Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Eric Zemmour candidat à la présidentielle : vers le renouveau de la droite ?

1804391343.jpg

Didier Beauregard Polémia cliquez ici

Eric Zemmour sera-t-il candidat à l’élection présidentielle de 2022 ? L’hypothèse semble probable selon Didier Beauregard qui, dans cet article très intéressant, défend l’idée que cette candidature pourrait bien marquer le début d’une nouvelle histoire pour la droite française. Et, pourquoi pas, la fin du déclin de la France ?

Polémia

La modération de la droite bourgeoise conservatrice

La perspective d’une candidature Zemmour en 2022 semble bien avancée et marquera, une fois confirmée, une étape décisive dans le processus de recomposition du paysage politique français. Il ne fait peu de doute que la rentrée en lice présidentielle du journaliste vedette, provoquera un électrochoc à droite. Un électrochoc qui finira d’atomiser une droite « classique », dont l’interminable agonie retarde ou bloque les évolutions politiques structurelles du pays qui devrait se repositionner franchement à droite.

Le principal enjeu sociologique de ce scénario est une clé essentielle du jeu politique national des dernières décennies, nous l’avons régulièrement abordé dans les colonnes de Polémia ; c’est celui du positionnement idéologique de la bourgeoisie conservatrice qui s’est figée dans une posture de modération de classe qui la pousse à rejeter tout positionnement politique jugé « extrémiste », c’est-à-dire « populiste ». L’enjeu n’est pas vraiment une question d’idées mais de style. La question est simple : Zemmour, par sa culture et sa virtuosité intellectuelle, peut-il faire basculer le vote bourgeois conservateur d’un vote « modéré » vers un vote jugé plus radical ? De la même manière qu’une part significative de la bourgeoisie de gauche est passée du PS à Macron en 2017, déclenchant, du même coup, un processus de recomposition politique par le centre gauche, en achevant le PS. Aujourd’hui, de l’extrême gauche aux écolos, toutes tendances confondues, la gauche peine à mobiliser 30% de l’électorat et ne dispose pas de perspective crédible d’unité pour pouvoir ambitionner une place de deuxième tour présidentiel.

Une nouvelle donne sociale et politique

Alors que la droite LR, sous la houlette de personnages de faible envergure, prépare son ralliement au centre macronien en vue du duel annoncé Macron/Le Pen, on peut logiquement penser qu’une candidature Zemmour viendrait la mettre sérieusement à mal. Il ne fait aucun doute qu’Eric Zemmour bénéficie d’une forte audience auprès de la droite conservatrice, et l’on peut, notamment, facilement imaginer que les gros bataillons qui ont formé, en son temps, La Manif pour tous, pourraient largement se rallier à une candidature Zemmour alors qu’ils se sont toujours tenus à distance du vote FN. Les agressives postures « progressistes » de Macron et ses dérapages narcissiques ont réussi à choquer le bon sens bourgeois, comme son arrogance de caste a heurté le sentiment populaire, bien souvent. Par ailleurs, et surtout, la crise sociale qui accompagne la crise sanitaire modifie la donne politique. Toute une partie des classes moyennes des services qui, jusque- là, se sentait à peu près épargnée par les mutations de l’économie mondialisée et digitalisée, se retrouve désormais dans des situations de grande instabilité, propices à un vote plus contestataire. Enfin, il n’est pas anodin de rappeler que la force de frappe médiatique d’Eric Zemmour, centrée autour son émission quotidienne sur CNews, implique le soutien aussi ferme que discret de Vincent Bolloré, dont les réseaux d’influence sont puissants dans le monde patronal. Un soutien qui a toujours cruellement fait défaut à la légitimité politique du FN.

Crédité, en l’état, de 13% des voix par les sondages, Zemmour peut jouer le rôle de la boule dans un jeu de quilles ! Si sa candidature se révèle capable d’atomiser la droite « classique » – ce que nous pensons - en trois morceaux ; les zemmouristes, les ralliés macronistes dès le 1er tour, et les « Bertrandistes » (ou tout autre personnage, Edouard Philippe y compris), c’est alors une nouvelle histoire de la droite française qui pourrait commencer par la mise à bas de la barrière infranchissable entre la droite bourgeoise et la droite populaire. Paradoxalement, Marine Le Pen qui devrait, à priori, être la première victime d’une candidature Zemmour, pourrait bénéficier d’une nouvelle dynamique sur les décombres d’une droite décomposée, permettant, enfin, de mettre en équivalence la sociologie politique française, majoritairement à droite, et sa représentation politique. Un scénario optimiste certes, mais qui n’est ni absurde, ni irréaliste et pour une fois qu’une voie se dessine pour échapper à l’effondrement politique que nous vivons depuis tant d’années, ne nous interdisons pas d’espérer !

Les commentaires sont fermés.