
par François Marcilhac
À l’heure où nous écrivons, le dernier à s’être déclaré est Gabriel Attal, mais rien ne dit qu’avant la publication de ces lignes un nouveau destin national ne surgira pas du ventre fécond de la République. Car s’il est bien un sujet qui aurait justifié l’étonnement de quelque nouveau Persan en visite en France inventé tout exprès par Montesquieu, et bien plus légitimement que la cour de Versailles, c’est la faculté qu’ont certains de nos politiciens de se poser en sauveurs de la France pour n’avoir jamais rien fait d’autre de toute leur vie que d’avoir hanté les couloirs du pays légal, y jouant parfois un rôle prépondérant sans pourtant que l’on puisse trouver un lien existentiel entre leur action passée et présente et le bien commun de la nation. Mais la république est ainsi faite qu’elle a besoin en permanence d’un sauveur et la Ve, qui prétend faire reposer l’élection du chef de l’État sur le dialogue entre un homme et son peuple, suscite des vocations à foison. Si l’heure internationale n’était si grave et la situation du pays aussi catastrophique, c’en serait presque risible. Malheureusement, les Français n’ont plus envie de rire. L’état de délabrement avancé dans lequel les politiciens ont mis la France ne rend encore que plus lamentable le spectacle qu’offre un pays légal dont la reproduction endogène suscite un dégoût qui pourrait un jour éclater en une colère légitime.
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