Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Après l’Italie, la Grèce est suspendue à la manne du projet de relance économique de l’UE.

La Commission européenne va recevoir cette semaine le volumineux plan de relance grec, adopté fin mars par le gouvernement et débattu depuis par le Parlement grec. Ce projet se veut à la fois ambitieux sur le plan économique et crédible dans sa mise en oeuvre.

Plus de 100 réunions de travail au total avec une équipe spéciale qui a travaillé sous la houlette du prix Nobel d’économie, Christopher Pissarides, font du programme grec d’utilisation des ressources du fonds de relance européen (32 milliards d’euros) l’un des plus élaborés des Etats membres.

Pour le pays le plus endetté de l’Union qui commençait tout juste à se relever de dix ans de crise économique, il n’est pas question de rater cet examen de passage. L’accès au fonds européens constitue une manne inespérée dans laquelle le Premier ministre voit une chance historique de faire repartir l’activité sur des bases plus solides. En frappant durement le tourisme et les services, la pandémie a fait perdre au pays 10 % de son PIB l’an dernier. C’est dire si les 32 milliards d’euros que doit recevoir la Grèce, 18,2 milliards sous forme de subventions et 12,7 milliards de prêts, soit l’équivalent de 20 % du PIB, constituent une aubaine propre à rebattre les cartes de l’économie grecque.

« Le plan de relance national peut ajouter sept points de croissance supplémentaire au cours des six prochaines années et créer 200 000 emplois », a lancé le Premier ministre en présentant son projet.   Baptisé « Grèce 2.0 », le plan, qui décline près de 200 projets et une soixantaine de réformes, signe la volonté des dirigeants grecs de rendre l’économie plus attractive et plus compétitive. Ils espèrent ainsi doubler la mise et attirer au total près de 60 milliards d’euros .

Comme pour les autres pays européens, le plan grec comporte des figures imposées. Plus d’un tiers des subventions (6 milliards) sera alloué à l’incontournable « transition climatique« . Une autre tranche de 2,1 milliards servira à accélérer la transition numérique avec la construction de réseaux 5G (dont on a pourtant du mal à comprendre l’intérêt réel), la numérisation des services de l’Etat et le recours à l’intelligence artificielle pour lutter contre l’évasion fiscale qui reste une priorité. Un gros tiers de l’enveloppe sera dédié à la formation et à la santé. Enfin, près de 5 milliards iront irriguer le financement des infrastructures. « On ne saurait trop insister sur l’importance d’un tel mur d’argent : non seulement il doit permettre de sortir du marasme de la pandémie mais il pourrait aussi contribuer à transformer la structure même de l’économie. Et à terme, combler le déficit chronique d’investissement qui a placé la Grèce en queue de peloton de l’UE », commente George Grigoriou, analyste financier chez Pantelakis Securities.

Reste la question qui brûle les lèvres s’agissant de la Grèce : l’administration du pays, seulement en partie réformée ces dernières années, sera-t-elle capable de s’approprier ce chantier homérique, et les régions d’assimiler de telles masses d’argent : « L’ampleur des fonds à déployer est sans précédent dans l’histoire économique d’après-guerre de notre pays, ce qui soulève des problèmes quant à la capacité d’absorption», relève George Pagoulatos, professeur d’économie. Une tâche dont le Premier ministre grec est conscient lorsqu’il évoque « un marathon » qui ne se terminera que « lorsque tous les fonds seront absorbés, au plus tard en 2026 ».

Après le régime sec et même archi-sec imposé au pays par ses créanciers et les gauleiters de Berlin et de Bruxelles, à partir de 2015, l’habitude a été perdue de disposer de telles lignes de crédit ! Souhaitons que le pays d’Aristote, d’Homère et bien sûr d’Euripide parvienne à se relever de cette tragédie.

Le 21 avril 2021.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

P.S. Nous apprenons simultanément que, pendant que la Grèce avance dans la mise au point de son plan de relance économique, l’Italie de Mario Draghi (Super Mario de la BCE), justement… patauge dans la semoule et risque de ne pas respecter les délais fixés par la Commission européenne ! Nul n’est, décidément, prophète en son pays.

https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2021/04/21/apres-litalie-la-grece-est-suspendue-a-la-manne-du-projet-de-relance-economique-de-lue/

Les commentaires sont fermés.