
Par François Marcilhac
« Les plus violents, les plus bruyants nationalistes du stade, savez-vous leur patrie ? […] Ce sont les gens de l’Amérique. Venus en bande, les Yankees paraissent trois fois plus nombreux qu’ils ne sont : toutes les fois qu’une victoire est proclamée, les drapeaux de l’Union claquent au vent ; les chapeaux, les bérets s’envolent ; des bans secouent les gradins de bois. Cette Amérique ignore ce que le monde hellénisé a conçu de plus rare, et de plus secret, la mesure. » Voilà ce qu’écrivait Maurras en 1896, dans sa quatrième lettre des Jeux olympiques. Il assistait pour la première fois aux manifestations du nationalisme américain : « Ces étrangers se rendent parfaitement insupportables », écrit-il encore, ajoutant : « Le nationalisme est une belle passion. Encore la faut-il nuancer de civilité quand on est sorti de chez soi ! » On imagine sans peine le jeune Donald Trump s’égosillant sans aucune civilité sur les gradins du stade.
Lire la suite