Un rôle que l’intéressé assume pleinement. Depuis plusieurs années, déjà, il gravitait dans l’orbite du RN, participant en coulisses à la réflexion économique du parti et multipliant les échanges avec des dirigeants d’entreprises.
Un parcours façonné par le monde économique
François Durvye n’est pas un produit de la politique. « La particularité de mon expérience, c’est que j’ai vu toutes tailles d’entreprises », explique-t-il à Boulevard Voltaire. De la multinationale à la start-up, son parcours l’a conduit à travers différents mondes économiques.
Il débute chez Schlumberger, géant mondial des services pétroliers, où il évolue pendant plus d’une décennie dans un environnement international exigeant. Il poursuit, ensuite, dans une entreprise de taille intermédiaire allemande, Hager, avant de se tourner vers l’investissement.
C’est dans ce cadre qu’il rejoint l’univers de Pierre-Édouard Stérin, au sein d’Otium Capital, qu’il dirige à partir de mars 2022. Là, il accompagne start-up et projets entrepreneuriaux, participant à des créations d’entreprises et à leur développement. Une expérience qui lui a permis de « voir toutes les strates de l’économie ».
À la rencontre de deux mondes qui souvent s’ignorent
C’est fort de ce parcours qu’il s’engage progressivement en politique. La rencontre avec Marine Le Pen en 2021 marque un tournant. D’abord sollicité pour produire des notes économiques, il élargit rapidement son rôle en organisant des rencontres entre responsables politiques et dirigeants d’entreprises.
« On a fait beaucoup de rencontres avec des acteurs issus de secteurs très divers, avec toujours le même objectif : que ces deux mondes se connaissent », explique-t-il. D’un côté, permettre aux dirigeants économiques de comprendre les responsables du RN « au-delà de la caricature ». De l’autre, aider ces derniers à mieux appréhender « les besoins réels de l’économie ».
Comprendre l’entreprise pour gouverner
Pour François Durvye, la clef est là : « Pour être pertinent, il faut savoir comment les entreprises fonctionnent, quels sont leurs freins, leurs besoins. » Une conviction qui s’inscrit dans le projet même du Rassemblement national : « L’État doit être au service de la prospérité nationale. Et pour cela, il faut d’abord comprendre les entreprises. »
Sa mission, aujourd’hui, s’inscrit dans cette logique. « Établir des liens, construire des ponts », résume-t-il. Une démarche engagée depuis plusieurs années et qui, à ses yeux, conditionne la capacité du RN à gouverner demain.
Une stratégie tournée vers 2027
À l’approche de l’échéance présidentielle, son engagement prend une dimension plus politique. « Cela fait cinq ans que je travaille sur ces sujets », confie-t-il, évoquant une montée en puissance progressive pour expliquer l’officialisation de son rôle. Au-delà, il revendique aussi une forme d’exemplarité. « Il ne faut pas avoir peur de s’engager », affirme-t-il. Assumer ses convictions, apporter son expérience, contribuer au débat.
Dans un parti en quête de crédibilité économique, son profil apparaît comme un signal. Celui d’un RN qui cherche à parler le langage de l’entreprise et à se présenter comme une force de gouvernement.
Reste, désormais, à transformer l’essai. Et voir si François Durvye saura, dans les mois qui viennent, donner corps à ce pont qu’il s’emploie à bâtir entre le Rassemblement national et les milieux économiques pour porter Marine Le Pen, ou Jordan Bardella, sur la rive élyséenne.