
Natacha Polony a livré sur la radio Tocsin une analyse pertinente de la situation politique en France, dénonçant ce que nous martelons au RPF depuis de très long mois, une classe politique qui tourne en rond, des programmes interchangeables, des stratégies électorales basées sur le rejet, la peur à défaut d’une vision, d’un chemin à proposer. Sur ce point, son diagnostic est juste. Mais son raisonnement s’arrête au bord du gouffre, là où il faudrait précisément franchir le pas, l’Europe.
Pour elle il n’est pas utile de quitter cette organisation bolchévique, il suffit d’imposer nos vues, nos désirs. Nos élites ne nous défendent pas, c’est vrai. Elle admet que les politiques agricoles, énergétiques, migratoires, budgétaires imposées par l’Union européenne ne correspondent pas aux intérêts de la France, alors pourquoi faudrait‑il continuer à s’y soumettre ?
Pourquoi faudrait‑il dépenser une énergie folle à contourner des règles que nous n’avons pas choisies, ou à tenter de les infléchir alors même que les traités ont été conçus pour empêcher toute remise en cause profonde ?
On ne joue pas un match de rugby en refusant les règles du hors‑jeu ou de l’en‑avant. L’arbitre ne nous écoutera pas. Les instances internationales non plus.
Elles nous diront simplement : acceptez les règles ou quittez le terrain. C’est exactement la situation de la France dans l’Union européenne.
On nous répète que sortir de l’UE serait un choc pour les plus fragiles. Mais ce sont déjà les plus fragiles et pas seulement eux, qui paient le prix des politiques européennes : prix de l’électricité déconnecté de notre production réelle, agriculture étranglée par des normes absurdes et des produits venus du reste du monde, industrie laminée par la concurrence déloyale, immigration incontrôlée imposée par des directives supranationales. Faut‑il vraiment continuer à s’accrocher à un système qui nous coûte 15 milliards d’euros par an, pour le simple plaisir de dire que nous “restons dans le club” ? Sans oublier que plusieurs études économiques ont montré que chaque foyer fiscal français avait perdu plusieurs dizaines de milliers d’Euros avec le passage à l’Euro.
Elle reproduit le discours sur la peur de l’isolement, de la rupture franche, et aussi, sans le dire, du changement de l’intérieur d’une organisation pensé pour que justement rien ne change. Comme si avant l’Europe telle qu’elle est nous étions isolés et n’avions pas été capables de créer des collaborations internationales. Dommage que son analyse n’aille pas jusqu’au bout. Les contraintes sont néfastes pour nous, donc nous partons, c’est aussi simple que ça, sinon, nous nous plions aux règles imposées. Là où nous la rejoignons c’est sur tout le reste. Non pas qu’une autre Europe ne soit pas possible, mais sortir du système totalitaire de Von-der-Leyen devient une question de survie nationale.
Le débat politique français est devenu une caricature. Les mêmes recettes socialistes sont appliquées depuis quarante ans, toujours au nom du “camp du bien”, toujours avec la même promesse de bonheur collectif, toujours avec les mêmes résultats : déclassement, appauvrissement, exaspération. Si l’on demandait à un ténor de la gauche de citer un seul pays socialiste ayant produit à la fois égalité et prospérité, on attendrait longtemps la réponse.
Alors oui, il faut partir du réel. Il faut regarder ce qui existe, ce qui fonctionne, ce qui échoue. Il faut réformer nos finances publiques, réduire les dépenses inutiles, reconstruire nos institutions, redonner du sens à la souveraineté. Et pour cela, il n’est pas nécessaire, ni même logique, de rester prisonnier d’une organisation supranationale qui impose ses règles, ses normes, ses orientations, et qui exige de nous des contorsions permanentes pour tenter de préserver nos intérêts. D’ailleurs, selon les sondages réalisés auprès des Français, la question n’est plus taboue.
Il existe plusieurs voies : la rupture franche, ou la mise en congé, en suspendant nos contributions, ce qui, vu l’état de notre dette, rassurerait probablement davantage les investisseurs qu’une soumission aveugle à un système qui nous coûte chaque année des milliards. Tout en sachant que si la France cesse de payer, comme elle est le second contributeur, l’édifice s’écroule. Et surtout, il faut se souvenir d’une chose essentielle : en 2005, les Français ont dit non. Ce non n’a jamais été respecté. Quitter l’Union européenne ne serait pas une aventure hasardeuse : ce serait simplement rétablir la volonté du peuple. La démocratie commence par ce respect‑là.