Dans la salle, c'est l'euphorie. Les sympathisants applaudissent ce qui n’est autre qu’une menace publique. Malgré un contexte très tendu suite à la mort de Quentin Deranque, pour laquelle des proches de LFI sont soupçonnés d’être impliqués, Jean-Luc Mélenchon ne joue pas la carte de l'apaisement, pas plus que celle de la discrétion. Au contraire, il met de l’huile sur le feu.
Menace publique
Alice Cordier, la fondatrice du collectif Némésis, revient sur cette menace pour BV. Selon elle, Jean-Luc Mélenchon « galvanise ses troupes » pour que les militantes « soient persécutées » et « déstabilisées ». Elle précise : « La mort de Quentin a été un tournant dans la radicalisation de La France insoumise et dans la promotion de la violence. On a la sensation qu’ils veulent un autre Quentin. »
Déjà souvent prise à partie avant le tragique événement du 12 février dernier, Alice Cordier constate : « Ça s’est amplifié, les menaces se sont intensifiées. » Elle se dit « obligée de sortir masquée » et déplore de ne plus pouvoir prendre les transports en commun.
Pour autant, elle ne baisse pas les bras. Elle annonce avoir déposé plusieurs plaintes pour injures publiques, diffamation et incitation à la violence. Elle sait néanmoins que la justice est longue à être rendue : « La stratégie de Jean-Luc Mélenchon, c’est de faire de la diffamation pour mettre son discours dans la tête des gens. Il sait que les procès auront lieu dans longtemps, après les présidentielles de 2027. C’est une stratégie à court terme. » Même si les mots prononcés auront sans doute été oubliés au moment d'un éventuel procès, Alice Cordier veut « laver [son] honneur ».
Pour conclure, elle rappelle que le combat de Némésis est bien plus important que ces menaces et que ce que l’on peut dire d’elle : « On ne va pas arrêter. Notre cause nous dépasse, donc on ne va pas s’arrêter maintenant. » Elle note également, malgré les tourments, « une fidélité de la part des militantes et une réelle volonté de continuer ». N’en déplaise à Jean-Luc Mélenchon, les Némésis ont de la ressource et n’ont pas l’intention de céder à ses campagnes d’intimidation.
Silence gouvernemental
Autre fait choquant suite à cette déclaration : le silence du gouvernement. Pierre Larti, porte-parole d’Asla (Association de soutien aux lanceurs d’alerte), explique à BV : « Une phrase comme ça aurait dû susciter une indignation des responsables politiques. » Il dénonce également « l’insolence de la part d’une partie de la gauche, dont Raphaël Arnault qui continue de revendiquer être fondateur de la Jeune Garde alors même que cette association est en cours de dissolution. » Selon lui, « cette gauche fait fi des règles et des décisions d'État » et l’État ne bronche pas.
Enfin, il rappelle : « Notre association, suite à l'affaire Charlie Kirk, a demandé la protection de certains lanceurs d’alerte, dont Alice Cordier, et nos demandes sont restées sans réponse. » Il y a eu un mort, il y a aujourd'hui des menaces, du harcèlement et un déferlement de haine inouï. Qu’attend Laurent Nunez pour réagir ?