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Antifas : blanc-seing pour gardes rouges

Selon que vous serez d’ultragauche ou d’ultradroite, la Macronie vous rendra blanc ou noir. Pourtant violents et antidémocratiques, les antifas bénéficient d’une étrange mansuétude tandis qu’ils pourrissent la campagne de Zemmour.

Ils imposent leurs idées à coups de poing. Ils veulent museler quiconque ne pense pas comme eux. Ils prônent des idéologies extrémistes. Les « Zouaves de Paris » vont être dissous, a promis Gérald Darmanin. Voila pour la droite. Et pour la gauche ? Ils imposent leurs idées à coups de poing. Ils veulent museler quiconque ne pense pas comme eux. Ils prônent des idéologies extrémistes. Pour dissoudre les antifas, il faudrait un dossier en béton, s'est excusé platement Gérald Darmanin, comme s'il avait reçu mission de protéger des supplétifs du régime.

Il faut dire que la centaine de Zouaves, issus des hooligans et de groupuscules d'extrême droite, se sont distingués par une dizaine de bagarres de rue ou d'agressions racistes ou politiques - depuis 2018. Ce seraient des membres de ce groupe informel qui auraient molesté la militante de SOS Racisme au meeting de Zemmour à Villepinte, lui rendant au passage un signalé service.

Leur leader présumé, Marc de Cacqueray Valmenier, dit Marc Hassin, été interpellé le 14 décembre dans la foulée de ces échauffourées. Apres Génération identitaire mouvement d'agit-prop non violent - et quelques autres groupes d'extreme droite, les Zouaves vont donc connaitre les foudres de l’État.

Les antifas sont, eux, dans le « Camp du Bien », la main du ministre de l’Intérieur tremble donc. Cette mouvance de plusieurs centaines d'activistes parvient à mobiliser quelques milliers de sympathisants sur des actions ponctuelles.

Voila des années qu'ils se livrent à des agressions violentes en marge des mouvements sociaux : manifs contre la Loi Travail, la réforme des retraites ou le pass sanitaire, Gilets jaunes... À chaque fois, on assiste à des assauts contre la police, du vandalisme, des agressions contre des « opposants », dont souvent les manifestants eux-mêmes. Ils n'ont par ailleurs pas hésité s'en prendre à une procession en mémoire des martyrs de la Commune, en mai dernier à Paris.

Hétéroclite, le mouvement rassemble aussi bien des « fils de » que des jeunes en rupture de ban, des libertaires que des marxistes ou des trotskystes « intégristes ».

Seul point commun : tous ceux, de la gauche à l’extrême droite, qui ne pensent pas comme eux sont aussitôt rangés dans le camp des fascistes, donc susceptibles de subir leur violence. Pratique.

Zemmour, chiffon rouge

Autant dire que l’irruption d'Éric Zemmour dans le champ politique a été pour eux un chiffon rouge. Des avant sa candidature officielle, les militants de Zemmour ont été victimes d°agressions lors de collages, de lettres de menaces, de harcèlement de leurs réunions publiques.

Le point d’orgue de ces actions fut incontestablement le déplacement de Zemmour à Marseille le 26 novembre. Prévenus de l’itinéraire de celui qui n'était pas encore candidat par des fuites de médias locaux, les antifas ont réussi à pourrir ce déplacement : partout ou Zemmour allait, il était attendu par des groupes décidés à en découdre.

Pas de bain de foule, pas de grandes déclarations, de visite des « quartiers sensibles » pour l’auteur de La France n'a pas dit son dernier mot (Ed Rubempré). Plus que le saccage du restaurant qui avait accueilli l’essayiste, c'est son doigt d'honneur en réponse à celui d’une antifa qui aura marqué le récit médiatique de ce déplacement.

Un-zéro donc pour les antifas, un score que les équipes de Zemmour ont équilibré à l’occasion du meeting de Villepinte. L'ultragauche avait promis de « faire taire Zemmour », à force de manifs et d'actions coup de poing. La manif s’est tenue à quelques encablures du Zénith, salle initialement prévue. Flop, donc. Et si les tentatives des antifas d'empêcher les participants d’accéder à la salle ont été déjouées par la police, c'est le service d'ordre zemmouriste qui les empêchés d’infiltrer la salle avec leur arsenal de barres de fer... bouteilles d'acide et cocktails Molotov. Seule fausse note la bagarre entre provocateurs de SOS Racisme et des participants au meeting, qui n'est donc pas à porter au « crédit » des antifas. Mais, malgré une amélioration considérable de l’organisation Zemmour ce dernières semaines, gageons que les gauchistes à barre de fer, volontiers tolérés par le régime, n'ont pas dit leur dernier mot.

Richard Dalleau Monde&Vie 28 janvier 2022 N°1007

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