
À gauche, Mélenchon est le seul à encore savoir faire de la politique. Sa candidature n’a donc rien d’une surprise. En bon trotskiste, il passe en force. Une fois encore. Une fois de trop ?
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À gauche, Mélenchon est le seul à encore savoir faire de la politique. Sa candidature n’a donc rien d’une surprise. En bon trotskiste, il passe en force. Une fois encore. Une fois de trop ?

En politique, la mémoire collective est courte, elle n’irait pas au-delà de six mois. Cette réalité influence profondément les stratégies de pré‑campagne. Certains responsables politiques misent sur cette amnésie structurelle pour se repositionner, se réinventer, ou se présenter comme neufs, même lorsqu’ils ont déjà occupé des fonctions importantes, ou participé à des décisions majeures. Certains candidats, forts de cette information, se lancent dès à présent dans la course vers l’Élysée. Mélenchon et Edouard Philippe en sont les exemples vivants. Le premier vient de dynamiter la gauche pour tenter de s’accaparer ce qui reste des électeurs socialistes. Il espère faire oublier ses saillies, ses excès, bref apparaître comme blanc, sauf que c’est sa quatrième candidature alors qu’il avait juré qu’il ne se représenterait pas. On se souvient d’une déclaration similaire d’Anne Hidalgo, elle avait réuni 2%. Mélenchon terminera plus haut lui. Mais sera-ce suffisant pour passer le premier tour ? Rien n’est moins certain. L’élection est dans un an, et d’ici là, ce qu’il compte effacer pourrait être remplacé par de nouveaux écarts de sa part.

Lors des élections locales en Angleterre, le parti Reform UK de Nigel Farage a obtenu 1453 conseillers municipaux, soit 1451 de plus qu’aux élections précédentes. Le parti travailliste au pouvoir en perd 1496 et se retrouve nettement derrière. A noter que parmi les « indépendants » qui gagnent 34 conseillers il y a des militants islamiques.

D’habitude, ce sont les Français qui sont à la traîne de la Grande-Bretagne, avec nos bourgeois louchant du côté de la monarchie constitutionnelle lors de notre Révolution, ou le culte thatchériste chez une certaine droite au siècle dernier. Aujourd’hui, les temps changent.

Fêtes et réjouissances chez les élites européennes et la presse mainstream : l’affreux Viktor Orbán est enfin tombé. Champagne et petits-fours, c’est Péter Magyar qui le remplace, et youpi, c’est un progressiste docile !
Vraiment ? Regardons cela.
Peter Magyar, c’est le chef de l’opposition hongroise et du parti Tisza qui, en plus des élections hongroises, devrait même remporter la majorité constitutionnelle qui lui permettrait, au besoin, de modifier la constitution.

Macron souhaite faire adopter une loi destinée à « protéger » la prochaine élection présidentielle des ingérences étrangères. Première question : de quoi a-t‑il si peur? De l’influence russe ? L’argument prête à sourire quand on observe ce qui s’est passé en Roumanie, ou quand on constate qu’aucun des candidats pressentis n’affiche la moindre proximité avec Moscou. À ce compte-là, l’alliance de Mitterrand avec le PCF en 1981 aurait été bien plus susceptible d’inquiéter l’OTAN, et pourtant la démocratie française a survécu sans que les chars soviétiques ne défilent sur les Champs‑Élysées, comme il était promis !

La situation est difficile, en ce moment, pour des pions essentiels de la mouvance patriote et identitaire, dans le monde. Bien évidemment, tout le monde à l’oeil fixé sur la guerre en Iran, et l’inquiétude est grande pour Donald Trump qui ne se remettrait pas du camouflet que constituerait le maintien du régime des mollahs, malgré tout le dispositif militaire déployé. Dans le même temps, Benjamin Netanyahou subit une nouvelle campagne mondiale de dénigrement, tout simplement parce qu’il tue, comme il l’a fait à Gaza avec le Hamas, des terroristes du Hezbollah à Beyrouth.

Les LR se cherchent, encore et toujours. Rien de nouveau. Entre Bruno Retailleau qui se rêve présidentiable et Laurent Wauquiez qui tente d’élargir son camp de Philippe à Knafo, chacun y va de sa petite théorie de “l’union”. Wauquiez va même jusqu’à affirmer que le RN n’est pas de droite. Peut‑être. Mais que dire alors de son propre camp, obligé l’été dernier, par la voix de l’indéboulonnable Larcher, de rappeler bruyamment qu’il était “de droite” ? Vraiment ?