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21 points pour en finir avec le wokisme

21 points pour en finir avec le wokisme

Mère de famille et riche d’expériences professionnelles diverses dans la police, l’armée et le journalisme, la Suissesse Lena Rey explore les arcanes des Études de genre dans un premier essai prometteur, Déwox — 21 réflexions pour se détoxifier du wokisme (Éditions Une autre voix, 243 pages, 34,90 euros). Son livre, qui relève avec érudition et humour le défi représenté par cette idéologie, propose aux lecteurs un « manuel de détoxification intellectuelle » destiné à ne plus la subir, tout en assumant quelques anglicismes pour être en harmonie avec le sujet.
Johan Hardoy

Du côté des wokes

« Les contours du wokisme ne sont pas définis, il s’agit d’un concept aussi fluide que versatile. » Apparu pour la première fois dans les années 1930 dans le contexte des luttes afro-américaines pour les droits civique, le terme est dérivé du verbe « to wake » (se réveiller). En 2014, ce qualificatif est revenu en force avec le mouvement Black Lives Matter, avant d’être surtout employé par ses opposants depuis lors.

Les wokes peuvent être définis ironiquement comme des « guerriers de la justice sociale avec un godemiché à la place d’une épée, des super héros.ines.x-non-genrés dont le drapeau flotte au vent tel une cape pour voler au secours des opprimés ».

Au-delà de ses aspects les plus caricaturaux, leur idéologie est capable de s’infiltrer dans les structures sociales et culturelles de manière presque imperceptible, en « devenant une partie intégrante du discours dominant ».

Les wokes sont entrés à Genève

« Genève fait partie des villes arc-en-ciel (Rainbow Cities Network), un réseau international qui regroupe des villes engagées dans la lutte contre les discriminations à l’égard des personnes LGBTIQ+ et dans la promotion de l’inclusion. »

En 2022, le Secrétariat général du Département de l’instruction publique, de la formation et de la jeunesse a édicté une brochure visant à « établir les conditions favorables aux élèves transgenres et/ou non binaires ». Ce document, qui souligne le droit à l’autodétermination de l’enfant par-delà l’autorité parentale, encourage vivement les enseignants à accueillir les demandes des élèves sans porter de jugement sur leur bien-fondé. Ces derniers peuvent utiliser le prénom de leur choix, en adéquation avec leur identité de genre y compris en l’absence de changement d’état civil (une procédure peu coûteuse qui ne requiert aucune justification médicale), employer le pronom « iel » à leur convenance et se rendre dans les toilettes et les vestiaires où ils se sentent « en confiance ». Leurs parents en seront informés « selon la temporalité discutée avec l’élève ».

Toute une littérature enfantine ouvertement woke est accessible dans les bibliothèques publiques. Pour les plus âgés, des ouvrages de théoriciens queer (« étrange, bizarre », pour désigner les minorités sexuelles et de genre) s’inspirent d’un des penseurs de la French Theory, « Michel Foucault, sadomasochiste notoire qui, souvenons-nous, s’était joint à des dizaines d’autres intellectuels pour signer une pétition visant à légaliser les relations sexuelles entre adultes et enfants ».

Concernant le vocabulaire et la grammaire, les hôpitaux universitaires utilisent une rédaction « non sexiste » et les policiers genevois ne disent plus « Bonjour Madame » ou « Bonjour Monsieur », mais simplement « Bonjour » pour ne pas risquer de « mégenrer » leurs interlocuteurs.

De leurs côtés, les politiciens, y compris les conservateurs, emploient régulièrement des expressions comme « Mesdames et Messieurs, chères électrices et chers électeurs, nous sommes toutes et tous… ».

Le « Philanthrocapitalisme »

Dans le monde de l’entreprise, les critères ESG (« Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance ») sont utilisés par des agences spécialisées pour évaluer leur image publique, en fonction de leur soutien à des « causes progressistes promouvant l’égalité, la diversité et l’inclusion comme un levier pour améliorer leur score ».

« Si les grandes entreprises adoptent des discours wokes sur l’inclusion ou l’écologie, ce n’est pas par conviction et encore moins pour transformer la société, mais pour vendre davantage et renforcer leur image de marque. En amplifiant les divisions identitaires, le wokisme empêche une critique unifiée du système économique global et maintient le capitalisme intact en se positionnant comme sa façade morale. » Ce « philanthrocapitalisme » est parfaitement incarné par une fondation comme l’Open Society de George Soros, entre autres.

L’écologisme woke

L’écologie, inventée en 1866 par le biologiste, zoologiste et philosophe allemand Ernst Haeckel qui défendait des thèses eugénistes et racistes, est devenue un outil de contrôle pour les wokes : « Les systèmes de “pass carbone”, envisagés dans certaines régions, pourraient restreindre la consommation ou les déplacements individuels sous prétexte de limiter l’empreinte carbone. Ainsi, sous couvert de justice sociale, les partis écologistes reproduisent des logiques oppressives tout en revendiquant le contraire ». Certains renoncent même à avoir des enfants pour réduire leur empreinte carbone… pour garantir une planète habitable aux générations futures !

« Pourtant, le climat et la biodiversité ont toujours fluctué, bien avant notre apparition. […] Croire que nous pourrions stopper ces dynamiques ou les contrôler à l’échelle planétaire est d’une arrogance déconcertante. »

Que faire ?

« Si vous n’en pouvez plus du wokisme, vous pourrez annuler votre abonnement à Netflix, fini les Cléopâtres noires et les dessins animés dotés de bisons non binaires et pharaons gays… Sauf que ce ne sera absolument pas suffisant pour vous prémunir de l’omniprésence de ce phénomène. » En effet, « le wokisme est partout et si ça continue, bientôt en vous ».

Confrontée à une véritable « urgence de santé publique », Lena Rey entend œuvrer en vue d’une « détoxification », en donnant des clés pour contrer les arguments fallacieux. Elle propose ainsi 21 mesures pour contrer cette idéologie mortifère.

L’accent est mis d’emblée sur l’empathie nécessaire pour tenter d’échanger avec ce type d’interlocuteurs : « Les wokes ne sont pas nos ennemis, ils sont nos amis, nos enfants, nos collègues. Ils sont juste engagés dans la fuite en avant d’un progressisme qui s’emballe, et ont peut-être besoin d’une oreille attentive, d’un amour suffisamment solide pour des discussions honnêtes, de la patience nécessaire au retour sur le chemin de la raison. »

Il conviendra ensuite de « déconstruire » impitoyablement l’idéologie woke, en s’orientant vers un désinvestissement massif des réseaux sociaux et des médias qui lui servent de caisse de résonance.

« Le wokisme repose largement sur des narratifs émotionnels, simplifiés ou biaisés qui peuvent séduire rapidement. » En conséquence, « la contre-réaction ne peut pas être un simple rejet émotionnel ou réactionnaire, mais doit s’appuyer sur une information rigoureuse et pédagogique », de façon à permettre aux individus de développer une pensée critique et de faire face aux effets de la désinformation.

L’argumentation rationnelle ne sera pas toujours facile car la pensée critique autrefois enseignée dans les universités a souvent fait place à ce qui ressemble à un véritable « lavage de cerveau ». En outre, l’idéologie woke considère que les idées de rationalité pure et d’objectivité renforcent les structures de domination parce qu’elles sont définies par les détenteurs du pouvoir au détriment des minorités opprimées.

Il s’agit donc de mettre du sens dans les matières enseignées, en expliquant leurs liens avec la vie quotidienne des jeunes et les valeurs de la société.

Face à des interlocuteurs endoctrinés, il faut s’attendre à devoir énoncer des évidences telles que « même si une personne transgenre subit une transition complète (chirurgicale, hormonale), son patrimoine génétique reste celui de son sexe biologique : un homme ne peut pas être enceint ! En outre, les analyses ADN et les caractéristiques morphologiques des os sont des marqueurs biologiques utilisés en archéologie ou en médecine légale ».

« Vous avez la science de votre côté. Il faudra s’armer de patience face à quelqu’un qui pense que la réalité est raciste. N’oubliez pas que pour eux, même les mathématiques sont racistes… » Quand ils utiliseront pour la énième fois la reductio ad hitlerium comme argument, « laissez-les face au miroir qu’ils essaient de vous renvoyer. Après tout, les miroirs aussi sont fascistes car ils ne leur renvoient pas la réalité qu’ils voudraient »…

Parmi les différentes tendances néo-féministes, un courant dit « femelliste », qui associe la condition féminine à la biologie, est qualifié péjorativement de « TERFs » (« Trans-exclusionary radical feminists ») et associé à l’extrême droite parce qu’il exclut les femmes trans des luttes féministes et des espaces féminins.

Par ailleurs, les choix de consommation permettent de ne pas laisser le champ libre au wokisme. La marque de bière Bud Light a été boycottée par des consommateurs après avoir lancé une campagne de promotion mettant en avant une personne transgenre.

L’engagement politique et/ou associatif est également efficace. À Annecy, une association de défense des droits hétérosexuels défend les valeurs familiales traditionnelles.

L’auteur suggère de créer des groupes de parole inspirés des Alcooliques anonymes pour « se libérer des pressions idéologiques et retrouver une réflexion personnelle » : « Il peut nous sembler inutile de parler entre convaincus mais c’est faux. Cela permet de se rassurer, de se défouler aussi, de rigoler sur l’absurdité de la situation. La parole est libératrice. »

In fine, Lena Rey en appelle à un sursaut spirituel destiné à échapper aux « vertus chrétiennes devenues folles », selon disait Chesterton : « Pour redonner du sens à sa vie, il s’agit de retrouver le chemin de la transcendance, non pas comme un retour à des dogmes figés, mais comme une ouverture à un ordre supérieur qui nous dépasse. […] Ce recentrage spirituel offre une boussole dans un monde en perte de repères, où chaque vie peut retrouver sa place dans un ensemble plus vaste et harmonieux. »

Johan Hardoy 10/02/2026

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