Certains disent que le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) a du plomb dans l’aile.
Encore eût-il fallu qu’il ait des ailes. Il ressemble un peu à ces oiseaux conçus pour voler, mais qui restent inexorablement cloués au sol quoiqu’ils fassent.
Si cet instrument jouit d’une forte adhésion avec 191 signataires, il n’en reste pas moins profondément inégalitaire en droit puisqu’il reconnaît deux catégories de pays, les pays dotés et non dotés.
Il reconnaît donc deux catégories de droit : d’une part le droit pour les pays dotés de le rester, malgré le voeu pieux que les pays concernés s’efforceront de réduire la quantité d’armements, et d’autre part l’interdiction faite aux pays non dotés d’acquérir l’arme en question.
Tout le monde aura noté le déséquilibre. C’est, soit dit en passant, sur ce déséquilibre que repose l’ensemble de l’ONU.
Notons tout de même que le TNP consacre le droit inaliénable au recours à la technologie nucléaire civile.
Quand on parle de « droit inaliénable » le fait que certains pays qu’on ne nommera pas mettent tout en oeuvre pour empêcher d’autres pays de construire des centrales nucléaires pour se chauffer et s’éclairer constitue une violation du traité.
Chacun doit avoir bien conscience qu’abuser de tout ou partie des clauses du traité le met en danger compte tenu des fragilités évoquées plus haut.
Ainsi, quand les États-Unis pour le compte d’Israël se substituent à l’AIEA, seul organe habilité à contrôler la bonne observation du traité, pour faire le gendarme, certains États pourraient se poser la question de la pertinence à l’adhésion audit traité.
À cela il convient d’ajouter 2 choses :
1. L’expérience a prouvé que la possession de l’arme nucléaire est encore le meilleur moyen de se prémunir contre une intervention « préventive » d’Israël ou de leur supplétif américain ; et 2. Même si l’intention des auteurs et négociateurs du traité d’éviter la multiplication des possesseurs de l’arme nucléaire au motif que cela augmenterait les risque de son utilisation est louable, il n’en reste pas moins que le seul État à avoir eu recours à deux reprises à l’arme nucléaire, qui plus est sur des cibles civiles, est les États-Unis d’Amérique.
On aura soin de rappeler que ces actions constituent des crimes de guerre et crimes contre l’humanité semblables à ceux qui ont été jugés à Nuremberg et (défense de rire) à Tokyo par les mêmes États-Unis quelques mois après les faits que nous venons d’évoquer.
Par conséquent, sans vouloir faire de procès d’intention, je dirai que les États-Unis qui ont fait exploser deux bombes atomiques, et Israël qui n’a pas caché qu’il envisageait la doctrine Samson pour le cas où il perdrait le contrôle de la situation au Proche-Orient ne sont habilités à décréter qui est apte ou ne l’est pas.
On rappellera au passage qu’Israël (c’est plus simple) n’est pas signataire du TNP.
Au moins comme ça on ne peut pas lui reprocher de ne pas le respecter.
Qu’il me soit permis de conclure par une question : disposer de l’arme nucléaire n’est-il pas finalement le plus sûr moyen de se protéger d’une attaque ?
À l’inverse, n’est-il pas dangereux de ne pas posséder l’arme atomique ?
C’est aux Iraniens et aux Iraquiens qu’il faudrait demander leur avis.
Jacques Frantz
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