Aujourd’hui, un quatrième conte populaire…
Par Philippe Lallement
Le lièvre, prudent et curieux : « Mes amis, et si la grande forêt n’était plus gouvernée par le Conseil des cabris gaullistes ? Après tout, le système de 1958 a bien changé au fil des années, et les sages d’autrefois ne semblent plus à l’œuvre comme avant. Ne devrions-nous pas envisager une autre manière de régner, après avoir essayé tant de formes ? »
Le vieil hibou, réfléchissant : « Ah, voilà une question qui mérite réflexion, mon cher lièvre. Depuis bien longtemps, sous la conduite des cabris, la forêt prospérait. Mais, il semble que le vent ait tourné. Les cabris, comme un monarque républicain, gouvernaient avec sagesse et autorité. Mais tout dépendait de l’harmonie parmi nous, le pays, le pays réel. Si une majorité se levait pour soutenir le Conseil, tout allait bien. Mais, parfois, comme durant les grandes périodes de tempête, les décisions vacillaient et certains devaient cohabiter sous le même toit. Même sous les plus sages, comme le vieux cerf, général prétentieux, cette harmonie n’était pas toujours assurée ».
Le lièvre, avec un sourire malicieux : « Mais mon cher hiboux, pourrait-on retrouver, dans les bois, la grandeur d’autrefois, celle où un seul et noble lion, tout-puissant, veillait sur la forêt ? Et si nous rétablissions une règle forte, comme dans le bon vieux temps des rois, lions de la forêt ? »
Le vieil hibou, secouant la tête :« Ah, cher ami, la monarchie, bien que pleine de splendeur, ne saurait aujourd’hui gouverner. Les animaux ont goûté à la république monarchique, et ils s’y sont attachés. Rappelle-toi le vieux taureau Maurras qui, autrefois, proposa son rêve de monarchie fédérative et autogestionnaire. Mais il n’eut que peu d’adeptes, même s’ils étaient brillants. C’est que la forêt a changé, et le peuple des animaux aliénés est divisé en trois grands clans : le clan des renards technocrates rusés, le clan des chacals islamo-gauchiste et celui des petites proies populistes. Aucun des trois clans ne peut plus se permettre d’écraser les autres. L’unité de la forêt est brisée, et chacun tire de son côté ».
Le lièvre curieux, intervenant avec sagesse : « Il est vrai, vieil hiboux, que la noblesse n’est plus ce qu’elle était. Nous ne pouvons plus imposer de royaume aux animaux. Mais, n’y a-t-il pas, dans le cœur de nos bois, un désir profond de grandeur ? Car la forêt, sans un chef éclairé, risque de tomber dans le chaos ».
Le hibou, pensif : « Peut-être, mais que faire ? La monarchie a son charme, il est vrai. Mais la nature des animaux a changé. Nous, les anciens, les politiques, nous devons comprendre que notre époque est celle du doute. La république monarchique, avec toutes ses failles et ses divisions, est le reflet de la loufoquerie actuelle. Le seul remède pourrait être un équilibre fragile, à la fois respectueux de nos héritages et prêt à s’adapter ». Une solution nouvelle.
Le lièvre, songeur : « Alors, cher vieil hiboux, la forêt devra-t-elle suivre l’exemple des vieux royaumes ? Ou trouver une autre voie, moins glorieuse, mais plus juste pour tous ? »
Le hibou, regardant les étoiles : « Ni l’un, ni l’autre. La réponse n’est pas dans un retour au passé d’avant 1789, mais dans l’invention d’une solution nouvelle, qui tienne compte des luttes et des désirs des uns et des autres. Mais cela demandera un coup de force, et la forêt devra être prête à affronter des tempêtes pour y parvenir ».
https://www.actionfrancaise.net/2025/08/29/les-animaux-de-la-foret-et-le-vieil-hibou-royaliste/