Dans le cas du dealer en question, le rapport indique qu’il a grandi sans son père et que la monoparentalité est plus importante chez les Noirs du Canada que chez d’autres groupes ethniques. L’EIOEC soulève également son enfance passée dans un « quartier défavorisé » de Montréal où la police aurait pratiqué le « profilage racial ». Cerise sur le gâteau victimaire, les auteurs dudit rapport invitent la cour à envisager « la possibilité de syndrome post-traumatique » associé au « traumatisme intergénérationnel de l’esclavage » dont pourrait souffrir le délinquant… Des arguments dignes des pires sociologues d’extrême gauche, mais auxquels la juge en charge du dossier a été manifestement sensible : la sentence a été réduite de 35 à 25 mois de détention, comme le voulait la défense. « Nous devons apprendre. Nous devons nous adapter », a estimé la magistrate, à deux doigts de présenter ses excuses au trafiquant de drogue.
Nouvelle au Québec, cette procédure est appliquée depuis 2014 dans le reste du Canada. L’État fédéral y incite les juges à prendre en compte « l’origine ethnique et culturelle » des accusés dans leurs verdicts. Destinés à instaurer un traitement de faveur exclusif aux non-Blancs, les EIOEC s’inspirent des mesures dont bénéficient les délinquants autochtones depuis 1999. Un arrêt de la Cour suprême du Canada avait alors inscrit dans le marbre que les juges devaient considérer les « facteurs systémiques » propres aux autochtones, notamment l’impact de la colonisation, lors de la détermination de la peine.
Le privilège racisé
Cette décision québécoise - qui risque fort de faire jurisprudence - est symptomatique d’un monde judiciaire anglo-saxon de plus en plus acquis aux thèses woke. On se souvient notamment de ce demandeur d’asile algérien condamné à seulement 6 ans de prison, en 2001 à Dublin, pour le viol d’une enfant, à la faveur d’une étonnante clémence. « Si vous étiez un Irlandais, vous auriez pris 10 ans de prison ! », avoua le juge, expliquant qu’un trop long séjour dans une prison irlandaise serait une épreuve insurmontable pour un étranger tel que ce malheureux Maghrébin. Plus récemment, en mars 2025, de nouvelles directives de condamnation ont été émises au Royaume-Uni, incitant les juges à prendre en compte le facteur racial dans leurs décisions de justice...