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Et maintenant, les mineurs isolés accueillis en résidence senior faute de places ailleurs !

@nickkarvounis/unsplash
@nickkarvounis/unsplash
L’histoire se passe à Siecq dans les Deux-Sèvres. Plus précisément à la résidence "Les Vignes", un foyer-logement pour personnes âgées. Ce lieu, composé de dix-huit appartements équipés chacun d’une petite cuisine, d’une salle de bains et d’une terrasse, accueille des seniors « autonomes mais qui ont besoin d’un cadre sécurisant et ont besoin occasionnellement d’être aidés ». Depuis fin janvier, la résidence s’est quelque peu éloignée de sa vocation première.

Le Conseil départemental des Deux-Sèvres la décrit désormais comme une « résidence intergénérationnelle » où neuf pensionnaires âgés de 84 à 94 ans cohabitent depuis un peu plus de deux mois avec quinze mineurs non accompagnés (MNA), « de nationalité diverses (Asie centrale, Afrique subsaharienne, Afrique du nord) », « suivis au quotidien par la Mission accompagnement des jeunes du Département et scolarisés dans des collèges niortais ».

Une cohabitation harmonieuse...

C’était la condition sine qua non pour que l'établissement puisse rester ouvert. "Les Vignes" ne comptait pas assez d’occupants pour fonctionner correctement avant que Saïd, Seydou, Assa et les autres n’arrivent. Comme l’indique le département, ce projet a été mûrement réfléchi, il est le fruit d'une longue « concertation avec le maire, les élus du conseil municipal, les résidents et leurs familles ». La cohabitation entre deux populations si différentes n’était pas une évidence. Dans une interview accordée au Parisien, Stéphanie Antigny, cadre de la résidence, explique : « Il y avait du stress, des questions et parfois de l'appréhension. » Au départ, les occupants n’avaient pas signé pour être entourés de mineurs isolés. Ce bouleversement dans leur vie pouvait légitimement être accompagné de craintes.

Elles ont apparemment été très vite dissipées. Jeunes et moins jeunes se sont, semble-t-il, apprivoisés. Ils font des activités ensemble et passent du bon temps dans les salles communes. Tout va bien dans le meilleur des mondes à en croire les institutions à l’origine du projet, les seniors, les jeunes migrants et le personnel de l’établissement joint par BV.

…qui cache un problème profond

Pourtant, si ces mineurs non accompagnés sont placés dans cette résidence senior, c’est bien qu’il y a un problème, un problème de nombre et un problème de place. En novembre dernier, lors d’une séance publique portant notamment sur le budget accordé à l’Aide Sociale à l’Enfance, Coralie Dénoues (DVD), la présidente de l’institution départementale, faisait le constat suivant : « Nous subissons depuis trois ans, une politique de l’immigration qui n’est pas la nôtre. Même si notre travail est bien fait, on se retrouve avec un nombre de MNA disproportionné par rapport aux nombres de places que nous avons en Deux-Sèvres. »

Il faut également rappeler que depuis le 1er janvier 2024, les collectivités ont une contrainte supplémentaire en matière d'hébergement de mineurs, elles doivent se conformer aux dispositions de la loi Taquet interdisant le placement à l'hôtel des mineurs et jeunes majeurs confiés à l'Aide Sociale à l'Enfance. La cohabitation de la résidence "Les Vignes" répond à ces nouvelles exigences et semble convenir à toutes les personnes concernées, pour le moment en tout cas.

Sarah-Louise Guille

https://www.bvoltaire.fr/et-maintenant-les-mineurs-isoles-accueillis-en-residence-senior-faute-de-places-ailleurs/

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