-b...

06/08/2018

Le sud de la Syrie entièrement reconquis par l’armée

Analyse d'Antoine de Lacoste :

"La résistance a cessé dans le sud de la Syrie. Les trois provinces de Deraa, Qouneitra et Soueïda ont été entièrement reconquises par l’armée et cette victoire est une étape importante dans cette guerre qui ravage la Syrie depuis sept ans.

La dernière poche islamiste était tenue par Daech à proximité du plateau du Golan. C’est à cause d’elle que d’autres combattants de l’État islamique venus de l’est avaient lancé un raid spectaculaire contre des villages druzes la semaine dernière, faisant plus de 250 morts. Surtout, une quarantaine de femmes et d’enfants ont été emmenés en otages afin de servir de monnaie d’échange.

Mais Russes et Syriens ont refusé toute négociation et la reconquête s’est achevée par la mort ou la fuite de centaines de combattants de Daech.

Un incident important s’est produit au cours de cette fuite : sept islamistes ont escaladé le plateau du Golan vers la frontière israélienne. Très vite repérés, ils ont été aussitôt abattus par des tirs de missiles de l’aviation de l’État hébreu. Ils étaient armés de fusils d’assaut, de grenades et de ceintures d’explosifs. En commentant cet événement, qui est une première, Israël a déclaré que, selon toute vraisemblance, ces hommes voulaient s’infiltrer dans le pays pour y commettre des attentats. Rien n’est moins sûr, en réalité. Jamais, jusqu’à présent, Israël ne s’était attaqué aux islamistes, quels qu’ils soient. De plus, chacun sait que les frontières israéliennes sont totalement infranchissables. Ils n’avaient donc aucune chance. Dès lors, il semble plus probable que ces sept combattants, fuyant l’avancée des troupes syriennes, aient espéré pouvoir compter, comme par le passé, sur la mansuétude d’Israël.

Mais les temps ont changé. Lieberman, le ministre de la Défense israélien, vient de se réjouir du retour des institutions syriennes le long du Golan et affirmé que Bachar el-Assad était le représentant de la Syrie. Il y a deux ans, le même Lieberman traitait Bachar de « boucher »…

Ce revirement israélien marque le succès spectaculaire de la diplomatie de Poutine. Il a reçu Netanyahou le 11 juillet et Sergueï Lavrov, son ministre des Affaires étrangères, a beaucoup parlé avec son homologue israélien.

Ce n’est donc pas un hasard si les Russes ont annoncé la création de plusieurs postes militaires sur le Golan, qui seront tenus par leur armée. C’est probablement Israël qui a exigé cela, certain, alors, que ni le Hezbollah libanais ni les Iraniens n’oseront aller contre la présence russe. Des Casques bleus de l’ONU vont également faire leur retour. On sait qu’ils ne servent généralement à rien, mais le symbole est là.

Dans le même temps, on parle d’un recul de 80 kilomètres des forces iraniennes. Israël juge cet effort insuffisant mais, là aussi, personne n’aurait parié sur une telle souplesse de l’Iran.

Le très délicat dossier du Golan est donc en passe d’être réglé. Trois sujets brûlants attendent maintenant Poutine : Idleb et ses milliers d’islamistes au nord-ouest, la présence turque et la présence américaine."

Michel Janva

http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/web.html

« Pour rester en Syrie, Lafarge a financé Daech et sacrifié ses salariés syriens »

Entretien avec l'avocate Marie Dosé

D’après les révélations du Monde, de juillet 2012 à septembre 2014, le groupe cimentier français Lafarge aurait maintenu son usine syrienne de Jalabiya en payant un tribut à divers groupes djihadistes dont l’Etat islamique. Poursuivi pour complicité de crimes contre l’humanité et travail incompatible avec la dignité humaine, Lafarge doit aujourd’hui prendre des comptes. Entendu comme témoin fin juillet, l’ex-ministre des Affaires Etrangères Laurent Fabius dit tout ignorer du dossier. Pour nous aider à y voir plus clair, Marie Dosé, avocate de l’association Sherpa, partie civile dans l’affaire, a répondu à nos questions. Entretien.

Daoud Boughezala. Vous défendez l’association Sherpa qui se fixe pour mission de « protéger et défendre les populations victimes de crimes économiques ». Mais dans le procès contre le groupe cimentier Lafarge en Syrie, il s’agit carrément de complicité de crimes contre l’humanité perpétrés par l’Etat islamique. Que reprochez-vous à Lafarge ?

Marie Dosé. Il est établi qu’entre juillet 2012 et septembre 2014, le cimentier Lafarge ne pouvait pas rester en Syrie sans financer plusieurs groupes terroristes, dont Daech. Pour que la cimenterie de Jalabiya maintienne ses activités, il a bien fallu, par exemple, qu’elle achète du pétrole à Daech. En commerçant avec l’État islamique, Lafarge lui a fourni des moyens de commettre des crimes contre l’humanité.

Lire la suite sur Causeur

05/08/2018

L’ingérence au nom des droits de l’homme est le comble du racisme


Il y a un autre reproche qui vous est souvent fait, c’est de choisir toujours des causes qui battent en brèche les principes humanistes. Vous avez dit : « Je ne veux pas plaider aux côtés de la Ligue des droits de l’homme, etc. » Alors je vous pose la question : êtes-vous un raciste, au sens où vous privilégiez une autre ? Ne considérez-vous pas que la notion des droits de l’homme soit une notion universelle et acceptable ? 
Jacques Vergès : C’est précisément la volonté d’imposer à l’univers entier sa propre conception des droits de l’homme qui est du racisme. Cela suppose que nous, Parisiens ou New-Yorkais, avons atteint le top de la civilisation ; notre conception des droits de l’homme, de la femme, de l’enfant, des animaux, doit s’imposer à l’univers tout entier. Et nous avons même un droit d’ingérence ! Cela me semble le comble du racisme ! Moi, je pense au contraire que l’univers est fait de peuples différents. Heureusement différents ! Et tout aussi respectables les uns que les autres. Chacun de ces peuples a une vision de l’espace, chacun de ces peuples a une vision de l’Histoire, chacun de ces peuples a une vision des arbres dans la nature, des animaux, des rapports sociaux. C’est cela que je demande qu’on respecte, c’est tout. Au nom de quoi M. Mitterrand, qui a été ministre pendant la guerre d’Indochine, ministre pendant la répression à Madagascar, ministre pendant la guerre d’Algérie, irait-il dire aux Chinois ce qu’ils doivent faire ? Les Chinois ont raison de le renvoyer à ses affaires. Je ne vois pas du tout pourquoi on irait reprocher à certains peuples leurs mœurs extrêmement libres, et pourquoi on reprocherait à d’autres leurs mœurs extrêmement sévères. Les uns ont des mœurs sévères, les autres des mœurs libres. Eh bien tant mieux !
Jacques Vergès, Intelligence avec l’ennemi. Conversations avec Jean-Louis Rémilleux

Une “OTAN arabe” - L’instrument de Trump contre l’Iran

474588310.jpg

A Washington, on sait qu’en cas de guerre avec l’Iran, les Etats-Unis auront le besoin urgent du soutien des pays arabes voisins. Une OTAN arabe serait dès lors bien utile !

Par Marco Maier

Au Proche Orient, on envisage la création d’une nouvelle alliance militaire et politique, que l’on désigne déjà comme une « OTAN arabe », car la comparaison semble licite. Six pays arabes du Golfe, l’Eypte et la Jordanie agiraient ensemble au sein de cette organisation, en tant qu’alliés des Etats-Unis et uniraient leurs efforts contre l’Iran.

Selon certaines informations, la Maison Blanche inciterait ces pays à coopérer plus étroitement dans la défense anti-missiles, dans les manœuvres militaires communes et dans les mesures anti-terroristes et à renforcer leurs relations économiques et diplomatiques dans la région. Il s’agirait surtout de ruiner les efforts de Téhéran qui cherche à étendre son influence dans la région, en tablant notamment sur les pays à dominante chiite, comme, par exemple, l’Irak ou le Yémen.

Officiellement, les Américains appliquent la doctrine du « No Regime Change » en ce qui concerne l’Iran ; cependant, il est de notoriété que la CIA, le Mossad et d’autres services utilisent tous les moyens à leur disposition pour susciter ou envenimer des troubles au sein de la théocratie chiite, afin, dans la mesure du possible, de précipiter le pays dans une guerre civile qui entraînerait, en bout de course, la chute des mollahs. Voilà ce qu’espèrent les services secrets. Et si, finalement, le régime des mollahs ne tombe pas ? Alors, la situation chaotique, qui règnerait suite à toutes ces amorces de conflit civils, ferait en sorte que Téhéran serait forcé à se replier sur son front intérieur et ne pourrait plus œuvrer à s’installer comme puissance régionale qui compte.

En cas d’extrême nécessité, on pourrait aussi fabriquer un prétexte pour autoriser cette OTAN arabe de rentrer en Iran pour obliger les chiites perses, traités d’« adorateurs du diable », à « rentrer dans la droit chemin » (les sunnites radicaux haïssent davantage les chiites que les « mécréants »). Selon la bonne habitude, ce seront alors les Arabes qui feraient le sale boulot, verseraient leur sang en abondance, pour qu’à la fin, les Américains arrivent comme des héros resplendissants, comme des libérateurs.

Ex: https://www.compact-magazin.com

http://euro-synergies.hautetfort.com/archive/2018/07/30/u...

Bernard Lugan : « Les investisseurs n’ont pas confiance dans l’avenir de l’Afrique »

lugan-afrique-reelle-juillet-588x330.jpg

Par Bernard Lugan, historien et spécialiste de l’Afrique ♦

Découvrez ci-dessous l’éditorial du numéro 103 (juillet 2018) de L’Afrique Réelle, lettre d’information proposée par Bernard Lugan.

Selon le rapport de mai 2018 de la Banque africaine de développement (BAD), l’Afrique a besoin annuellement de 170 milliards de dollars (mds) d’IED (Investissements étrangers directs) dans le seul domaine des infrastructures. Or, en 2016, pour le total de tous ses postes, elle n’en a reçu que 59 mds, un volume dérisoire qui plus est, en baisse de 3% par rapport à 2016 (Banque mondiale).

Selon le rapport de juin 2018 de la CNUCED, pour l’année 2017, le total en projection des IED mondiaux s’est élevé à environ 1800 milliards de dollars – entre 1670 et 1870 mds – (CNUCED, World Investment Report 2017). Avec ses 60 mds – 65 mds en projection pour 2017), l’Afrique, dans son ensemble continental, et avec son 1,2 milliard d’habitants, a donc reçu presque autant d’IED que Singapour (61,6 mds pour 6 millions d’habitants), et moins que l’Irlande (79,2 mds pour 5 millions d’habitants).

La raison de ce désintérêt de la part des investisseurs est qu’ils n’ont pas confiance dans l’avenir de l’Afrique où, ce qui y fonctionne aujourd’hui peut exploser du jour au lendemain. Et cela parce que tous les pays africains connaissent les mêmes problèmes d’inadéquation entre les réalités humaines (ethniques) et le placage institutionnel importé.

Les exemples de la Côte d’Ivoire et de la Sierra Leone sont éloquents à ce sujet : voilà deux pays qui, à la fin du siècle dernier, étaient présentés comme deux miracles africains et qui, l’un et l’autre se sont effondrés en quelques semaines avant de sombrer dans deux terribles guerres ethno-civiles.

Quant à l’Afrique du Sud, avec à peine 1,3 md de dollars d’IED en 2017 contre 2,3 mds en 2016, son cas est emblématique de la faillite d’un pays dont les dirigeants ont consciencieusement dilapidé et pillé l’immense héritage légué par les Blancs.

Alors, laissons les adeptes de la méthode Coué à leurs nuées pour nous en tenir au seul diagnostic :

1) A l’exception de quelques matières premières, rien de ce que produit l’Afrique n’est stratégique.

2) Pour les investisseurs qui sont tout sauf des philanthropes, il n’y a guère d’intérêt à investir en Afrique où les infrastructures sont à faire ou à refaire périodiquement, et où la corruption fausse toutes les règles du marché.

Voilà qui explique pourquoi, en dehors d’enclaves quasi exterritorialisées et tournées vers l’exploitation et l’exportation de matières premières à forte valeur, la quasi-totalité du continent africain, au sud du Sahara, n’attire pas les IED.

Les lamentations et les discours incantatoires ne changeront rien à cette réalité.

Résultat, l’Afrique retourne peu à peu à l’économie de traite… Comme au XVIIIe siècle, car, si l’investissement n’y est pas rentable, le commerce l’est, lui qui n’a en effet pas besoin de lourds investissements dont la rentabilité est à long terme. Ses perspectives étant à court terme, il ne recherche pas cette visibilité que l’Afrique est incapable de donner aux investisseurs qui exigent une triple sécurité financière, politique et existentielle.

Au sommaire du numéro :

Actualité :

– Sahel : Ces attentats qui masquent l’échec des jihadistes

– Afrique du Sud : Les raisons idéologiques de l’expropriation sans compensation des fermiers blancs

Economie :

Pourquoi la BAD joue-t-elle du pipeau à l’Afrique ?

Histoire :

Génocide du Rwanda : L’évolution de l’historiographie

Bernard Lugan 04/08/2018

Source : L’Afrique Réelle

https://www.polemia.com/bernard-lugan-investisseurs-confiance-avenir-afrique/

Le XXIe siècle et la tentation cosmopolite

2038369655.jpg

« Consommer est devenu le but suprême
de l’existence des individus,
ce qui comble d’aise
les maîtres du “village terrestre”
peuplé d’hédonistes
(les travailleurs)
et de psychopathes
(les parasites sociaux) »

Entretien avec Bernard Plouvier, auteur de Le XXIe siècle et la tentation cosmopolite, éditions de L’Æncre (propos recueillis par Fabrice Dutilleul)

1939234220.jpgVous abordez dans votre livre des thèmes très divers, tel les origines de l’Homo sapiens, le domaine territorial de la race blanche, dite « caucasienne », les constantes de la société humaines et les variables culturelles, mais également l’ambiguïté du « libéralisme » et du « melting pot » des USA, l’expérience mondialiste et l’économie globale qui permet aux ploutocrates de confisquer les États… Le titre de cette collection « Nouveau siècle, nouveaux enjeux » semble parfaitement s’appliquer au thème de ce livre ?

Nous autres, Européens autochtones, vivons indéniablement une période de « fin de civilisation », qui ressemble à s’y méprendre à celle vécue par les contemporains de la fin de l’Empire romain d’Occident. Cette constatation, assez peu réjouissante, mérite à la fois que l’on établisse un bilan des réalisations anciennes et que l’on apporte quelques réflexions comparatives sur les valeurs qui s’estompent et celles qui émergent.

Au Ve siècle, l’enrichissement général des citoyens de l’Empire romain avait conduit au relâchement de l’effort collectif et deux nouvelles religions moyen-orientales – la chrétienne et celle des adorateurs de Mithra – avaient supplanté le culte des dieux de l’État. De nos jours, la fraction la plus inventive de l’humanité contemporaine s’est lancée dans la course effrénée aux petites joies individuelles, au lieu d’œuvrer comme auparavant pour la collectivité.

Au Ve siècle, le pouvoir spirituel avait asservi puis anéanti la puissance politique. De nos jours, les maîtres de l’économie écrasent les autres pouvoirs : exécutif, législatif, judiciaire, médiatique et même spirituel.

Consommer est devenu le but suprême de l’existence des individus, ce qui comble d’aise les maîtres du « village terrestre » peuplé d’hédonistes (les travailleurs) et de psychopathes (les parasites sociaux).

L’économie globale et la mondialisation de la vie économique et culturelle sont deux notions nées aux USA durant la IIe Guerre mondiale. Du fait de l’implosion des sociétés communistes, elles sont devenues la réalité quotidienne de presque tous les peuples de la planète : rêve pour les uns, cauchemar pour les autres… c’est affaire de sensibilité et d’idéal.

Il est évident que Franklin Delano Roosevelt, le grand concepteur, n’aurait nullement apprécié notre monde où les grands actionnaires des multinationales et des trusts nationaux d’Asie manipulent, du fait de la toute-puissance de l’argent, les pantins de la politique et des media.

Quelle est votre définition du « cosmopolitisme », un mot qui, au XVIIIe siècle, à l’époque des Lumières, représentait le nec plus ultra : cela revenait alors, pour l’élite, à s’informer des autres cultures que celle de son pays d’origine ?

Le cosmopolitisme à la sauce mondialiste équivaut au mixage des cultures et au brassage des populations, de façon à liquider l’option nationale, jugée pernicieuse. L’Europe est ainsi envahie d’extra-Européens, souvent incultes, toujours faméliques et avides, également nantis pour la plupart d’une religion médiévale, c’est-à-dire grosse de l’expression d’un fanatisme anachronique, mais également porteurs d’un racisme revanchard dont l’expression est évidente, sauf pour les pitres qui façonnent l’opinion publique et ceux qui font semblant de nous gouverner.

La propagande mondialiste reflète, c’est évident, les choix de nos maîtres, qui leur sont dictés par leur intérêt. Le grand village terrestre ne doit plus être composé que d’individus qui consomment beaucoup, au besoin à crédit, et pensent gentiment ce qu’imposent les fabricants d’opinion publique.

Dans leur désir d’uniformiser l’humanité, pour augmenter la rentabilité du négoce en facilitant le travail des producteurs, des distributeurs et des revendeurs de biens de consommation, nos maîtres font l’impasse sur de nombreuses données génétiquement programmées de l’espèce humaine, non susceptibles d’éducation ou de rééducation. En outre, il nient allègrement une évidence : la profonde inégalité des êtres humains et des civilisations passées.

Par intérêt également, ils autorisent le développement de conduites sociales aberrantes pour peu que cela leur fournisse un marché lucratif (pornographie, conduites addictives, coutumes alimentaires absurdes conformes à des préceptes religieux antiques ou médiévaux).

Que cela envahisse le continent phare du melting pot, celui des trois Amériques (pour reprendre une expression rooseveltienne), ne nous regarde pas en tant qu’Européens, mais il est grotesque de le tolérer dans notre continent, qui fut le continent civilisateur durant deux millénaires et demi.

Pourquoi ne pas aimer ce monde nouveau, apparu il y a une vingtaine d’années, lors de l’effondrement des sociétés communistes et du triomphe de l’american way of life ?

Dépourvus de culture historique et philosophique, nos nouveaux maîtres créent une société mono-culturelle, multi-raciale parfaitement artificielle, qui ne peut en aucun cas créer une civilisation stable, donc durable, ni innovante au plan intellectuel et spirituel.

L’étude des espèces animales démontre que l’égoïsme et l’individualisme sont nocifs à moyen terme pour l’espèce, mais aussi pour les individus. Sans discipline, sans hiérarchie fondée sur les qualités et les mérites individuels, sans cohésion du groupe fondée sur l’utilité sociale, il ne peut y avoir de sécurité donc de survie, encore moins d’expansion pour l’espèce considérée.

Ce qui effare le plus un observateur européen contemplant la société actuelle est de constater que les Européens de souche ont, par veulerie et par esprit de facilité, renoncé à leur histoire. De la position de civilisateurs de la planète, ils sont passés en un demi-siècle au statut de colonisés, achetant des produits de médiocre qualité et d’infime durée de vie, fabriqués le plus souvent en Asie, et se gavant d’une sous-culture élaborée aux USA et au Japon.

L’étude de quelques grandes civilisations européennes défuntes démontre que l’homogénéité ethnique est l’une des conditions fondamentales de l’implantation, puis du rayonnement d’une civilisation originale. La perte du sens de l’effort collectif, l’incorporation de populations ou de croyances issues d’autres continents sont les conditions idéales pour amener la dégénérescence, puis la mort d’une civilisation, c’est-à-dire l’instauration d’un nouvel « âge des ténèbres ».

On ne peut guère compter sur le milieu des universitaires, où règnent en maîtres le conformisme et le misonéisme, ni sur les media, par définition aux ordres du Pouvoir, pour provoquer une réflexion critique chez nos contemporains, alors même que l’avenir de l’Europe dépend essentiellement de la prise de conscience de l’originalité et de la richesse de leur passé par les Européens de souche, qui seuls doivent décider de l’avenir du continent et de sa race.

Le XXIe siècle et la tentation cosmopolite, édition L’Æncre, collection « », à nouveau siècle, nouveaux enjeux, dirigée par Philippe Randa, 452 pages, 35 euros.

Pour commander ce livre, cliquez ici.

http://euro-synergies.hautetfort.com/

04/08/2018

Le mouvement "Q" pro-Trump contre l'Etat profond

Le 31 juillet, lors du meeting politique de Donald Trump à Tampa en Floride, de nombreux soutiens du président américain arboraient un t-shirt et des pancartes portant la seule lettre «Q». Ce nouveau mouvement trouve son origine en octobre dernier, lorsqu'un utilisateur du forum 4chan se présente comme un haut responsable gouvernemental, proche de l'équipe de Donald Trump et disposant d'une habilitation de sécurité «Q», l'une des plus élevées aux Etats-Unis. Dans une série de messages sibyllins, souvent en forme de questions, cet internaute entreprend d'apporter un éclairage radicalement différent de l'actualité politique et géopolitique présentée par les médias traditionnels, en donnant ce qu'il prétend être des informations sensibles. La particularité du forum 4chan étant l'anonymat de ses utilisateurs, impossible dès lors de savoir qui se trouve derrière ces messages. Les internautes décident de le baptiser simplement «Q». Un nom qu'il endosse rapidement, et qui par la même occasion, fait des internautes qui le suivent des «QAnon», en référence à leur anonymat.

La thèse principale de «Q» est que le président américain – et plus largement le monde – fait face un ennemi intérieur, l'Etat profond, contre lequel Donald Trump mène une lutte de tous les instants. «Q» interprète l'actualité à cette aune, assurant que l'objectif ultime du locataire de la Maison Blanche serait de libérer son pays des griffes de cet ennemi. «Q» dénonce la corruption totale de l'Etat profond qui n'hésiterait pas, selon lui, à recourir aux pires moyens pour arriver à ses fins. Dans la multitude de sujets qu'il aborde, «Q» soutient par exemple qu'il existerait un réseau international qui trafiquerait et abuserait d'enfants dans lequel serait impliquée la Fondation Clinton, notamment à travers ses activités à Haïti. Il assure, pêle-mêle, que l'Etat profond perpétuerait des attaques sous faux drapeau ou encore pratiquerait constamment une forme de chantage sur les personnalités publiques qui se verraient contraintes de le servir.

Selon «Q», la candidate démocrate à l'élection présidentielle Hillary Clinton, le sénateur républicain John McCain ou encore le milliardaire George Soros seraient quelques-uns des visages de cet Etat profond qui comprendrait diverses organisations, en premier lieu desquelles la plupart des agences de renseignement américaines. «Q» soutient que les médias agiraient dans leur immense majorité sous l'influence de celles-ci.

Michel Janva

http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/web.html

Les derniers combattants de Daech lancent un raid meurtrier dans le sud de la Syrie

Analyse d'Antoine de Lacoste :

L’Etat islamique agonise dans le sang. Quelques centaines de ses combattants ont lancé une série de raids éclairs le 25 juillet dernier contre plusieurs villages du sud de la Syrie, dans la province de Soueïda, faisant plus de 250 morts.

Cette province avait été épargnée par les combats jusqu’à présent. Mais sa proximité avec le désert la met maintenant en danger car c’est là que se cachent les lambeaux de Daech ; d’autres résidus sont actifs plus à l’est, de part et d’autre de Deir ez-Zor.

La tactique utilisée a été classique : des kamikazes conduisant des camions (ou à pied parfois), se font sauter à proximité d’un barrage de soldats ou de villageois armés puis, profitant de la confusion, les autres islamistes entrent dans les maisons et assassinent leurs habitants ou mitraillent dans les rues, au hasard.

Ce sont les druzes qui ont payé le plus lourd tribut cette fois. De nombreux villages de cette région sont en effet  habités par cette communauté, très présente dans le sud de la Syrie, jusqu’au plateau du Golan et en territoire israélien.

Les druzes ont toujours été à part en Syrie, comme ailleurs. Très soucieux de leur identité et de leurs traditions, ils forment un clan soudé. La guerre en Syrie a pourtant été l’occasion de désaccords en son sein. Une grande partie est restée neutre ou fidèle à Bachar, mais d’autres ont participé aux premières manifestations anti Bachar à Deraa en 2011. Un groupe rebelle a même été constitué, mais l’assassinat d’un dignitaire druze par le très islamiste Front al Nosra en 2012 a tout changé.

Aujourd’hui les druzes défendent leur territoire face aux islamistes avec détermination. Ils acceptent d’épauler l’armée mais refusent d’être déployés hors de leur région, refus que l’armée syrienne se garde bien d’enfreindre.

Cette attaque de Daech va renforcer leur détermination face aux islamistes. Les aviations russes et syriennes ont mené plusieurs raids contre les agresseurs faisant une cinquantaine de morts, mais nul doute que le pouvoir de nuisance de Daech reste important.

Une voix dissonante s’est faite entendre au sein de la communauté druze. Le triste Joumblat, un des chefs de la communauté druze libanaise (un homme qui a beaucoup de sang chrétien sur les mains), a accusé Damas d’être responsable de cette tragédie. En effet, après la reprise de Yarmouk au printemps dernier (banlieue de Damas), une enclave de Daech a fait l’objet de négociations. Plusieurs centaines de combattants ont été autorisés à partir ce qui a épargné de lourdes pertes à l’armée syrienne qui, on le sait, a d’importantes difficultés à combler les vides provoqués par sept ans de guerre.

Joumblatt pense que ce sont eux qui ont attaqué les villages druzes et accuse le régime syrien d’imprudence.

Rien n’est sûr, mais ce qui l’est, c’est qu’à quelques kilomètres de là, la base américaine d’Al Tanf n’a jamais rien organisé contre les hommes de Daech.

Alors pourquoi a-telle été construite ?

http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/2018/08/les-derni...

01/08/2018

Trump : offensive toute !

skynews-donald-trump-state-of-the-union_4218678-845x475.jpg

Trump menace de « fermer » budgétairement le gouvernement avant les législatives partielles de l’automne. Voilà le message de vacances envoyé à un establishment républicain du Congrès toujours prompt à saboter sa politique de l’immigration. Et ceci, au moment où les sondages personnels du président se sont améliorés, sur fond de croissance économique inespérée.

Pour faire bonne mesure, Trump attaque ouvertement le procureur Mueller, vicieusement, le présentant comme un vulgaire demandeur d’emploi frustré de ne pas avoir obtenu de ses mains la direction du FBI, ou encore comme un client en contentieux avec l’un de ses clubs de golf. Ce qui, pense Trump, place Mueller en conflit d’intérêts et rend « illégitime » son enquête. Conclusion : son avocat Giuliani confirme, aujourd’hui, que Trump n’a aucune intention de répondre à une quelconque demande d’interrogatoire de la part des enquêteurs de Mueller ou de Mueller lui-même.

Nul ne sait vraiment qui sortira vainqueur d’un tel affrontement.

Si Mueller, fer de lance des survivants de l’élite du renseignement américain représentés par John O. Brennan (ex-CIA), James R. Clapper (ex-DNI) et James Comey (ex-FBI), si Mueller, donc, parvient à épingler Trump avant les législatives pour quelque raison, même sans rapport avec l’affaire russe, Trump pourra perdre les élections et sera limogé par le Congrès. Si, au contraire, Mueller n’y parvient pas, Trump aura des chances de gagner les législatives et de gagner en indépendance face à un « État profond » qui, décidément, ne veut pas de lui.

Le Spectator daté du 25 juillet (« Trump betrays the elite sense that the US is always pure and democracy-loving – Welcome to American post-exceptionalism ») a décodé les raisons de la haine de l’État profond à l’encontre de Trump, vu comme un hérétique. Son crime ? Trump est un « suprémaciste » américain et non un « exceptionnaliste » américain ! Trump, en effet, voit la fonction étatique comme essentiellement représentative des entreprises et des employés américains. Son rôle est alors de procéder sans cesse à des « transactions » avec les autres chefs d’État. Trump n’est donc que pure realpolitik… économico-centrée ! Pas de « démocratie » ni de changements de régime au menu trumpien…

Au contraire, les « exceptionnalistes » considèrent que les États-Unis sont investis d’une supériorité morale depuis 1776 parce qu’ils incarnent la république universelle. Ils se réfugient donc sans cesse dans cette confortable narration, projetant la « non-équivalence » de leur morale supérieure, ignorant le garde-fou du réalisme qui fait que Trump est Trump. Autrement dit, si Trump est un impérialiste économiquement « suprémaciste », les « exceptionnalistes » de l’État profond sont des impérialistes « absolus », tout comme le fut l’ancienne URSS. Et tout comme l’URSS, ils se lancent dans des aventures militaires hasardeuses et tiennent leurs opposants pour hérétiques ou mentalement malades.

Face à l’empire chinois, lui aussi « absolu », les deux attitudes diffèrent : les exceptionnalistes veulent battre la Chine en créant un état vassal en Russie (d’où la nécessité d’un « changement de régime » local). Trump le suprémaciste « hérétique » souhaite, lui, y établir de solides relations d’affaires qui éviteront à Poutine de se jeter dans les bras des Chinois par pur instinct de survie.

Et les Européens ? Ils risquent tout simplement, si Trump réussit, de perdre la carte eurasienne et de finir à jamais vassalisés.

André Archimbaud

http://www.bvoltaire.fr/trump-offensive-toute/

31/07/2018

Moussa Mara : Une voix écoutée au Mali.

En 2016, l ‘ancien premier ministre du Mali est venu dans les studios de TVLibertés présenter un ouvrage sur l’avenir du Mali et évoquer la très importante communauté malienne vivant en France. Des paroles fortes pour celui qui n’a pas quitté l’idéee de revenir au pouvoir…

Un tsunami vient de l’Ouest, doux comme le miel, mais qui tue comme le poison

4171349487.jpg

Par Iurie Roşca
Ex: http://editionsbios.blogspot.com 
Quand on voit comment le gouvernement aujourd’hui se prosterne devant les «partenaires stratégiques» – la Trinité du Mal (FMI, Banque Mondiale et l’Union européenne) – et se met à genoux devant les investisseurs étrangers, comment ne pas faire un parallèle plus que nécessaire avec l'époque soviétique ?
Tout comme ceux qui ont accueilli les occupants soviétiques en 1940 avec des fleurs et des applaudissements sont considérés comme des collaborationnistes et des traîtres, ceux qui posent des tapis rouges et adorent les investisseurs étrangers méritent le même traitement.
La différence entre les deux types d’envahisseurs est minime. Elle tient seulement de moyens, pas de buts. Si les occupants soviétiques avaient utilisé la force des armes, ceux d’aujourd’hui utilisent les armes de logiciel, économiques et financières, les uns et les autres ayant le même objectif : l’asservissement de la population locale et le pillage de ses richesses nationales.
Il est vrai que les impérialistes économiques d’aujourd’hui mettent en œuvre et l’ingénierie sociale, visant à anesthésier le pouvoir de discernement des peuples conquis. C’est pourquoi, l’identification de l’agresseur était beaucoup plus facile lors de l’invasion soviétique : la présence des chars, des troupes militaires, des corps de répression, la nationalisation, les déportations, les massacres étaient si évidents que tout le monde comprenait que c’étaient des occupants.
Mais le nouveau type de colonialisme a cependant une propriété qu’il faut la retenir. Avant d’envahir un territoire, il entreprend un bombardement médiatique (remplaçant le bombardement de l’avion d’autrefois), une attaque d’artillerie (mais pas une classique, comme il était une fois), manifestée par la colonisation de la conscience collective à l’aide de la culture de masse, l’induction de l’état fascinant pour le « rêve américain » et l’attractivité de la société de consommation. Et quand les aborigènes sont suffisamment traités psychologiquement, jusqu’à la perte de la conscience de soi (une nouvelle sorte de mankurtisation) et à l’instinct de conservation, cela compte moins qui est au pouvoir. Parce que n’importe quel gouvernement applaudit à scène ouverte les « sauveurs » descendus « sur le terrain » comme des loups en peau de mouton.
Encore une fois, si nous éprouvons un véritable mépris pour les collaborateurs du régime soviétique, pourquoi nous apprécions les nouveaux collaborationnistes du régime d’occupation en « style occidental », portant la même étoile à cinq branches sur le drapeau, seulement celui communiste était rouge, et celui d’aujourd’hui est bleu ? Il n’y a qu’une réponse. Par ignorance ou, en parlant délicatement, par erreur de perspective. Car alors le torrent d’origine étrangère venait de l’Est et il était violent, et maintenant un autre tsunami vient de l’Ouest, qui est doux comme le miel, mais qui tue comme le poison.
Celui qui a des yeux pour voir, verra. Et qui non, il sera dans une situation comme dans le vieil adage roumain : on montre à l’imbécile la lune, et il regarde le doigt.
http://flux.md/stiri/iurie-rosca-un-tsunami-vient-de-l-ou...

Thomas Flichy de la Neuville : Quel avenir pour la Turquie ?

549718046 (1).jpg

3492649485.jpgTurquie. Recep Erdogan a gagné, comme prévu, les élections présidentielles en Turquie avec 52,5 % des votants et une majorité législative. Il peut librement user de tous les pouvoirs pour gouverner comme il l’entend. L’histoire turque continue…Dans quelle direction ? 
La réélection du président Erdogan ne saurait nous surprendre : la tendance politique générale observée depuis quelques année est celle du renforcement de régimes autoritaires avec différentes variantes, par exemple, celle du bonapartisme technocratique sur les terres mêmes du libéralisme.

De ce point de vue, les Mémoires d’outre-tombe méritent relecture, tant il est vrai qu’elles décrivent cette mutation avec force : « Voyageur solitaire, je méditais il y a quelques jours sur les ruines des empires détruits. Et je vois s’élever un nouvel empire¹ ». Le regard de l’empereur était alors terrifiant : « Un moucheron qui volait sans son ordre était à ses yeux un insecte révolté² ». Napoléon fut pourtant défait par un régime plus ouvert que le sien, celui de la Russie. Dans ce duel, Bonaparte fut leurré par Alexandre. Lorsqu’il demanda son alliance le 21 mars 1812 en requérant de lui 100 000 soldats turcs, il lui offrit la Valachie et la Moldavie. Mais les Russes l’avaient devancé et leur traité fut signé le 28 mai 1812³.

Versement géopolitique

C’est donc Châteaubriand qui nous offre la clef des événements qui ont immédiatement suivi l’échec du coup d’État du 15 et 16 juillet 2016. La Turquie hésitait alors entre une improbable intégration européenne, la construction d’un nouvel empire turc oriental grâce à l’immense aire de civilisation dont elle dispose jusqu’à la Mongolie et un néo-ottomanisme méridional orienté vers la Syrie puis l’Egypte. Rien de tout ceci ne s’est produit. Car après l’échec du coup d’État, la Russie a retourné ce pays – comme elle l’avait fait en 1812 – au profit d’une alliance continentale avec la Chine et l’Iran.

C’est ainsi que le nouvel empire mongol s’est reconstitué. Ce renversement géopolitique a été facilité par le fait qu’Iran et Turquie avaient multiplié leurs échanges économiques au cours de la dernière décennie, et ce malgré leurs dissensions géopolitiques. Quelles en seront les conséquences à moyen terme ? En janvier 2030, les frontières de l’Union européenne atteindront les frontières de la Biélorussie et de l’Ukraine. Cette nouvelle extension, qui précipitera encore l’affaiblissement européen, profitera à la Turquie. Ce pays cueillera en effet tous les fruits de son refus d’intégration dans le marché européen en proposant désormais un modèle alternatif et concurrent avec une Union turcique, réunion des États turcophones dans un marché commun assez souple s’étendant de la Méditerranée aux frontières de la Chine et de la Russie.

Forces et faiblesses

Dégagée des pressions de Washington qui lui intimait de rejoindre l’UE, Ankara rêvera de reconstituer l’un de ces grands empires mythiques issus des steppes d’Asie centrale. Mais au-delà du projet chimérique, la Turquie sera devenue un nouvel atelier du monde⁴, un géant démographique (90 millions d’habitants en 2040⁵) et une puissance militaire régionale⁶. Celle-ci lancera un appel à sa diaspora instruite d’Europe afin qu’elle revienne investir au pays. Les Turcs de l’étranger seront alors exhortés à ne pas oublier leurs racines culturelles et linguistiques, alors même que la mère patrie souffrira de vieillissement démographique⁷.

Malgré l’essor de sa production, la Turquie ne deviendra pas pour autant la nouvelle Californie de l’Asie. En effet, l’innovation y sera de plus en plus bridée par les autorités religieuses désormais associées au pouvoir. Rompant avec l’héritage kémaliste, l’alphabet turc ottoman sera désormais conjointement enseigné avec les caractères latins pour permettre une meilleure compréhension des très riches héritages arabo-persans, ainsi que des gloires impériales. Ce retour aux sources, qui rejette l’occidentalisation imposée par Atatürk et profondément ancrée dans les mentalités de la jeunesse stambouliote, déterminera certains à quitter la Turquie : ils iront rejoindre des pays comme l’Allemagne ou même Israël où leurs compétences se trouveront employées au profit des industries de pointe.   ■  

1. François-René de Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, 1849, p. 29

2. François-René de Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, 1849, p. 406

3. François-René de Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, 1849, p. 161

4. Taux de croissance de la Turquie en 2010 :
9,2 %, 2011 : 8,8 %,
2012 : 2,2 %.
Il s’agit du 17e pays le plus riche en 2013. Son PNB a été multiplié par trois entre 2003-2013.

5. Horizons stratégiques, ministère de la Défense, chapitre I, p. 39, mars 2013, mis en ligne le 5 août 2013.
www.defense.gouv.fr/das/reflexion-strategique/prospective-de-defense/articles-prospective/horizons-strategiques

6. Le Monde vu en 2030 par la CIA, éd. des Équateurs, 2013, p. 28.Horizons stratégiques, ministère de la Défense, chapitre I, p. 39, mars 2013, mis en ligne le 5 août 2013.
www.defense.gouv.fr/das/reflexion-strategique/prospective-de-defense/articles-prospective/horizons-strategiques

7. Le Monde vu en 2030 par la CIA, éd. des Équateurs, 2013, p. 97

1373706190.jpgThomas Flichy de la Neuville

Enseigne à Saint-Cyr. 

30/07/2018

Trump, Hollande, Macron, Gayet, Debbouze, Sulzberger : l’Etat profond mondialiste change la politique

Politique Change mondialiste Trump Hollande Macron Gayet Debbouze SulzbergerJulie Gayet prépare le retour d’Hollande. Djamel Debbouze a refusé un maroquin. Sulzberger, le patron du NYT, menace Trump, nos médias font de l’affaire Benalla une tempête dans un dé à coudre : l’Etat profond mondialiste change les règles de la politique pour mieux en maîtriser les hommes.
Quelle est la différence entre Trump et Macron ? Macron a d’abord été le chouchou et la créature de l’Etat profond mondialiste, alors que Trump s’en est désigné dès le départ l’ennemi numéro un. En conséquence les médias, le showbizz, les institutions internationales, la banque ont tout de suite attaqué Trump alors qu’ils ont porté Macron. Aujourd’hui, ça change. L’Etat profond mondialiste s’adapte aux réalités, il s’intéresse moins aux hommes, que ce soient ses poulains ou ses antagonistes, et plus aux combinaisons qui font avancer sa politique.

Lire la suite

Le Qatar banni de l’Ordre Mondial ? – JT TVL 30 Juillet 2018

1) International / Le Qatar banni de l’Ordre Mondial ?

VO : L’organisation de la Coupe du Monde de football 2022 au Qatar plus que jamais remise en question. En cause : de fortes suspicions de corruption… des suspicions qui arrivent à un moment opportun alors que la monarchie a fait des choix diplomatiques hostiles à Washington.

2) Économie / La solidarité familiale : une réalité économique.

VO : Depuis six ans les socialistes puis la République En Marche se sont obstinés à s’attaquer à la famille… la place de celle-ci est pourtant centrale d’un point de vue économique et social. En France, 36 milliards d’euros transitent chaque année entre les membres d’une même famille.

3) Nature / Quand la Lune voit rouge

4) L’actualité en bref

Pour ceux qui n’arrivent pas à lire cette vidéo, regardez là sur RuTube (juste après)

Lien Rutube
 

29/07/2018

FED, BCE : les banques centrales ont un pouvoir politique en dehors de tout contrôle démocratique (rediffusion)

Capture-8.png

Le problème des banques centrales indépendantes du pouvoir politique, c’est qu’elles échappent à tout contrôle démocratique alors qu’elles ont de grands pouvoirs, y compris celui d’influencer les élections et de faire tomber les gouvernements. Ce que Donald Trump constate aujourd’hui à l’approche des élections législatives de mi-mandat, quand la Réserve fédérale augmente comme par hasard ses taux, vaut aussi pour la BCE dont le président Jean-Claude Trichet est accusé d’avoir activement collaboré à pousser le gouvernement de Berlusconi vers la sortie en 2011 et également pour d’autres banques centrales indépendantes et donc non soumises à un contrôle démocratique.
En ce qui concerne la Fed, Donald Trump est, comme dans d’autres domaines, le président qui brise les tabous, car ses prédécesseurs préféraient généralement se taire face aux décisions de la toute puissante banque centrale. Le 20 juillet, Trump s’est plaint en ces termes sur la chaîne CNBC de la hausse des intérêts décidée par la Réserve fédérale : « Je n’aime pas, avec tout le travail que nous faisons pour l’économie, voir ensuite les taux augmenter, je n’en suis pas content ». Le président américain ne va pas toutefois jusqu’à accuser directement la Fed de vouloir faire pencher les élections de mi-mandat en sa défaveur. Il ne faut d’ailleurs pas qu’il s’étonne puisqu’il a remplacé à la tête de la Fed les mondialistes du Council on Foreign Relations (CFR) par d’autres mondialistes du CFR.
Lire la suite