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La Russie va-t-elle capituler ?

Les efforts sincères et diligents du gouvernement russe, visant à éviter le chaos en Syrie et un flux massif de réfugiés supplémentaires en Europe, tout en évitant le conflit avec Washington et ses vassaux, ont été arrêtés par l’attaque intentionnelle de Washington contre une position connue de l’armée arabe syrienne. Cela a ainsi fait échouer l’accord de cessez-le-feu pour lequel la Russie s’est tant sacrifiée pour le mener à bien.

L’explication de l’attaque fournie par Samantha Power, ambassadrice du régime Obama à l’ONU, révèle que Washington mentira jusqu’au bout pour réaliser son ordre du jour : plonger la Syrie dans le même chaos qu’il a plongé l’Irak et la Libye. Washington, et Washington seul, est responsable de la guerre en Syrie. Quand le Parlement britannique et le gouvernement russe ont bloqué l’invasion que comptait lancer Obama en Syrie, pour envahir la Syrie, le régime Obama a armé et payé des mercenaires djihadistes qu’il a fait passer pour des rebelles syriens en lutte pour la démocratie là-bas. Samantha Power a tripatouillé l’histoire et mis la guerre sur le dos de l’intervention russe, qui a été demandée par le gouvernement syrien contre les djihadistes d’ISIL envoyés par Washington pour déstabiliser la Syrie. Ce que Samantha veut dire, c’est que si la Russie n’était pas venue aider la Syrie, Washington et ISIL auraient déjà détruit la Syrie, et il n’y aurait pas de guerre.

Vitaly Churkin, ambassadeur de la Russie à l’ONU, a déclaré qu’en 40 ans de diplomatie, il n’avait jamais vu une performance aussi autoritaire et démagogique que celle de Samantha.Churkin semblait sous-entendre qu’une explication aussi irréaliste et tordue des faits connus que celle donnée par Samantha, le laisse sans espoir de parvenir à une solution diplomatique.

Si le gouvernement russe est enfin arrivé à conclure que Washington est déterminé à anéantir la stabilité politique en Syrie pour la remplacer par le chaos, il aura fallu du temps.

Le gouvernement russe s’ingéniait à éviter de conclure cela, car une fois que la diplomatie est reconnue inutile, la force fait face à la force. Dans le contexte actuel, cela signifie la guerre thermonucléaire, la fin de la vie sur Terre.

C’est pourquoi, aux provocations coercitives de Washington, le gouvernement russe répondait diplomatiquement, proposait une coopération à Washington au lieu du conflit.

Mais Washington veut le conflit. Les Russes ont prétendu que Washington et eux avaient un intérêt commun dans la lutte contre le terrorisme, mais le terrorisme est l’outil dont se sert Washington pour déstabiliser la Syrie, puis l’Iran, puis les provinces musulmanes de la Fédération de Russie et de la Chine.

Washington veut l’hégémonie, pas la coopération. Maintenant que Samantha Power a rendu cela aussi clair, le gouvernement russe ne peut plus prétendre autre chose. Que vont faire la Russie (et la Chine) ?

Si la Russie et la Chine ne sont pas préparées à la guerre dans laquelle Washington les embringue, vont-elles fléchir devant l’agression, sacrifier la Syrie, les provinces russes dissidentes de l’Ukraine, et les diverses questions de litiges insulaires dans l’océan Pacifique, ou vont-elles unir leurs forces ? Décideront-elles de disperser l’OTAN en mettant en évidence ce que coûterait le conflit aux vassaux européens de Washington ? De toute évidence, l’Europe n’a rien à gagner dans l’agression de Washington contre la Russie et la Chine.

À moins que la Russie soit incapable de faire quelque chose maintenant que la diplomatie est dans une impasse avérée ?

Peut-être s’agit-il de la question majeure. Ce que peut dire quelqu’un n’appartenant pas au gouvernement russe, c’est que la Russie ne prend pas complètement son destin en main. Les éléments du gouvernement russe connus sous le nom d’« atlantistes intégrationnistes », pensent qu’il est plus important pour la Russie de rejoindre l’Ouest, de l’intégrer dans le système occidental, que d’être un pays souverain. Ils plaident que si les grandes puissances de jadis, qu’étaient la Grande-Bretagne, l’Allemagne et la France, peuvent profiter d’être des vassaux des USA, la Russie le pourrait aussi.

Les atlantistes intégrationnistes affirment qu’avec sa capacité nucléaire stratégique et sa masse de ressources terrestres, la Russie peut garder quelque souveraineté et ne s’astreindre que partiellement à la vassalité. Un problème avec cette position, elle suppose que les néocons se satisferont d’une hégémonie partielle et ne profiteront pas de la position affaiblie de la Russie pour réaliser leur pleine hégémonie.

Le gouvernement russe a probablement toujours l’espoir qu’au moins certains gouvernements européens se reconnaîtront obligés d’éviter la guerre et quitteront l’OTAN, ne cautionneront pas politiquement de cette façon l’agression de Washington. Il est possible qu’il y ait quelque espoir de ce genre, mais les principales personnalités politiques européennes sont soudoyées et payées par Washington. Comme me l’a dit un haut fonctionnaire du gouvernement US, il y a longtemps, dans les années 1970, « nous les tenons ; ils nous appartiennent ».

Aucun espoir ne peut sortir des médias européens. Udo Ulfkotte, ancien rédacteur en chef deFrankfurter Allgemeine Zeitung, a pondu un livre dans lequel il avoue que chaque journaliste européen important a été soudoyé par la CIA.

Avec les politiciens et les médias soudoyés, d’où pourrait sortir un vrai chef européen ?

Les Européens se sont accoutumés à leur rôle de vassaux à gages. Comme aucun homme politique ou éditeur de journal européen ne peut supposer qu’un acte de rébellion réussisse, ils préfèrent profiter de leur vie agrémentée de pourboires étasuniens, que prendre un risque pour l’humanité.

La question générale est de savoir si les systèmes socio-politico-économiques existants peuvent être favorables à l’humanité. Il n’est pas évident que les civilisations capitalistes sont capables d’être humaines, car la valeur reposant sur l’argent rend la cupidité et la puissance prépondérantes. Il est possible que l’imperfection et l’incompétence humaines aient détruit non seulement l’environnement de la planète, mais aussi les systèmes sociaux humains. Le mondialisme n’est pas un régime de coopération. C’est le régime de Washington pour asseoir sa domination.

 Paul Craig Roberts

Ancien Secrétaire Adjoint au Trésor attaché à la politique économique, Paul Craig Roberts a aussi été rédacteur en chef adjoint du Wall Street Journal, chroniqueur de Business Week,Scripps Howard News Service et Creators Syndicate, et il a obtenu de nombreuses affectations universitaires.

Original : www.paulcraigroberts.org
Traduction Petrus Lombard

Source: reseauinternational.net

http://www.altermedia.info/france-belgique/reseauinternational/la-russie-va-t-elle-capituler_168661.html#more-168661

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