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18 juin 1940 : Le parti communiste français rentre dans la collaboration

18 juin 1940 : Le Parti communiste français rentre en collaboration avec l'occupant allemand

Alors que la Troisième République n’a pas encore signé l’Armistice de 1940 mettant fin aux combats (Ce sera fait le 21 juin), suivant les consignes venant de Moscou de l’Internationale communiste, le Parti communiste français s’engage dans des discussions avec l’occupant afin d’obtenir la légalisation de ses activités qui avaient été interdites par le décret-loi du 26 septembre 1939 en raison de son engagement en faveur de la paix avec l’Allemagne nazie.

En reconnaissant l’occupant allemand comme une autorité légitime, le Parti communiste signe le premier acte de collaboration avec le Régime nazi… avant les institutions républicaines française qui sont alors fracturées en deux camps opposés : Celui de la demande d’armistice et celui souhaitant continuer la guerre dans le réduit breton ou en Afrique du nord.

L’objectif de la première négociation entre une militante communiste, Denise Ginollin, et un officier de la Propaganda Staffel Frankreich, le lieutenant Weber, est de faire reparaitre le journal L’Humanité qui avait été interdit le 26 août 1939 en raison de son soutien au Pacte Germano-soviétique qui permettait à Hitler d’avoir les mains libres à l’ouest. Denise Ginollin y représente Maurice Tréand, membre du comité central du PCF et responsable de la police du Parti.

Le 18 juin, Denise Ginollin se rend au service de presse de la Kommandantur, au 12 boulevard de la Madeleine. Elle n’obtient aucune réponse, mais part avec un rendez-vous pour le lendemain. Le 19 juin, elle est reçue par un officier qui lui indique que sa demande d’autorisation de faire paraitre L’Humanité lui sera notifiée officiellement le lendemain.

Le 20 juin, les deux parties se rencontrent le matin avant de se retrouver à 16 heures pour une réunion au cours de laquelle le lieutenant Weber annonce à Denise Ginollin que le journal L’Humanité est autorisé à paraitre sous censure allemande. Il est demandé au Parti communiste de ne pas faire l’éloge de l’URSS (Même pacifiste), ni d’Hitler, ni de critiquer les autorités allemandes. Engagement est pris lors de cette réunion.

A 18 heures, elle est de retour afin de soumettre au visa de la censure l’édition du numéro 1 de L’Humanité sous censure allemande que lui a remis Jacques Duclos. Cette édition reprend la forme du journal avant son interdiction : La mention « Organe central du Parti communiste français », la faucille et le marteau. La une est faite avec le titre vengeur : « Les responsables doivent être châtiés ! ». Rendez-vous est pris avant 23 heures afin de faire valider quelques modifications.

A 20h30, non loin du métro Saint-Martin, Denise Ginollin, Maurice Tréand, Valentine Grunenberger et Jeanne Chrodt sont arrêtés par la Police française pour infraction au décret-loi du 26 septembre 1939 qui interdit la diffusion de tout écrit faisant la propagande de la troisième internationale et non-respect du décret-loi du 24 août 1939 qui interdisait la parution de L’Humanité.

Auditionnés le 21 juin par le commissaire Lafont, les quatre inculpés communistes sont incarcérés le lendemain sur décision du Juge Pihier. Ils sont libérés le 25 juin... après l'intervention d'Otto Abetz, le représentant d'Hitler en France.

Le lendemain 26 juin 1940, Maurice Tréand et Jean Catelas sont reçus à l'ambassade d'Allemagne par Otto Abertz qui souhaite reprendre avec des dirigeants communistes les négociations relatives à la reparution de l'Humanité. Ce sera une suite de rencontres entre communiste et nazis qui dureront jusqu’au 27 août 1940.

Face au refus des Allemands de légaliser l'organe central du PCF, les communistes demanderont à partir du 4 juillet l'autorisation de reprendre la publication de l'autre quotidien communiste : le journal Ce Soir. Dans ces pourparlers seront aussi abordés les points suivants : Libération des militants et élus communistes, reconnaissance des Comités populaires, rétablissement des municipalités communistes et enfin, le plus surprenant, constitution d'un gouvernement révolutionnaire avec la participation de communistes.

Alors que le Parti communiste rentrait officiellement  le 18 juin 1940 dans la collaboration avec le Régime nazi, le dernier gouvernement officiel de la Troisième République essayait de sauver les meubles et n’avait pas encore pris la décision de mettre un terme aux combats…

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