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L'intégration ? C'est possible ! Tant qu'il y aura des Hmongs...

Mi-juin, à l'occasion de la Journée des morts pour la France en Indochine, un monument à la mémoire des victimes lao-hmongs a été inauguré à Aubigny-sur-Nère (Cher). En présence d'un millier de personnes, du 1er RPC et de nombreux Hmongs en tenue traditionnelle. C'est la première fois qu'un tel monument est érigé en France métropolitaine (sachant qu'il en existe un à Cacao, en Guyane). Tant qu'il y aura des Hmongs... Une de nos lectrices, présente à la cérémonie, témoigne de leur insertion motivée par un indéfectible attachement à la France :

— Quand ils sont arrivés, en 1975, après avoir surmonté tous les périls, ils ont compris trois choses : 1. Qu'il était urgent d'apprendre le français ; 2. Que l'école était une chance pour leurs enfants : ils en ont beaucoup, dans leur culture c'est un honneur d'avoir une famille nombreuse. Il est arrivé qu'un jeune Hmong ne donne pas satisfaction : quand l'enseignant convoquait les parents, ils venaient immédiatement et tout rentrait dans l'ordre. Je ne connais pas de jeunes Hmongs chômeurs : ils ont presque tous un diplôme, du CAP au diplôme d'ingénieur ; 3. Ils ont eu à cœur de respecter les lois françaises. Quand ils ont compris que le retour dans leur pays serait impossible, ils ont demandé la nationalité française et choisi de porter des prénoms français (ou, parfois, inspirés par les feuilletons de la télé, anglo-saxons).

Quand on leur proposera des cours de langue et de culture d'origine, ils refuseront : « On parle hmong à la maison. Nous préférons que nos enfants fassent plus de français à l'école. En plus, les professeurs de langue hmong auraient été nommés par l'ambassade laotienne et on ne veut pas que nos enfants soient soumis à la propagande communiste. »

A méditer à l'heure où Najat Valaud-Belkacem veut programmer des cours de langue arabe dans les écoles primaires où la priorité serait plutôt de renforcer l'apprentissage du français pour des élèves qui le balbutient plus qu'ils ne le parlent.

Mais Najat n'est pas dérangée, elle, par le fait que les enfants puissent être soumis à la propagande musulmane. ..

A Aubigny-sur-Nère, il y a un conseiller municipal hmong qui organise un festival rassemblant les Hmongs (qu'on appelle aussi Méos) de la diaspora. Ils étaient plus de 2 000 l'an dernier. Il n'y a eu ni youyous, ni bavures, ni agressions, ni dégradations, ni bouzin après 22 heures. L'édition 2016 se tiendra le 29 juillet prochain.

En 1977, j'ai assisté à Cacao, en Guyane, à l'arrivée de quelques centaines de Hmongs rescapés de l'horreur communiste (depuis, ils ont créé d'autres villages, notamment à Irabouco). On leur donna un coin de jungle pourrie. Sans se plaindre, ils la défrichèrent. En quelques mois, ils assuraient leur auto-suffisance. Puis ils fournirent du riz à toute la Guyane. Aujourd'hui, ils en exportent en métropole et leurs productions maraîchères fournissent largement les marchés de Cayenne.

Inutile de dire que ces hommes et ces femmes, devenus français et fiers de l'être, ne sont pas bien vus d'une partie de la population taubiresque dans un département où l'assistanat est très répandu. Avec, à la clef, de véritables campagnes racistes à leur encontre. Au point que le gouvernement français, malgré des promesses réitérées, a décidé de ne plus accueillir de Hmongs en Guyane.

Lors de l'inauguration du monument d'Aubigny-sur-Nère, Richard Thor, conseiller municipal et président de l'association des Lao-Hmongs de la ville, a déclaré : « La communauté hmong est très fière. Ce monument fait honneur à nos arrière-grands-parents, grands-parents et parents qui ont servi la France. C'est la reconnaissance de leur sacrifice. Les Hmongs ont toujours été fidèles à leurs engagements aux côtés de l'armée française. » L'intégration ? C'est possible ! La preuve.

Alain Sanders

alain.sanders@present.fr

Lire Laos, la guerre oubliée (Robert Laffont) de Cyril Payen.

PRESENT Mercredi 15 juin 2016

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