Comment pourrait-il en être autrement alors que sont rassemblées ce soir-là, de nombreuses figures du camp national ? La délégation de ses députés à l’Assemblée nationale et au Parlement européen est évidemment au complet. Guillaume Peltier, Nicolas Bay, Eddy Casterman, Thibaut Monnier, pour ne citer qu’eux, se tiennent aux côtés de la présidente de leur parti Identité Libertés. Éric Ciotti, le nouvel homme fort de l’alliance UDR-RN a tenu à ne pas manquer le rendez-vous. On aperçoit aussi le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan, la députée (NI) villiériste de Vendée, Véronique Besse, ou encore le sénateur Stéphane Ravier. La délégation du Rassemblement national est présente en masse. On croise par exemple le vice-président de l’Assemblée nationale, Sébastien Chenu, le fidèle député Hervé de Lépinau, qui fut suppléant de la nièce de Marine Le Pen dans le Vaucluse de 2012 à 2017, les eurodéputés Julien Sanchez et Jean-Lin Lacapelle.
Réchauffement politique
Mais la sensation de l’évènement est sans aucun doute la présence remarquée de Jordan Bardella. Alors que jusqu’ici, les relations entre la petite-fille de Jean-Marie Le Pen et le président du RN étaient minimales, pour ne pas dire froides, ce dernier semble envoyer un message de réconciliation. Est-ce la montée de la popularité de Sarah Knafo qui guide ce rapprochement ? Une probabilité qui n’enlève rien au phénomène politique. Au-delà des mots, Marion Maréchal rassemble la droite nationale autour de son nom. Même sa tante, absente, n’a pas manqué d’envoyer sur les réseaux un message de soutien « pour la naissance de cet ouvrage sincère et sensible ». Seul Reconquête! manquait à l’appel. Le divorce reste douloureux avec la formation d’Éric Zemmour depuis leur séparation à l’été 2024. Celui-ci n’a pas manqué de qualifier d’ « opportuniste » son ancienne alliée, il y a trois jours sur BFM. « Malgré ce qui a pu me séparer d'Éric Zemmour, je plaide pour que, demain, Reconquête fasse partie d'une grande coalition » lui a répondu ce mercredi 28 janvier Marion Maréchal au micro de Sonia Mabrouk.
L'héritage de Jean-Marie Le Pen
« Mon livre n’est pas un programme, mais davantage une vision », explique l’eurodéputée devant ses convives évoquant « un combat civilisationnel ». Un ouvrage est toujours, selon ses mots, « une forme de message politique, métapolitique ». Ici se trouve la nouvelle Marion Maréchal qui assume un nouveau rôle qu’elle compte tenir, celui d’éveilleur de conscience. À la suite de son grand-père, « je revendique fièrement être dans la continuité de l'héritage de Jean-Marie Le Pen », glissait-elle ce mercredi matin sur le plateau de CNews. La présidente d’Identité Libertés veut sonner le tocsin.
Dans un livre très personnel, que publient les éditions Fayard ce 28 janvier, Marion Maréchal, revient sur la place que tient, dans sa vocation politique, celui qui avait pour surnom « le Menhir ». Si tu te sens Le Pen est la sentence qui conclut la lettre publiée dans l’ouvrage, in extenso, que le fondateur du Front National, écrivait en 2012, à sa petite-fille pour la convaincre de se présenter à la députation. Au fil des pages, apparaît le parcours de l’ancienne députée, avec ses aléas et ses vicissitudes. De ses premiers pas au Palais Bourbon en 2012 à sa rupture avec Reconquête, en passant par La Manif pour tous et la création de l’Institut de Sciences Sociales, Economiques et Politiques (ISSEP), cette mère de deux enfants distille au gré de son récit, ses convictions profondes : sur le travail, l’économie, la famille, son statut de « catho de service », l’identité d’un peuple et la nécessité de « dégauchiser la France ».
« Ce livre est un point d'étape et même un point de départ » explique la parlementaire à ses invités parisiens ce mardi soir. Puisqu'elle l'affirme, « nous sommes à la croisée des chemins », Marion Maréchal prend la mer. Bon sang ne saurait mentir.