La campagne pour la succession de François Hollande est d’ores et déjà lancée, et qui dit campagne dit programme.
Ce serait une erreur majeure que d’imputer la formidable poussée du Front national à une adhésion massive des Français à son programme. Alors que la France est plongée dans la crise la plus grave qu’elle ait connue depuis 1958, c’est encore majoritairement par défaut que les électeurs se tournent vers le parti de Marine Le Pen. Or, la quasi-certitude que la gauche sera éliminée dès le premier tour de la prochaine élection a créé une situation inédite : trente mois avant le terme du quinquennat, la campagne pour la succession de François Hollande est d’ores et déjà lancée, et qui dit campagne dit programme.
Alors que les orientations du FN en matière d’immigration, de sécurité et de justice rencontrent les aspirations de l’immense majorité des Français, la crédibilité de son programme économique a toujours été son point faible, et aujourd’hui plus que jamais. Si le Front national a longtemps bénéficié de la crise, paradoxalement, alors qu’elle atteint son paroxysme, le risque est bien réel que cette crise conduise ce parti vers une immense désillusion électorale en 2017. Explications.
La crise s’aggravant, tout laisse à penser que le débat politique va se polariser sur la manière d’en sortir aux dépens des questions sociétales.