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L'équation piégée du 25 avril

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Quel que soit le chef de l'État que nous élirons le 24 avril, un nouveau gouvernement sera constitué. Il sera modifié en fonction de législatives dont personne ne peut plus prédire qu'elles donneront un résultat s'alignant, comme c'est devenu l'usage, sur celui de la présidentielle. Le pouvoir exécutif se trouvera dès le 25, et plus encore après la désignation de l'Assemblée nationale devant une équation budgétaire qui ne laissera plus de place à la démagogie.

Jusqu'ici il existait, depuis 1981, une cohérence partisane fonctionnant entre les élus des circonscriptions, issus du terrain, et le chef de l'État. Le macronisme a mis fin à cette forme de solidité de nos institutions.

Or, ce 16 février, vient d'être publié le rapport annuel de la Cour des comptes. Il pourrait suffire à faire prendre conscience de l'existence d'une situation clairement alarmante. Celle-ci ne date pas d'hier. Elle s'est installée au fil de nos dernières présidences. Mais, là aussi, la Macronie en a aggravé le caractère catastrophique. Sous le quinquennat qui s'achève, la dépense publique ordinaire, hors crise, hors relance, a progressé de 150 milliards d’euros, dont 100 milliards au cours des trois dernières années. C’est davantage que sous le quinquennat de François Hollande où la dépense publique avait progressé de 90 milliards.

Rappelons d'abord que le message de l'institution officielle pourtant présidée par le très complaisant Moscovici appelle, par définition, de nombreuses réserves. On doit aussi savoir les membres de cette même juridiction administrative partie prenante du profitariat étatiste de la haute fonction publique. De plus on doit conscience d'une situation de surendettement, déjà alarmante en 2017.

La réponse de notre élégant aréopage d'État consiste à dire qu'il faudra bientôt diminuer les déficits publics. Et nos aimables technocrates de suggérer qu'en dehors d'une augmentation des impôts, la seule solution consiste à diminuer les dépenses. La plus rustique des ménagères n'a pas besoin de justifier de longues études de science administrative pour pouvoir comprendre un tel énoncé.

Sachant que je m'adresse à un public éclairé je n'hésite cependant pas à enrichir mon raisonnement de quelques données chiffrées du problème qui se posera aux gestionnaires des Finances de la France entre 2022 et 2027. Notons d'abord que tous ces hauts fonctionnaires raisonnent, en faisant sans hésiter abstraction du résultat des urnes supposées refléter la décision des citoyens. Les magistrats de la Cour des comptes parisienne transmettent eux-mêmes à la Commission européenne une trajectoire théorique des équilibres, ou plutôt des déséquilibres, prévus jusqu'en 2027. Ils concluent à la nécessité de réaliser des économies à concurrence de 9 milliards par an, pour aboutir à 47 milliards d’euros d'ici 2027. Et leurs correspondants de la citadelle de Bercy élaborent de leur côté de savantes projections d’évolution de ce que représenterait la hausse des dépenses, en l’absence de mesure de freinage.

On doit comprendre hélas que ce type de raisonnements ne peut aboutir qu'à une impasse.

D'abord l'évaluation à hauteur de 47 milliards reste complètement en deçà des besoins réels.

Ancien président de la commission des Finances, Gilles Carrez, prédécesseur du glorieux Woerth, considère sans périphrase qu'Emmanuel Macron a « déclassé la France ». Tout simplement.

Il rappelle la nécessité d'une décrue fiscale, indispensable à la revitalisation de l'économie française, et notamment de l'industrie, la plus taxée et la plus étatisée d'Europe : soit 40 milliards d'impôts en moins, minimum pour redonner du souffle à nos entreprises de toutes tailles. La diminution des dépenses doit selon lui se situer au double des baisses d’impôts, à savoir au moins 80 milliards d’euros. Pour cela, dit-il, au nom de la droite classique, "priorité sera donné à une réforme simple des retraites et la réduction des effectifs par le non-remplacement de départ à la retraite dans la fonction publique d’État et la fonction publique territoriale. Nous serons plus prudents sur la fonction publique hospitalière où les besoins sont incontestables."

Sans entrer dans le détail de ce qu'il appelle "la fonction publique hospitalière", concept mensonger invention, en 1983, d'un des derniers ministres communistes nommé Anicet Le Pors, soulignons qu'il sera bientôt évident que la France doit renforcer considérablement, outre les moyens des missions régaliennes de la Justice et de la Police, son effort de Défense.

Comment résoudre de telles équations sans un changement radical de nos habitudes étatistes et subventionnaires ?

On apprend par exemple, à la lecture de l'éditorial de Présent du 15 février que "le chauffeur de poids lourd Éric Drouet, ancien Gilet jaune, que l’on retrouve actuellement dans le Convoi de la liberté, pense que l’après-présidentielle 'sera pire que ce qu’il y a eu il y a trois ans', ajoutant que la réélection de Macron serait le pire que l’on peut souhaiter".

Voilà : avec tout ça, le colonel de La Rocque aurait certainement conclu en son temps par sa formule bien connue : il va y avoir du sport.

JG Malliarakis 

https://www.insolent.fr/

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