
À Paris, devant le Conseil supérieur de la magistrature, un magistrat de 47 ans a tenté de sauver sa carrière. Ancien vice-président chargé de l’instruction à Marseille, il comparaissait après une série de fraudes aux péages commises pendant près de deux ans.
À scooter, il franchissait les barrières sans payer, en collant le véhicule précédent selon la technique dite du « petit train ». Les enquêteurs ont recensé 173 passages frauduleux au tunnel Prado Carénage et 23 autres sur les autoroutes Vinci. Pour échapper aux verbalisations, il déposait de fausses plaintes pour usurpation de plaques, obtenait de nouvelles plaques et contestait les amendes.
À l’audience, il a reconnu les faits, présenté ses excuses et parlé de sa « honte ». Il a dit ne pas avoir agi pour l’argent, évoquant un rapport « obsessionnel » au péage. « Je n’arrivais pas à mettre un coup d’arrêt », a-t-il confié, avant d’évoquer le traumatisme de l’attentat de Nice, qu’il dit avoir vécu alors qu’il était au parquet.
La représentante du garde des Sceaux a requis sa révocation. Selon elle, la gravité des manquements ne permet pas d’envisager la poursuite de sa carrière dans la magistrature. La décision est attendue le mois prochain.