
Poutine vient d’adresser un message clair aux Ukrotaniens : la victoire russe est la seule issue possible au conflit. Les nouvelles sont en effet mauvaises pour l’armée de Kiev. Dans un communiqué publié sur Facebook, le commandant en chef des armées ukrainiennes, Oleksandre Syrsky, estime qu' »actuellement, l’ennemi bénéficie de trois fois plus de forces et de ressources » et, dans « les secteurs principaux » du front, jusqu’à « quatre à six fois » plus que l’Ukraine. Moscou a procédé dans la nuit de samedi à dimanche à sa plus grande attaque de drones et missiles sur l’Ukraine depuis le début de la guerre en 2022.
Le président américain a déclaré dimanche qu’il n’était « pas content » en réaction au plus grand bombardement aérien russe jamais effectué sur l’Ukraine, tuant quatre personnes et provoquant des incendies dans des bureaux gouvernementaux à Kiev. « Je ne suis pas content de la situation dans son ensemble« , a insisté M. Trump auprès de journalistes qui l’interrogeaient sur l’attaque survenue dimanche matin, ajoutant : « Je ne suis pas ravi de ce qui se passe là-bas« .
Interrogé un peu plus tôt à la Maison-Blanche sur le fait de savoir s’il était prêt à lancer une nouvelle phase de sanctions contre la Russie, le président américain a répondu : « Oui, je le suis« .
Trump se la joue volontariste, mais il a compris depuis longtemps que pour le maître du Kremlin, la victoire est en ligne de mire et qu’aucune mesure ne le fera plier.
Bien que les chiffres ne soient pas publiés, on estime à 250 milliards d’euros le montant des dépenses de la Russie pour son effort de guerre en Ukraine depuis 2022. Côté occidental, selon les évaluations du Kiehl Institut, les États-Unis ont dépensé 115 milliards d’euros et l’UE, 167 milliards d’euros en aides militaire, financière, humanitaire à l’Ukraine depuis 2022, soit un total de 282 milliards d’euros. L’armée ukrainienne ne manque donc pas a priori de matériel de guerre, qui lui est généreusement fourni pour l’Otan.
Mais on ne fait pas la guerre sans hommes, et démographiquement, l’Ukraine est à l’agonie. La fin du régime de Kiev est donc une question de temps.
La population ukrainienne est tombée de 42 millions en 2022 à 34 millions en 2025. La différence : un exode massif et des pertes humaines tout aussi massives.
Après des vagues de mobilisation massive en 2022 et 2023, les hommes en âge de combattre cherchent à éviter le front en quittant le pays ou en se cachant. Les autorités ukrainiennes ont durci les règles de mobilisation, interdisant aux hommes de 25 à 60 ans de quitter le territoire et renforçant les contrôles aux frontières. Le gouvernement ukrainien vient adopter une nouvelle loi étendant l’âge de mobilisation de 18 à 60 ans et facilitant les procédures de recrutement. Les hommes de plus de 60 ans sont fortement incités à s’enrôler.
La guerre s’est installée dans la durée, avec des combats meurtriers et des pertes territoriales importantes, ce qui a fortement douché l’enthousiasme des débuts.
Des rapports font état de dysfonctionnements dans les bureaux de recrutement, de pots-de-vin pour éviter la conscription, et d’un manque d’équipement ou de formation adéquate pour les nouvelles recrues.
Les retards dans les livraisons d’armes et de munitions, effets d’une corruption généralisée, ont aussi découragé les soldats qui estiment manquer de moyens pour affronter l’armée russe.
Zelensky compte sur l’aide matérielle occidentale pour combler cette hécatombe. En vain. Vance a été clair : les Américains ne financeront plus le conflit à fonds perdus. Quant aux Européens, ils finiront bien par s’apercevoir qu’ils n’ont plus les moyens d’entretenir le comique troupier de Kiev.
La paix se fera évidemment aux conditions du vainqueur :
Poutine exige une garantie juridique, notamment de la part des États-Unis et de l’OTAN, que l’Ukraine ne rejoindra jamais l’Alliance atlantique. Il réclame aussi le retrait de toute présence militaire occidentale sur le territoire ukrainien, y compris les forces de maintien de la paix. Les gesticulations de Macron sur une hypothétique « force de réassurance » sont donc totalement hors de propos.
Reconnaissance des annexions territoriales : la Russie exige que l’Ukraine accepte la perte définitive des territoires occupés et annexés depuis 2022 (Crimée, Donbass, Kherson, Zaporijjia, et éventuellement Kharkov et Odessa). Poutine a répété à plusieurs reprises que ces territoires font désormais partie de la Russie et que leur statut n’est pas négociable.
Vladimir Poutine maintient ces exigences comme « inchangées », refusant toute négociation directe avec Volodymyr Zelensky, qu’il ne reconnaît pas comme un interlocuteur légitime. De fait, Zelensky n’est plus légitime à la tête de l’État ukrainien depuis la fin de son mandat, en mars 2025.
Zelensky est usé jusqu’au trognon et son remplacement par le général Zaloujny sera une première étape vers la Pax Russica aux conditions du Kremlin. Après trois années et demie de guerre, des millions de morts et un pays ravagé…
Henri Dubost
https://ripostelaique.com/poutine-la-seule-paix-possible-est-aux-conditions-de-la-russie.html