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Quand donnera-t-on la parole aux régions ?

Au départ, les élections régionales et départementales devaient avoir lieu en mars 2021. Invoquant la crise sanitaire, on a officiellement décidé de les reporter en juin. Mais de l'aveu, faussement confidentiel, de Jean-Louis Debré, chargé par le pouvoir d'étudier la régularité constitutionnelle d'un tel report, l'intention du gouvernement tend, en fait, à les fixer en 2022, après le scrutin présidentiel.

On comprend aisément la tentation politicienne qui sous-tend ce désir. On entend reporter le plus loin possible un scrutin qui s'annonce catastrophique pour le pouvoir en place. On voit mal en effet quel exécutif régional, quelle majorité départementale, pourrait remporter cette année le parti La République en marche, – qu'on appelle encore "majoritaire" – pour les mêmes raisons d'ailleurs qu'aux désastreuses municipales de 2020.

Or, cela se révèle toujours une grave erreur pour un gouvernement, que de vouloir occulter, par n'importe quel artifice, les tendances profondes du peuple dans ses profondeurs, et ceci particulièrement lorsqu'il se prétend démocratique.

Le pays légal, en toute circonstance, ne peut imaginer survivre sans aucun lien avec le pays réel. Et celui-ci s'articule, de façon naturelle, sur le tissu des réalités professionnelles et des collectivités territoriales.

La constitution de l'Ancienne France se voulait elle-même régie par "le roi en ses conseil, le peuple en ses États". À oser maudire les 66 millions de "procureurs" – n'oublions jamais cette formule – le pouvoir actuel se révèle plus autoritaire que Louis XIV...

Les admirateurs inconditionnels du fondateur de la Cinquième république ne devraient, quant à eux, jamais oublier pourtant sa dernière tentative de redresser la France, celle qui fut repoussée lors du référendum de 1969 : la régionalisation.

Sous des formes différentes, généralement atrophiées, presque tous ses successeurs ont cherché à tenir compte de cet impératif national. On évoluait pas à pas. Lentement mais sûrement. Les programmes d'action régionale créés en 1956, puis les circonscriptions d'action régionale de 1960 n'obtinrent le statut de collectivité territoriale qu'avec la loi Defferre de 1982.

Pour lente, pour irritante aux yeux notre classe politique et médiatique, – indécrottablement jacobine en général, – cette montée en puissance de la Région a longtemps semblé irréversible...

Ceci jusqu'au jour où la présidence Hollande, misérable et désastreuse à tant d'égards, l'a fait reculer de quelque 30 ans avec la loi dite "NOTRe" –sigle aberrant signifiant "Nouvelle Organisation Territoriale de la République" – rédigée sur un coin de table à l'Élysée et votée au bonneteau en août 2015. Cette loi tendant à réduire le nombre de régions en France métropolitaine, s'est employée à bafouer l'identité de la plupart d'entre elles mais aussi, au nom des « intercommunalités renforcées », à tenir en laisse l'autre composante des libertés locales, celle des communes de France.

Soulignons à cet égard les conclusions formelles de la cour des comptes : loin de conduire à des "économie d'échelles" la réduction du nombre des régions s'est traduite par un surcroît de dépenses

On a simplement renforcé un millefeuille administratif de plus en plus incompréhensible, mais qui permet en fait à l'administration centrale et préfectorale de reprendre la main.

 L'urgence commande au contraire de dire non au report du scrutin régional, et de rétablir les régions dans leurs libertés et leurs identités.

JG Malliarakis 

https://www.insolent.fr/2021/01/quand-donnera-t-on-la-parole-aux-regions-.html

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