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Apologie du terrorisme devant des lycées à Caen : un jeune du RN « choqué mais pas surpris »

capture FB @préfectureCalvados

La ville de Caen, en Normandie, n'est pas épargnée par les désormais habituelles scènes d'émeutes lycéennes. Mais ces derniers jours, un seuil a été plus que largement franchi depuis la découverte, sur le réseau social Snapchat, de vidéos postées le jour d'une mobilisation lycéenne du 8 octobre, mettant en scène des jeunes arborant des maillots floqués « Merah », « Ben Laden » et « Hitler » devant le lycée Salvador-Allende à Hérouville-Saint-Clair et devant le lycée Dumont d'Urville en plein centre de Caen.

Un jeune interpellé

Des faits suffisamment graves qui s'ajoutent à des images « montrant des violences contre les forces de l’ordre [doigts d'honneur, NDLR], le saccage d’un bâtiment scolaire à Caen » ainsi que « la proposition d'un mortier d'artifice » pour justifier, selon la préfecture du Calvados, l'ouverture d'une enquête pour apologie du terrorisme et de crimes contre l'humanité. « Je crois savoir qu'on a déjà ou qu'on va réussir à identifier un certain nombre de personnes, donc je pense que des interpellations pourront se faire assez rapidement », a rapidement fait savoir le préfet David Clavière. On apprend, ce vendredi, qu'un des trois jeunes a été interpellé et présenté à un juge des enfants. Placé sous contrôle judiciaire, il comparaîtra au mois de décembre devant le tribunal pour enfants de Caen.

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Ces images sont-elles représentatives de l'ambiance habituelle « de rue » qui règne à Caen ou sont-elles le signe qu'un nouveau cap a décidément été franchi ?

Un lien clair entre les racailles qui détruisent et ceux qui arborent les maillots floqués

Pour le savoir, BV a voulu connaître le ressenti d'un militant engagé sur le terrain d'un tout autre genre, Enzo Lemoigne, responsable du RNJ du Calvados et de la deuxième circonscription, précisément celle qui recouvre la ville d'Hérouville-Saint-Clair.

Ce jeune de 21 ans, qui laboure le terrain et multiplie les actions militantes, confie à BV avoir été profondément choqué lorsqu'il a découvert le post de la préfecture, d'autant que, précise-t-il, les images de ces jeunes arborant des sweat-shirts floqués s'accompagnent d'une vidéo tournée par France 3 révélant que « le lycée et ses abords ont été pillés par des groupes de racailles ». Signe, selon lui, « qu'il y a un lien clair entre ces groupes de jeunes et ceux qui s'affichent avec ce type de maillot devant le lycée. À Caen, l'ensauvagement franchit un nouveau cap insoutenable. »

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En matière d'ensauvagement, Enzo Lemoigne sait de quoi il en retourne : il a lui-même, début juin, été agressé par « un sympathisant d'extrême gauche en raison de [s]on engagement ». Un individu qui l'a d'abord insulté et menacé, puis l'a suivi pour lui cracher dans le dos avant de le frapper violemment au visage et contre lequel il a déposé plainte.

Complaisance et proximité des élus LFI, Emma Fourreau en tête

Concernant les émeutes et blocus lycéens, le responsable RN tient à faire connaître cette complaisance locale des élus d'extrême gauche - comme ailleurs en France - telle l'eurodéputée et conseillère municipale de Caen LFI Emma Fourreau qui soutient activement les blocages, s'affiche devant les lycées caennais et étale sans complexe sa proximité avec le mouvement antifa de la Jeune Garde - officiellement dissous et dont des membres sont actuellement incarcérés dans le cadre de l'enquête du meurtre du jeune Quentin. Cette vidéo tournée en plein centre-ville dans la permanence parlementaire d'Emma Fourreau en est la preuve. La même élue qui s'est distinguée, il y a quelques mois, par sa croisade contre le Canon français « a déjà été auditionnée par le passé pour apologie du terrorisme », ajoute Enzo. Accusation qu'elle conteste.

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Pas un tweet, pas un post, rien !

Malgré la gravité de cette affaire de maillots floqués, Emma Fourreau, à l'heure où ces lignes sont écrites, n'a d'ailleurs publié « aucune réaction ni condamnation », tient à préciser le responsable RN, qui fait la même remarque concernant le député PS de la circonscription d'Hérouville-Saint-Clair, Arthur Delaporte. Sans doute trop occupé ailleurs à faire interdire la promotion du livre du paisible Philippe de Villiers sur les bus de Caen ?

Quoi qu'il en soit, cette montée en gamme des violences dans le Calvados inquiète Enzo Lemoigne, qui a grandi à Caen. S'il se dit malheureusement « nullement surpris par ce tel niveau d'ensauvagement » qu'il a vu évoluer depuis des années, il doit désormais « compter, sur le terrain, avec cette présence antifasciste de groupes proches localement de La France insoumise ».

Il confesse à BV « sa crainte que, plus le scrutin des présidentielles approche, plus ce niveau de violence s'intensifie », tout en saluant l'extrême réactivité des fonctionnaires de police sur place qui ont toujours été très présents, même de nuit lorsqu'il s'est fait agresser. Et note, au passage, l'utilité des caméras de surveillance en ville. Nous en sommes là.

Sabine de Villeroché

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