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Français, qu’avez-vous laissé faire de notre médecine ?

Lors de la phase la plus virulente de la pandémie de Covid-19, nous posions déjà la question de l’état de délabrement de nos services de santé et des responsabilité de nos gouvernements successifs dans cette catastrophe (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2020/03/19/france-quas-tu-fait-de-ta-medecine/ mais aussi https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2021/11/09/et-voila-ou-menent-cinquante-ans-de-pauperisation-organisee-de-la-sante-en-france/).

Et pourtant, ce n’était pas faute d’avoir précédemment tiré de nombreuses sonnettes d’alarme face à la lente détérioration de ce qui fut longtemps l’une des meilleures médecine du monde et que nous avions connue et pratiquée au sommet de son efficacité et de sa gloire. Mais rien n’y a fait et nous touchons aujourd’hui le fond avec, d’une part, une paupérisation sans fin des hôpitaux et, d’autre part, des recrutements inconsidérés de médecins à diplômes étrangers dont l’incompétence met en danger la santé des Français.

En voici le dernier exemple, particulièrement démonstratif de l’abandon de nos responsables politiques tant le symbole a de la force.

Le service d’hématologie de l’hôpital Saint-Louis, à Paris (10e), constitue un fleuron de la discipline (qui n’a jamais entendu parler du célèbre professeur Jean Bernard, le père de l’hématologie moderne dans le monde entier – https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Bernard_(médecin) -). On vient de la France entière pour s’y faire soigner. Et du reste de l’Europe pour s’y former. C’est pourtant ce service particulièrement réputé, et plus précisément son étage d’immunopathologie clinique, en charge des maladies rares et de certains cancers hématologiques, qui est menacé de fermeture.

Personnels et patients appellent à un rassemblement mardi 19 avril devant l’établissement de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), ancré au nord-est de la capitale. Le service ne pourra plus fonctionner « à très court terme », mettent-ils en garde dans une lettre adressée aux candidats à l’élection présidentielle. En cause : le manque d’infirmiers de nuit.

A compter du 1er juin, le tableau des gardes ne compte ainsi plus aucun inscrits, selon les médecins du service. Impossible dès lors d’assurer la permanence et la sécurité des soins. Depuis septembre, l’équipe de nuit de ce service dans lequel une forte technicité est requise, a été décimée : il reste deux infirmiers, au lieu des douze nécessaires – et l’un d’eux s’en va cet été. Ce sont donc des soignants de l’équipe de jour qui se relaient la nuit, avec en parallèle un recours toujours plus important à l’intérim et, comme nous l’avons déjà rapporté, à de véritables mercenaires de la médecine, la plupart du temps venus de l’étranger (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2022/02/08/des-archives-du-cer-a-la-situation-daujourdhui/ mais aussi https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2021/10/26/retour-sur-les-mercenaires-de-la-medecine-hospitaliere/).

« A la longue, ça devient difficile, le changement de rythme, pour le corps mais aussi socialement, résume Jordan Le Solliec, 29 ans, infirmier passé sur les horaires de nuit depuis janvier, qui va retourner sur son poste de jour en mai. On s’accroche, mais on sait que sur le long terme, ça ne va pas le faire, les gens sont épuisés, ils vont partir… La situation est vraiment attristante, surtout pour les patients. »

Il y a urgence à « reconnaître la pénibilité du travail de nuit et de le valoriser de façon significative », écrivent les signataires de la lettre d’alerte aux candidats, dénonçant le niveau dérisoire pratiqué actuellement, avec une compensation de 9,63 euros brut par nuit. « Les pouvoirs publics doivent donner à l’hôpital les moyens d’assurer sa mission », soutiennent-ils.

« On sent bien qu’on arrive au bord d’une ligne rouge, la qualité des soins se dégrade », s’inquiète l’hématologue Marion Malphettes. La médecin de Saint-Louis commence à devoir refuser des patients ou décaler des chimiothérapies, alors que le service, qui reçoit un millier de patients par an, ne compte plus que quatorze lits depuis l’été, contre vingt-trois auparavant. « Tous les services sont touchés, il y a des lits fermés partout », reprend l’hématologue.

Ce n’est pas la crise due au Covid-19 qui est la première en cause, alors que l’épidémie reflue, mais la pénurie d’infirmiers qui s’aggrave dans de nombreux établissements depuis l’été, les obligeant à fermer des lits. Et ce, malgré le Ségur de la santé acté à l’été 2020, avec une revalorisation de 183 euros par mois pour les personnels hospitaliers. L’AP-HP compte aujourd’hui 16 000 infirmiers dans ses murs, contre 17 000 il y a un an, et environ 16 % de lits fermés.

« Nous mettons tout en œuvre pour que le service d’immunopathologie ne ferme pas, soutient Vincent-Nicolas Delpech, directeur du groupe hospitalo-universitaire AP-HP Nord-université Paris-Cité, dont fait partie Saint-Louis. L’ensemble des leviers sont activés, les heures supplémentaires d’infirmiers d’autres services, l’intérim, le pool des remplaçants de nuit… » Des propositions sur le plan financier sont aussi sur la table, de manière transitoire. « L’objectif est de réussir à passer l’été, reprend le responsable. Après, la situation doit s’améliorer, avec l’arrivée de trois nouveaux infirmiers et un retour de congé maternité. » Un discours que contestent néanmoins les soignants du service, selon lesquels aucune embauche n’est confirmée à ce jour, « ni à court terme ni à l’automne ».

Ce point noir des horaires de nuit qui souffrent d’une forte désaffection et des nombreux départs intervenus après les vagues épidémiques, fait l’objet d’un audit dans le groupe hospitalier francilien, pour trouver le meilleur « schéma horaire », indique-t-on à la direction, afin de limiter le plus possible les impacts négatifs sur la vie des agents.

Mais, bon sang, cessez votre gestion purement comptable et payez les acteurs de la santé à leur juste valeur plutôt que de prendre en charge à 100 % les frais médicaux des migrants illégaux qui envahissent notre pays (Aide médicale d’Etat).

Pour qui voterez-vous dimanche prochain ?

https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2022/04/19/francais-quavez-vous-laisse-faire-de-notre-medecine/

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