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Souverainisme russe

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Par Philippe Germain

En France comme en Europe, l’idéologie dominante est la démocratie libérale du « Camp du Bien ». Pourtant, le retour accéléré DU politique dévoile l’existence de modèles alternatifs islamiste et national-conservateur américain, mais existe-il une idéologie russe ?

Sa domination et son influence dans le monde n’ont jamais été aussi importantes que dans la décennie 1975-1985. Jusqu’au retrait soviétique d’Afghanistan en 1988, le modèle idéologique russe était celui du communisme basé sur la propriété collective des moyens de production, opposé à celui du capitalisme de la propriété privée. Ce paysage idéologique symétrique s’est effondré entre 1991 et 1998 quand Boris Eltsine déploya sans limite l’idéologie démocratico-libérale en privatisant les entreprises au profit d’oligarques immédiatement enrichis. La Russie connut alors l’endettement et donc la dépendance vis-à-vis de pays étrangers. Du moins jusqu’au redressement d’un État national mené par Vladimir Poutine. Cet ancien officier du KGB d’abord nommé Premier ministre, ensuite devenu dauphin d’Elsine puis élu président à 53% des voix profita de l’image mythique de l’« homme providentiel ».

Celui qu’on qualifia de « Vladimir Bonaparte Poutine » divisa la Russie en sept districts fédéraux dirigés par des superpréfets choisis par lui après une décentralisation anarchique. En restaurant la « verticalité du pouvoir », il revint à un État fort, centralisé et gouverné par un chef autoritaire pratiquant une gestion étatisée de l’économie pour défendre des classes populaires. Poutine se montra alors pragmatique et s’opposa à la mise en place de toute idéologie d’État officielle.

Dans un premier temps, il rejeta le modèle du libéralisme économique mais tout en proposant à l’Union européenne une extension « de Lisbonne à Vladivostok ». Dans un second temps, le refus de ladite UE l’amena à se tourner vers un modèle de développement d’autosuffisance tout en cherchant à développer des relations stratégiques avec la Chine et l’Inde. Le « monde russe » devait agir sans se soumettre aux organisations internationales et devait défendre ses intérêts politiques et, si nécessaire, par la force militaire.

Ambitieux, Poutine chercha à redonner au « monde russe » englobant la Russie, mais aussi les populations russes ou russophones, son statut de grande puissance mondiale. Pour cela, il s’appuya sur l’héritage patriotique de l’Union soviétique face au nazisme et en même temps sur celui de l’Empire des tsars. Poutine obtint ainsi la réconciliation nationale par la synthèse historique bricolée par une certaine réécriture officielle. L’élément permanent de la pensée de Poutine est de réconcilier la Russie avec toute son histoire.

Le discours de 2013 devant la Douma marque le véritable tournant idéologique de celui qui utilisait les valeurs conservatrices de l’Église orthodoxe de « la sainte Russie » pour se positionner comme un défenseur de la famille traditionnelle et de la morale chrétienne. Il s’y réclame de Nicolas Berdiaev, monument de l’existentialisme chrétien, mais aussi du théoricien monarchiste Ivan Iline, auxquels il ajouta bientôt le théoricien panslaviste Nicolas Danilevski. Tournant chrétien, monarchiste et panslaviste à 180° de l’idéologie démocratico-libérale dominante.

Pour la nouvelle idéologie souverainiste du « monde russe », modèle alternatif à celle démocratico-libérale dont la greffe a lamentablement échoué entre 1991 et 1998, il faut faire retour à un passé magnifié et restaurer dans sa grandeur une tradition perdue ou dénaturée. Peut-on faire plus réactionnaire ?

https://www.actionfrancaise.net/2025/04/01/combat-royaliste-67/

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