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24/07/2017

L’égalité : un leurre et un vice

Chronique de Paysan Savoyard

(n° 186 – juillet 2017)

Dans l’esprit de chacun désormais, la France commence avec la République. L’histoire du pays antérieure à la prise de la Bastille est considérée comme une longue période obscure, faite de violence et de guerres, d’inégalités scandaleuses, de famines et d’épidémies, d’oppression absolutiste et d’inquisition, d’oppression religieuse et de superstition. Le 18e siècle est venu heureusement diffuser la Lumière et préparer la révolution salvatrice, l’avènement de la république et de ses valeurs, l’accomplissement de la modernité.

Il nous semble pourtant que la république et ses « valeurs », l’égalité, la liberté, la démocratie, la laïcité, l’universalisme, méritent d’être examinées et critiquées. C’est l’exercice auquel nous nous livrerons dans une série de chroniques. Compte tenu du format de ces dernières, le sujet sera traité de façon cursive : nous espérons cependant savoir nous garder d’une superficialité abusive.

L’égalité est au cœur des valeurs de la république et suscite une adhésion générale. Elle ne mérite pas cet honneur selon nous. En dépit de sa position éminente dans l’imaginaire contemporain, l’égalité nous apparaît en effet comme un leurre, une tromperie et finalement un vice. 

L’égalité, l’une des principales « valeurs républicaines »

La révolution française veut remplacer la société traditionnelle et lui substituer la société moderne, assise sur les « valeurs républicaines ». L’égalité est, avec la liberté, la principale de ces valeurs, l’un des concepts centraux mis en avant par la révolution. La proclamation de l’égalité a plusieurs fondements.

Proclamer l’égalité pour rompre avec la société traditionnelle

Les révolutionnaires entendent faire table-rase et rompre en tout point avec la société traditionnelle. Or La société traditionnelle n’était pas égalitaire mais au contraire organisée selon le principe hiérarchique, lequel constituait même l’une de ses caractéristiques principales. Vouloir rompre avec la société traditionnelle impliquait dès lors de proclamer un principe inverse : l’égalité.

La société traditionnelle repose tout d’abord sur le principe de hiérarchie au sein de la cellule de base qu’est la famille, sur laquelle s’exerce l’autorité du père, chef de famille. L’Eglise, l’un des deux piliers de la société d’Ancien régime, est elle-même strictement hiérarchisée. De même encore l’ordre de la noblesse, selon les principes de la société féodale, est structuré de façon hiérarchique grâce à un système pyramidal de suzerainetés et de vassalités. Surtout la société est organisée en « ordres », les deux premiers occupant une place prééminente sur le troisième. Cette inégalité des statuts est de plus héréditaire puisque l’on naît dans l’ordre auquel appartenaient ses aïeux. Au sommet de la société l’autorité du Roi a un caractère sacré.

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