
Agression en plein jour à Paris : deux militantes lynchées en terrasse — deux mois d’inaction de l’État, deux mois de silence coupable
Paris, début juin : il est 20 h, le soleil éclaire encore les terrasses animées du 10e arrondissement. Dans une brasserie paisible nommée Le Flâneur, deux jeunes militantes, dont Éléonore Ranchin, dînent tranquillement. Quelques minutes plus tard, elles sont à terre, tabassées sous les yeux de dizaines de témoins, victimes d’un lynchage politique orchestré en plein Paris.
Une scène de violence brutale, méthodique et ciblée
Plus de vingt individus masqués, organisés, déboulent sans sommation et prennent pour cible les deux femmes. Coups de poings, coups de pied, insultes, tout y passe. C’est une attaque physique mais aussi symbolique : ces militantes sont punies pour leurs idées, dans l’espace public, sans défense, devant témoins.
Ce n’est pas un incident. C’est une démonstration de force. Une opération punitive. Une chasse à l’opinion.
Des policiers impuissants, empêchés par d’autres militants et un État qui regarde ailleurs
Alertées, les forces de l’ordre arrivent rapidement. Mais ce qui se passe ensuite est tout aussi révoltant : des militants présents dans la Bourse du Travail s’opposent violemment à l’intervention policière, bloquant les contrôles, entravant les interpellations. Et cela fonctionne.
Des policiers, sur place, reconnaissent pourtant plusieurs visages d’agresseurs grâce aux vidéos et aux clichés des victimes. Et pourtant, aucun n’est arrêté. Aucun ne sera poursuivi dans l’immédiat. Pire encore : les autorités informent ensuite les victimes qu’à quelques dizaines de mètres de là se tenait une réunion pro-Palestine dans la Bourse du Travail, rassemblant des groupes de militants radicaux. Dont certains agresseurs sont issus.
Parmi les noms cités : la Jeune Garde, Urgence Palestine, les AFA Paris-Banlieue (AFA PB) ; des organisations connues pour leur violence, surveillées, identifiées. Et malgré cela, RIEN.
Deux mois plus tard : aucune réponse, aucune condamnation, aucun signe de l’État
Cela fait maintenant deux mois. Deux mois de silence. Deux mois d’humiliations. Deux mois d’une enquête bloquée. Et pendant ce temps, les victimes, qui ont porté plainte, fourni des vidéos, désigné des coupables ne voient rien venir. Pas une convocation. Pas un geste du gouvernement. Pas une condamnation politique.
L’État sait. L’État voit. L’État peut. Mais l’État ne fait rien.
Et ce refus d’agir n’est pas neutre. Car lorsque des faits aussi graves – une agression politique préméditée, en plein jour, avec des suspects identifiés – ne donnent lieu à aucune poursuite, c’est que le pouvoir a choisi de détourner le regard. Ou pire : de protéger ceux qui frappent, au nom d’une certaine idéologie.
Une justice à deux vitesses ? Une impunité idéologique ?
Car il faut poser la question clairement : si les agresseurs avaient appartenu à un autre camp politique, l’affaire aurait-elle été traitée avec autant de mollesse ? Aurait-on toléré que la police soit bloquée dans son intervention ? Aurait-on perdu les suspects alors que leurs visages circulent sur les réseaux sociaux ? ÉVIDEMMENT NON.
Mais quand les violences viennent d’une frange radicale d’extrême gauche, estampillée antifa ou pro-palestinienne, on tergiverse, on minimise, on temporise. Et pendant ce temps, les victimes, elles, sont abandonnées.
Un État qui choisit ses victimes et ménage ses bourreaux n’est plus un État de droit.
Ce drame n’est pas un fait divers. C’est un scandale d’État. Une démonstration brutale que certaines violences politiques sont tolérées, certaines victimes ignorées, et certaines forces laissées libres d’agir dans les rues de Paris.
Tant que le gouvernement restera silencieux, tant que la justice refusera de faire son travail, ce silence ne sera pas neutre. Il sera complice.
Elise de Lang-Guyenne