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Le traité de l’Île d’Or

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Uchronie  Clovis et Alaric

Nous sommes en 507 et Clovis a encore quelques chats à fouetter pour imposer sa domination sur toute la Loire. Il n'est pas encore temps d'étendre son pouvoir par la magie du spirituel. Il faudra encore attendre 4 années pour cela. Le monarque ne met jamais la charrue avant les bœufs, il n'est pas roi fainéant. Ne jouons pas de l’uchronie à tous moments.

Pour l'heure, c'est le sud de la Loire qui le tracasse car y règne un voisin puissant qu'il entend circonvenir. Son adversaire, un Wisigoth de la pire espèce, quoique Goth sage, n'en demeure pas moins un être fourbe que notre Franc du collier espère leurrer sournoisement. Rien de mieux qu'un traité de non-agression signé sur une Île de Loire pour endormir les velléités de ce maudit expansionniste sudiste.

C'est donc à deux pas de l'endroit où César mit en chantier les petites embarcations (Naucelles) qui allaient asseoir son influence sur la Loire que Clovis entreprit de convier Alaric II pour endormir ses ambitions territoriales. Allaient-ils parler la même langue pour s'entendre sur une répartition territoriale qui plaçait la Loire comme frontière hypothétique ?

L'histoire aime à se répéter autour de cette barrière prétendument infranchissable faite d'eau et de sable. Il y a de quoi donner du grain à moudre aux historiens d'autant plus aisément que les moulins à nef furent installés le long des arches de nos ponts pour leur faciliter le travail. Bien des envahisseurs pourtant firent fi de cette frontière tandis que certains même l'empruntèrent pour envahir le territoire ligérien.

Pour l'heure Clovis entend asseoir son trône sur un royaume situé au Nord sans plus devoir craindre le voisin du Sud. La paix de l'Île d'Or sous la forme d'un traité de dupes scellait ainsi un avenir radieux entre voisins conciliants. Afin de parfaire ce grand moment, des festivités agrémenteraient ce grand rassemblement des délégations respectives. Et c'est alors que les prémices des difficultés à venir pointèrent malicieusement le bout de leur nez.

Le brave Alaric II qui avait planté son camp de base sur les rives du Cher, non loin de là avait convié dans sa délégation trois ostrogoths, artistes de foire pour distraire les participants à cette grande manifestation. Jongleries, espiègleries, musique tout en crachant le feu à l'instar des dragons chers à la rivière.

De son côté, Clovis, jeune roi fougueux avait à sa disposition sa troupe d'amuseurs, de bouffons et de clowns, les uns venant de Soissons et les autres de la rive nord du fleuve. Se sentant maître des clepsydres et du rapport de force, il imposa ses artistes sans permettre que les trois ostrogoths aient voix au chapitre.

Sous les grandes tentes officielles, les uns paradaient tandis que les trois autres, interdits d'entrer dans le saint des saints, se morfondaient dehors, tentant vainement de distraire les gardes et les curieux. Ils eurent le malheur d'être aperçus alors qu'un compagnon de Clovis passait par là. Il s'empressa de souffler à l'oreille de son roi que non loin étaient des saltimbanques dissidents qui échappaient à la doxa « clovicienne ».

Il n'en fallut pas plus pour que des sbires du monarque se saisirent des malheureux pieds nickelés de la culture afin de les bâillonner et les ligoter au pied d'un saule pleureur, entendant ainsi se débarrasser de ces vieux chnoques. Le pouvoir de Clovis allait prendre son essor, les Wisigoths allaient perdre la face après ce traité de dupe tandis qu'Ondine sortit des flots pour libérer les trois ostrogoths qui se jurèrent de ne plus jamais se mettre dans une telle galère. Ils suivirent la sirène dans les flots pour quitter au plus vite cette Île qui avait par l'influence néfaste du jeune Clovis transformé l'Or en plomb.

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