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[LIVRE] Les témoignages alarmants de ceux qui ont quitté l’islam au péril de leur vie

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Le 6 septembre dernier c'est un spectacle inédit qui se déroulait sous les yeux des Parisiens, place de la Bastille : un petit groupe d'ex-musulmans manifestant pour le droit à la liberté des apostats avec, en point d'orgue, des femmes jetant aux orties leur voile aux cris de « Allah à la poubelle ».

Ces hommes et ces femmes ont quitté l'islam au péril de leur vie. Mais la grande majorité d'entre eux n'étaient pas présents, ce jour-là ; ils sont contraints de se cacher pour échapper à la colère de leurs pairs. Sonya Zadig, psychologue psychanalytique, est d'origine maghrébine et se dit athée. Elle a réussi à percer le cercle très fermé des Apostats pour les interroger. Ils sont, pour elle, Les Enfants perdus de la République (Éditions Fayard), abandonnés par les pouvoirs publics et livrés à eux-mêmes. Des témoignages édifiants qui en disent long sur l'imprégnation galopante de l'islam dans la société française. Voyage en Apostasie.

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Voyage en Apostasie

Les entretiens menés Sonya Zadig avec les repentis de l'islam nous en apprennent beaucoup sur les modes de vie, le type d'éducation donné aux enfants et la condition des femmes dans les foyers musulmans. Ainsi, Zahra, 40 ans, née et élevée en France, mariée à « un gars du bled » et mère de 5 enfants, raconte : « Ma mère ne nous a rien appris ! J’ai tout appris à la télé, j’ai aussi appris la haine des Français, je croyais qu’ils étaient racistes. » Avant de rencontrer Sonya Zadig, Zahra n'avait encore jamais mis les pieds dans un café... Sa consœur, Leila, membre d'une fratrie de 8 enfants, voilée à 12 ans, explique pour sa part n'avoir jamais vu sa mère sortir « de son appartement pendant 10 ans, sauf pour accoucher à l’hôpital ». À l'instar d'Adjar, Zineb, Zouhaira, Larissa ou Wassila, chacune évoque à sa manière le milieu « maltraitant », le carcan éducatif dans lequel elles ont été conditionnées très jeunes par leur propre mère (les pères étant la plupart du temps absents) pour les préparer à leur futur statut d'épouse, « tandis que les garçons sont livrés à eux-même et traînent dans la cité ». Côté garçon le constat n'est pas moins inquiétant : Ayoub affirme s'être « totalement radicalisé à l'adolescence », époque à laquelle il a commencé à « vomir l'Occident "kaffer" (sic) » au point de se « sentir coupable de regarder la télé française, de passer son temps à lire les textes fondateurs » sous le regard de sa mère « qui était contente ».

Affronter le vide

Bercés depuis leur plus tendre enfance aux sourates du Coran, « sous emprise de la menace du châtiment d'Allah » et, pour ceux qui ne sont pas nés dedans, séduits par une religion qui leur apportait des réponses à leurs questions existentielles, c'est pour chacun un événement particulier (comme la tuerie de Charlie Hebdo ou les attentats du Bataclan) qui provoque la prise de conscience des apostats et la remise en cause de leur pratique religieuse. Un questionnement qui, pour la plupart, les mène à une lecture réfléchie du Coran, terrain interdit jusque là car « dans l’islam, ils n’ont pas à penser, à objecter, à réfléchir, car quand tu penses tu quittes l’islam », précise Sonya Zadig. Après la découverte de la violence des textes, vient pour eux le moment du grand saut dans le vide de l'apostasie et, inéluctablement, la rupture avec un mode de vie, la perte d'une identité, l'éloignement avec la famille et le rejet par « l'oumma » (la communauté de tous les croyants). Beaucoup d'entre eux doivent aussi compter avec la terreur inspirée par le sort réservé aux apostats. Ils sont, en effet, « menacés, de mort, ostracisés, doxés », sans compter qu'« un islamiste inspiré par le djihad pourrait les assassiner », précise Sonya Zadig, qui conclut : « On ne sort jamais psychiquement indemne de l'islam. »

Des autorités complices ?

Cerise sur le gâteau, ces « enfants perdus de la République » vivent dans leur chair l'abandon tragique de l'État français qui détourne les yeux de leur sort. Vivi, ex-converti à l'islam à 17 ans, passé par la case prison « pour avoir publié sur les réseaux sociaux des appels au djihad », en témoigne lorsque, menacé de mort pour apostasie, il tente de porter plainte en vain : « Les flics m'ont dit : t'as qu'à te taire et te faire discret. » Des autorités dont la responsabilité interroge, à écouter Karim, qui explique s'être radicalisé après avoir, dès « le CE1, suivi des cours d’arabe organisés et payés par la mairie » avant de fréquenter l’école coranique à 10 ans et la mosquée à 12 ans. Et comment ne pas s'interroger sur la défaillance de nos institutions qui ne parviennent pas à empêcher la radicalisation de ceux qui ne sont pas « nés dedans », comme Rathsul, Théo, Vivi et Charles - pourtant scolarisé au prestigieux lycée parisien Henri-IV -, séduits par un islam qui leur donnait « une réponse à [leur] crise identitaire » ?

Déchirer le voile

Au-delà de ces expériences instructives - parmi lesquelles, à retenir, beaucoup de ces apostats témoignent avoir vu leur famille se radicaliser après leur arrivée en France -, les signaux d'alerte fourmillent. Yasmina tente d'alerter : « Saint-Denis est un ghetto innommable, surtout qu’il y a de plus en plus d’arrivants, musulmans pour la plupart. Leur but, c’est d’appliquer la charia [...] oh, on se réveille, les gens, ça se passe ici, chez nous, en France ! » Leila témoigne avoir « vu la cité changer, les gens se rapprocher de plus en plus d'un islam rigoriste ». Zouhaira, elle, enrage : « Ce n’est plus possible, le prosélytisme musulman sur TikTok, j’ai trop peur pour mes filles, je préfère sortir ! » Une autre de ces apostates, amèrement, constate : « L’État ferme les yeux sur ce qui se passe ici en France. Regardez, je suis obligée de porter le voile pour éviter les problèmes, à 40 ans, je me cache encore pour téléphoner, je suis en prison, il faut que ça se sache ! Il faut qu’on fasse quelque chose pour sauver les petites filles et les petits garçons aussi, avant le lavage de cerveau irréversible ! »

Les Enfants perdus de la République est l'ouvrage incontournable pour ceux qui veulent prendre la mesure de l'islam en France. Pour les aider, Sonya Zadig tente l'approche psychanalytique. Un outil qui peut paraître dérisoire pour combler le vide spirituel de ceux qui ont renoncé à l'islam et leur offrir une alternative solide. Mais l'essentiel de l'ouvrage est ailleurs, car le constat est posé. « Les Français ne se rendent pas compte qu'ils ont laissé la peste traverser les frontières. La France a rationalisé la lâcheté. À nous, maintenant, de déchirer le voile », conclut l'un des apostats. Un message qui, en temps normal, devrait être reçu cinq sur cinq. Qu'il soit ici permis d'en douter.

Sabine de Villeroché

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