© Photo : Capture vidéo France 5
La polémique est un art bien oublié, trop sanguin, trop brutal. Tom Benejam n’en a que faire. Il renoue avec une veine qui traverse les siècles et nous livre une charge ravageuse. C’est l’inénarrable Jean-Michel Aphatie qui en fait les frais.
Ah ! Jean-Michel Aphatie ! Ma petite France mise à nu… Le Français le plus conséquent et le plus jusqu’au-boutiste du moment ! Et avec ça, la moitié du pays qui s’apprête à lui tomber sauvagement dessus… Quelle ingratitude ! N’écoute pas les jaloux Jean-Michel… C’est pas vrai ce qu’ils disent tous, c’est pas toi l’anti-France ; c’est toi la France, mon grand, je t’assure ! Fais-moi confiance, je sais ce que je dis… Bon, une certaine France, je te l’accorde, la France de monsieur Jourdain sans son Molière – d’accord ! –, la France du sieur Hommais débarrassée de son Flaubert – OK ! –, mais la France quand même, bon sang ! La France enfin démocratiquement et pleinement réalisée ! Oui, la France enfin délestée de l’encombrant génie qu’il lui arrivait encore d’enfanter çà et là – fort malencontreusement je te le concède – jusqu’au siècle dernier… Mais c’est toi la France, et puis c’est toi les Français ! Ne les écoute pas Jean-Michel – je me répète, mais il le faut –, profite donc un peu de la fin de la France tranquillement et arrête de t’exciter à tout bout de champ sur les plateaux télévisés… Sois patient, tout disparaîtra bientôt dans le gigantesque tohu-bohu final du Grand Remplacement généralisé ! Alors profite et garde ton calme… C’est toi la petite queue de la comète France, mon Jean-Michel !
Tu détestes tout ce qui est grand et te dépasse ; mais à ce rythme-là, avec ton mètre soixante-cinq, ça peut aller très vite toute cette histoire… Les Français ont coupé la tête de leur roi et pour toi ça ne suffit pas… Il faudrait encore « raser Versailles »… Quand je m’échine à répéter que plus français que toi, je meurs ! On bazarde tout un empire colonial sur plusieurs fuseaux horaires – et encore bien démocratiquement pour finir, à coup de référendum tout à fait populaire – et ça ne suffit toujours pas non plus… Même un petit pays à soi tout seul – en fin de compte –, c’est encore trop pour toi ! À ce rythme-là, il ne restera bientôt plus que ton village où faire le malin Jean-Michel… Bon, c’est vrai que je t’imagine très bien là-bas, vivant paisiblement tes derniers jours, avec ton béret, ton accent à la con et ta baguette sous le bras.
Jean-Michel Aplatie
Au fond de toi, je le sais – même si tu n’oseras jamais l’avouer –, Hitler t’est infiniment plus sympathique que Pétain ; à chaque fois que tu parles des nazis, c’est toujours pour mieux parler de la France. Elle te va pourtant si bien cette France, Jean-Michel, cette France de la collaboration passive habilement recyclée pour l’occasion dans une épuration active. Cette France si fière d’accueillir depuis quarante ans des migrants venus de toute l’Afrique, mais si rechignant avant ça à l’idée de recevoir un million d’Européens rapatriés… C’est drôle, mais quand j’imagine Brasillach s’écroulant le long de son poteau d’exécution après avoir crié dans un dernier soupir : « Courage ! Vive la France ! », c’est toujours ton dentier en train de sourire derrière la gâchette que j’imagine.
Tu sais, Jean-Michel, le véritable drame français à Oradour-sur-Glane, le véritable drame que connut la France ce jour-là, c’est qu’à ce moment de son histoire tous les Jean-Michel Apathiques de France n’aient pas été réunis dans un seul et même village ! Tu parles de la conquête française de l’Algérie – ce pays qui n’existait pas –, mais en réalité tu n’y comprends rien. Même tes adversaires sont à côté de la plaque, Jean-Michel… Ils ont beau évoquer le dey d’Alger et ses razzias, la pagaille en Méditerranée qu’il s’agissait alors d’interrompre, ils n’en demeurent pas moins largement en deçà de la vérité. La vérité, Jean-Michel, la vérité de l’entreprise coloniale française – en Algérie ou ailleurs peu importe –, c’est qu’elle n’a jamais été qu’un prétexte pour des millions de gens de foutre le camp et s’enfuir le plus loin possible des Jean-Michel Apathiques. Le drame des rapatriés de 1962, c’est d’avoir été contraints de rejoindre la France déjà moribonde des années soixante, et d’avoir à vivre désormais au pays des Jean-Michel Apathiques.
Mais tu sais, Jean-Michel, tous les gaullistes de plateaux télévisés qui t’affrontent aujourd’hui, ça n’est jamais que le miroir inversé de ce qu’ils prétendent dénoncer à travers toi. Le gaulliste grandiloquent – quel pléonasme ! – d’après la mort de la France, ça n’est rien d’autre qu’un Jean-Michel Aphatie qui n’ose pas pleinement s’assumer et tente vainement de vivre – certes, comme il le peut – avec sa mauvaise conscience rentrée au dedans de lui. Oui, dehors les sous-Malraux, les sous-Mauriac ! Dehors les couilles molles radicales-souverainistes, il est grand temps d’apporter votre conservatisme à la déchetterie la plus proche ! Vous embaumez tout le pays à la fin avec le grand cadavre pestilentiel du général… Dehors les chroniqueurs footballistiques reconvertis dans le sempiternel commentaire apitoyé de la disparition du pays ! Essayez un peu de sortir votre pseudo-résistance du gigantesque étron gaulliste dans lequel les dernières décennies l’ont considérablement enlisé et on pourra enfin un peu rigoler ! Du balai le conservatisme à deux balles qui nous annonce chaque année – depuis deux cents ans au moins ! – la mort imminente de la France, sans jamais oser la constater ! Oui, tous les trémolos dans vos voix de pucelle bien châtrée évoquant Jeanne d’Arc à tout bout de phrase me file la nausée ! Votre gaullisme, c’est la maladie sénile de la France, la rétractation finale du micropénis français, sa volonté d’impuissance hexagonale poussée jusqu’à son paroxysme ! La France, c’est 70 millions de couillons qui attendent confortablement sur leur canapé IKEA le prochain tocard providentiel…
Français, trop français
Tout ce que mérite le cadavre de la France désormais, c’est de se ramasser un Dominique de Villepin en 2027, pour tout laver encore moins blanc que blanc, mais toujours plus français que jamais ! Alors sois patient, Jean-Michel, arrête de t’exciter, ils finiront bien par te la mettre le plus profond possible au milieu du cul ta baguette, toutes ces chances pour la France que tu désirais tant ! Je t’aurais bien prévenu après tout… Et il ne te restera bientôt plus que ton pauvre béret basque à la con pour pleurer… La vérité finale sur la France, qui la découvrira un jour, sinon moi ? Probablement le jeune islamiste qui, au moment de te démembrer pour mieux pouvoir te glisser la mort venant ton petit sexe entre les dents1, et apercevant tout à coup l’absence de testicules sous ta pauvre verge fripée, pourra alors enfin s’écrier, au milieu des cendres, du sperme et du sang : « Oui, celui-là, il était bien Français ! »
1. À ceux qui seraient choqués, cela s’appelle le « sourire kabyle ». Wikipédia lui-même – excusez du peu – rappelle que cette méthode d’assassinat fut employée par des éléments du FLN pendant la guerre d’Algérie et par le Groupe islamique armé (GIA) durant la Guerre civile algérienne dans les années 1990. Jacques Duquesne, correspondant de La Croix à Alger, à la fin des années 1950, le présentait ainsi : « On parlait dans l’armée du “sourire kabyle” : égorgement de pieds-noirs ou d’Algériens supposés favorables à la France dont on avait tranché le cou et fourré le sexe dans la plaie » [NDLR].
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