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plus ou moins philo

  • Michel Onfray : "Mon péché mortel ? Être resté aux côtés du peuple".

    Michel Onfray, chez lui à Chambois, dans l'Orne, en 2019. Photo12 via AFP

    Source : https://www.lexpress.fr/

    Souverainisme, Le Pen, Raoult, BHL, De Villiers... Dans un grand entretien musclé, le philosophe s'explique sur sa revue Front Populaire et fustige les médias.

    Il est l'intellectuel qui entend réunir les souverainistes de tous bords à travers sa nouvelle revue Front populaire, où l'on retrouve Jean-Pierre Chevènement comme Philippe de Villiers. Il est aussi celui qui concentre les critiques violentes sur sa supposée dérive idéologique qui l'aurait vu passer de la gauche libertaire de Proudhon à l'extrême-droite d'Eric Zemmour.

    Au coeur des polémiques, Michel Onfray publie également l'ultime volume de sa monumentale Contre-histoire de la philosophie (Grasset). Dans La résistance au nihilisme, on retrouve ce que le philosophe Onfray a de meilleur et, parfois, de plus caricatural : d'un côté, un populisme au sens noble du terme qui en fait un formidable pédagogue sur la pensée d'après mai-68 (avec des belles pages sur Pierre Hadot ou Robert Misrahi) comme un critique impitoyable d'une gauche intellectuelle qui a souvent préféré les jargons obscurs aux masses populaires ; de l'autre le pamphlétaire manichéen et antilibéral à qui l'outrance fait perdre le sens des nuances... 

    Dans un long entretien accordé à l'Express dans lequel il ne nous épargne pas, le philosophe s'explique sur cette nouvelle revue, mais aussi sur l'évolution de ses positions sur l'immigration, Didier Raoult, BHL, ses soutiens dans la droite radicale et son parcours personnel. 

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  • Nietzsch entre Volonté de puissance et Triomphe de la volonté

    Nietzsche entre Volonté de puissance et triomphe de la volonté.jpeg

    Avant d'être récupéré par des figures de l’intelligentsia parisienne post-soixante-huitarde comme Deleuze ou Foucault dans un sens libéral-libertaire, Nietzsche a longtemps été affublé d'une chemise brune.

    Parmi ses contempteurs les plus virulents, le philosophe marxiste Georg Lukacs, qui consacre dans La Destruction de la raison un chapitre à « Nietzsche, fondateur de l'irrationalisme de la période impérialiste », voit en lui le précurseur intellectuel du national-socialisme.

    Pourtant avant 1914, l'enseignement nietzschéen est surtout reçu par des dissidents et des radicaux féministes, socialistes et anarchistes. Certains marxistes présentent Nietzsche comme le chantre de la classe aristocratique dominante en Allemagne à la fin du XIXe siècle, alors que celle-ci lui serait plutôt hostile, son antichristianisme sapant les bases de la société traditionnelle. Quant à la droite allemande la plus virulente, celle des pangermanistes, elle le rejette. Friedrich Lange, auteur en 1900 d'un essai intitulé Gobineau und Nietzsche, affirme que la philosophie de Nietzsche est juste bonne « pour les névrosés et les littérateurs », « les artistes et les femmes hystériques ». De même, Otto Bonhard réfute « l’anarchisme nietzschéen ». Les rapports sont pires avec les antisémites. L'un des plus en vue est alors Theodor Fritsch. Premier traducteur allemand des Protocoles des sages de Sion et auteur d'un Antisemiten-Katechismus à la diffusion énorme, il finira député nazi. Recensant Par-delà bien et mal, il prétend n'y avoir trouvé qu'une « exaltation des juifs et une âpre condamnation de l'antisémitisme ». Il accuse Nietzsche d'être un « philosophe superficiel », ne nourrissant « aucune compréhension pour l'essence de la nation » et dont les écrits ne sont qu'« idioties superficielles d'un pauvre savant de pacotille, corrompu par les juifs ». Il est vrai que pour Nietzsche, qui dans Généalogie de la morale oppose la morale aristocratique à la morale de ressentiment - morale judéo-chrétienne à l'état pur -, l'antisémitisme contemporain, en s'attaquant à la richesse et au pouvoir des Juifs, n'exprime qu'un ressentiment des ratés de la vie.

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  • Quand des philosophes et écrivains parlent du coronavirus…

    Quand des philosophes et écrivains parlent du coronavirus…

    Gustave Thibon, L’homme devant la nature, 1973 :

    C.S Lewis, Tactique du diable, 1942 :

    – Et comment as-tu fait pour amener autant d’âmes en enfer à l’époque ?-

    – Grâce à la peur.

    – Oh, oui. Excellente stratégie: vieille et toujours actuelle. Mais de quoi avaient-ils peur? Peur d’être torturés? Peur de la guerre? Peur de la faim?

    – Non. Peur de tomber malade.

    – Mais personne d’autre ne tombait malade à l’époque?

    – Si, ils tombaient malades.

    – Personne d’autre ne mourait?

    – Si, ils mouraient.

    – Mais il n’y avait pas de remède à la maladie ?

    – Il y en avait.

    – Alors je ne comprends pas.

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  • L'ère libérale universelle

    L'ère libérale universelle.jpegDepuis les deux décennies qui nous séparent de l’effondrement de l'empire soviétique, des pages et des pages ont été écrites, à droite comme à gauche, sur le libéralisme, sa grandeur, ses perversités, ses limites, sa victoire présente, sa défaite future, sa moderne pertinence ou au contraire ce qu'il y a en lui de rétrograde et d'inégalitaire. Synthèse par Philippe Raynaud.

    L’idéologie libérale, dans sa double dimension politique et économique, demeure, aujourd'hui plus que jamais, une énigme absolue, et d'autant plus troublante pour nous, Européens et Occidentaux, que cette idéologie, devenue apparemment sans alternative et sans contradiction, semble désormais un horizon indépassable, c'est-à-dire très exactement ce qu'avait tellement prétendu être sa rivale vaincue, l'idéologie marxiste-léniniste - sans bénéficier toutefois de l'enthousiasme frénétique et sacrificiel que celle-ci avait su néanmoins susciter au cours du siècle précédent. Peut-être parce que le libéralisme est devenu depuis trop longtemps chez nous la traduction de « l'ordre établi », d'autant plus établi qu'il est dans son essence fort prosaïque, et que l'ordre ne fait jamais rêver, y compris lorsque le désordre croît, comme aujourd'hui avec la crise et le grand déclin traumatique de l'Empire américain.

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  • « Le Crépuscule de l’universel », selon Chantal Delsol

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    Par Michel Geoffroy, auteur de La Super-classe mondiale contre les peuples ♦ On ne présente pas Chantal Delsol, professeur émérite des universités en philosophie, membre de l’Institut et auteur de chroniques souvent bien senties au Figaro. Mais son dernier essai, Le Crépuscule de l’universel [1], mérite que l’on s’y arrête.

    De quel universel s’agit-il en effet ? Tout simplement, de la modernité occidentale, qui a rompu avec l’humanisme classique, pour se muer en humanitarisme et en individualisme fanatiques. Et pourquoi un crépuscule ? Parce plusieurs cultures mondiales s’opposent désormais clairement et fermement à cet humanitarisme idéologique. Et parce qu’il se trouve aussi contesté en Europe même par ce qu’on nomme le « populisme » et les « démocraties illibérales ». Pour cette raison, nous vivons une nouvelle « guerre des dieux », entre des paradigmes de plus en plus irréductibles.

    La modernité occidentale en question

    Est-ce une catastrophe ?

    Oui, répondent les tenants du Système, qui voient les racines intellectuelles et morales de leur pouvoir remises en cause, et qui, pour cette raison, se réfugient de plus en plus dans le raidissement idéologique, la diabolisation et la répression de toute pensée ou parole dissidente en Occident.

    Une situation paradoxale car ceux qui vantent la diversité récusent en réalité l’altérité « puisque [pour eux] l’autre est voué à devenir comme nous donc à disparaître en tant qu’autre [2] ». Donc le courant humanitariste « récuse les séparations mais réintroduit le clivage entre lui et ses adversaires, les antimodernes. Il est pacifiste mais fait la guerre sous toutes ses formes pour lutter contre ceux qui ne le sont pas [3] ».

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  • Théologie de Joseph de Maistre

    Théologie de Joseph de Maistre.jpegpar Marc Froidefont (Editions classiques Garnier).

    Disons-le d'emblée, il s'agit là d'une remarquable étude menée dans l'alliance d'une grande érudition philosophique, théologique et littéraire, et d'une clarté d'expression admirable, bien digne de son sujet.

    Joseph de Maistre est en effet un des plus grands écrivains en langue française. Rappelons qu'il n’était pas Français mais Savoyard, diplomate au service de son pays, le royaume de Piémont-Sardaigne.

    Hors de question, dans ces quelques lignes, d'aborder le fond des thèmes étudiés de la pensée maistrienne.

    Ils sont ordonnés en trois parties : la création, la chute, le retour vers Dieu.

    Dans la première, en 8 chapitres, relevons l'exposé des grandes idées maistriennes sur la grandeur de l'homme, sur l'homme image de Dieu, sur l'intelligence, sur la liberté de l'homme.

    La deuxième partie, en 17 chapitres, comme son titre l'indique, porte sur le péché originel et ses conséquences sur la condition humaine confrontée au mal et à la mort.

    La troisième, en 10 chapitres (le temps, l'histoire, les rois et les juges, la révolution française), est consacrée à ce que l'on peut sans doute désigner comme l'espérance maistrienne (et peut-être les illusions).

    Citons ici au moins les lignes de la belle conclusion de Marc Froidefont sur Maistre : « Sa force est d'avoir combattu les Lumières et les idées révolutionnaires en montrant que, loin d'être un progrès, les idées nouvelles ne révèlent que le néant, la vacuité, des entreprises humaines, lorsque ces dernières, plutôt que de répondre à la sollicitude divine, préfèrent l'orgueil d'une économie coupable. »

    Insistons encore sur le fait que, dans ce livre de 500 pages, Marc Froidefont, agrégé de philosophie et docteur en poétique et littérature, prouve très agréablement combien une analyse très minutieuse des idées complexes du grand écrivain catholique peut s'exposer sans la moindre lourdeur technique.

    BA. Reconquête Août-septembre 2016

  • Philosophie de la modernité et de la mondialisation avec Guilhem Golfin et le frère Thierry