Mes chères impertinentes, chers impertinents,
Notre grand timonier, Mozart de la finance exsangue nous a gratifiés d’un discours devant un sous marin nucléaire nous expliquant que « pour être libre, il faut être craint. Pour être craint, il faut être puissant ».
Cette vision me pose plusieurs problèmes majeurs.
Il n’y a aucun rapport entre la liberté et la peur que l’on inspire aux autres.
Pour être libre il faut d’abord être souverain.
Pour être souverain il faut être indépendant.
Pour être indépendant il faut être capable de financer son train de vie, il faut être capable d’assurer tous ses besoins fondamentaux, et éventuellement il faut effectivement être capables de se défendre.
Pour être souverain et donc libre, il ne faut pas être craint, il faut avoir les attributs de notre souveraineté.
Il faut pouvoir battre monnaie, il faut pouvoir édicter nos lois et les faire appliquer (justice et police) et enfin il faut pouvoir décider de la paix et de la guerre.
Pour être souverain, il ne faut pas crouler sous 3 500 milliards d’euros de dettes et être soumis aux créanciers de notre pays.
Pour être libre il faut d’abord vouloir être libre et ne pas transférer tous les instruments de notre indépendance aux autres.
Pour être libre il faut être capable de produire ses masques en cas de pandémie ou sa nourriture en cas de famine. Les accords de libre-échange aboutissent à l’inverse et détruisent nos indépendances pour créer nos dépendances.
Pour être libre il faut avoir le sens de la nation et du pays seul échelon où la démocratie réelle peut s’exprimer.
Pour être libre il ne faut pas être craint.
Ce sont les dictateurs qui se font craindre.
Les leaders, eux, entraînent et suscitent l’adhésion.
Alors Macron se trompe comme à chaque fois.
Il veut faire peur, mais la France n’a pas à faire peur. La grandeur de la France n’est pas de faire peur aux autres.
Macron est à la tête d’un pays impuissant car il a organisé nos impuissances depuis 10 ans. Il a désarmé le pays en tout, sur tout, et dans tous les domaines.
Il ne lui reste que ses bombinettes dont il est à souhaiter que nous ne les utilisions jamais.
Il peut en augmenter le nombre (sans en donner désormais le chiffre)… cela ne sert à rien. Encore faut-il pouvoir les lancer.
Soit X sous marin contenant y missiles = le nombre de bombinettes auquel on peut ajouter le nombre d’avion Z emportant 1 missile = le 2ème nombre de bombinettes. Tout ceci est ridicule. Secret de polichinelle pour stratège ligne Maginot de la dissuasion pensant « ambiguïté stratégique » d’école primaire et pas d’école de guerre. Mais qui a pu souffler une telle idée indigente à notre président ?
Une véritable annonce aurait été de nous dire que l’on allait créer une nouvelle composante avec par exemple des gros missiles montés sur des gros camions qui peuvent se déplacer et que l’on peut cacher plus facilement que les silos fixes de notre ancien plateau d’Albion.
Quant à la dissuasion avancée il faut la comprendre dans le sens ou elle n’était pas très dissuasive !
Soit un rafale dont l’autonomie en vol ne dépasse pas les 1 700 kilomètres sans ravitaillement et un missile nucléaire qui peut faire 500 km quand il est lancé et vous pouvez au mieux aller à 1 700 + 500 = 2 200 kilomètres.
Manque de pot, Paris-Moscou c’est 2 461 km de distance, quant au reste de la Russie il est hors de portée de nos avions porteurs de nos bombinettes nucléaires. D’où l’idée géniale de la dissuasion avancée qui consiste à avancer nos avions plus près de la Russie pour la menacer plus profondément et sur une portion plus large de son territoire. Pas sur que cela amuse beaucoup Poutine. Cela fait furieusement penser à la crise des euromissiles ou nous les américains avaient déployé en Allemagne des missiles nucléaires Pershing pour répondre à la menace des SS20 soviétiques.
La grandeur de la France c’est d’être sage.
Alors je préfère cette idée à celle de Macron.
La sagesse c’est d’être fort et la force, c’est d’être sage.
Oui nous devons pouvoir nous défendre. Nous devons pouvoir dissuader. Mais la puissance ne s’exprime jamais uniquement par la force brute. La véritable puissance, le véritable art de la guerre, comme l’enseigne Sun Tzu c’est de gagner des guerres sans même avoir livrer de bataille.
La sagesse c’est d’être fort et la force, c’est d’être sage.
Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu.
Préparez-vous !
Charles SANNAT
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