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Quand le fonds Marianne sert à rémunérer la chasse aux prétendus complots

Fonds Marianne, épisode 3. Depuis l’enquête du magazine Marianne et du journal télévisé de France 2, fin mars, et les premières révélations sur deux associations au fonctionnement trouble, voilà que la liste complète des dix-sept lauréats de l’appel à projets de Marlène Schiappa vient d’être dévoilée dans Libération. En plus de l’USEPPM (355.000 euros), mis en cause pour sa maigre production, et de Reconstruire le commun (330.000 euros), épinglé pour ses publications favorables à Emmanuel Macron, plusieurs associations, expertes dans la chasse aux présumés complots, tirent également leur épingle du jeu.

Les complots « d’extrême droite »

Il y a d’abord Conspiracy Watch. Créée en 2007 par Rudy Reichstadt pour lutter contre le conspirationnisme en ligne et ses dérives, cette association a pu bénéficier de la modique somme de 60.000 euros pour mener à bien sa lutte. Si la mission de ce site Internet, devenu depuis service de presse, apparaît louable au premier abord, la méthode pose davantage question. Contrairement à sa promesse de départ, l’association ne cible presque que des médias de droite ou, du moins, proches de la droite, et s’arroge le droit de distribuer les bons points à la presse. Boulevard Voltairerégulièrement classé parmi les « sites conspirationnistes » par Conspiracy Watch, en a ainsi fait les frais. De plus, les « analyses et décryptages », produits par le site Internet sur les différentes polémiques, ont pour la plupart été écrits par des journalistes pigistes chez MediapartSlate ou encore Libération, trois médias classés à gauche. Pour l’objectivité, on repassera… En somme, comme le résumait Benoit Bréville, du Monde diplomatique« Rudy Reichstadt n’a rien d’un chercheur. Son site relève davantage du blog collectif que d’un quelconque "observatoire". »

Mais gare à ceux qui dénonceraient - ou s’interrogeraient sur – la pertinence de l’attribution d’une subvention du fonds Marianne à Conspiracy Watch ! Rudy Reichstadt, chouchouté sur France Inter, traite d’emblée ses détracteurs de « complotistes ».

Mathilde Panot, Anne Hidalgo ou encore la famille de Samuel Paty, qui demandent une enquête sur la répartition et la bonne utilisation du fonds Marianne, auraient-ils basculé du côté obscur ?

Conspiracy Watch est loin d’être l’unique « chasseur de complots » financé par le fonds Marianne. L’Institute for Strategic Dialogue (ISD) s’est ainsi vu attribuer la jolie somme de 80.000 euros. Ce think tank américain, financé par ailleurs par la fondation Bill et Melinda Gates et par l’Open Society de George Soros, s’est spécialisé dans « la lutte contre la désinformation ». Mais à y regarder de plus près, il semblerait que la branche française se plaise particulièrement à cibler « l’extrême droite » et les « identitaires » qui seraient, à les lire, les premiers responsables de la diffusion de fausses informations et de théories complotistes. En avril 2022, l’ISD a, par exemple, organisé un colloque, financé par le fonds Marianne, pour « renforcer la riposte de la société à l’extrémisme et à la désinformation ». Loin de se concentrer sur la question de l’islamisme, cette réunion a pointé du doigt les groupes identitaires et le danger qu’ils représentent. Un discours que l’on retrouve dans les publications en français du think tank. Minoration de la haine antichrétienne qui servirait « non pas à cibler les chrétiens » mais à « critiquer l’islam et conduire des conversations anti-musulmans » et focalisation sur l’extrême droite, et notamment sur Éric Zemmour, sont les principaux moteurs de ses rapports. Dans l’un d’eux sur « l’amplification de voix d’extrême droite », les experts de l’ISD dénoncent ainsi des « comportements inauthentiques orchestrés par l’équipe de campagne du candidat d’extrême droite Éric Zemmour » sur les réseaux sociaux. Une analyse qui (sans grande surprise) n’a pas été effectuée sur la campagne numérique de Jean-Luc Mélenchon.

Si ces projets s’inscrivent a priori dans le cahier des charges du fonds Marianne – à savoir « riposter à la propagande séparatiste ainsi qu’aux discours complotistes en ligne » -, force est de constater que Conspiracy Watch tout comme l’ISD ont préféré s’attaquer à la droite et aux identitaires plutôt qu’au séparatisme islamiste. Samuel Paty a pourtant été assassiné au nom de l’islam radical…

Clémence de Longraye

https://www.bvoltaire.fr/quand-le-fonds-marianne-sert-a-remunerer-la-chasse-aux-pretendus-complots/

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