
Une petite vidéo, qui circule depuis quelques heures sur les réseaux sociaux, a peu été relevée. Elle préfigure pourtant admirablement l’inexorable sort de La France insoumise, comme une justice immanente.
Antoine Léaument est venu soutenir, à l’instar de nombre de députés de son groupe - était-ce une consigne donnée à tous ? -, les blocus lycéens, avec leur cortège de profs bousculés, de poubelles incendiées, de tirs de mortier, de jets d’acide et de drapeaux palestiniens déployés. Le motif invoqué est « le manque de moyens », et le gouvernement, qui fait mine d’y croire, vient d’ouvrir « une plate-forme de concertation » (sic) pour écouter les doléances. Parce que pour exiger qu’on repeigne les murs et améliore la cantine, on scande bien sûr « Free, free Gaza ». Pour réclamer des profs, on tabasse le proviseur : cela donne tout de suite envie aux enseignants d’être affectés dans ce lycée.
Antoine Léaument, donc, s’est joint aux adolescents pour les encourager et les pousser dans le dos. Mais voilà que, soudain, il change de ton. Le pied d’un réverbère vient d’être incendié et le feu se propage dans les cris. Tel un diable sortant de sa boîte, il pousse les manifestants encapuchonnés, hilares et éructants qui filment la scène. Il s’agite, s’approche du feu puis s’en écarte, affolé : « C’est débile ! C’est débile, de faire ça ! » Aucun lycéen ne l’écoute. Antoine Léaument, thuriféraire de Robespierre, se rendrait-il compte soudain des conséquences gravissimes de ces petites émeutes ? Mais c’est lui, pourtant, qui donne en exemple la Révolution, et la Commune ! Que croit-il donc qu’il s’est passé, pendant les incendies qui ont marqué ces événements ? Ses mines dépassées de pompier pyromane rappellent celles, déconfites, de Mathilde Panot quand, lors d’un meeting, Rima Hassan, à ses côtés, avait déclaré que le temps du porte-parolat était révolu.
Pauvre Antoine, « tout blanc, tout moche », avec son prénom chrétien, sera vite piétiné par la Nouvelle France, malgré tout le zèle qu’il déploie pour tenter de démontrer qu’il en est lui aussi. Un quartier de diversité italien ne suffira pas à convaincre, mon chéri. On invoque son saint patron quand on a perdu quelque chose : il a, quant à lui, perdu la partie, et tous les cierges devant San Antonio à Padoue ne sauront changer le cours des événements, qui sont d'ores et déjà écrits : à force de jouer avec le feu, on s’y brûle, au sens propre comme au sens figuré. La créature échappe toujours à son créateur. Et cela a commencé.