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Nous sommes en guerre, certes, mais c’est une guerre civile

Chronique de Paysan Savoyard (n° 336 – Mars 2025)

Dans un élan martial et patriotique quelque peu grandiloquent, le gouvernement, la totalité de la classe dirigeante et leurs médias viennent déclarer solennellement que la Russie constitue une menace pour la France et pour les autres pays européens. « Menace existentielle » a même osé E. Macron. Il s’agit là bien entendu d’un grossier mensonge. La Russie n’a aucune raison de s’en prendre aux pays européens, en tout cas à la partie occidentale de l’Europe, et elle n’en a de toute façon pas les moyens. La réalité est exactement inverse, c’est la France qui mène depuis trois ans une guerre à la Russie : avec les autres européens, elle arme et aide financièrement l’Ukraine ; avec eux elle a décidé de différentes sanctions à l’égard de la Russie et se proposait même, on s’en souvient, de la « mettre à genoux » économiquement ; elle a saisi les avoirs russes en France ; elle multiplie les injures et les menaces pénales contre les dirigeants russes. Aujourd’hui elle annonce sa volonté de donner à l’Ukraine les moyens de poursuivre la guerre en dépit du désengagement américain.

L’Ukraine bien sûr n’est qu’un prétexte : si E. Macron et la classe dirigeante française brandissent la menace russe, qu’ils savent inexistante, c’est pour mieux poursuivre les objectifs de politique intérieure et extérieure que s’est fixé le Système.

Pour ce qui est de Macron à titre personnel, les tensions internationales ont le grand intérêt de lui permettre de revenir sur le devant de la scène malgré sa dissolution ratée et de reprendre la main sur un premier ministre dépourvu de majorité, de charisme et d’autorité. La personnalité narcissique et histrionesque de Macron se délecte en effet des crises, dans lesquelles il s’ébat, celle des gilets jaunes, celle du Covid, celle de l’Ukraine. Elles lui offrent de nombreuses occasions gratifiantes de se mettre en avant, de se pousser du col, de jouir pleinement de sa position de pouvoir, de se poser en homme d’Etat, de se rêver même en chef de guerre. On se souvient par exemple dudit Macron se pavanant à l’avant d’un command-car ou en combinaison de pilote de chasse, la chose prêtant d’autant plus à sourire qu’il s’agit là d’un personnage dont les aptitudes viriles ont toujours été sujettes à caution.

Mais le plus important n’est pas là bien sûr. L’affaire ukrainienne est en réalité un nouvel aspect de la la guerre civile française et européenne : elle vient alimenter la lutte que la classe dominante mène depuis plus de deux siècles contre la société traditionnelle, ou plutôt ce qu’il en reste.

  • Détruire les Etats Européens et leurs frontières

Comme l’ont souligné d’emblée Villiers et Zemmour, l’affaire ukrainienne offre d’abord aux dirigeants européens une occasion de pousser les feux de leur projet fédéraliste. Ils vont probablement faire en sorte que l’Europe réalise un grand emprunt pour financer la défense, manière de fédéraliser les dépenses budgétaires nationales. Ils vont tenter de mettre sur pied un dispositif de défense européenne, à rebours des traités dans leur état actuel. Quant à E. Macron, il se voit évidemment comme le futur président de l’Europe fédérale de ses rêves.

Précisons qu’à notre avis, les dirigeants des pays européens et de l’UE n’ont pas pour projet, au-delà des discours et des apparences, de construire une Europe puissance indépendante. Ce sont des atlantistes, des libre-échangistes et des sans frontiéristes : leur stratégie européiste n’est en réalité qu’un moyen de détruire les Etats Européens pour les noyer dans un ensemble mondialisé sous domination américaine (voir cette chroniquecelle-ci et celle-ci).

Leur hostilité à la Russie est la preuve par neuf que les dirigeants européens ne veulent pas en réalité d’une Europe puissance, laquelle ne pourrait exister de façon autonome qu’en intégrant la Russie, son territoire immense et ses ressources naturelles qui ne le sont pas moins. L’hostilité des européistes à la Russie poursuit la stratégie américaine exposée en son temps par Brzezinski : diviser l’Europe, en opposant sa partie occidentale à la Russie, afin d’empêcher la constitution d’une grande puissance indépendante des Etats-Unis (voir cette chronique). Certes, sous l’égide de Trump, le pouvoir américain vient de changer de stratégie et envisage manifestement d’opérer un rapprochement stratégique avec la Russie : voilà qui s’oppose aux projets et aux analyses européistes et atlantistes. Mais cela ne conduira pas les européistes à modifier leurs objectifs. « L’Etat profond » américain, avec lequel les dirigeants européens sont en symbiose, est entré en résistance : les dirigeants européens peuvent espérer qu’il parviendra à saboter le mandat de Trump et que celui-ci ne sera qu’une parenthèse. Là se situe au demeurant l’enjeu majeur de la présidence Trump : la lutte à mort contre l’Etat profond, dont le rôle est d’empêcher la volonté majoritaire de s’accomplir lorsqu’elle s’oppose à ses dogmes. Il en va de même en Europe, où les dirigeants européens et leurs juges veulent imposer ce qu’ils appellent l’Etat de droit, c’est-à-dire leurs conceptions humanistes, progressistes et universalistes, indépendamment de la volonté majoritaire et le cas échéant contre elle.

  • Détruire le mâle blanc hétérosexuel père de famille

L’autre dimension de l’affaire ukrainienne est sociétale. Si la Russie est l’ennemi juré de la classe dirigeante européenne, c’est aussi qu’elle est dirigée en fonction des valeurs traditionnelles que les élites européennes abhorrent : Poutine exerce un pouvoir fondé sur l’autorité et la force ; il s’appuie sur la religion chrétienne et sur l’église orthodoxe ; il incarne une société assise sur les valeurs traditionnelles de la famille et du rôle différencié traditionnel des hommes et des femmes.

C’est pour la même raison que la classe dirigeante européenne éprouve une telle haine pour Trump, haine qui s’étale quotidiennement et sans retenue dans tous les médias et les relais d’influence du Système. C’est la même haine que le Système éprouvait à l’égard de Jean-Marie Le Pen (voir cette chronique). Au demeurant, la proximité de leurs conceptions sociétales renforce encore la logique d’un rapprochement entre Trump et Poutine.

  • Détruire les peuples autochtones européens

La dernière dimension de l’engagement des dirigeants européens en faveur de l’Ukraine est sans doute la plus importante : la mise en évidence d’une menace russe est destinée à occulter le danger majeur de l’invasion migratoire, bien réel celui-là. En faisant mine de se mettre en ordre de bataille contre un ennemi extérieur en réalité imaginaire, il s’agit pour le Système de pouvoir poursuivre sans encombres sa politique d’invasion migratoire. Le Système cherche à faire peur en désignant un ennemi russe, lointain et en réalité fictif, alors qu’il laisse entrer par milliers chaque jour des immigrés qui se comporteront, pour une partie d’entre eux, comme des ennemis véritables. Les personnes issues de l’immigration nées en France ou qui s’y sont installées sont en effet à l’origine, comme chacun sait, d’une dégradation continue de la situation sécuritaire. Surtout la plupart d’entre eux sont conscients de participer à une entreprise de conquête.

Criminelle et relevant de la haute trahison, la politique d’invasion migratoire est pour les progressistes le moyen radical de parvenir aux fins qu’ils poursuivent depuis plus de deux siècles : en finir avec la société traditionnelle (voir cette chronique).

Si les peuples européens veulent vivre et rester ce qu’ils sont, ils ont tout intérêt à prendre le contre-pied des orientations de la classe dirigeante en matière internationale. Il faudrait ainsi refuser la montée en puissance continue de l’UE et de sa technostructure et construire plutôt une grande Europe confédérale incluant la Russie.

Surtout les Européens doivent se débarrasser par les urnes de cette classe dirigeante qui les trahit. Elle veut détruire les valeurs traditionnelles sur lesquelles la civilisation européenne s’est bâtie. Elle nie l’existence même du territoire auquel correspond cette civilisation, qui s’étend sans conteste de l’Atlantique à l’Oural. Elle veut détruire les peuples européens, qu’elle fait en sorte de submerger par les vagues de l’invasion migratoire organisée. La guerre principale qui se conduit sur le sol européen est une guerre civile.

C’est à cette aune que les réactions européennes face à l’affaire ukrainienne doivent être considérées. Au nom du monde nouveau humaniste qu’elle veut construire, sans appartenances, sans frontières et sans races, la classe dirigeante européenne est en guerre contre les peuples européens.

Voir également ces chroniques :

Deux cents ans de révolution française

L’invasion de l’Europe, conséquence ultime de la modernité

L’invasion de l’Europe est avant tout une guerre civile

https://leblogdepaysansavoyard.wordpress.com/2025/03/11/nous-sommes-en-guerre-certes-mais-cest-une-guerre-civile/#more-15389

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