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Mélenchon, condamné pour rébellion, voit de la sédition dans la manif du RN !

Capture d'écran
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« Il y a un risque séditieux qui est déjà apparu dans l'Histoire », estime le chef des Insoumis.
On ne va pas tourner autour du pot : la République est en danger ! C’est, en gros, ce que Jean-Luc Mélenchon, dont on connaît le sens de la mesure, sous-entend. Le Rassemblement national organise une manifestation, ce dimanche 6 avril, à Paris ? « Il y a un risque séditieux qui est déjà apparu dans l'Histoire », estime le chef des Insoumis. Allusion, vraisemblablement, au 6 février 1934, d’autant que la manifestation du RN se tiendra place Vauban, derrière les Invalides, à un petit quart d’heure à pied du palais Bourbon. De là à fantasmer sur le risque de voir des ligues d’extrême droite s’emparer, manu militari, de l’Assemblée nationale, il n’y a qu’un pas.

Rejouer l'Histoire

C’est drôle (ou pas, d’ailleurs), cette référence à l’Histoire du siècle dernier. Il y a trois semaines, pour Mélenchon, l’affiche pondue par LFI avec la photo retouchée de Cyril Hanouna n’était en aucune façon inspirée de l’iconographie antisémite des années 30. Du tout. D'ailleurs, c'était un complot de l'extrême droite. Mais là, en revanche, une manif statique pour dénoncer ce que le RN qualifie de « scandale démocratique », tout de suite, on sort les grands mots, les grands chevaux et, évidemment, on va manifester place de la République, comme il se doit. Ce sera dimanche, en même temps que le RN. Une manifestation comme en février 1934. D’ailleurs, en 1934, ce ne sont pas une mais deux manifestations qui furent organisées à Paris contre les « ligues fascistes ». Celle du 9 d’abord, à l’appel du Parti communiste, aux ordres du Komintern. Manifestation interdite par les autorités et réprimée sévèrement par la police. Celle, ensuite, du 12 février, à l’appel de la SFIO (Parti socialiste), que d’aucuns voient comme le début du Front populaire.

De là à ce qu’en 2025, la gauche, avec sa pointe d’avant-garde constituée par LFI, veuille rejouer le film de 1934, il n’y a qu’un pas, là aussi. C’est, du reste, peut-être l’idée que Mélenchon a dans la tête. Refaire, rejouer l’Histoire. Après la NUPES, le NFP, on aurait, par exemple, le NNFP : le Nouveau Nouveau Front populaire ! Une bonne occasion de se ressouder, après des mois « compliqués » entre une LFI dominatrice et sûre d’elle-même, des écolos à la remorque et un PS à la ramasse.

« La République, c’est moi ! »

Donc, la République est en danger. Qui dit « risque séditieux » dit sédition. Sédition ? « Attaque contre l’autorité légale ; se distingue de l’émeute en ce qu’elle n’est pas fortuite mais concertée », dit un très vieux Larousse. Donc, on en déduit que le RN veut s’attaquer à l’autorité légale. Ce reproche dans la bouche de Jean-Luc Mélenchon ne manque pas de sel, lorsqu’on se souvient qu’il fut condamné en 2019, non pas pour sédition (le terme, qui existait dans le Code pénal de 1810, n’y est plus aujourd’hui) mais pour « actes d’intimidation contre l’autorité judiciaire, rébellion et provocation », après le célèbre épisode « La République, c’est moi ! » Mélenchon fut condamné à trois mois d'emprisonnement avec sursis et 8.000 euros d'amende, sans peine d’inéligibilité. Il ne fit pas appel de ce procès, qu'il avait qualifié de « politique ». Petit rappel, pour ceux qui aiment les belles définitions juridiques : « Constitue une rébellion le fait d’opposer une résistance violente à une personne dépositaire de l’autorité publique ou chargée d’une mission de service public agissant, dans l’exercice de ses lois, pour l'exécution des lois, des ordres de l'autorité publique, des décisions ou mandats de justice » (article 433-6 du Code pénal).

La Révolution contre les séditieux

Sédition, encore. Comment ne pas penser aux lois révolutionnaires qui s’abattirent sur la France, à la fin du XVIIIe et au début du XIXe siècle ? Décret du 18 juillet 1791 visant les personnes « séditieuses ou perturbatrices de la paix publique », loi du 22 germinal an IV interdisant les « rassemblements séditieux, sous prétexte de l’exercice d’un culte » au nom du « maintien de l’ordre public », loi du 27 germinal an IV, contre « les agents du royalisme et de l’anarchie », réprimant comme crimes contre la sûreté intérieure les « attroupements séditieux ». Et puisque nous en sommes à la Révolution, période si chère à Mélenchon et ses affidés, notamment le député Léaument, citons – une fois n’est pas coutume – leur idole, Robespierre, le 10 mai 1792 à la tribune de la Convention : « Parcourez l’Histoire, vous verrez partout les magistrats opprimer les citoyens, et le gouvernement dévorer la souveraineté : les tyrans parlent de sédition ; le peuple se plaint de la tyrannie ; quand le peuple ose se plaindre, ce qui arrive lorsque l’excès de l’oppression lui rend son énergie et son indépendance »...

Georges Michel

https://www.bvoltaire.fr/melenchon-condamne-pour-rebellion-voit-de-la-sedition-dans-la-manif-du-rn/

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