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Recrutement dans la police : quand nous entendront-ils ?

La police de notre pays a besoin d’effectifs et elle recrute. La campagne de recrutement 2021 propose 7500 postes, dont près de la moitié concerne les futurs gardiens de la paixMais attention, elle commence mal car l’objectif affiché vise à… « diversifier les profils » des effectifs. Les voyez-vous venir avec leurs gros sabots ?

Nous, si.

Car, comme l’image de nos forces de l’ordre est devenue si négative dans l’opinion publique pour les raisons que vous savez, les risques désormais encourus par nos malheureux policiers… (pour les mêmes raisons) sont tels et les rémunérations étant plus misérables encore que vous l’imaginez, les candidatures se font de plus en plus rares chez les Gaulois. Et il ne reste plus, comme volontaires, que les « Chances pour la France » !

Ceux qui nous lisent avec fidélité savent que l’opération porte le doux nom de

 » BARBARISATION DE NOS FORCES DE L’ORDRE « 

Et, depuis que nous mettons en garde, vous savez où cela mène puisque, les mêmes causes produisant les mêmes effets, l’Empire Romain en a perdu son existence , au VI ème siècle de notre ère. Il faudra bien y réfléchir avant de mettre vos bulletins dans les urnes, à l’élection présidentielle de mai et aux élections législatives de juin 2022 !

« Protéger » : le verbe est répété dix fois en quarante-cinq secondes, la version la plus longue du nouveau clip de recrutement de la police nationale, décliné en deux autres spots de quinze et trente secondes. Traduction dans le langage de communicant : « Une anaphore presque poétique » (sic), selon Jean-Laurent Py, directeur de création de l’agence Babel, chargée de sa réalisation, cité dans la présentation du clip. Plus prosaïquement, le Sicop (Service d’information et de communication de la police) en a fait le credo de sa nouvelle campagne de recrutement, « une ambition d’image » en même temps qu’un « rappel d’une évidence trop souvent oubliée : protéger est la raison d’être » de l’institution, explique Michel Lavaud. Mardi, le patron du Sicop lançait officiellement la campagne devant un parterre de journalistes, dans une salle de réunion de l’immeuble Garance, siège – entre autres – de la police des polices, dans le 20earrondissement de Paris. Mais une petite question, en passant :

ET SI NOUS PROTEGIONS DAVANTAGE NOS POLICIERS ?

Une chose est certaine : il sera difficile d’échapper à l’« évidence » au cours des trois semaines à venir. La première diffusion du clip lundi soir, sur TF1, avant un épisode de la série d’anticipation « Plan B », devrait être suivie de 350 autres avec, en guise de point d’orgue, un créneau d’ores et déjà réservé à l’occasion de la rencontre inaugurale de l’équipe de France contre l’Allemagne, en match de poule de l’Euro 2021, le 15 juin. Ces achats d’espaces publicitaires, couplés à des expositions de contenus sur les réseaux sociaux, devraient mobiliser 60 % du budget alloué, soit 1,2 million d’euros, un montant stable par rapport à celui des années précédentes. 

Les responsables de la police savent toutefois qu’une telle profession de foi, même assortie d’un clip vidéo et convenablement financée, ne pourra suffire à susciter l’engouement massif des candidats. Aussi, pour recruter plus large, a-t-il été prudemment décidé d’ouvrir le concours interne de gardien de la paix, jusqu’ici réservé aux adjoints de sécurité, à l’ensemble de la fonction publique. Derrière l’ambition affichée d’une diversification des profils de ses fonctionnaires, la police cherche aussi à attirer des agents déjà sensibilisés aux notions de service public et d’intérêt général, au fait du fonctionnement des rouages d’une administration, aptes à intégrer les contraintes hiérarchiques susceptibles de rebuter parfois les plus jeunes recrues. Surtout lorsqu’elles sont issues de l’immigration !

Celles-ci n’ont cependant manqué ni en 2019 (18 500 candidats) ni l’an passé (1 000 de plus), mais ce vivier, « relativement stable, voire en légère progression »,reste éloigné des records enregistrés après les attentats de 2015 : en 2016, année exceptionnelle, 36 000 postulants avaient tenté de rejoindre les rangs de la police. Ouverte jusqu’au 16 juillet, la campagne 2021 vise à pourvoir 7 500 postes, dont 3 500 de gardiens et gardiennes de la paix, son véritable cœur de cible (sic). Ces effectifs, en tenue pour la plupart, ne constituent pas seulement la colonne vertébrale de la sécurité publique, « une direction qui réalise une intervention toutes les dix secondes », précise encore Michel Lavaud. Ils représentent aussi la partie la plus visible de l’activité de la police. Etoffer ses rangs ne manquerait pas, ainsi, de donner corps à la promesse formulée à l’unisson par le président de la République, Emmanuel Macron, et son ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin : « Plus de bleu sur le terrain » en 2022, année d’échéances électorales.

Hélas, attendez-vous à ce que ce  » bleu  » ressemble à s’y méprendre aux  » bleus  » de l’équipe nationale de football ! *

Sans se hasarder à évaluer le seuil de succès de sa campagne actuelle, la police ne dissimule rien de son ambition : le message incarné dans son clip ou sur les 2 000 affiches prévues dans le Grand Paris – et réalisées par le propre studio graphique du Sicop – n’a pas pour seul objectif de susciter des vocations. Il marque aussi la première étape d’une tentative de reconquête dans la bataille des images et de la communication, un terrain d’influence que se disputent pour l’heure commentateurs plus ou moins avisés de la question sécuritaire et syndicats, seuls véritables détenteurs de l’expression policière. « Parce que la police nationale occupe largement l’actualité, avance Michel Lavaud, nous devons réintégrer ce débat en tant qu’institution, retrouver une voix au chapitre. »

Mardi, la présence à ses côtés de la commissaire divisionnaire Sonia Fibleuil, nouvelle porte-parole de la police, ne devait donc rien au hasard ni au protocole, pas davantage que celle de cinq jeunes fonctionnaires que l’on devinait soigneusement sélectionnés pour leur représentativité – 3 hommes et 2 femmes, originaires de la région parisienne, de province ou des territoires d’outre-mer –, venus dire leur satisfaction quotidienne d’exercer, comme l’expliquait Maï, 33 ans, gardienne de la paix en police-secours, « non un métier comme un autre, mais une vocation ». Hannah, agent d’une brigade territoriale de contact, policière affectée à la plate-forme de signalement des violences sexuelles et sexistes ou Hamza, fonctionnaire à la BAC (brigade anticriminalité) de nuit à Paris, unanimement « fiers » d’un engagement « à la fois personnel et professionnel » et, pour certains d’entre eux, « ambassadeurs numériques » de leur administration à travers les réseaux sociaux, tous ont insisté sur les grandeurs et les servitudes d’un métier « exigeant », « difficile », tenant de la passion autant que du sacerdoce. « Travailler dans la police, résumait à leur suite Sonia Fibleuil, c’est vivre avec des femmes et des hommes comme ces jeunes gens, de toutes origines, qui veulent d’abord agir par vocation. »

Mais que se passera-t-il lorsque la guerre civile raciale éclatera (ce qui est inéluctable) et que ces « jeunes gens » devront choisir leur camp ?

https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/

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