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Pouvoir d’achat, retraites… : les fondements du positionnement plus social de Marine Le Pen

Janvier 2007, sur le plateau de Canal+. Marine Le Pen , à l’époque, n’est pas encore présidente du Front national, et toujours fidèle à la ligne de son père . C’est donc avec conviction qu’elle assure, le regard droit: «Évidemment, dans les années à venir, il faudra très probablement augmenter le temps du travail, sinon les retraites ne seront pas payées. Il faut dire la vérité aux Français.». C’était il y a seize ans.

La déclaration, depuis, a bel et bien été enterrée. En un peu plus d’une décennie, le discours de Marine Le Pen a pris le contrepied de celui de son père, si bien qu’elle s’est imposée, au fil des ans, comme la défenseur ultime de la retraite à 60 ans. «Sur la question des retraites, c’est à partir de 2011, qu’il faut analyser mon discours. C’est à ce moment-là que je commence à m’exprimer librement, puisque, jusqu’à ce que je sois présidente, j’étais porte-parole d’une ligne qui n’était pas intégralement la mienne», assure aujourd’hui au Figaro celle qui aimerait oublier ces années où elle a dû défendre une position proche de celle qu’elle abhorre aujourd’hui. Car, depuis cette déclaration, le parcours politique de Marine Le Pen a connu un tournant particulier, dans lequel elle situe, d’ailleurs, la genèse de ce qu’elle appelle sa «fibre sociale».

Elle s’implante à Hénin-Beaumont , qui deviendra son fief du Pas-de-Calais. Courtisée à cette époque par Steeve Briois et Bruno Bilde, les historiques locaux du Front, elle se laisse convaincre que c’est dans ce bassin minier touché par la fermeture d’usines et miné par des tambouilles politiques locales qu’elle doit s’ancrer. En compagnie des deux élus, elle mène une campagne de terrain, multiplie les porte-à-porte et les sorties d’usine. Et trouve dans ces terres du Nord le berceau de son récit social. «Quand vous avez fréquenté les travailleurs du Pas-de-Calais, que vous avez rencontré les veuves de mineurs, vous ne pouvez plus être pour la retraite à 65 ans», revendique-t-elle.

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Et elle le répète, une fois pour toutes: «Ma vision est fondée sur une idée forte et claire: la retraite n’est pas un problème budgétaire, mais un choix de société. C’est pour cela que je veux un référendum: c’est à la société de faire son choix.»

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Au fil des ans, son projet a été nourri par ses différents compagnons de route, subissant des modifications techniques successives. «En 2017, le projet était bel et bien celui d’un départ à 60 ans pour tous, avec 40 annuités, assure Florian Philippot. Et cela s’insérait dans un alliage qui intégrait son discours antimondialisation et anti-Union européenne.»

Aujourd’hui, sous l’inflexion de nouveaux conseillers, le programme a connu d’autres ajustements substantiels. Le totem des 60 ans, notamment, est finalement tombé. Le Rassemblement national défend désormais un départ à la retraite à 60 ans, pour toute personne entrée sur le marché entre 17 et 20 ans. Pour les autres, ce sera 62 ans. «Il a été question d’actualiser ce projet en fonction des enjeux sociétaux, défend Renaud Labaye, ancien directeur de cabinet de Marine Le Pen. Il s’agissait de défendre un projet plus réfléchi et plus mûri que le simple totem des 60-40, et le principe de progressivité que nous avons adopté est plus abouti et plus défendable.» Une correction de la copie nécessaire, pour des besoins de crédibilité économique, à laquelle Marine Le Pen a consenti pendant la campagne présidentielle.

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Le Figaro

https://www.fdesouche.com/2023/02/05/pouvoir-dachat-retraites-les-fondements-du-positionnement-plus-social-de-marine-le-pen/

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