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A l’évènement BV, l’hommage d’Alice Cordier au Général Schmitt

image @Raphaëlle Rivola
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« Général, je voulais vous remercier parce que (…) j’ai vu quelqu’un qui n’a pas cessé de se battre. » C’est au cours de la table ronde dédiée au Grand Ensauvagement que la jeune militante féministe Alice Cordier s’est exprimée au sujet des origines de son engagement militant : « Je suis une Française qui a décidé de ne pas baisser les yeux, mais parce que, avant moi, d’autres personnes ont décidé de ne pas baisser les yeux. » 

Elle avait 10 ans quand le général (2S) Schmitt s’est fait connaître après l’assassinat de sa fille et sa dénonciation des causes profondes de cette tragédie.

Un drame et un combat pour la famille Schmitt

25 novembre 2007, un dimanche matin. Anne-Lorraine, étudiante en journalisme de 23 ans, prend le RER D pour rejoindre sa famille. C’est là que sa route croise celle de Thierry Devé-Oglou, qui avait déjà violé une jeune femme dans ce même RER douze ans plus tôt. L’agresseur tente de la violer, sous la menace d’un couteau, mais la jeune fille résiste et se défend de toutes ses forces pendant cinq minutes. Elle finit par succomber, percée de trente-quatre coups de couteau. Son père, Philippe Schmitt, colonel et nommé depuis général, prend alors la parole et dénonce le laxisme judiciaire comme cause profonde de la mort de sa fille : il s’agit en effet d’une récidive de l’accusé. Le père d’Anne-Lorraine dénonce une remise en liberté qui a permis à cet homme de croiser, d’agresser et de tuer sa fille. Tout au long du procès, la famille Schmitt milite pour que la justice soit rendue et que Thierry Devé-Oglou ne fasse pas de nouvelles victimes.

Avril 2013. Les Français découvrent, par le site Atlantico, le « mur des cons » du Syndicat de la Magistrature. Parmi les visages qui y sont affichés, le général Philippe Schmitt aux côtés d’un autre père de victime, Jean-Pierre Escarfail. Le père de famille obtient gain de cause dans le procès contre le Syndicat pour cette affaire en 2019. Alice Cordier, pendant la soirée du 30 janvier, a témoigné : « Quand j’avais 10 ans et que votre fille vous a été enlevée de la manière dont on sait, j’ai vu quelqu’un qui n’a pas cessé de se battre, vous et votre femme. » Mais au-delà d’un exemple dans son engagement personnel, elle évoque aussi un rôle dans la création du collectif qu’elle dirige, Némésis.

De la colère au courage

Alice Cordier intervenait, dans l’évènement « Urgence, Françaises en danger ! », en tant que présidente du collectif féministe Némésis qu’elle a défini ainsi : « Némésis, c’est avant tout une histoire de colère. Je dis bien de colère, pas de haine. (…) On n’est pas une association de fachos, on n’est pas une association de racistes, on est une association de victimes. » Elle a raconté l’agression subie par sa petite sœur de douze ans, alors qu’elle-même en avait quinze, et la colère qu’elle avait alors ressentie. Colère qui a poussé la jeune fille à s’engager pour dénoncer l’insécurité qui menace les femmes au quotidien. « Ce n’est pas pour rien que Némésis est la déesse de la juste colère, dans la mythologie grecque. » Tel a été le moteur de son engagement, tout comme celui des parents d’Anne-Lorraine qui « ont décidé de ne pas baisser les yeux ».

Domitille Brière

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