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Narcotrafic : la terreur s’abat sur les tribunaux

@Pexels
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Un dispositif de sécurité « sans précédent » accompagne, depuis ce lundi 23 mars, le procès des membres présumés de la DZ Mafia impliqués dans le double assassinat commis en 2019, dans un hôtel Formule 1, aux Pennes-Mirabeau, une banlieue du nord de Marseille.

« Une dimension rarement atteinte »...

Pour juger les six mis en cause soupçonnés dans cette affaire - la piste privilégiée demeure le règlement de comptes -, « un dispositif extrêmement renforcé » a été mis en place « au regard de la nature de l’affaire », a indiqué, à nos confrères de La Provence, le procureur général d’Aix-en-Provence, Franck Rastoul.

Le quotidien régional a en effet constaté aux abords du tribunal un effectif imposant de forces de l’ordre, qu’elles soient « CRS, gendarmes mobiles, escortes, ERIS (équipes régionales d’intervention et de sécurité) » et autres unités jusqu’à la présence de snipers ou d’un avion, et ce, « depuis plusieurs jours ». « Une dimension rarement atteinte, affirmait encore Franck Rastoul, au micro d’Europe 1qui traduit ce qu'est la criminalité organisée et sa prise en compte par l'État, y compris en termes de sécurisation des biens et des personnes », a ajouté le procureur, alors que les forces de l’ordre craignent des tentatives d’évasion.

Mais qu’ils menacent de s’échapper ou de se rendre au tribunal munis de kalachnikov, ce n’est pas la première fois que les narcotrafiquants font craindre le pire, lors des procès qui les concernent et obligent à la plus grande vigilance.

... qui devient monnaie courante

Encore très récemment, au tribunal judiciaire de Pontoise, un incident avait semé le chaos lors d’un procès pour assassinat sur fond de règlement de comptes. Un individu - un petit trafiquant du Val-d’Oise - avait été pris en flagrant délit de photographier le box des accusés ou leurs avocats alors que cette pratique est rigoureusement interdite. Ce geste n’avait pas manqué de déclencher un huis clos pour le reste du procès et avait contraint les policiers présents dans le box à porter une cagoule cachant leurs visages, relatait Le Parisien.

La tension était semblable, au tribunal de Saint-Nazaire, en février dernier, où les membres d’un vaste réseau de narcobanditisme étaient jugés à huis clos. Un « procès jugé à risque », rapportait Ouest-France, alors qu’un important dispositif de forces de l’ordre avait été mis en place pour sécuriser la salle d’audience.

Quelques jours plus tard, au tribunal de Bobigny, Boulevard Voltaire assistait à son tour à un procès où, cette fois, même certains avocats des parties civiles craignaient pour leur sécurité. Les effectifs de police, dans le box des accusés, atteignaient souvent deux agents par prévenu. Des agents masqués, à nouveau, pour éviter d’être reconnus. Un conseil des parties civiles nous soufflait avoir « hâte de revenir à la vie normale », tant l’ambiance était pesante, alors que les mis en cause étaient jugés pour double assassinat et tentative d’assassinat dans les caves d’une cité de Saint-Ouen.

Parfois, les débordements ont bien lieu, même s’ils ne visent pas directement les institutions. En décembre dernier à Créteil, des heurts impliquant une centaine de personnes issues de bandes rivales avaient éclaté dans la salle des pas perdus du tribunal, nous rapportait une source témoin de la scène.

« Il y a une recrudescence des menaces et des demandes de mise sous protection, principalement des magistrats », confiait alors un policier au Parisien, suite à l’incident survenu au tribunal judiciaire de Pontoise. En novembre dernier, la porte parole du ministère de la Justice, Sacha Straub-Kahn, révélait, sur France Info, qu’une « quinzaine de magistrats menacés, notamment dans le cadre du narcobanditisme, [étaient] sous protection rapprochée ». C’est dire que la menace gronde. Et qu’elle pourrait s’intensifier alors que les gangs de narcotrafic gagnent du terrain.

Alienor de Pompignan

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