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Municipales "à droite" : un cas original, les Côtes d'Armor

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Blanche Le Goffic (RN) et Pierre-Yves Thomas (R!) viennent de bousculer le ronron politique costarmoricain...

Guirec Sèvres

Il y a maintenant une semaine que la fièvre électorale due aux municipales est retombée. C'est le moment pour chaque parti et média de dresser le bilan. Intéressons-nous aujourd'hui à un cas de figure particulier, celui de la droite nationale dans les Côtes d'Armor.

Ce département breton, de tradition socialiste et démocrate-chrétienne, a vu éclore, non sans surprise, une force nouvelle qui pourrait bien, dans les années qui viennent, bousculer le confort dans lequel se sont complu jusqu'à maintenant les partis du Système. Vous l'avez compris, il s'agit de la droite nationale et identitaire, localement incarnée par le Rassemblement national et Reconquête!. Et ce n'était pas gagné car, depuis la percée historique de Jean-Marie Le Pen en 1984, bien que celui-ci fut breton, le FN n'a presque jamais dépassé la barre des 10% en Armorique. 

Dimanche 15 mars au soir, les résultats du premier tour font l'effet d'une bombe. La liste du RN à Lannion, conduite par Blanche Le Goffic, fait 19% et celle conduite à Saint-Brieuc par Pierre-Yves Thomas, responsable départemental de Reconquête!, approche les 13%. Du jamais vu ! D'autant que ces résultats étaient loin d'être prévisibles il y a quelques années et que la présence de ces deux listes dans les deux plus importantes villes du département ne s'est pas faite sans difficultés (les problèmes ne venant pas, d'ailleurs, d'où on pouvait s'y attendre)...

Petit rappel historique... À Saint-Brieuc d'abord.

Cette préfecture, située au cœur d'un bassin socialiste, était dirigée, il n'y a pas si longtemps, par un maire PSU (le Parti socialiste unifié, c'est-à-dire le principal parti d'extrême gauche des années 1960 à 1980). Il en reste des traces... En septembre dernier, Pierre-Yves Thomas et Christian Le Pêcheur, responsable historique de la droite nationale dans cette ville, décident de réunir l'ensemble des partis et mouvements implantés localement dans la perspective des municipales. Tous (R!, RN, Les Patriotes, Via...), dans un premier temps, répondent présents et c'est ainsi qu'au cours de l'automne, naît la liste "Saint-Brieuc, LA droite pour tous". Tout va alors pour le mieux et, fin novembre, une réunion rassemblant plus de 150 Briochins, animée par Pierre Martinet, spécialiste de l'infiltration islamique, est l'occasion d'annoncer publiquement cette liste cliquez là.

À Noël, celle-ci est quasiment bouclée, la campagne démarre sur les chapeaux de roues et Pierre-Yves Thomas multiplie les interventions dans la presse. Il n'en faut pas plus pour susciter la jalousie du secrétaire départemental du RN (le troisième en trois ans). Fin janvier, c'est-à-dire quelques jours avant le dépôt des listes, il décide de retirer les 17 candidats de son mouvement (afin d'éliminer Reconquête!) et de faire cavalier seul. Évidemment cette pitoyable manœuvre, destinée, dit-on, à le valoriser auprès de ses supérieurs parisiens, finit par échouer lamentablement. Non seulement certains candidats du RN refusent le diktat et restent fidèles à leur engagement unitaire, mais en plus, le secrétaire départemental du parti de Marine Le Pen se retrouve en quelques jours dans l'impossibilité de rassembler les 42 candidats nécessaires.

De son côté, Pierre-Yves Thomas, grâce au dynamisme et à la persévérance de ses équipes, réussit, malgré le court délai, à combler les défections et à déposer sa liste. Dimanche dernier, jour du second tour, il s'en est trouvé récompensé puisqu'il siège désormais au conseil municipal. Tant pis pour le RN 22 qui, par son attitude grotesque, a sans doute perdu l'occasion d'avoir, lui aussi, des élus à Saint-Brieuc... 

Passons maintenant au cas de Lannion

Le même secrétaire du RN 22, sûr de lui, a annoncé à l'automne, à qui voulait l'entendre, qu'il présenterait six listes dans le département des Côtes d'Armor. Finalement, il n'y en a eu qu'une, à Lannion. Cette liste, conduite par la jeune et courageuse Blanche Le Goffic a fini par voir le jour quelques heures avant le dépôt officiel. En effet, présenter une liste à Lannion n'est pas une mince affaire.

Certes, dans les années 1980, le FN y a eu, un court moment, un élu en la personne de notre Ami François Floc'h. Mais celui-ci avait été élu sur une liste "apolitique". Plus tard, durant plusieurs mandatures, une liste non conformiste que l'on peut situer "à droite", conduite par l'atypique et non moins sympathique Jean-Yves Callac, a eu, elle aussi, quelques élus. Mais Jean-Yves Callac a décidé, cette année, de ne pas se représenter et c'était donc Blanche Le Goffic, responsable du RN-Jeunes, qui, avec l'audace de la jeunesse, a décidé de se lancer dans la bataille.

Il faut rappeler également qu'à Lannion réside une bande d'obsessionnels de l'antifascisme (moitié punks à chiens, moitié instits CFDT à la retraite depuis 20 ans) qui ne manque jamais une occasion de faire part de son émotion lorsque les nationaux prennent une initiative. On se souvient, à ce sujet, de la projection, l'an passé, du film Silenced de Tommy Robinson qui avait été interdite à la suite des injonctions pleurnichardes de ces "amis de la démocratie". 

Quelques jours avant le dépôt des listes, celle du RN a bien failli capoter car quelques candidats manquaient à l'appel. Mais à Lannion, il y a un responsable RN qui sait faire la part des choses et qui entretient des rapports cordiaux avec les autres organisations de droite nationale. C'est ainsi qu'il a été fait appel aux militants locaux de Reconquête! pour boucler la liste. Et c'est dans un souci d'unité des forces nationales, mais aussi d'efficacité politique, que Pierre-Yves Thomas, pas rancunier pour un sous, a répondu favorablement à la demande du RN de Lannion en "donnant" plusieurs militants de Reconquête! (dont François Floc'h, l'ancien élu cité plus haut) à la liste "Osons Lannion" de Blanche Le Goffic. Cette dernière a pu ainsi aller jusqu'au bout et envoyer trois élus au conseil municipal de la ville.

En guise de conclusion

Face au sectarisme et aux ambitions mesquines d'un responsable de passage, les nationaux et nationalistes des Côtes d'Armor ont adopté une attitude politique qui a permis de faire élire plusieurs d'entre eux dans les municipalités où ils étaient présents, quelle que soit leur étiquette. Là où il y a intelligence et sens du devoir, la victoire est possible ! À bon entendeur, salut ! 

http://synthesenationale.hautetfort.com/archive/2026/03/28/municipales-a-droite-un-cas-original-les-cotes-d-armor-6589659.html

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