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Le pourquoi du relatif insuccès du Front National dans les très grandes villes

Résultats du Front National lors du premier tour des élections municipales de 2014 dans les dix plus grandes villes de France

Paris 6,26%

Marseille 23,16%

Lyon 13,78%

Toulouse 8,15

Nice 15,59

Nantes 8,14 

Strasbourg 10,94 

Montpellier 9,18 

Bordeaux 6,06 

Lille 18,22

Bien souvent, l'erreur effectuée par les analystes dans le cadre de la rédaction de leurs articles, est de défendre leur point de vue de façon exclusive, nonobstant d'autres pistes. C'est ainsi qu'un point de vue n'englobe que très rarement la totalité de la vérité. A titre d'exemple, j'évoquais hier avec un Ami, le pourquoi des fascismes à partir des années 20. Il existe à ce sujet trois interprétations bien connues. La communiste faisant du fascisme le dernier recours du Capital (« Plutôt Hitler que Staline »). Celle que l'on peut qualifier de « socialiste », insistant sur l'histoire spécifique de certains pays, favorisant par la suite l'advenue du fascisme. Enfin, l'interprétation dite de "droite", considérant que le fascisme est un fait historique daté, désormais ancré dans l'histoire d'un passé définitivement révolu.

L'erreur donc, serait parmi ces trois interprétations, de n'en choisir qu'une, nonobstant les deux autres. Le fait est malheureusement assez courant au quotidien et beaucoup, de défendre bec et ongles leur unique point de vue, comme s'il n'existait aucun autre angle de visée.

C'est ainsi qu'énoncer le fait que le Front National n'a que peu réussi dans les très grandes villes lors des dernières municipales par rapport aux résultats obtenus dans les villes plus petites n'est que majoritairement vrai. A titre d'exemple, on notera les bons résultats obtenus à Marseille, Nice ou Lille. Il faut aussi prendre garde à la sécheresse des résultats bruts : c'est ainsi que le résultat à Paris, en apparence faible, masque le réel décollage du Front National dans la capitale. 

Remarquons quand même objectivement que dans huit des dix plus grandes villes, le Front National est en dessous du score national (16,5%), et le plus souvent de façon assez nette. C'est ainsi que dans quatre villes sur dix, le Front National se situe à moins de la moitié de son résultat national.

Il existe donc, bel et bien, un problème au sujet des grandes villes.

Ce n'est certes pas la valeur des candidats du Front National qui est en cause. Comme pour les autres structures, le Front National présente pour les villes majeures, des candidats triés sur le volet, de plus à fort enracinement local. Par voie de conséquence, on peut en déduire que dans la majorité des grandes villes, ce n'est pas le Front National qui perd mais ses opposants qui gagnent.

On remarquera aussi - et c'est là fait important - que dans ces très grandes villes, les mouvements politiques situés à gauche du parti socialiste font, eux aussi, des scores modestes. On peut donc en déduire que concernant les très grandes villes, c'est le centre (de l'ump au parti socialiste) qui gagne facilement contre la périphérie.

Il n'en a pas toujours été ainsi de par le passé.

L'idée intuitive qu'ont ceux qui commencent à disposer d'un certain âge, de la droite et de la gauche, est d'associer certaines notions à la première et d'autres à la seconde. A droite, l'ordre ou la patrie. A gauche la défense des plus démunis et le progrès social. Le passé récent – trois décennies – a redistribué les cartes et rendu ces associations obsolètes.

Aujourd'hui, il n'existe pas de gestion radicalement différente de ces grandes villes, selon qu'elles soient tenues par la droite ou par la gauche. Ayant vécu environ 25 ans sur Lille, j'ai pu constater l'involution sociologique du paysage. Le fait n'est d'ailleurs pas uniquement celui de la capitale nordiste. 

Aussi bien l'augmentation des divers impôts locaux et frais rattachés dans les grandes villes, ont fait fuir non seulement les classes populaires, mais aussi la partie basse voire moyenne de la classe moyenne. Il existe donc un transit progressif partant du centre ville vers la périphérie. 

On pourrait donc énoncer – en tenant compte des exceptions et avec une certaine réserve - que moins on est fortuné, plus on est éloigné du plein centre.

La droite comme la gauche, a extirpé, pour des raisons qui sont principalement financières, les familles ne disposant pas d'un important pouvoir d'achat. C'est donc le paysage sociologique des grandes villes qui a ainsi changé. Villes dont la configuration est désormais la même, perdant ainsi diversité ou pluralité.

Une des raisons d'être initiales des boulevards ceinturant les grandes villes était voici très longtemps, de protéger une population cossue, des masses populaires, jugées « laborieuses » voire « dangereuses ».

Nous y retournons.

En ce sens, droite et gauche aujourd'hui, défendent des intérêts de classes. Très favorisées en l'occurrence ...

ALain Rebours

http://www.voxnr.com/cc/a_la_une/EFAZFVVlZysCejDZAX.shtml

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