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Censure : Facebook n’en fait pas assez… selon Facebook

Selon son propre conseil de surveillance, qui s’occupe des cas de modération sensibles, Facebook aurait dû réagir plus rapidement contre Donald Trump. Les faits ? Mercredi 5 mai 2021, ce peu indépendant « conseil de surveillance », créé par Facebook pour un coût estimé à 130 millions de dollars, a confirmé la suspension de l’ancien président des Etats-Unis pour avoir « légitimé et encouragé la violence », et propagé de la « désinformation ».

Cette confirmation est cependant provisoire : le conseil demande que la décision soit réétudiée dans six mois. Outre que cette interdiction de la liberté d’expression imposée à Trump est prise en dehors de toute décision de justice, loin des tribunaux, le sens du mot « désinformation » fonctionne à sens unique. Serait désinformation toute information allant à l’encontre de la doxa idéologique dominante, une doxa qui, contre Trump, était propagée par 99 % des médias américains.

Mark Zuckerberg, patron et fondateur de Facebook, est-il renvoyé dans les cordes de son propre ring ? Pas vraiment. Le conseil lui demande d’examiner la part de responsabilité du réseau social dans la diffusion de la « désinformation » mais indique que suspendre Trump était « la bonne décision », « nécessaire pour préserver la sécurité publique » suite aux « émeutes » du Capitole du 6 janvier 2021. Le monde libéral-libertaire aime jouer à être menacé de putsch.

Le rapport du conseil soulève un autre problème que celui de la justice rendue hors tribunaux. Il interroge le pouvoir des GAFAM : les réseaux sociaux qui ont interdit Trump de parole, Facebook, Instagram et Twitter, ont interdit d’expression une personne qui était toujours le président des Etats-Unis jusqu’à la date de la passation de pouvoir. Dans le même temps, un de ses discours était censuré sur CNN. Il est donc possible, pour ces entreprises, de censurer le président des Etats-Unis. Voilà qui en dit long sur les véritables lieux du pouvoir politique contemporain.

Pourquoi le conseil de surveillance complique-t-il la donne ? La charte de Facebook ne comporte pas la possibilité de suspendre indéfiniment une personne. Suspendre Trump de cette façon enfreint donc les règles de Facebook. Le même conseil de surveillance affirme dans son rapport que Facebook ne doit pas hésiter à fermer les comptes des « influenceurs » si besoin, y compris des chefs d’Etat. Au moins, les choses sont claires : la censure est de fait officialisée.

Trump a vite réagi en déclarant : « Ce que Facebook, Twitter et Google ont fait est une honte absolue. On a retiré la liberté d’expression au président des Etats-Unis parce que des fous de la gauche radicale ont peur de la vérité mais la vérité sortira de toute façon, plus grande et plus forte que jamais. » Trump est par ailleurs toujours interdit de Twitter. Ironie ? Ses tweets dévastateurs sont de ceux qui ont été les plus diffusés de l’histoire de Twitter. Ils sont donc de fait, aussi, de ceux qui ont le plus enrichi les propriétaires de cette entreprise. Il en va de même pour Facebook. Les GAFAM aiment le beurre et l’argent du beurre.

Paul Vermeulen

Article paru dans Présent daté du 7 mai 2021

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